‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 68 sur 109 · CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES

pendant une heure donnent une dissolution qui a l’aspect lactescent de l’empois et jouit de la propriété de se colorer en bleu par l’iode; si à un pareil mélange on ajoute un demi-centième d’acide, la liqueur, après l'ébullition, deviendra transparente et aura perdu la propriété de se colorer par l’iode.

Vu la facilité de constater la présence de l’acide sulfurique et du chloride hydrique dans le vinaigre , ceux qui le frelatent remplacent ces acides par l’acide nitrique , qu’on y décèle plus difficilement , attendu qu’il forme des sels généralement plus solubles Pour reconnaître si un vinaigre est ainsi frelaté , on en prend 15 à 20 grammes qu’on sature d’ammoniaque liquide en léger excès, et l’on évapore la liqueur à siccité au bainmarie d’eau salée pour en faire disparaître entièrement l’acétate ammoniaque. Le résidu , qui renferme le nitrate ammonique , est mis alors en contact , soit avec un peu de limaille de cuivre arrosée d’eau et d’acide sulfurique , mélange qui , en présence de l’acide nitrique , détermine un dégagement de vapeurs rutilantes dues à l’oxide nitrique produit de la décomposition de l’acide nitrique par le cuivre , soit avec quelques gouttes de chloride hydrique en présence ou d’une lame d’or, que dissout toujours un mélange de nitrate et de chloride hydrique , ou d’un pende sulfate d’indigo , qui se trouve promptement décoloré par ce même mélange ; soit enfin , et c’est ce procédé qu’il faut préférer, parce qu’il est le plus fidèle , avec un mélange de sulfate ferreux et d’ acide sulfurique . (V oyez ce qui est dit à ce sujet p. 11.)

L’acide acétique du commerce , s’il a été distillé dans des vases de cuivre, ce qui arrive ordinairement, tient en 'dissolution des traces de ce métal qui lui donne une teinte bleuâtre quelquefois très prononcée. Un courant de gaz sulfide hydrique dirigé dans un acide de cette nature ne tarde pas à le colorer en brun foncé et à donner naissance à un précipité floconneux de sulfure cuivrique .

Quand, par les moyens d’essai que nous venons de passer en revue, on s’est assuré que l’acide, acétique ou le vinaigre ne ren-

ferme aucune substance étrangère , on en détermine la force , c’est-à-dire la quantité d’acide réel , sous un poids ou un volume déterminé. Pour cette évaluation, on ne peut plus, comme pour la plupart des autres acides , recourir à la pesanteur spécifique, car les combinaisons de l’acide acétique avec l’eau offrent des particularités qui s’opposent à ce qu’on emploie , dans certaines limites du moins, ce genre d’épreuves. Nous voyons que, en effet , l’acide acétique le plus concentré, qui renferme un équivalent d’eau , a une densité de 1,063 , tandis que ce même acide , combiné avec une quantité d’eau triple de celle qu’il renfermait déjà , c’est-à-dire formant une combinaison de A plus 3 H, a une densité beaucoup plus grande, puisqu’elle est de 1,079. On est donc forcé de reconnaître qu’on ne peut estimer la richesse de l’acide acétique qu’en évaluant son pouvoir de saturation, lequel s’établit par les procédés de dosage que nous avons décrits en parlant de l’essai des potasses et des soudes. (Voyez Alcalimétrie, etc.).

100 parties d’acide acétique à 1 éq. d’eau exigent pour leur saturation :

11 4,64 carbonate potassique , et 88,31 carbonate sodique.

L’acide acétique qui se vend dans le commerce pèse ordinairement 9 à 9°, 5 AB.

§ 272. Propriétés chimiques de T acide acétique et de ses combinaisons. Concentré, l’acide acétique est sans action , même à chaud, sur l’amidon et les différentes fécules ; mais il dissout très bien le camphre, les résines, les gommes-résines , ainsi que les corps qui approchent de ce groupe par leur composition élémentaire, tels que les matières colorantes , celle du cachou, celle de la garance, celle de la gaude , etc. C’est un bon dissolvant du ! gluten ; il attaque la fibrine , le blanc d’œuf , etc. ; son pouvoir dissolvant est intermédiaire entre celui de l’alcool et de l’éther. Etendu d’eau , il n’exerce plus qu’une action infiniment moindre.

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