CHAPITRE IL
SUBSTANCES AMYLACEES , GOMMES , SUCRES , LIGNEUX , GLUTEN , ALBUMINE , GÉLATINE , SOIE ET LAINE .
§ 301. Nous réunissons dans ce chapitre des substances qui , bien que différant entre elles par leur composition, sont* en relation intime dans fart de la toile peinte. Le ligneux , considéré comme fibre textile, représente, avec la soie et la laine, la matière même des tissus sur lesquels on applique les couleurs. Les substances amylacées , les gommes, les sucres, l’albumine et la gélatine, sont employés soit à l’épaississement des mordants et des couleurs qui sont appliquées sur ces tissus , soit à l’apprêt de ces tissus lorsqu’ils sont teints ou imprimés. Quelques uns de ces corps , notamment le sucre et la gélatine , peuvent encore recevoir quelques autres applications.
Substances amylacées.
§ 302. Sous cette dénomination nous groupons des corps qui se distinguent , il est vrai , parleurs propriétés physiques, mais se confondent dans la nature comme dans les laboratoires par l’ensemble de leurs propriétés,.chimiques : nous voulons parler des amidons et des fécules. A côté d’eux se placent naturellement les matières premières organiques d’où on les extrait dans un état plus ou moins pur, les farines, et enfin les produits dérivés auxquels ils peuvent donner naissance. Ces substances amylacées, qui autrefois n’étaient retirées que des céréales, reçurent d’abord le nom générique d’amidon ; mais leur présence ayant été constatée aussi dans tous les organes qui servent à la reproduction des végétaux, on a laissé aux uns le nom d’amidon, et donné aux autres celui de fécule. C’est ainsi que fondit amidon de blé, d'orge , de mais, dé férés, etc., e t fécule de pommes de terre, de sagou, de patates, de panais, etc. Pour éviter des répétitions inutiles , nous donnerons, à l’exemple
de plusieurs chimistes , le nom de granules amylacés aux principes qui constituent les amidons et les fécules.
Avant que M. Raspail eût fait voir que les amidons doivent être considérés comme des organes végétaux , ét que, triturés et délayés dans l’eau, ils cèdent à celle-ci une partie de leur propre matière , les chimistes considéraient les granules amy- . lacés comme un principe immédiat. M. Chevreul, en discutant les résultats intéressants obtenus par ce célèbre micographe , proposa de désigner la partie de l’amidon insoluble dans l’eau froide par le nom d -amiclin, et par celui d ' amidine celle qui est soluble dans ce liquide.
Aujourd’hui les chimistes et les physiologistes s’accordent à considérer les granules amylacés comme étant de nature complexe ; mais les uns ne voient en elles que des vésicules membraneuses de formes globuleuses , remplies d’une substance soluble dans l’eau , et à laquelle on a donné le nom de dextrine , tandis que d’autres n’y voient qu’une matière hétérogène déposée par couches concentriques , et comme par intermittence , qui jouiraient de cohésions différentes.
Ce n’est pas ici le lieu de discuter ces deux opinions ; nous nous contenterons donc de dire que nous nous appuierons toujours sur la première, quand nous serons dans le cas d’expliquer des phénomènes qui se rattachent à cette partie de la science. Toute substance insoluble dans l’eau froide qui jouira de la propriété de'former avec 12 fois son poids d’eau bouillante une pâte molle, demi-transparente, connue sous le nom d’empois, et qui se colorera en bleu par l’iode , sera pour nous un granule amylacé, c’est-à-dire un amidon ou une fécule. Mais il est à remarquer que la dimension et le volume de ces granules sont essentiellemment différents , qu’ils proviennent ou non de la même plante , attendu qu’ils dépendent en même temps de l’espèce de celle - ci et du plus ou moins de développement qu’ils doivent tant à leur âge qu’à leur position par rapport aux vaisseaux sécréteurs (Raspail et Payen).
MATIÈRES NEUTRËS ORGANIQUES. 287
Le fabricant peut tirer d’utiles indications de l’état physique de ces granules ; il doit donc se munir du Manuel du micographe et d’un bon microscope , pour être en mesure de connaître la qualité des amidons ou fécules dont il est appelé à faire usage.
§ 303. Les granules amylacéspeuvents’unir à diverses proportions d’eau, et produire ainsi plusieurs degrés d’hydratation. La fécule de pommes de terre , par exemple, ne forme pas moins de 5 combinaisons avec l’eau (Payen). Egouttée sur des plaques déplâtré, et obtenue à l’état où elle est livrée au commerce sous le nom de fécule dite verte , elle retient encore 45 p. 0/0 d’eau. Desséchée dans une étuve à 20°, et dans une salle dont l’air est presque, saturé d’humidité, elle devient d’un blanc éclatant, et renferme encore 35 p. 0/0 d’eau. Desséchée à l’air, elle abandonne une plus grande quantité d’eau; elle n’en contient plus alors quel8 p. 0/0. Enfin, dans le vide, à la température ordinaire , elle abandonne encore la moitié de cette dernière quantité d’éau , et ce n’est qu’en la chauffant pendant plusieurs heures à 120 ou 125° dans le vide sec , qu’on parvient à lui enlever toute son eau d’hydratation.
La fécule qui se vend dans le commerce renferme de 15 à 18 p. 0/0 d’eau. Si on la mélange avec 10 à 15 fois son poids de ce liquide, et qu’on chauffe progressivement le mélange en l’agitant continuellement, elle n’éprouve d’altération qu’à partir de 50 à 60°. A cette température, les granules les moins durs s’hydratent, en donnant à l’eau un aspect translucide, et à partir de 70 et72°, la tuméfaction ou l’hydratation de toutes les vésicules étant à peu près complète , il se produit de l’empois ; mais cet empois n’acquiert toute la consistance désirable qu’ après avoir été chauffé à 100°. Les granules les plus volumineux et les plus durs sont alors entièrement pénétrés par l’eau ; mais leur enveloppe se racornit si l’on continue à chauffer l’empois, et celui-ci, perdant peu à peu de sa consistance, finit par se liquéfier complètement. Les téguments se séparent de la dextrine ,
qui devient libre, et se précipitent en la laissant en dissolution dans l’eau. .
Calcinés en vases clos , les granules , comme toutes les substances organiques, se décomposent en donnant naissance aune foule de produits pyrogénés, et en laissant pour résidu un charbon brillant , spongieux et très volumineux. Si , au lieu de traiter ainsi la fécule , on la porte à un degré de température déterminé , les vésicules des granules sont déchirées , et la clextrine ou matière soluble est mise en liberté. Ce qui le prouve , c’est qu’un amidon et une fécule chauffés de la sorte , d’insolubles qu’ils étaient d’abord dans l’eau, y deviennent très solubles.
