‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 87 sur 109 · CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES

Avec le fer :

S -f H2 + Fe = S Fè -f- H2 (Bl) + H> + .Fe = (Bl)Fe + ï»

Dans le premier cas , le composé bleu serait libre , et dans les trois derniers il serait uni au fer; mais dans chacune de ces réactions , la molécule gallique n’est point détruite , et peut par conséquent toujours revenir à son état primitif par la restitution de deux volumes d’hydrogène.

En expliquant par la seconde hypothèse la formation de ce composé bleu, on est tout naturellement conduit à attribuer cette couleur à l’existence d’un oxide intermédiaire non encore isolé, qui, en combinaison avec les matières colorantes rouges, donnerait les violets ; avec les matières colorantes jaunes, les verts et les olives. Mais on est bientôt forcé de rejeter cette hypothèse quand on se reporte à la formation de l’oxide ferreux dans l’action qu’exerce l’acide gallique sur le sulfate ferrique , puisque la formation de cet oxide serait incompatible avec celle du prétendu composé intermédiaire. Si d’ailleurs cette hypothèse était vraie , il n’y aurait qu’à mélanger un sel ferrique avec une proportion d’oxide ferreux pour obtenir cette combinaison intermédiaire. Or l’expérience prouve que, quel que soit le rapport dans lequel ces sels se trouvent mélangés , le sel ferrique seul est attaqué , et qu’il se produit toujours une certaine quantité d’oxide ferreux. Enfin , si la couleur bleue ou noire devait être attribuée à l’oxide intermédiaire seul , comment expliquer la coloration bleue qui se développe par le seul contact de l’acide gallique avec l’acétate ferreux , et même avec le fer métallique^

Reste enfin la troisième hypothèse , celle d’après laquelle l’acide gallique oxidé ou déshydrogéné se trouverait en combinaison avec le fer ou avec ce métal oxidé. Pour saisir cette nouvelle manière d’envisager la constitution moléculaire des composés galliques , arrêtons-nous un instant sur quelques combinaisons de ce même acide avec l’oxide plombique.

M. Liebig démontre qu’en faisant réagir de l’acide gallique sur une dissolution neutre et bouillante d’acétate plombique employé en excès, il se produit un précipité qui, lavé et desséché, renferme C7 H2 O5 Pb2. D’après le même chimiste., ce sel de vrait être représenté par C7 H2 O3 -f- 2 Pb, ou comme un gallate bi-plombique. Mais si , avec nous , on considère l’acide gallique comme formé de C3 (Hc C3 O3 ) 12 -f- CO2, on voit que, quand 1 équivalent de cet acide est. mis en contact avec 2 équivalents d’oxide plombique Pb2 O2 , quatre volumes de son hydrogène disparaissent aux dépens de 2 équivalents d’oxigène de l’oxide plombique, et que les 2 équivalents de plomb viennent les remplacer, en conservant à la molécule gallique sa forme moléculaire, puisque le composé peut être représenté par C3 (H2 Pb2 C3 O3 )12 -f- CO2. Si l’on traite cette combinaison par 2 équiva- ' lents de chloride ou de sulfide hydrique 2 H2 Cl2 , ou bien 2 H2 S, il y a formation de chlorure ou de sulfure plombique ; le plomb est alors enlevé et l’hydrogène restitué à la molécule gallique.

Maintenant que par induction on reconnaisse au fer, ainsi qu’au suroxide ferrique Fe, la faculté que possède le plomb de remplacer dans la molécule gallique l’hydrogène qui peut en être enlevé, la production des composés galliques s’explique assez naturellement ; car ces composés peuvent se représenter

soit par- (P ( C3 O* \i2 pO-

Fe

soit par C3 ( H4 C ' 0:1 ) 12 + CO1

Fe

Le composé correspondant à la première formule prendra naissance, soit par l’action de l’acide gallique sur le fer, soit par celle de ce même acide sur l’oxide ferreux naissant, ou sur l’acétate ferreux.

Quant au composé correspondant à la seconde formule , et qui renferme le suroxide ferrique Fe , comme radical composé jouant le rôle d’un corps simple, on ne peut en concevoir la for-

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