DEUX DERNIERS
Parmi les acides organiques dont le nombre est aujourd’hui très très considérable , quelques uns seulement sont employés dans les fabriques d’impressions et méritent seuls par conséquent de fixer notre attention : ce sont les acides acétique , tartrique , citrique , oxalique et gallique. Nous n’y ajoutons pas les acides gras, parce qu’il nous a paru préférable de n’en parler qu’en nous occupant des graisses , attendu qu’ils se comportent à la manière de ces dernières dans la fabrication de l’indienne.
Acide acétique.
anhydre. hydraté. du commerce.
Formule. . . . C4 H6 CF — I T + IF T + 3H Équivalent. . . 643,1 9 753,67 980,63
§ 267. Étendu d’eau , il constitue les différents vinaigres du commerce, dont les noms spécifiques rappellent soit la localité où ils ont été préparés , soit la liqueur alcoolique ou spiritueuse qui leur a donné naissance. C’est ainsi qu’on trouve des vinaigres de Bourgogne, d’Orléans, etc., et des vinaigres de bière, de cidre , de bois , etc.
§ 268. Formation. Ces vinaigres ont deux origines distinctes : ils sont le produit ou de l’oxidation directe de l’alcool plus ou moins pur et étendu d’eau , ou de la distillation et de la décomposition du bois. Dans le premier cas, durant Y oxidation une partie de l’oxigène se combine avec 3 équivalents d’hydrogène pour former de l’eau, et l’autre partie se fixe sur les éléments restants pour former l’acide acétique, ce qui ressort d’une manière évidente de l’équation suivante : C4 H12 CP H- O4 = C4 H6 O5, H2 O + H4 CP.
Dans le midi de la France , on oxide directement l’alcool que contiennent les vins , en mettant ceux-ci , après les avoir
élevés à une certaine température , en contact avec des mères de vinaigre. C’est de la même manière que l’on transforme en vinaigre les cidres et la bière. L’acide acétique obtenu par l’oxidation de ces différents spiritueux est toujours mélangé avec la matière colorante , et avec le principe volatil , fixe ou salin , qui existait dans les liqueurs vineuses soumises à la fermentation acétique.
Nous devons depuis quelques années à un industriel allemand, M. Schutzenbach , un autre procédé des plus ingénieux et fondé sur le même principe , pour la fabrication du vinaigre.
On fait passer de l’alcool convenablement étendu et additionné d’un ferment sur des copeaux de hêtre \ ces copeaux remplissent des tonneaux placés dans une étuve chauffée à une température déterminée. Les vinaigres ainsi obtenus sont généralement plus purs que les autres , attendu qu’ils sont formés de produits distillés et que les substances salines qu’on y rencontre ne peuvent provenir que des eaux employées à couper les alcools ou les eaux-de-vie consacrés à cette fabrication.
Lorsque le vinaigre est le produit de la distillation et de la décomposition du bois en vases clos , il est accompagné d’une foule de produits volatils pyrogénés et goudronneux. Quelquefois on se contente de soumettre cet acide à la distillation pour en séparer la plus grande partie du goudron ; dans cet état d’impureté, on le connaît sous le nom d 'acide pyroligneux ou vi~ \ naigre cle bois ; d’autres fois on lui fait subir une. purification complète : à cet effet on le combine d’abord avec la chaux , puis , par une double décomposition , opérée au moyen du sulfate sodique , on transforme le pyrolignite calcique insoluble en pyrolignite sodique qu’on fritte légèrement pour rendre le goudron insoluble. Le produit de cette calcination à basse tempé- j rature est lessivé par l’eau qui dissout l’acétate sodique et laisse le goudron pour résidu . A la suite d’une concentration convenable de la liqueur il y a formation de cristaux d’acétate sodique , que l’on décompose par l’acide sulfurique , pour obtenir l’acide acétique concentré;