En ne perdant pas de vue les propriétés qu’ont les granules de former de l’empois sous l’influence de l’eau , on comprend aisément que l’action qu’exerce la chaleur sur une fécule , celle de pommes de terre, par exemple, doit varier avec l’état d’hydratation de cette dernière. Nous voyons y en effet, que si l’on chauffe une fécule, sèche en apparence, mais qui renferme néanmoins encore 35 p. 0/0 d’eau, ses vésicules se brisent en approchant de 100°, pour donner naissance à une pâte dure; et qu’au contraire si l’on soumettait à l’influence d’une chaleur progressive et continue une fécule préalablement 'desséchée dans le vide , celle-ci pourrait être portée à la température de 180 à 190° sans changer d’aspect et sans perdre de son insolubilité dans l’eau, et ne subirait ces modifications qu’ autant qu’elleserait chauffée à 200° c., et maintenue assez longtemps à cette température. En substituant à ces fécules ti\ s hydratées ou anhydres une fécule renfermant 18 p. 0/0 d’eau , et en élevant la température à 160°, l’action combinée de l’eau et de la chaleur aura pour résultat de faciliter la rupture des vésicules ' et de rendre la fécule soluble. C’est ainsi qu’en faisant subir aux granules d’amidon et de fécule des altérations de ce genre , moyennant des appareils appropriés , on prépare pour les besoins de l’impression des produits destinés à remplacer, dans l’épaississement des couleurs , les gommes , les amidons et les
farines qui sont connues sous les noms cl’ amidon torréfie , ,de fécule torréfiée , de gomme d’amidon , de gomme surogcit , de léiogome et de dextrine.
On facilite la torréfaction des amidons ou des fécules , qu’on ait envie de les rendre plus homogènes ou de leur conserver la blancheur qui leur est naturelle , en les exposant , avant de les torréfier, à faction soit d’une dissolution très faible de chlorure de chaux, soit d’une eau aiguisée d’acide nitrique ou de chloride hydrique. Ces divers agents ne tardent pas à altérer les vésicules des granules au point qu’un amidon ou une fécule ainsi traité n’a plus besoin pour devenir totalement soluble dans l’eau que d’être porté à 120 ou 1A0°. Nous verrons plus loin qu’il est rare qu’il ne se forme pas une certaine quantité de sucre quand on fait usage des deux acides mentionnés.
Seuls et abandonnés à eux-mêmes , les granules amylacés n’éprouvent aucune altération , mais il n’en est plus ainsi s’ils sont hydratés à l’état d’empois ; une décomposition ne tarde pas à s’effectuer si celui-ci contient dea matières azotées , du gluten par exemple, et à donner lieu à la formation de divers produits.
M. Théodore de Saussure ayant abandonné à lui-même, pendant 36 jours , de l’empois fait avec 12 parties d’eau pour une partie d’amidon de froment, trouva qu’ après ce laps de temps il s’était formé h 7p. 0/0 de sucre. Ainsi que nous le constaterons , ce sucre prend naissance sous l’influence du gluten que contient l’amidon. Quand l’empois provient d’une fécule pure , exempte de gluten ou de toute autre substance de cette nature, et qu’on l’abandonne à lui-même , cette formation de sucre n’a point lieu; mais l’empois perd de son homogénéité en subissant une espèce de coagulation, dont la partie solide contient les téguments plus ou moins tuméfiés de la fécule , tandis que la partie séreuse ou liquide renferme de la dextrine. Plusieurs substances salines préviennent cette coagulation ; les sels zincique , cuivrique et aluminique sont de ce nombre, et le fabricant s’en sert pour conserver à l’empois ses propriétés, i. 19
Les granules en contact avec les acides se comportent différemment suivant que ces derniers sont concentrés ou étendus ; que , concentrés , ils ont été formés directement ou indirectement , et enfin que , formés directement , ils sont ou ne sont pas avides d: humidité .
Parmi les acides concentrés , il n’y a que l’acide acétique pur qui soit sans action sur les granules amylacés. On peut faire bouillir ensemble pendant plusieurs heures de l’acide acétique et de la fécule de pomme de terre sans parvenir à déchirer les téguments de celle-ci. D’autres acides, au contraire, .tels que les acides nitrique , chromique et sulfurique , réagissent fortement sur la fécule. L’acide nitrique fumant en contact avec la fécule la liquéfie et la transforme en une matière insoluble dans l’eau, appelée xyloïnë (Braconnot), et à laquelle M. Pelouze, qui en a fait l’analyse , reconnaît la composition suivante :
C° H° O5 -j- N2 0\ Ce même acide étendu d’eau oxide, comme nous l’avons déjà vu , la fécule, et la transforme par une action prolongée en acide oxalique. L’acide sulfurique concentré la liquéfie à froid et forme avec elle un composé cristallin ; à chaud, il en détermine la décomposition avec dégagement de gaz j sulfureux , d’acide et d’oxide carboniques. L’acide chromique produit avec elle de l’acide formique en passant lui-même à l’état d’oxide chromique.
§ 3.04. A une température plus ou moins voisine de celle de l’eau bouillante , tous les acides étendus d’eau jouissent de la propriété de mettre en liberté la dextrine, en raison delà part qu’ils prennent à la rupture des vésicules amylacées , dont les téguments, se trouvant ainsi contractés, ne sont plus dans les conditions favorables pour produire de l’empois. Mais là ne se borne pas l’effet des acides sur la fécule; par une action prolongée, ceux qui ne sont pas sujets à s’altérer en pareille circonstance transforment la dextrine en sucre. On peut, par ; conséquent, en chauffant de la fécule en présence de l’acide' ! sulfurique étendu d’eau, transformer d’abord la première en
dextrine, et celle-ci en sucre par le seul fait d’une élévation de température. En expérimentant sur 1,000 parties d’eau , 120 d’acide sulfurique et 400 de fécule, il suffit de chauffer le tout jusqu’à 90° pour obtenir de la dextrine, et de le porter à 95 ou 98° pour obtenir du sucre.
§ 305. Des phénomènes du même ordre se présentent lorsque la fécule est mise en contact avec un principe immédiat azoté, que M. Payen et moi nous avons appelé cliastase. Ce principe, extrait d’abord de l’orge germée , a été retiré ensuite de plusieurs autres organes de reproduction des végétaux au moment même où la germination commence.
En chauffant au bain-marie , à la température de 75 à 80°, 100 parties de fécule, 400 parties d’eau, et 12 parties d’orge germée, avec la précaution d’agiter le tout, la fécule ne tarde pas à être attaquée, à se liquéfier au lieu de passer à l’état d’empois , et à constituer ainsi une véritable solution de dextrine, qui, en peu de temps, si la température est maintenue au même degré , se convertit en sucre.
Le gluten mélangé avec la fécule fait éprouver à celle-ci des modifications du même genre , lorsqu’il a été altéré au contact de l’air, et c’est à ce phénomène qu’il faut rapporter la production du sucre, qui se forme , ainsi que nous l’avons déjà dit, par l’abandon de l’empois à lui-même et au contact de l’air.
On ne s’explique ces diverses métamorphoses causées par des agents si différents, qu’en admettant [Inir. à FEt., p. 530) que dans ces réactions l’eau se décompose sous l’influence physique des acides, de la diastase et du gluten altéré.
Les alcalis caustiques attaquent aussi , gonflent et déchirent les vésicules des granules amylacés , mais en produisant avec elles un magma gélatiniforme qui n’adhère pas au tissu : c’est pour cette raison qu’on ne peut épaissir avec l’amidon ou la fécule des dissolutions alcalines.
