CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES
La tendance qu’a cet acide à former avec l’oxide potassique du bi-tartrate potassique peu soluble fait encore qu’on s’en sert en grande quantité pour décomposer les cyanures ferroso et ferrico-potassiques qui entrent dans la composition du bleu de France et du bleu de Prusse , qu’on applique tant sur coton que sur laine , soie et chaîne coton. (Voyez Bleu de Prusse.)
Enfin à l’état de bi-tartrate potassique , il est aussi employé dans certains bains de teinture , pour prévenir les dépôts d’oxides ou de matières terreuses.
§ 277. Appendice à V acide tantrique. Dans la fabrication de l’acide tartrique en grand, M. Kestner a révélé l’existence d’un acide nouveau qui d’abord a porté le nom d’acide Thannique t puis celui d’acide para-tartrique , et qui maintenant porte celui d’acide racémique. La composition de cet acide ne diffère de celle de l’acide tartrique que par 1 équivalent d’eau qu’il renferme en plus : aussi sa formule est-elle = à C4 H4 O5 H- 2 H2 O. Si par l’ensemble de ses propriétés chimiques, c’est-à-dire par les combinaisons qu’il peut former et par les altérations qu’il est susceptible d’éprouver de la part de la chaleur et des agents oxidants, il peut être confondu avec l’acide tartrique, il en diffère 1° par sa solubilité (il faut, en effet, 6 parties d’eau à 15° pour dissoudre 1 partie d’acide racémique , tandis qu’il ne faut que 2 parties de ce véhicule pour dissoudre la même quantité d’acide tartrique) ; 2° parce qu’il forme avec l’eau de chaux employée en excès un précipité insoluble dans le chlorure ammonique ; 3° parce qu’il détermine un précipité dans une solution de sulfate calcique; 4° parce que si on l’ajoute à une dissolution de chlorure calcique, en saturant le tout par l’oxide potassique , il y a formation d’un précipité abondant qu’un excès même de ce dernier oxide ne dissout jamais complètement.
Faisons remarquer ici que , par l’action qu’exerce l’acide racémique sur le sulfate calcique , cet acide se rapproche de l’acide oxalique ; mais on l’en distingue facilement soit au moyen de l’acide sulfurique, qui ne noircit pas l’acide oxalique à chaud
et qui en dégage un gaz formé de volumes égaux d’oxide et d’acide carbonique, soit parce qu’en calcinant l’acide oxalique, il ny a pas, comme en opérant sur l’acide racémique , développement de cette odeur de caramel qui rappelle le sucre brûlé.
Acide citrique.
Anhydre. Cristallisi à ioo°. Oiitaîlïsé à la tnnp oui.
Formule . . C4H404 — Ti CT + H2 O "cï + W O + § Aq
Équivalent. 731,08 843,58 881,07
§ 278. L’acide citrique est un produit du commerce que l’on vend sous deux états , à l’état solide et cristallin ou à l’état liquide. Dans le premier cas il est tel qu’on le retire du traitement que l’on fait subir au jus de citron pour en extraire l’acide citrique libre ; dans le second il est plus ou moins sirupeux : ce n’est que du jus de citron clarifié et concentré de manière à pouvoir être conservé. Il doit marquer alors 24° à l’aréomètre de Baumé.
L’acide citrique, beaucoup plus cher que l’acide tartrique , se trouve souvent altéré par ce dernier. Comme il s’obtient par le concours de la chaux et de l’acide sulfurique, il est rare qu’il ne contienne pas de faibles proportions de ces agents. Il se rapproche de l’acide tartrique par plusieurs caractères : 1° parce que , comme lui , incinéré sur une lame de platine , il brûle sans laisser de résidu ; 2° parce que sa dissolution ne précipite pas non plus les dissolutions de sels barytique , calcique et argentique ; 3° parce qu’il précipite les dissolutions d’acétate plombique et de nitrate mercureux ; II0 enfin , parce que , sous l’influence des alcalis , il réduit les dissolutions d’or. Il en diffère , 1° parce que , versé dans une dissolution concentrée de chlorure , de nitrate ou de bi-carbonate potassique , il ne forme aucun précipité ; 2° parce que sa dissolution étendue ne trouble point l’eau de chaux, et que cette même dissolution, versée dans le chlorure calcique , ne donne point de précipité à froid ,