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CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES

et accompagnés d’acide carbonique et d’eau , et cette métamorphose se ferait avec toute la simplicité des deux équations suivantes :

Chauffé à 215° c, 1 équivalent d’acide gallique C7 H6 O5 == 1 équivalent d’acide pyrogallique C6 H6 O3 et 1 équivalent d’acide carbonique CO2.

Chauffé à 250°, 1 équivalent d’acide gallique C7 H6 O6 = 1 équivalent d’acide métagallique C6 H4 O2, plus 1 équivalent d’eau H20 , et 1 équivalent d’acide carbonique CO2.

M. Robiquet, répétant les expériences de M. Pelouze, a trouvé que la décomposition de l’acide gallique par la chaleur ne s’effectue pas d’une manière aussi simple, et que le résidu de la distillation peut varier selon la durée et l’intensité de la chaleur produite. Selon ce chimiste, si l’on n’élève pas la température à plus de 210°, il se dégage fort peu d’acide carbonique, et à peine recueille-t-on quelques paillettes d’acide pyrogallique. Après avoir maintenu pendant plusieurs heures la température au même degré , on trouve l’acide gallique aggloméré en une masse poreuse , grisâtre , qui se délite facilement dans l’eau, dont elle absorbe une partie pour se solidifier, et ce produit dissous dans l’eau bouillante donne par le refroidissement des cristaux d’acide gallique. Voici, au reste, comment M. Robiquet décrit ce qui se passe : « Lorsqu’on élève » la température de 225 à 230°, l’acide entre en fusion, on » le voit bouillonner dans la cornue ; et si, après l’avoir main- » tenu à ce degré pendant 2 ou 3 heures, on arrête l’opération, » on trouve pour résidu une masse noirâtre brillante, presque » entièrement soluble dans une petite quantité d’eau froide. » Cette solution , étant filtrée , est d’un brun rougeâtre , d’une » saveur analogue à celle du cachou , et , chose remarquable , »"elle précipite abondamment la gélatine dissoute. » Plus loin , il ajoute : « Mais elle n’a du tannin que la saveur astringente » et la propriété de précipiter la gélatine animale : elle ne

» forme point de combinaisons insolubles avec les bases orga- »» niques , etc. »

En distillant brusquement l’acide gallique, ce même chimiste s’est aperçu de la formation d’un nouveau produit coloré, dont nous nous occuperons quand nous parlerons de l’action de l’acide sulfurique sur l’acide gallique.

§ 291. Les phénomènes de l’acide gallique les plus intéressants pour le fabricant sont sans contredit ceux qui s’observent dans la manière dont l’acide gallique se comporte avec les bases, et que nous devons aux travaux de M. Chevreul et de M. Robiquet. Le premier de ces chimistes a d’abord mis en évidence, par des expériences très délicates , que l’acide gallique en dissolution et privé d’air est susceptible de se combiner directement avec les oxides potassique , sodique , calcique, strontique et barytique , et de former avec ces différentes bases des sels incolores (pourvu qu’on opère à l’abri du contact de l’air ) , solubles avec les trois premières bases et insolubles avec les trois dernières. Mais ces combinaisons se faisant au contact de l’air ou de l’oxigène , la réaction de cet acide sur les mêmes bases est plus compliquée , et le composé salin absorbe de l’oxigène en se colorant fortement.

En versant de l’acide gallique dans de l’eau de baryte , de manière à ce que celle-ci soit en léger excès , le précipité blanc qu’on obtient d’abord se colore en passant du bleu pur au rouge. Cette seule expérience suffit pour démontrer l’influence que l’air exerce sur la combinaison gallique ; mais cette influence devient plus évidente encore lorsqu’on opère , comme l’a fait M. Chevreul , en présence d’un volume déterminé d’oxigène. Dans des cloches renfermant ce gaz , placées sur le mercure , ce célèbre chimiste a formé plusieurs gallates alcalins au sujet desquels il a publié les observations ci-après :

« J centimètre cube d’eau contenant 05r,2 d’acide gallique, » etO’r,l d’hydrate de potasse, absorbèrent assez rapidement

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