Quand , après avoir gonflé de la fécule au moyen de l’hydrate potassique, on vient à la saturer d’acicle acétique ou de tout
autre acide , la dextrine se retrouve avec toutes ses propriétés.
La plupart des dissolutions salines sont mises en contact avec l’empois sans le décomposer; mais il n’en est pas ainsi de l’acétate triplombique.
Le tannin et les décoctions de matières astringentes concentrées décomposent aussi l’empois , en formant avec lui un composé insoluble, dont on peut toutefois prévenir la formation par l’intervention de l’acide acétique. (Voyez Couleurs d’ application au campêche.)
L’iode produit avec les granules amylacés un composé bleu ou violet , désigné sous le nom d 'iodure cl' amidon ., qui mérite d’être mentionné comme étant un réactif précieux dans beaucoup de circonstances. Toutes les fois que l’iode et la fécule se trouvent en contact et sont soustraits à l’influence de certains corps libres, tels que les alcalis et le chlore, il y a coloration des granules amylacés ; seulement, suivant que ceux-ci seront plus ou moins denses et racornis , ils passeront du noir au violet , puis au bleu le plus tendre , et enfin présenteront une couleur vineuse. C’est à cette cause qu’il faut attribuer les changements de nuance qui s’observent lorsqu’à l’eau qui tient en suspension de la fécule on ajoute peu à peu de l’iode ; il y a d’abord une coloration vineuse, puis bleue , qui passe au violet foncé et au noir.
§ 306. Amidon. On le retire des céréales, et particulièrement du froment. Plusieurs procédés sont employés pour cette extraction ; mais, quel que soit celui dont on fasse usage, il est impossible d’obtenir un amidon exempt de gluten. C’est à la présence de ce dernier qu’il faut attribuer la propriété dont l’amidon jouit de former une pâte avec l’eau , d’être coulé en baguettes , et enfin , lorsqu’il est desséché , de présenter une j masse compacte à surfaces lisses. Quand l’amidon est accompagné d’une quantité tant soit peu notable de gluten , celui-ci se décompose durant la dessiccation et donne à l’amidon une teinte brunâtre qui , sans lui ôter ses qualités , le fait cependant
rejeter du consommateur. C’est ordinairement cette espèce d’amidon que l’on soumet à la torréfaction pour obtenir l’amidon torréfié.
L’amidon le plus sec est celui que l’on doit rechercher: brûlé et incinéré dans une capsule de porcelaine ou de platine , il ne doit laisser qu’un résidu à peine apparent. Un résidu tant soit peu notable serait la preuve qu’on aurait mélangé à l’amidon des substances étrangères , en vue soit d’en augmenter la blancheur , soit d’en diminuer le prix de revient.
Pour ramener au blanc l’amidon qui a subi une coloration par la décomposition du gluten , on le traite par l’eau de chaux qui dissout le gluten en donnant à l’amidon une extrême blancheur; mais dans cette opération qui se fait au contact de l’air, la chaux se carbonate , se mélange avec l’amidon , et en diminue la valeur. Le résidu de l’incinération d’un amidon ainsi traité fait effervescence avec l’acide nitrique , et , dissous dans ce dernier, précipite abondamment par l’acide oxalique, et par tous les réactifs propres aux sels calciques.
§ 307. Amidon torréfie. Selon que l’amidon employé était plus ou moins pur, plus ou moins riche en gluten , que sa torréfaction a été poussée plus ou moins loin et d’une manière plus ou moins uniforme , il peut contenir :
1° Les téguments de l’amidon et les substances étrangères organiques et inorganiques qui l’accompagnent quand il est impur ;
2° Du gluten charbonné ;
3° De l’amidon non complètement torréfié, qui provient tantôt de l’imperfection du procédé de torréfaction , tantôt , ce qui arrive le plus souvent, de ce que le consommateur réclamant des nuances déterminées , le fabricant d’amidon ne se rend pas toujours un compte exact de la destination du produit, et mélange des amidons non entièrement torréfiés à d’autres qui le sont trop, et dont la nuance est trop intense pour pouvoir être ramenée à une teinte plus claire;
'29 k MATIÈRES PREMIÈRES INORGANIQUES.
k° De la dextrine ou gomme d’amidon.
Pour être de bonne qualité , un amidon torréfié doit se dissoudre dans l’eau, sans laisser de résidu sensible , quand on l’a préalablement délayé de manière à en faire une pâte bien homogène. La partie insoluble dans l’eau , après avoir été séparée par une filtration , ne serait rude au toucher qu’ autant qu’elle renfermerait des matières charbonneuses ou du sable, substances également nuisibles dans l’usage que l’on fait de ce produit pour épaissir les couleurs destinées $ l’impression au rouleau. Si cette partie insoluble est notable, c’est une preuve que l’amidon n’a été qu’imparfaitement torréfié ou qu’il est accompagné de substances étrangères. Ce résidu, recueilli et lavé à l’eau froide, doit, dans le premier cas , présenter à la loupe tous les caractères physiques de l’amidon non altéré, former de plus avec l’eau chaude de l’empois bleuissant par l’iode, et enfin se liquéfier et se transformer en sucre par l’action de l’acide sulfurique étendu Dans le second cas, ces caractères ne se reproduisent plus , et l’on est appelé à rechercher quelles sont les substances organiques et inorganiques qui l’accompagnent.
§ 808. Fécule cle pommes de terre. On en. distingue de deux espèces : la fécule blanche et la fécule bise. La première peut se diviser en une foule, de variétés , suivant que , durant l’opération du blutage , elle passe à travers des tamis dont les mailles sont plus ou moins serrées. Dans toutes ces variétés , les granules amylacées présentent la même configuration, et ne diffèrent que parleurs dimensions. La fécule bise renferme , outre les granules amylacées, une certaine quantité de matière terreuse , et enfin une portion du tissu fibreux qui a passé en même temps que la fécule au travers des tamis dont on s’est servi pour laver et épuiser la pulpe delà pomme de terre. On blanchit quelquefois une fécule de cette nature ; mais elle est toujours reconnaissable au moyen du microscope, qui y décèle la présence des fibres végétales,
Dans l’achat d’une fécule, il faut surtout avoir égard à son état d’hydratation. Quand on la prend à la main , elle ne doit point adhérer à la peau; elle ne doit pas non plus perdre au-delà de 3 p. 0/0 de son poids quand onia dessèche au bainmarie.
§ 309. Sous les noms de léiogome , de fécule torréfiée , de gomme de fécule , de dextrine , et enfin de gommeline , on vend des produits qui sont le résultat tantôt de l’altération directe des granules féculacés par l’action de la chaleur seule ou secondée d’un acide , tantôt de l’altération de ces granules par l’eau, avec le concours d’un acide ou de la diastase.
