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CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES, gjg

L’acide sulfurique , versé sur l’acide tartrique , dissout ce dernier sans le charbonner; et si l’on a eu soin d’opérer le mélange à une basse température , il se produit un acide complexe de l’ordre de ceux qu’on obtient en faisant réagir le premier de ces acides sur un grand nombre de substances organiques. La chaleur détermine sur ce mélange des phénomènes d’altération qui donnent lieu à un dégagement d’acide sulfureux en même temps que la liqueur se charbonne.

De toutes les propriétés de l’acide tartrique, il en est une qui intéresse surtout le fabricant : c’est celle dont il jouit de se combiner d’une manière toute spéciale avec certaines bases. Il y a des acides , tels que les acides nitrique et sulfurique, par exemple , qui , en combinaison avec les oxides, engendrent des sels dans lesquels il est facile au chimiste de mettre la présence des bases en évidence, à l’aide de quelques propriétés qu’elles ont conservées. Quelques exemples feront mieux saisir ces considérations. Dans une dissolution de sulfate ou de nitrate ferrique , on peut toujours démontrer la présence de l’oxide ferrique en déplaçant celui-ci par une base plus puissante, telle que l’oxide potassique, sodique ou ammonique, qui y produit un précipité doué de toutes les propriétés physiques et chimiques de l’oxide ferrique hydraté. De même dans le sulfate ou le nitrate aluminique on peut précipiter l’oxide aluminique par l’oxide ammonique et les carbonates alcalins. Quand ces mêmes bases sont mises en combinaison avec l’acide tartrique, elles perdent une grande partie de leurs propriétés, ou plutôt celles-ci sont masquées (voy.p. â7l de notre Int. àl’Ét.): aussi voyons-nous qu’un sel ferrique , additionné d’acide tartrique ou d'un tartrate , cesse d’être précipité par les 'hydrates potassique, sodique, ammonique, barytique , etc. Un sel aluminique mélangé d’acide tartrique n’est plus précipitable ni par l’ammoniaque, ni par les carbonates sodique et ammonique. Ce genre de phénomène, déjà constaté en 1768 par Lassonne , a été approfondi dans ces dernières années ; mais tous les chi-

mistes ne sont pas d’accord sur la manière d’envisager ces combinaisons tartriques. Tout en s’accordant sur la propension de l’acide tartrique à former des sels à plusieurs bases, notamment les tartrates potassico-sodique , chromico -potassique, antimonico-potassique , ils diffèrent d’opinion sur l’état de l’oxide dans ces combinaisons salines. Les uns ne voient dans l’acide tartrique qu’un véritable hydracide, capable de réduire, par 1 ou 2 équivalents de son hydrogène , l’oxide avec lequel on le combine, et de s’approprier le métal en remplacement de l’hydrogène qu’il aperdu. D’autres le considèrent comme un oxacide ordinaire qui perd une partie de son eau en se combinant avec les bases. Quelle que soit celle de ces deux opinions qu’on adopte, on ne peut s’expliquer encore pourquoi, dans certaines combinaisons tartriques , des oxides conservent une partie de leurs propriétés , et pourquoi dans d’autres , dans celles surtout qui ont été soumises à l’influence d’une base alcaline, les propriétés de ces oxides sont presque entièrement masquées.

§ 276. i%pïï>siesîtioBt8. L’acide tartrique est employé seul ou mélangé avec d’autres acides pour enlever quelques composés oxidés adhérents aux tissus et qui sont tantôt des oxides , se combinant purement et simplement avec l’acide tartrique (oxides ferrique et aluminique), tantôt des suroxides (suroxides plombique et manganique). Dans ce dernier cas , il y a altération mutuelle de l’acide et du composé oxidé.

L’acide tartrique, associé à une certaine quantité de nitrate plombique , sert à former, avec le concours de la cuve au chlorure de chaux, l’enlevage jaune sur fond rouge turc et sur d autres fonds de couleur. En combinaison avec les oxides chromique etpotassique àl’étatde tartratechromico-potassique, il constitue une réserve neutre qui rend de grands services dans la fabrication.

Toutes les fois que le fabricant a intérêt à maintenir un oxide en dissolution , même sous une influence alcaline, il doit recourir à l’acide tartrique.

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