‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 84 sur 109 · CHAPITRÉ DES ACIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ DES ACIDES ORGANIQUES

». J 9 c. c. de gaz oxigène, et prirent en même temps une cou- « leur verte. Ayant ajouté O81’, 2 d’hydrate de potasse, la liqueur *> passa au rouge , et finit par absorber une quantité d’oxigène » qui s’éleva à 58 c. c.

». 1 gramme de surhydrate de baryte que je fis passer dans »» 3 centimètres cubes d’eau contenant 0sr,2 d’acide gallique,

»» forma un gallate floconneux qui devint ensuite grenu. Cette >» liqueur absorba dans une heure 17, C',5 d’oxigène , et se co- »» lora en rouge; il se produisit 4e c , 5 d’acide carbonique. »»

M. Chevreul a conclu de ces expériences que les gallates potassique, sodique et ammonique ne peuvent exister qu’à l’abri du contact de l’air ; que sous l’influence de cet agent , ils s’emparent de l’oxigène et se colorent; que ces sels, quand ils sont neutres, absorbent lentement l’oxigène en se colorant en bleu ou en vert , puis en brun jaunâtre ; que ceux chez lesquels il y a excès de base attirent rapidement l’oxigène en prenant d’abord une teinte rouge qui finit par passer insensiblement au jaune fauve; que durant l’absorption de l’oxigène, il se produit toujours une certaine quantité d’acide carbonique ; mais dont le volume est loin de représenter celui de l’oxigène absorbé. Enfin M. Chevreul admet que, dans quelques cas, l’acide gallique est transformé en une matière colorée très acide et assez astringente pour précipiter fortement la gélatine.

§ 292. De son côté, M. Robiquet a établi qu’il est des circonstances où l’acide gallique se trouve en combinaison avec l’ammoniaque ; que le bigallate ammonique, par exemple, formé sous l’influence d’un excès d’acide gallique , peut être obtenu cristallisé et se conserver au contact de l’air sans éprouver d’altération notable, et qu’au contraire, formé sous l’influence d’un excès d’ammoniaque, il s’altère en présence de l’air et de l’oxigène, et donne naissance à une matière colorée dont l’azote fait partie. D’après ce chimiste, l’acide gallique ne serait pas seulement capable de s’unir avec les oxi -bases, mais il se combinerait encore avec le chlorure calcique neutre et pur, pour former up composé

défini et cristallin. En faisant bouillir une dissolution faite avec 1 partie d’acide gallique, 2 parties de chlorure calcique et 5 parties d’eau , M. Robiquet a remarqué qu’il y a un dégagement continuel d’acide carbonique , et que , quand l’ébullition de la liqueur est poussée assez loin pour que , par l’évaporation, elle marque 120 à 122°, il y a formation instantanée d’un dépôt grenu, un peu jaunâtre , sous forme de petits cristaux rougissant très sensiblement la teinture de tournesol , et qui est formé j d’acide gallique et de chlorure calcique. L’acide carbonique qui se dégage ne pouvant provenir que d’une portion d’acide gai- | lique altéré , un autre produit doit prendre naissance en même temps que ces cristaux. M. Robiquet pensait d’abord que, eu égard au dégagement d’acide carbonique, il y avait formation d’acide pyrogallique; tous les essais qu’il a tentés en vue de justifier cette prévision ont été sans résultat.

L’acide gallique peut exister en présence de l’acide sulfurique et du chloride hydrique étendu sans éprouver d’altération ;* mais en contact avec l’acide nitrique concentré ou faible, il i s’oxide toujours en engendrant de l’acide oxalique qu’accompagne chaque fois une substance résineuse.

§ 293 . L’acide sulfurique concentré fait éprouver à l’acide gallique une métamorphose digne de fixer notre attention . Déj à, par l’oxidation qu’il éprouve sous l’influence des bases, nous avons vu l’acide gallique, naturellement incolore, se transformer en des produits colorés. Maintenant, par son contact avec l’acide sulfurique , auquel il cède 1 équivalent d’eau , nous allons le voir développer encore une véritable matière colorante. Dans un tube fermé à l’une de ses extrémités on introduit 10 grammes d’acide gallique et 50 grammes d’acide sulfurique concentré; ce tube est placé dans un bain d’huile et d’alliage fusible , pour ; être chauffé graduellement jusqu’à 140° c, et pas plus loin , attendu qu’à partir de cette température, l’acide sulfurique agit sur l’acide gallique comme agent oxidant , et qu’il se développe de l’acide sulfureux. L’acide sulfurique commence par dissoudre

Page 1