La torréfaction de la fécule présente plus de difficultés que celle de l’amidon. Les granules amylacés y étant de grosseurs très inégales , obligent à faire emploi d’appareils qui les maintiennent pendant un certain temps à une température fixe. Ces appareils sont chauffés soit au bain d’huile ou d’alliage fusible, soit à l’air chaud. Quand la fécule est bien torréfiée , elle se dissout complètement dans l’eau, en ne laissant qu’un résidu presque imperceptible. Le contraire a lieu si la fécule n’a été qu’incomplétement ou inégalement torréfiée. Afin d’arriver à une torréfaction plus uniforme , et en même temps de conserver à la fécule la blancheur qui lui est naturelle, des fabricants de ce produit ont imaginé, ainsi que nous l’avons déjà dit, d’employer l’action corrosive de certains agents pour altérer les véhicules , de manière à les rendre destructibles à une température plus basse et prévenir une coloration. Une fécule ainsi torréfiée , après avoir été soumise à l’influence d’une eau acidulée par l’acide nitrique ou par le chloride hydrique , se dissout complètement dans l’eau, en imprimant à celle-ci une réaction acide : elle est toujours alors accompagnée d’une certaine proportion de sucre, reconnaissable non seulement par sa saveur, mais aussi au moyen de l’alcool qui, versé dans la solution aqueuse ainsi obtenue, en précipite la dextrine. On filtre alors le tout , et après avoir soumis à la distillation la partie liquide
pour en retirer l’alcool, on ajoute au résidu , de consistance plus ou moins sirupeuse, de l’eau et de la levûre de bière, ce résidu se transforme aussitôt en alcool et en acide carbonique et possède enfin tous les caractères du sucre.
Une fécule torréfiée , préalablement traitée par le chlorure de chaux , conserve ordinairement une odeur qui rappelle jusqu’à un certain point celle de la souris ; incinérée dans une capsule de porcelaine ou de platine , elle laisse un résidu salin , plus abondant que celui de la fécule pure , et qui , mis en contact avec une eau aiguisée d’acide nitrique, donne par les réactifs tous les caractères qui sont propres aux sels de chaux et aux chlorures. Ainsi l’acide oxalique détermine dans cette liqueur un précipité blanc pulvérulent d’oxalate calcique , et le nitrate argentique un précipité blanc de chlorure argentique , insoluble dans l’acide nitrique et soluble dans l’ammoniaque.
On s’est servi de l’action quel’ orge germée exerce sur la fécule pour déchirer les vésicules de celle-ci et préparer la dextrine qui est livrée au commerce. A cet effet on chauffe au bain-marie, et à une température qui ne doit pas dépasser 75 à 80° c., 100 parties de fécule avec 10 parties d’orge germée et 400 parties d’eau, jusqu’à la liquéfaction complète de la fécule, qui s’opère en quelques minutes ; on se hâte alors de porter le tout à l’ébullition pour arrêter l’action de la diastase et prévenir la transformation de la dextrine en sucre , et l’on obtient par la filtration une solution de dextrine qui , évaporée et desséchée , laisse un résidu offrant tous les caractères physiques delà gomme, et qui n’est en réalité que de la dextrine desséchée. Mais ce produit , qui jouit de la propriété de passer à l’état isomérique (Biot et Persoz), où il est insoluble dans l’eau froide, ne peut , comme nous l’avions avancé d’abord avec M. Payen, remplacer la gomme dans tous les cas où l’on fait usage de celle-ci.
La gommeline du commerce n’étant, à proprement parler, que de la dextrine obtenue par l’action simultanée de l’eau chaude et d’un acide faille sur la fécule , ne se dissout à froid
qu'en petite proportion. Elle se comporte comme un mélange de gomme et de fécule.
Nous croyons être parvenu à faire perdre à la dextrine la propension qu’elle a naturellement à se métamorphoser en un produit qui la rend insoluble dans l’eau froide. Nous la préparons à la manière ordinaire ; mais au lieu de borner l’action de la diastase à la rupture des vésicules et à la liquéfaction de la fécule , nous la prolongeons pendant un certain temps , afin qu’une partie de la dextrine se transforme en sucre ; nous filtrons alors la liqueur, et quand la température en est descendue à 15° ou 20°, nous y ajoutons la quantité de levûre de bière nécessaire pour déterminer la fermentation alcoolique et opérer la destruction totale du sucre qui s’était formé. Cette fermentation achevée, nous passons le liquide au travers d’une chausse, puis nous le distillons, pour en retirer tout l’alcool. Le résidu delà distillation renfermant la dextrine est évaporé dans des vases à fonds plats , soit à feu nu, soit à l’aide de la vapeur, et enfin desséché dans une étuve. Ce produit, abstraction faite de la manière dont il agit sur un faisceau de lumière polarisée qu’il dévie vers la droite , et de celle dont il est attaqué par l’acide nitrique, possède toutes les autres propriétés de la gomme arabique. Celui que nous avons préparé en 1835 retient encore à l’heure qu’il est tous ses caractères primitifs.
§ 310. Farines. On emploie dans le même but que les produits mentionnés ci-dessus, diverses farines , notamment la farine de blé, plus rarement celle de riz , et enfin celle que l’on obtient de la mouture des bulbes préparées de plusieurs orchis, particulièrement les orchis maeulata, mono , latifolia et pyramidal is; cette dernière farine est connue sous le nom de salep.
Le fabricant doit veiller à ce que les farines dont il fait usage ne contiennent pas de ces matières quartzeuses ou granitiques qui se détachent souvent des meules durant la mouture du grain; Car dans les impressions au rouleau la présence d’un de ces corps endommage la gravure et nuit à l’impression. On reconnaît la
présence de ces matières étrangères , en faisant incinérer une certaine quantité de farine pour en examiner ensuite les cendres à la loupe , ou pour les traiter par le chloride hydrique ou par tout autre acide.
§ 311. Applications. Les matières amylacées s’emploient :
1° dans l’opération du tissage, pour parer la chaîne, c’est-à-dire pour donner de la consistance au fil qui la constitue ; 2° dans l’impression, pour épaissir les mordants et les couleurs; 3° enfin pour donner l’apprêt convenable aux tissus blancs , teints ou imprimés.
Dans toutes ces circonstances, le fabricant doit s’attachera prévenir, au moyen d’un agent convenablement choisi , la décomposition de l’empois ; il y parviendra à l’aide, soit de l’alun, soit des composés salins zincique et cuivrique. Mais quand les matières amylacées sont appelées à épaissir les mordants ou les couleurs , il faut en outre prévoir l’influence chimique qui peut s’exercer entre elles et les principes constituants de la couleur. Celle-ci est-elle alcaline et renferme-t-elle en outre en dissolirtion un oxide métallique proprement dit , aucune des matières dont nous nous occupons ne pourra être utilisée. Renferme- 1elle un oxide terreux , l’alumine par exemple , il faudra renoncer à la farine , à l’amidon et à la fécule , parce que les téguments de ces divers granules se gonflent, se tuméfient, et produisent avec les liqueurs alcalines une espèce de pâte courte, impropre à l’impression. On emploiera, au contraire, avec succès ' l’amidon ou la fécule torréfiée et la dextrine, attendu que les i téguments de ces granules ont été détruits durant leur torréfaction , et que d’ailleurs l’oxide aluminique ne forme pas avec la ! dextrine un composé insoluble. La couleur a- t-elle une réaction acide prononcée , on ne pourra que difficilement se servir de j l’amidon et de la fécule, à cause de l’influence que les acides i exercent sur l’empois. Enfin , si la couleur renferme des sub- ! stances salines ou astringentes, il est encore important de prévenir l’effet <pie ces matières exerceraient sur la dextrine.
