CHAPITRÉ DES ACIDES ORGANIQUES
volume cVun pois chiche , et les plus grands celui d’une petite noix ; leur surface est tantôt lisse , tantôt recouverte de petites protubérances plus ou moins rugueuses ou aiguës. Leur couleur varie depuis le blanc virant au chamois jusqu’au brun noirâtre ou verdâtre ; leur densité n’est pas non plus identique : elle est plus grande dans celles qui ont été récoltées avant la sortkrde l’insecte, et par conséquent avant qu’il ait atteint son développement aux dépens de la matière de la noix de galle.
On distingue ordinairement dans le commerce deux genres de noix de galle, les noires et les blanches. Les premières sont celles qui ont été récoltées avant le développement de l’animal ; elles sont dures et pesantes ; leur cassure présente une matière compacte d’un aspect résineux. Les secondes sont celles qui ont été recueillies après la sortie de l'insecte ; elles sont moins dures et plus légères .
Les variétés de noix de galle connues dans le commerce sont les suivantes, que nous classons d’après leur valeur : la noix de galle ÜAJep, qui, malgré son nom, n’arrive pas, à ce qu’il paraît , de Syrie , mais des Indes orientales ( Bankroff ) . Parmi celles-ci on en trouve de noires bleuâtres, de vertes et de grises blanchâtres; elles sont d’autant plus estimées qu’elles sont plus foncées, plus lourdes et dépourvues de cavités à l’intérieur.
Sur la même ligne , et même comme devant quelquefois lui être préférée, on place la noix de galle de Chine, dont les sphéroïdes , de la grosseur d’une noix , présentent des surfaces lisses d’une couleur grise rougeâtre. Celle-ci offre dans sa cassure une masse brune excessivement astringente , formée d’acides tannique et gallique , mais sans accompagnement de la matière résineuse qui existe dans la noix de galle précédente ; viennent ensuite les noix de galle de Soria?i , d’ Italie , des Abruzzes , de la Romanie , inférieures en qualité à celles du Levant ; puis enfin celles d’ Tstrie et d ' Esdavonie , qui occupent le dernier rang.
D’après le travail que vient de publier récemment M. Gui-
bourt , la noix de galle serait composée des principes suivants [Revue scientifique, t. XIII , p. 62) :
Acide tannique .
— gallique .
— ellagique .
— lutéo-gallique. . . .
Chlorophylle et huile volatile Matière extractive brune. .
Gomme .
Amidon .
Ligneux . . .
Sucre liquide .
Albumine .
Sulfate de potasse .
Chlorure de potassium . . .
Gallate de potasse .
— de chaux .
Oxalate de chaux .
Phosphate de chaux ....
Eau .
Cette analyse permet de se rendre compte de la manière dont se comporte la noix de galle avec les principaux véhicules. Traitée par l’éther sulfurique anhydre , elle cède à celui-ci sa substance résineuse, son acide gallique et sa matière colorante ; traitée par l’éther hydraté ou par l’alcool , elle abandonne à ces derniers les acides tannique et gallique qu’elle renferme, et enfin traitée par l’eau, elle se tuméfie en cédant à ce liquide les acides tannique et gallique, ainsi que la gomme et la matière extractive. L’épuisement complet de la noix de galle est si difficile que Deyeux, qui a fait une étude approfondie des propriétés de cette matière première , a du consacrer 100 litres d’eau pour épuiser 500 grammes de noix de galle. Il n’est pas indifférent, ainsi que nous allons le voir, de traiter la noix de galle à froid ou à chaud pour lui enlever les matières solubles qu’elle renferme, ni
Quantités approximatives.
igi