CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES
pouvoir décomposant que certains corps exercent sur la fécule et l’amidon employés comme épaississants (Voyez Épaississage des couleurs ) , soit enfin à former les acétates ou les pyrolignites de fer. (Voyez p. 178.)
Les acétates jouent un très grand rôle dans la fabrication des indiennes. Comme ils sont facilement décomposés par la chaleur, on se sert de ceux dont les bases ont la propriété d’attirer à elles les couleurs pour fixer ces bases comme mordants sur les tissus. C’est ainsi que s’emploient des quantités considérables d’acétates et de pyrolignites aluminique et ferroso-ferrique, pour les teintures en garance et autres matières colorantes. D’autres acétates ou pyrolignites , tels que ceux de plomb et de baryte , servent à préparer par double décomposition des acétates impurs qu’on utilise comme mordants. Nous verrons des acétates, tels que les acétates potassique, sodique ammonique et plombique , servir comme de véritables bases à la saturation des acides, et d’autres, tels que l’acétate cuivrique, être employés comme corps oxidants.
Acide tar trique.
En combinaison. Cristallisé.
Formule. . . Cfi Ht O ’ = T T + H* O
Équivalent. . 830,70 943,4 9
§ 275 . L’acide tartrique est un produitdu commerce. Jusqu’à présent on l’a toujours retiré du tartre des vins, parce que ce produit organique seul en renferme une assez grande quantité pour que l’extraction en soit avantageuse. Il est vendu en amas de cristaux dont les parties isolées se présentent tantôt sous forme de prismes obliques à base rhombe, terminés par des sommets dièdres, avec arêtes longitudinales tronquées, tantôt en prismes hexagonaux terminés par trois faces de troncature. La densité de cet acide est de 1,75 ; ses cristaux sont transparents et inaltérables à l’air, sans odeur; la saveur en est fortement acide, mais agréable ; 1 partie d’acide exige pour se dissoudre 1 et f partie
d’eau froide et seulement ~ partie d’eau bouillante. Projeté sur des charbons ardents , il développe une odeur de caramel (sucre brûlé) , et incinéré sur une lame de platine, ne laisse point de résidu. Versé dans une solution de chlorure barytique , il n’y produit point de précipité ; celui qui se formerait proviendrait de l’acide sulfurique qui accompagnerait l’acide tartrique. Il ne précipite pas non plus les dissolutions de chlorure et de sulfate calcique , ni celles des nitrates argentique et plombique ; toutefois, en saturant l’acide tartrique mêlé à ces dissolutions par des quantités convenables d’ammoniaque , on doit obtenir des précipités de tartrates calcique, plombique et argentique, ce dernier soluble dans l’ammoniaque. L’acide tartrique précipite tout l’oxide d’une dissolution d’acétate plombique et produit un précipité blanc dans une dissolution de nitrate mercureux. En contact avec des dissolutions saturées et froides de chlorures, de nitrate et de bi-carbonate potassique , ce même acide détermine toujours la formation d'un précipité de bi-tartrate potassique , et en présence d’un excès j d’eau de chaux, il donne naissance à un précipité soluble dans l’acide tartrique en excès, ainsi que dans le chlorure ammo- ! nique, mais incomplètement soluble dans l’ammoniaque. Mé- j langé à une solution étendue d’acide chromique , il s’oxide et | produit l’acide formique. Dissous dans l’eau et maintenu pen- j dant quelques heures en ébullition avec un excès de suroxide plombique , il se transforme complètement en formiate ! plombique soluble et en carbonate insoluble de la même base.
Le suroxide manganique lui fait éprouver le même genre d’altération .
L’acide tartrique , à froid comme à chaud , n’altère pas les dissolutions des sels auriques , et n’est point non plus altéré lui-même par elles ; cependant, si le mélange était rendu alcalin par un excès d’oxide potassique ou sodique , il y aurait altération réciproque de l’oxide aurique et de l’acide tartrique, et formation d’un dépôt d’or métallique très divisé.