On se sert aussi des matières amylacées, pour incorporer des corps gras dans les couleurs , pour déceler la présence de l’iode dans toutes les dissolutions où il existe à l’état de liberté. Enfin le son des farines est employé dans le débouillissage , dans le garançage et dans quelques autres bains 'de teinture. (Voyez ces différentes parties. )
Sucre.
Anhydre Cristallisé
Formule . C6 H10 Os Cl2H2°0IO-f- Aq
Equivalent. . . . 1021,0 2154,494
§ 312. On appelle sucre toute substance douée d’une saveur plus ou moins douce , qui a la propriété , lorsqu’elle est mise en contact avec la levure de bière dans des conditions de température convenables, de subir la fermentation alcoolique, c’est-àdire de se transformer en alcool et en acide carbonique. On distingue plusieurs espèces de sucres : l’une, qui a pour type le sucre de canne, cristallise régulièrement et dévie les plans de polarisation vers la droite, puis vers la gauche, si l’on vient à la traiter par les acides; l’autre , le sucre de certains fruits , qui a pour type le sucre de raisin , cristallise sous forme de champignon et dévie les plans de polarisation vers la gauche, avant de passer à l’état solide; une troisième enfin, le sucre d'amidon , qui dévie constamment vers la droite les plans de polarisation , et avec une intensité moindre que le sucre de canne. MM. Dumas et Payen désignent cette dernière sous le nom de glucose.
Parmi les propriétés du sucre, il y en a deux qui doivent particulièrement éveiller l’attention du fabricant : c’est, d’une part, celle qu’il a de former avec les dissolutions salines des combinaisons complexes dans lesquelles les oxides se trouvent masqués, comme nous l’avons déjà constaté à l’occasion de l’acide tartrique , ce qui fait que ce principe immédiat ne peut jamais être qu’un mauvais épaississant. Un mordant d’alumine, par exemple , épaissi avec le sucre et imprimé sur calicot , ne se
fixe qu’en petite quantité sur ce tissu, tandis que , toutes circonstances égales d’ailleurs , le même mordant , épaissi avec la gomme ou avec l’amidon , le sature complètement d’oxide aluminique. On doit donc repousser comme épaississant non seulement le sucre , mais encore toutes les préparations féculacées qui pourraient en renfermer quelque quantité notable.
D’autre part , le sucre * en présence des sels , et surtout des sels alcalins , est un agent réducteur ou désoxidant des plus énergiques ; en contact avec les sels cuivriques, il ramène ceuxci à l’état d’oxide cuivreux ou de cuivre métallique , suivant la nature de l’acide, et d’après cet exemple, il est facile de comprendre ce qui arriverait si le sucre se trouvait en présence de dissolutions salines dont les oxides seraient plus réductibles que l’oxide cuivrique.
Le sucre en contact avec lapotasse et l’indigo non seulement réduit et blanchit ce dernier, mais encore le fait passer à un état où sa molécule étant dénaturée , il n’est plus possible de l’utiliser comme matière colorante. ( Voy. Bleu d’ application solide .)
§ 313. Applications. Jusqu’ici le sucre n’a été employé dans les fabriques de toiles peintes que dans des circonstances fort rares, et seulement pour l’épaississement de certaines couleurs. L’acétate triplombique qui cède son excès d’oxide à la gomme, à la fécule, à la colle, enfin à toutes les substances organiques, à l’exception du sucre, ne peut être épaissi qu’avec celui-ci; il en est de même de l’oxide stanneux en dissolution dans la potasse et dans la soude.
Gomme.
Formule . C12 H22 O11
Equivalent. ...... 2154 50
§ 31 h- Sous le nom générique de gomme, les chimistes ont réuni plusieurs substances distinctes qui possèdent un certain nombre de caractères qui leur sont communs , mais qui ne se manifestent pas avec le même degré d’intensité.
La gomme est peu sapide, se dissout dans l’eau froide ou s’y gonfle simplement, selon son espèce, en absorbant une grande quantité de ce véhicule. Elle est insoluble dans l’alcool ; attaquée par l’acide nitrique , elle donne naissance à une certaine quantité d’acide mucique ; traitée à chaud par l’acide sulfurique étendu, elle se transforme en sucre avec une extrême difficulté ; mise en contact avec le ferment , elle n’éprouve pas la fermentation alcoolique. La dextrine ou gomme d’amidon possède la plupart des caractères de la gomme; mais ce qui l’en distingue essentiellement, c’est que, traitée par l’acide nitrique, elle ne forme pas , comme cette dernière , de l’acide mucique , et ne dévie pas vers la gauche les plans de polarisation , ainsi qu’il a été dit plus haut.
Dans le commerce , on donne le nom de gommes à des produits qui , différant essentiellement entre eux par leur composition , ne doivent pas être confondus.
Parmi les gommes proprement dites on distingue les gommes arabique , seêegal , aclvaganthe , bassora , et enfin celle du pays. On appelle aussi gomme copale , gomme èUmi , de véritables résines; gomme élastique un corps d'une nature chimique toute particulière, et enfin gomme-gutte et gomme ammoniaque des substances qui sont de nature complexe, puisqu’on peut en retirer à la fois de la gomme et de la résine, ce qui les a fait appeler gommes-résines .
§ 315. La gomme arabique est le produit de l’exsudation naturelle du Mimosa nilotica , L.; Acacia ver a, F. On en distingue deux variétés : l’une, en petits morceaux blancs, extrêmement secs et friables , est connue sous le nom de gomme turique ; l’autre , en morceaux lisses, plus volumineux, est appelée gomme gedda.
La gomme sénègal est le produit de l’exsudation du Mimosa senegatensis , L.; Acacia seneg al ensis , Vil. On la trouve dans le commerce tantôt en sortes , tantôt choisie. En sortes , c’està-dire dans l’état où elle nous a été expédiée du Sénégal , elle
est en morceaux de formes variées , mais généralement arrondies , la plupart ne dépassant pas en grosseur une petite noix , quoique parfois il s’en trouve de plus volumineux qu’on appelle marrons et qui sont de véritables agglomérats , et d’une couleur qui varie depuis le blanc pur au brun rougeâtre, avec toutes les teintes intermédiaires. Cette gomme renferme ordinairement des fragments d’une gomme-résine appelée bdelium. Choisie , elle est divisée en plusieurs variétés : la gomme blanche, la gomme blonde , la gommé brune, etc.
Au point de vue chimique, il serait bien difficile d’assigner à la gomme arabique d’autres caractères que ceux que possède la gomme du Sénégal; il est même certain que ce que l’on vend aujourd’hui sous le nom de gomme- arabique n’est autre chose que de la gomme du Sénégal choisie : nous nous trouvons donc ainsi conduit à confondre l’étude des propriétés et des applications de ces deux gommes.
