‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 88 sur 109 · CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DES ACIDES ORGANIQUES

mation qu’en reconnaissant avec nous que l’oxide ferrique n’est pas , ainsi qu’on l’admet généralement , le produit de l’union pure et simple de l’oxigène avec le fer ; mais que, selon les circonstances où il a été formé, il peut être représenté:

ou par Fe O -f- Fe O = Fe2 O ’1 ou par 3 (Fe O) -f- Fe O 5 ~ 2 F2 6 3

Quelle que soit celle de ces deux formules sur laquelle on s’appuie , on comprend également la formation du composé gallique, attendu que , dans l’une comme dans l’autre, l’oxide ferreux est un des produits nécessaires de la réaction de l’acide gallique sur le sulfate ferrique.

D’après M. Proust , lorsque le sulfate ferrique agit sur l’acide gallique, il se produit une substance tannante qui n’a plus d’action sur les sels de fer, et qui reste en dissolution. On obtient cette même substance , et plus promptement , en faisant agir le chlore sur une infusion de noix de galle.

§ 294. Applications. L’acide gallique pur est resté jusqu’à ce jour sans application. Nous avons déjà vu qu’impur et associé au tannin , tel qu’il existe dans la noix de galle , il joue en teinture un rôle qui n’est pas positivement déterminé, et que l’on ignore même s’il a une part dans les applications que l’on fait de la noix de galle.

§ 295. Acide pyrogallique. Il est, avons-nous dit, le produit de la distillation sèche de l’acide gallique. Deyeux, qui conseille d’extraire l’acide gallique de la noix de galle par distillation, ne pouvait évidemment obtenir par ce procédé que de l’acide pyrogallique proprement dit. M. Braconnot, le premier, fit voir que l’acide .retiré de la noix de galle ou de l’acide gallique par une distillation sèche , est un acide distinct. Cette opinion a été confirmée par les analyses de M. Pelouze, qui établissent qu’en effet il diffère de l’acide gallique par 1 éq. d’acide carbonique en moins. L’acide pyrogallique se distingue d’ailleurs des acides en général , 1° parce qu’il est formé et mis en liberté

sous l’influence des bases mêmes les plus puissantes (de la chaux par exemple ) ; 2° parce que, ainsi que l’a fait remarquer M. Robiquet , il ne sature aucune base ; 3° enfin parce que sa capacité de saturation est = à 0 ; d’où il résulte que c’est à tort qu’on l’envisage comme un acide. Il se dissout dans l’éther, dans l’alcool et dans l’eau ; mais sa solution aqueuse ne peut être évaporée au contact de l’air sans s’altérer ; il s’empare de l’oxig'ène de celui-ci, et il y a formation d’une matière brune. Cette même solution réduit avec beaucoup de facilité les sels d’or , d’argent et de mercure.

Ce qui différencie surtout l’acide pyrogallique de l’acide gallique , c’est qu’il ne se colore pas comme ce dernier par l’acide sulfurique concentré, et qu’en contact avec les sels ferreux, avec le sulfate même , il donne un précipité bleu ou noir, tandis que , dans les mêmes circonstances , l’acide gallique ne produit rien.

. Il agit sur les sulfates ferriques comme le tannin et l’acide gallique , c’est-à-dire en opérant la réduction de la base , et en formant du sulfate ferreux en même temps qu’un composé bleu. Le rapprochement qui , dans ce cas particulier, existe entre ce corps et l’acide gallique, malgré la perte deléq. d’acide carbonique éprouvée par l’acide gallique , n’a rien d’étonnant quand on réfléchit à la formule moléculaire de ces deux composés.

Nous représentons l’une par C3 (H6 C3 O3) -f- CO2 et- l’autre par . C3 (H6 C{ O3)

Ce n’est donc que par 1 éq. d’acide carbonique que la molécule se trouve modifiée ; on conçoit par suite qu’elle puisse se reconstituer en présence de l’eau , qui est un composé isomorphe avec l’acide carbonique , de la manière suivante :

C3 ( Hf> C'3 O3 ) + H2 O

§ 296. Applications. L’acide pyrogallique n’a point encore été employé en toile peinte ; toutefois , la facilité avec laquelle il s’oxide en présence des agents oxidants nous fait croire'

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