CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES
ce nous semble , que Tacicle gallique est oxidé par l’oxide ferrique , puisque ce dernier est ramené , en partie du moins , à l’état d’oxide ferreux qui se précipite à l’état de sulfate ferreux; et ce fait une fois admis, il ne reste plus qu’à rechercher la cause de la coloration du composé. La destruction mutuelle de l’acide gallique et de l’oxide ferrique en contact repoussant toute opinion qui tendrait à admettre l’existence de l’oxide ferrique dans ce composé bleu , on voit tout d’abord qu’il est impossible de soutenir, contrairement à toutes les analogies, que l’oxide ferrique qui donne toujours naissance à des sels jaunes , ou jaune orangé , ou rouge brique , produise cependant avec un acide incolore (l’acide gallique) des sels bleus. Nous devons donc envisager ce composé coloré comme formé :
Soit d’un composé bleu provenant de l’oxidation de l’acide gallique uni à un oxide de fer ;
Soit d’un oxide de fer intermédiaire qui , étant bleu , se combinerait avec l’acide gallique ;
Soit enfin de la combinaison de l’acide gallique oxidé et bleu avec le fer ou un oxide particulier de ce métal.
En adoptant la première de ces hypothèses , la coloration en bleu n’a plus rien d’extraordinaire ; car l’acide gallique étant coloré en bleu par l’oxidation qu’il éprouve en présence de l’air et des alcalis , il n’y a rien que de très naturel à penser que cette même oxidation s’effectue lorsque cet acide se trouve en contact avec l’oxide ferrique, qui cède si facilement une portion de son oxigène à une infinité de corps , tels que le sulfide hydrique , l’acide sulfureux , l’oxide stanneux , etc. Cependant cette hypothèse n’est pas à l’abri d’objections; Car, dans l’état actuel de la science , il est difficile de s’expliquer comment l’oxide ferreux et même le fer peuvent donner lieu à la formation de ce composé bleu. L’acide gallique , il est vrai , n’altère point le sulfate ferreux, mais il agit sur l’acétate du même oxide, qui se comporte à la manière des bases. (Voyez page 387 de notre Intr. à l’Et., pour former un composé bleu.)
27/l MATIÈRES PREMIÈRES ORGANIQUES.
D’autre part, si une dissolution d’acide gallique, à l’abri du contact de l’air, peut rester très longtemps en présence d’uni' dissolution de sulfate ferreux pur sans se colorer quand on la sature par un oxide capable de déplacer l’oxide ferreux ( les oxides alcalins sont dans ce cas), il y a formation du même composé bleu. Enfin cette même dissolution gallique, chauffée avec de la limaille de fer, donne lieu à un dégagement d’hydrogène, ainsi qu’à la combinaison bleue (1).
Si l’on pouvait prouver que dans ces diverses circonstances le composé obtenu est toujours formé des mêmes éléments , et doit sa coloration à l’oxidation de T acide gallique , il faudrait nécessairement voir dans l’acide gallique un corps qui se comporterait à la manière du sulfide hydrique SH(I) 2 *, et qui serait capable de perdre 1 équivalent d’hydrogène sous l’influence des agents oxidants. Nous allons voir qu’en effet la comparaison est possible. S H- H2 étant la formule du sulfide hydrique, nous représenterons l’acide gallique par (Bl) -f- H2. Lorsque ces corps sont en contact ,
Avec le sulfate ferrique :
S + H2 + Fe S 4 =: S —J— 2! ( Fe S) + S* + H2 O (Bl) + H2 + Le S'< = (Bl) 2 ( Fe S) + S* + H2 O
Avec le sulfate ferreux :
f Mais par f intervention d’une base puis- S + H2 -j- Fe S rien] santé qui s’empare de l’acide sulfurique, (Bl) -|- H2 -f- Fe S rien 1 l'oxide ferreux se trouve réduit comme ' dans l’exemple ci-après :
Avec l’acétate ferreux :
S + H2 + Fe A = S Fe + H2 O + A (Bl) H2 -f- Fe  =(Bl)Fe + H2 O + Â
(I) En traitant de faction de la matière colorante de la garance sur
les mordants, nous ferons voir que l’on peut produire du lilas sans le
concours des mordants de fer.