Selon M. Guérin , ces gommes seraient essentiellement formées d’un principe immédiat qu’il nomme arabine , et qui serait accompagné d’un acide libre et d’une certaine quantité d’oxides calcique, magnésique et ferrique, estimée par M. Yauquelin de 2,5 à 3,8. Si l’opinion de M. Guérin était fondée , une solution de gomme arabique pourrait être considérée , abstraction faite de l’acide libre et des oxides, comme une solution d’arabine pure ; or, c’est ce que nous ne pouvons admettre. Nous , sommes au contraire porté à considérer la gomme comme une matière complexe, et voici sur quoi se fonde notre manière de voir. Lavée à plusieurs reprises à l’eau froide, la gomme , abandonnant'toutes les saletés qui existent à sa surface, devient transparente et susceptible de s’y dissoudre , sans donner à sa solution l’aspect opalin qu’elle présente toujours lorsqu’elle est faite d’une gomme qui n’a pas été préalablement purifiée. Si à cette solution transparente on ajoute de l’acide sulfurique pur, la liqueur ne tarde pas à se troubler ; il s'y forme un dépôt qui se compose en partie de sulfate calcique reconnaissable par
ses propriétés physiques et chimiques , et en partie d’une matière organique floconneuse , insoluble clans les acides faibles , mais qui se dissout ou plutôt se dissémine dans l’eau , en lui donnant un aspect muqueux ou gélatineux. A mesure que ce dépôt se produit, la gomme éprouve de notables changements dans sa constitution moléculaire. Sa solution, qui déviait d’abord vers la gauche et avec une certaine intensité les rayons de lumière polarisée, finit par les dévier peu à peu vers la droite. Ainsi son pouvoir rotatoire commence par diminuer dans le sens primitif gauche , devient bientôt nul , et passe enfin vers la droite , en augmentant d’intensité jusqu’à un point déterminé où il reste constant. Ges transformations, qui , à froid, se font d’une manière lente, ont lieu en peu d’instants quand, ainsi que nous l’avons fait avec M. Biot , on porte à l’ébullition un mélange de 8 parties de gomme , 17 à 18 parties d’eau, et 2 parties d’acide sulfurique. On sépare par une filtration la matière gélatineuse du sulfate calcique , .et ajoutant à la liqueur une quantité convenable d’alcool, on y détermine un abondant précipité floconneux qui jouit des propriétés fondamentales de la gomme, et qui n’en diffère réellement que parce qu’il dévie les plans de polarisation vers la droite , ce qui nous a portés à lui donner le nom de gummi-dexirine .
Les modifications que subit la gomme sous l’influence de l’acide sulfurique affaibli, elle les éprouve encore lorsqu’en dissolution dans l’eau , elle est abandonnée à elle-même , à un certain degré de chaleur. Dans cette circonstance , elle ne tarde pas à subir une sorte de fermentation qui trouble sa solution en mettant en liberté la matière floconneuse que nous venons de signaler, et à mesure que ce changement a lieu, son pouvoir rotatoire passe insensiblement de la gauche vers la droite.
Si la gomme ne renfermait qu’un principe immédiat, Y arabine , elle ne subirait pas ces modifications d’une manière spontanée. Enfin , une solution de gomme n’est pas seulement modifiée par la fermentation et par les acides, elle l’est encore par
les dissolutions salines à réactions acides , par celles du sulfate et du chlorure ferrique , par exemple , qui en précipitent aussi la partie gélatineuse , en combinaison avec l’oxide ferrique. Le chlore déplace et altère cette même substance gélatineuse.
Une gomme arabique de bonne qualité doit se dissoudre dans l’eau en toutes proportions, sans jamais avoir l’aspect gélatineux. Une gomme dont certaines portions, au lieu de se dissoudre dans l’eau , ne feraient que s’y tuméfier et s’y gonfler en absorbant de ce liquide , renfermerait de la gomme du pays ou une gomme analogue , et il faudrait la rejeter en raison des graves inconvénients qu’en présenterait l’usage.
La gomme du commerce, desséchée dans le vide, peut perdre de 16 à 20 p . 0/0 d’eau. Cette différence provient tant de la grosseur de ses fragments que du temps qui s’est écoulé depuis sa récolte.
La gomme arabique, insoluble dans l’alcool, est complètement précipitée par ce dernier de sa solution aqueuse ; elle en est aussi précipitée par l’acétate triplombique et par le nitrate mercureux; enfin , suivant qu’une solution gommeuse est plus ou moins étendue, elle est ou non troublée par un grand nombre de dissolutions salines. (Voyez article Ejmississage.)
Du reste , comme toutes les matières organiques fixes , la gomme arabique jouit , mais à uii faible degré , de la faculté de masquer les oxides ; en sa présence , une dissolution de nitrate bismuthique cesse d’être précipitée par l’eau.
§ 316. Applications. On emploie ordinairement la gomme Sénégal pour épaissir les couleurs ; elle a sur l'amidon l’avantage de pouvoir être utilisée à froid et pour des impressions délicates qu’on tenterait avec moins de chances de succès à l’aide du premier de ces épaississants.
Au moyen de la gomme , on peut aussi incorporer des corps gras dans des couleurs aqueuses; elle entre enfin dans la composition des apprêts , et particulièrement de ceux des tissus de
soie.
Gomme adraganthe .
§ 317. Cette gomme est le produit de l’exsudation spontanée de deux arbrisseaux de l’Asie-Mineure, X Astragalus vents et V Astragalus gummifera. Elle se présente toujours sous forme de filets ou plutôt de lanières contournées en spirales , opaques ou légèrement translucides ; traitée par l’eau, elle ne s’y dissout pas , mais en absorbe une quantité considérable et forme avec elle un mucilage très consistant. On ne peut mieux juger de la bonne qualité d’une gomme adraganthe qu’en évaluant la quantité d’eau que s’approprie un poids donné de cette gomme, un gramme, par exemple , qu’on plonge dans l’eau froide.
D’après M. Guérin, la gomme adraganthe renfermerait :
Arabine ou substance analogue à celle qui se trouve dans
la gomme arabique et dans celle du Sénégal .... 53,7
Bassorine. . 31,4
Eau . 4 4,8
Cendres. . . 3,4
De même que les substances amylacées , le mucilage de la gomme adraganthe bleuit par l’iode; il doit cette propriété a sa partie insoluble, c’est-à-dire à la bassorine.
§ 318. Applications. La gomme adraganthe sert à épaissir les mordants et les couleurs ; à cet effet , on l’emploie tantôt en mucilage , que l’on délaie dans les mordants ou couleurs, tantôt sèche et pulvérisée. Dans ce dernier état , la gomme doit être mélangée aux liquides avec certaines précautions , ou elle se met en grumeaux, que l’on ne peut plus délayer qu’avec une extrême difficulté . (Voyez Épaississage des couleurs.)
Gomme bassova.
§ 319. La gomme bassova-, celle qui, d’après M. Guérin, se rapproche le plus de la gomme adraganthe , aurait la composition suivante :
Bassorine . 61,90
Arabine. . , , , . .11,20
Eau . 21,60
Cendres. . . 6,40
Elle est saris application dans l’art d'imprimer les tissus.
