‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 76 sur 109 · CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES

nique dans la laque retirée de la substance tannante du sang-dedragon , tandis que la même quantité d’or se trouve unie à ZiOO parties de matières organiques dans la laque préparée avec le suc de pin. M. Berzélius , de son côté, a distingué les différents tannins , et les a spécifiés sous les noms de tannin précipitant en bleu les sels ferriques , et de tannin précipitant en vert les mêmes sels. Depuis que M. Pelouze a démontré que le tannin se comporte à la manière d’un véritable acide, M. Berzélius a donné d’autres dénominations aux tannins. Considérant comme identiques ceux qu’on retire d’un même genre de plantes, il a ôréé des mots composés qui , tout en rappelant leurs propriétés fondamentales , celles de tanner, les distinguent les uns des autres. D’après ce célèbre chimiste, l’acide querci-tannique dérive du genre Quercus ; l’acide cincho-tannique dérive du genre Cinchona ; l’acide mimo-tannique dérive du genre Mimosa, et l’acide cocco-tannique dérive du genre Coccus , etc. Il rapporte que, d’après Y alhenberg , le tannin existe:

« 1° dans quelques racines vivaces de plantes herbacées, telles » que la Tormentilla erecta , le Polygonum bistorta , le Ly~ » thrum salicaria ; 2° dans l’écorce de la plupart des arbres,

» dans les jeunes rameaux des arbrisseaux et des arbustes. La » partie intérieure de l’écorce renferme le tannin le plus pur » vers la .surface ; sa nature se rapproche de plus en plus de » celle de l’apothème des extraits ; dans les feuilles des plantes » herbacées , on trouve rarement du tannin ( cependant celles du » Saxifraga crassifolia et du Poterium sanguisorba en con- » tiennent beaucoup ) ; en revanche il existe dans les feuilles des » arbres et des arbrisseaux , par exemple dans les feuilles des » chênes et des bouleaux, où sa quantité diminue vers l’automne,

» dans les Vaccynium myriillus et Vitis iclœa, Y Arbuius uva » ursi , Y Arbutus unido , le Rhus cor i aria , etc. ; h° dans les » péricarpes et leurs cloisons, par exemple dans les chatons de >’ l’aune, dans les cônes des pins , dans les gousses de diffé - ?• rentes légumineuses , dans l’enveloppe des fruits charnus ,

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» tels que ceux du prunier à grappes , des raisins rouges , etc.;

» 5° dans les fruits avant leur maturité. On ne le trouve jamais » ou que rarement dans les pétales ( les fleurs du Punica gra- *> tanum, et les roses en contiennent cependant), dans la partie » charnue des fruits ou des semences mûres , dans les plantes » annuelles, etc. »

Indépendamment de ces tannins retirés des végétaux , on a encore admis l’existence de tannins artificiels, qui, d’après M. Chevreul et M. Hachette, seraient le produit de l’action des acides sulfurique et nitrique sur certains principes immédiats, tels que le sucre, les résines, etc.; mais ces produits d’oxidation n’ont de rapport avec l’acide tannique que par la propriété qu’ils ont de troubler la solution de gélatine.

L’acide tannique s’extrait particulièrement de la noix de galle, qui en renferme environ 70 p. 0/0 de son poids, et on l’obtient au moyen de plusieurs procédés. Nous nous contenterons d’en indiquer deux. L’un consiste à traiter la noix de galle par l’éther sulfurique. Il a été employé d’abord par Lambert et par Dizé. Dans ce procédé , on fait macérer la noix de galle dans l’éther, ou mieux , comme le conseille M. Pelouze , on l’introduit dans l’appareil de déplacement de MM. Robiquet etBoutron-Charlard , et on l’y épuise à froid au moyen de ce véhicule. Après 15 ou 20 heures on trouve dans la carafe un liquide qui se divise en deux couches bien distinctes : l’une , dense , d’un aspect sirupeux et de couleur légèrement ambrée , occupe la partie inférieure du vase; l’autre, plus légère et très fluide, la partie supérieure. L’épuisement de la noix de galle peut être considéré comme terminé lorsque la couche inférieure du liquide n’augmente plus de volume. Pour séparer les deux liquides , on les transvase dans un entonnoir bouché à sa partie étranglée, puis , par un écoulement ménagé , on fait passer dans un vase placé au-dessous du col de celui-ci le liquide le plus dense , qui , lavé d’abord à plusieurs reprises à l’éther, est ensuite desséché sous le vide de la machine pneumatique.

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