CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES
l’acide carbonique étant le dernier, et qu’en conséquence beaucoup de composés peuvent le précéder. Or il importe d’éviter la formation de ces composés , afin d’obtenir l’acide plus promptement et en plus grande quantité .
Nous ne reproduirons pas ici la préparation de l’acide oxalique au moyen du sucre ou de la fécule ; elle est décrite au long dans tous les traités de chimie ; nous nous contenterons d’ajouter quelques observations qui nous semblent de nature à la faciliter. Tous ceux qui ont préparé l’acide oxalique par ce procédé savent qu’ après avoir abandonné à elle-même la liqueur provenant du traitement du sucre ou de la fécule par l’acide nitrique , on obtient des cristaux d’acide oxalique, formés au sein d’eauxmères très acides et de consistance sirupeuse. On traiterait 15 à 20 fois ces eaux-mères par l’acide nitrique en les laissant évaporer et cristalliser chaque fois , qu’on ne parviendrait pas à en retirer tout l’acide oxalique, si l’on ne prenait d’abord la précaution de concentrer les premières eaux-mères au point de les faire brunir. Quand elles ont été amenées à ce degré de concentration on les retire du feu; on y ajoute peu à peu de l’acide nitrique jusqu’à ce que la vapeur nitreuse, résultant de la réaction de cet acide sur elles, et qui, dans le principe, se dégage en abondance , cesse de produire à froid , puis on concentre convenablement la liqueur pour la faire cristalliser. Les secondes eaux-mères sont soumises au même traitement; il est rare qu’on ait besoin de traiter les troisièmes.
§ 281 . L’acide oxalique du commerce n’est pas toujours pur. Il peut être uni à ceux des acides qui le précèdent durant l’oxidation du sucre , et dans ce cas il noircit lorsqu’on le chauffe dans un petit tube scellé à l’une des extrémités, tandis que dans le cas .contraire il se sublime en partie sans noircir. Souvent il renferme des quantités notables de sels à bases inorganiques. On en constate la présence en brûlant une certaine portion de l’acide sur une lame de platine : si l’acide est pur , il n’v a pas de résidu. Il peut être aussi mélangé d’acide sulfurique. On le ré-
connaît au moyen d’une dissolution acide de nitrate barytique , qui ne se trouble point en présence de l’acide oxalique pur. Pour déceler la présence de l’acide nitrique qui accompagne l’acide oxalique chaque fois que celui-ci n’a pas été cristallisé, on sature l’acide oxalique d’hydrate ammonique ; on verse alors dans la liqueur de l’acétate calcique en léger excès , afin d’en précipiter exactement tout cet acide : la liqueur , renfermant l’acétate ammonique , plus le nitrate calcique , est évaporée à siccité , et le résidu traité par les différents moyens que nous avons indiqués pour reconnaître la présence de l’acide nitrique , soit dans l’acide sulfurique , soit dans l’acide acétique.
L’acide oxalique se distingue de tous les autres acides végé^taux par des propriétés particulières : ainsi , versé dans une solution de sulfate calcique , il y détermine sur-le-champ un précipité abondant d’oxalate calcique qui , recueilli , lavé et calciné , laisse de la chaux pure pour résidu. Si , étant libre ou combiné, il est traité par 10 à 15 fois son poids d’acide sulfurique concentré , il se décompose sans noircir , en donnant naissance à un gaz formé de volumes égaux d’acide et d’oxide carbonique d’après l’équation
(G2 -f H2 O) + S’ = (s’.H’Q) + CO + CO2
Enfin, combiné avec les bases', il donne naissance à des sels qui , calcinés , se réduisent en un métal , un oxide ou un carbonate. En même temps que cette réduction a lieu, il y a production ou d’acide ou d’oxide carbonique pur , ou d’un mélange de ces deux gaz , dont on établit facilement les proportions respectives, si on met ce mélange en contact avec une dissolution concentrée d’hydrate potassique qui en absorbe seulement l’acide carbonique.
§' 282. L’acide oxalique se dissout dans l’eau et dans l’alcool, et y est plus soluble à chaud qu’à froid. En abandonnant à elle-même une solution saturée de cet acide, on obtient par le