Gomme du pays,
§ 320. La gomme du pays n’est que le produit de l’eXsudation de certains arbres indigènes , et particulièrement du pêcher, de l’abricotier et du cerisier. M. Guérin prétend qu’elle contient un autre principe immédiat que les gommes dont nous venons de parler, qu’elle est essentiellement formée de eêrasine , substance qui jouirait de la propriété de se gonfler dans l’eau, en donnant à celle-ci beaucoup de viscosité. Enfin, d’après ce chimiste , la cèrasine , chauffée en présence de l’eau, se transformerait en arabine. Nous ne sommes jamais, quant à nous, parvenu à opérer cette transformation. Cette divergence dans nos résultats tiendrait-elle à ce que nous n’aurions pas opéré sur des produits de même origine i
Indépendamment de ces gommes , il existe encore dans les racines , dans les tiges , dans les feuilles et dans les semences des végétaux , des matières gommeuses généralement désignées sous le nom générique de mucilage, et qu’on retire plus particulièrement de la graine de lin , du coing , de la guimauve, etc.
En traitant des épaississants en général , nous dirons pourquoi ils ne peuvent remplacer avec avantage ni les gommes ni les fécules.
Ligneux.
321. Sous ce nom les chimistes ont désigué jusque dans ces derniers temps la partie essentielle de la fibre de tous les végétaux , dégagée ou séparée, par des traitements convenables,
des substances étrangères organiques et inorganiques qui l’accompagnent. En traitant et successivement à chaud la sciure de plusieurs espèces de bois par l’éther, par l’alcool, par certains acides, par des alcalis faibles , et enfin par l’eau pure ou par l’eau ordinaire, MM. Gay-Lussac et Thénard ont obtenu un produit identique quant à la manière dont il se comporte avec les principaux agents chimiques, mais dont la composition a été représentée par 51,5 à 52 p. 0/0 de charbon et 4 7 à 48,5 p. 0/0 d’eau.
Ces différences trouvées dans la composition du ligneux provenaient de ce que les traitements auxquels il avait été soumis n’avaient pas suffi pour en enlever toutes les matières étrangères. Pien ne le prouve mieux que l’analyse qu’on a faite postérieurement de l’écorce du bouleau , organe dans lequel on rencontre principalement les corps résineux. On la prétendait d’abord formée de 62 p. 0 '0 de charbon et de 35,12 d’hydrogène et d’oxigène dans les proportions nécessaires pour former l’eau, plus 2,88 d’hydrogène en excès, et après avoir été mieux épurée , elle n’a plus fourni à l’analyse que 49 p. 0/0 de carbone et 51 d’hydrogène et d’oxigène, dans le rapport où ces deux corps constituent l’eau.
Dans un mémoire présenté à l’Académie en 1833, nous traitions des modifications du sucre et de la fécule , et nous disions : On peut prévoir la pari que prendra la dextrinè dans la formation de la j eune plante ; car nous avons observé , M. Biot et moi , que , dans certaines circonstances , la dextrine pouvait devenir 'insoluble dans l’eau sans changer de nature. Ne serait-ce donc pas d’une manière analogue quelle contribuerait à l’accroissement du végétal ?
Ce que nous présentions alors sous forme dé considérations, M. Payen l’a introduit plus tard dans la science comme une vérité acquise , en démontrant que la charpente de toutes les plantes, depuis les plus imparfaites jusqu’aux plus parfaites , est formée de cellules dont la matière, d’une composition inva-
riable , se confond avec celle de la dextrine , et renferme ,
comme cette dernière :
44,8 decarbonne.
6,21 d’hydrogène,
50 d’oxigène.
C’est à cette matière solide , dont la pesanteur est de 1,525, que M. Payen a donné le nom d q cellulose; elle est incolore , diaphane, insoluble dans l’eau froide, dans l’acide acétique concentré , dans l’alcool , dans l’éther et dans les huiles grasses et essentielles ; traitée par l’eau bouillante ou par des solutions alcalines ou acides étendues, elle peut, selon l’état d’agrégation de ses molécules , résister plus ou moins à l’action de ces agents .
D’après M. Payen , les cavités de cette cellulose seraient remplies d’une matière incrustante dont la composition varierait non seulement avec les diverses espèces de bois, mais aussi, dans la meme espèce, avec l’âge du bois et avec la nature du terrain où il a été cultivé. C’est à la présence de cette matière qu’il faut attribuer les différences que l’on observe dans la composition des ligneux et les difficultés que l’on rencontre lorsqu’on cherche à dégager la cellulose des substances étrangères qui l’accompagnent par des véhicules divers. Comme la fibre textile du lin , du chanvre et du coton , n’est autre chose que du ligneux ou de la cellulose exempte de matière incrustante, nous allons parler de la manière dont elle se comporte en présence des principaux agents employés soit pour la blanchir, soit pour la teindre, afin d’être à même de discuter, quand il en sera temps, la valeur des procédés appliqués à ces deux genres d’opération.
§ 322. Le ligneux pur se conserve pendant assez longtemps au contact de l’air ; mais, à l’air humide, il s’altère plus facilement, et en éprouvant d’abord une espèce de désorganisation qui a pour résultat la désagrégation , puis la décomposition de la cellulose.
Le chlore, le brome et l’iode en dissolutions étendues n’al-
tèrent que faiblement le ligneux ; mais, libres ou en dissolutions concentrées , ces mêmes corps le détruisent promptement , surtout sous l’influence de la lumière. Non seulement ils réagissent sur le ligneux tantôt comme agents déshvdrogénants, par leur tendance à s’unir avec l’hydrogène , tantôt comme agents oxidants , en provoquant la décomposition de l’eau , mais ils peuvent aussi altérer le ligneux, en raison de l’influence acide du chloride , du bromide, de l’iodide hydriques qui prennent naissance, aux dépens de l’hydrogène, soit du ligneux, soit de l’eau décomposée.
Le ligneux est encore fortement attaqué quand il est en présence du chlore , du brome , de l’iode et d’une base énergique hydratée ou carbonatée; c’est ainsi que, sous la double influence du chlore, des hydrates et des carbonates potassique et sodique , il est détruit par l’action oxidante de ce mélange.
Les acides faibles se comportent avec le ligneux autrement que les acides concentrés. Ainsi 100 parties de ligneux triturées à froid dans un mortier avec l/iO parties d’acide sulfurique concentré, sont bientôt entièrement modifiées, pourvu qu’on ait la précaution d’incorporer goutte à goutte l’acide au liquide, car d’insoluble qu’il était dans l’eau avant d’être ainsi traité, le ligneux y devient complètement soluble et possède dans ce nouvel état les principaux caractères de la dextrine , déviant comme elle vers la droite les plans de polarisation de la lumière et se transformant en sucre (glucose) par l’action simultanée .de l’acide et de la chaleur (Braconnot, Biotet Persoz). Au con traire , le même acide étendu peut être mis en contact avec le ligneux sans lui faire subir d’altération notable, pourvu que ce contact ne soit pas trop prolongé et que l’acide ne se trouve pas dans des conditions à se concentrer par l’effet de la dessiccation du ligneux; autrement celui-ci passe à l’état de désagrégation, devient pulvérulent, et acquiert la propriété de se gonfler et même de se dissoudre dans l’eau chaude.
Les autres acides., à l’intensité près, agissent de la même
manière , ainsi que les composés salins à réactions fortement acides.
L'acide nitrique concentré et fumant agit sur le ligneux comme sur l’amidon , c’est-à-dire qu’en lui cédant un équivalent d’oxigène il brûle un équivalent de l’hydrogène de ce corps par son radical, et forme avec lui la xyloïdine. Étendu d’eau et à froid , il se comporte avec le ligneux à la manière des autres acides affaiblis ; à chaud , il l’ attaque , agit ensuite sur lui comme agent oxidant , et le transforme en acide oxalique.
L’acide chromique étendu ou à l’état de bi-chroinate (état dans lequel son action n’est plus aussi énergique) peut se trouver en contact avec le ligneux sans lui faire subir d’altération appréciable , pourvu que le contact n’ait pas lieu en présence de la lumière solaire, car, sous l’influence de cet agent physique , le ligneux est fortement attaqué : nous en avons vu qui , après avoir subi pendant quelques jours une telle influence, était devenu complètement soluble dans l’eau.
§ 323. Les alcalis, la chaux, la potasse, la soude, les carbonates potassique et sodique en contact avec le ligneux agissent différemment sur ce principe immédiat, suivant qu’ils sont concentrés ou étendus , carbon atés ou caustiques , à l’abri ou au contact de l’air. Les alcalis caustiques en dissolution étendue, de même que les alcalis carbonatés en dissolution concentrée, n’ont en général qu’une action très faible sur le ligneux, qu’ils n’altèrent pas sensiblement; mais ce dernier est au contraire fortement contracté par les alcalis caustiques et concentrés. Pour s’en convaincre, il suffit de verser sur une toile quelconque quelques gouttes de potasse ou de soude en. solution concentrée ; on verra le tissu se crisper par suite du retrait qu’éprouve la fibre sur le point où elle a été touchée par les alcalis. A une température élevée, et seulement avec le concours de leur eati d’hydratation , les alcalis déterminent l’oxidation du ligneux; aie rs, si celui-ci est en excès, on obtient de fulmine ( Braconnot ; quand c’est l’alcali qui domine, il y a formation,
selon que la température' est portée au moins à A00° ou ne dépassepas 280°, dans le premier cas, de carbonate potassique et d’hydrogène ; dans le second, d’oxalate potassique et d’hydrogène provenant, comme dans l’exemple précédent, de l’eau décomposée dont l’oxigène a été employé à oxider le ligneux.
De tous les phénomènes qui résultent du contact des alcalis avec la fibre textile végétale , le plus intéressant pour le fabricant est sans contredit celui que présente l’action de la chaux sur le ligneux. La chaux a cela de remarquable qu’elle peut se trouver en quantité considérable en présence du ligneux sans l’altérer d’une manière notable, tant qu’ils sont tous deux à l’abri du contact de l’air ; mais un tissu imprégné de ces corps qui serait exposé à l’air serait incontinent brûlé. M. Edouard Schwartz rapporte à ce sujet une expérience qu’il a faite , et qui explique pourquoi tant de fabricants ont eu à se repentir d’avoir appliqué la chaux au blanchiment des toiles. Ce chimiste ayant chauffé un vase à moitié rempli de lait de chaux , y suspendit pendant quelques heures une bande de toile , dont la moitié seulement était immergée. Au bout de ce temps, cette bande de toile, retirée et lavée , se trouva complètement brûlée à l’endroit où elle avait été à la fois en contact avec l’air et avec la chaux, tandis que la partie plongée dans le lait de chaux, et par conséquent à l’abri du contact de l’air, n’avait éprouvé aucun dommage.
C’est ici le lieu de faire connaître les observations que ce fabricant distingué a publiées sur les altérations qu’éprouve le ligneux en présence des oxides métalliques avides d’oxigène et en état d’oxidation. Il prétend que les oxides ferreux et manganeux qu’on dépose sur les tissus végétaux, et qu’on y oxide en vue d’obtenir l’oxide ferrique et le suroxide manganiques , qui sont de véritables matières colorantes, déterminent souvent l’oxidation du tissu même sur lequel ils sont appliqués , et il établit cette proposition qu’une substance, en s’oxidant, détermine aussi l’oxidation du corps en présence duquel elle se trouve
alors même qu’à l’état d’isolement ce dernier n’est pas oxidable. Les oxides manganeux et ferreux n’étant ordinairement mis en liberté sur les tissus que par l’action déplaçante d’une base alcaline (la chaux, la potasse et la soude ) , on comprend qu’il existe une certaine relation entre l’altération qu’éprouve le ligneux en contact avec la chaux et l’air et celle qu’il subit par les alcalis sous l’influence d’oxides métalliques qui sont en état d’oxidation .
Par la plupart de ses caractères chimiques , par sa composition, par la manière dont il se comporte en présence des hydrates ainsi que des acides sulfurique et nitrique , le ligneux peut en quelque sorte se confondre avec l’amidon : aussi M. Payen considère-t-il ces deux corps comme étant d’une nature identique et ne différant que par l’état physique qui résulte pour l’un d’eux de la métamorphose qu’il a subie. Cependant une propriété que possède le ligneux établit, selon nous , entre ces deux corps une ligne de démarcation bien tranchée. En effet, en contact avec certains sels, le ligneux attire à lui les oxides qui leur servent de base, s’en empare, s’en sature, se les approprie enfin au point de former corps avec eux , et c’est en vertu de cette propriété qu’on parvient à faire adhérer les oxides ferrique et aluminique à la fibre textile du coton, du lin, du chanvre, et à donner à celle-ci le pouvoir d’attirer à elle certaines matières colorantes qui ne peuvent s’y fixer que par l’intermédiaire de ces agents : or, si cette propriété existe aussi dans l’amidon , il faut avouer que c’est à un degré bien faible , puisqu’on se sert de ce dernier pour épaissir les substances salines mêmes qui sont destinées à saturer le ligneux.
Quelques matières colorantes telles que l’indigo , le carthame et le curcuma, jouissent aussi du pouvoir d’adhérer au ligneux et de faire corps avec lui. Dans cette circonstance , comme lorsqu’il est saturé d’oxide métallique , le ligneux ne peut être remis en liberté que par l’influence énergique d’une action chimique sur l’oxide ou sur la matière colorante. Considéré sous ce
dernier rapport , le ligneux se rapproche davantage de l’amidon, qui forme aussi avec l’indigo une véritable combinaison.
§ 3 2 h. Applications. Le ligneux, envisagé dans les différents états où il constitue le bois, a des applications fort nombreuses, mais qui sont trop connues de tout le monde pour que nous en parlions ici. Nous l’avons étudié déjà sous le rapport de son pouvoir calorifique en traitant du charbon et de l’hydrogène; nous nous bornerons donc à dire qu’il constitue la fibre textile des tissus de coton, de chanvre, de lin, de formium tenax, etc.
En traitant du blanchiment, nous examinerons en détail tout ce qui a rapport à ces ligneux.
Albumine.
§ 325. Ce principe immédiat est très répandu dans l’économie animale ;car, associé à certains sels et dissous dans une plus ou moins grande quantité d’eau, il forme la base du blanc d’œuf, du sérum du sang et de beaucoup d’autres sérosités animales. L’albumine se retrouve aussi dans tous les organes des végétaux, notamment dans les semences, et en plus grande quantité dans celles des graminées et des légumineuses ; clans ces dernières elle est toujours accompagnée de gluten . Quelle que soit d’ailleurs son origine , elle possède invariablement les memes caractères et la même composition.