‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 92 sur 109 · C . 54,84 ou 400 at. de carbone · texte numérisé non relu

C . 54,84 ou 400 at. de carbone

Hy. . . 7,09 620 — d’hydrogène.

N . 1 5,83 100 — de nitrogène.

O . . 21,23 120 — d’oxigène.

P . 0,33 1 — 'de phosphore.

S . 0,68 2 — de soufre.

On distingue deux espèces d’albumine • Y albumine coagulée , qui est sans application à l’art qui nous occupe , et l’albumine non coagulée. Sous ces deux états elle offre des propriétés tellement distinctes les unes des autres que, si ce n’était l’identité delà composition, on serait tenté de les considérer comme

deux corps très différents. Dans le second, telle qu’elle existe dans le blanc d’œuf, dans le sérum du sang, etc. , elle est soluble dans l’eau et donne à ce liquide de la viscosité. — Sa dissolution abandonnée à une évaporation spontanée se dessèche et forme une couche plus ou moins épaisse et transparente, ayant l’aspect d’un vernis. L’albumine ainsi desséchée peut être dissoute et desséchée de nouveau autant de fois que l’on veut sans rien perdre de ses propriétés, pourvu qu’on en fasse l’évaporation dans le vide ou à une température au-dessous de 50°, car aune chaleur plus élevée , elle deviendrait complètement insoluble dans l’eau.

Du reste , l’albumine se comporte bien différemment sous l’influence de la chaleur, suivant qu’elle est anhydre ou que , si elle a été dissoute dans l’eau, la solution est plus ou moins étendue; anhydre, elle supporte une température de 100 degrés sans subir de modification ; en dissolution et au degré de concentration où elle se trouve dans le blanc d’œuf, elle se trouble à 55° et se coagule à 60 ou 61 ; dissoute dans un peu plus d’eau, elle ne se trouble qu’à 70 ou 72° et ne se coagule qu’à 75°. — Enfin, délayée dans une grande quantité de ce véhicule , elle ne se coagule qu’à la température de 95 à 100°.

Il est à remarquer que, dans toutes ces circonstances, on peut retarder la coagulation de l’albumine par l’addition d’un alcali.

C’est ici le cas de faire remarquer que la chaleur n’est pas j le seul agent qui puisse faire subir à ce corps cette modifica- ! tion isomérique. L’alcool exerce sur lui la même action ; il le coagule et le rend insoluble. D’autre part, le chlore, le brome et l’iode et la plupart des acides énergiques troublent une solution albumineuse et forment avec l’albumine des combinaisons qui sont tantôt complètement insolubles, ce qui arrive quand on emploie les acides nitrique et tannique, et tantôt insolubles en partie seulement, mais plus ou moins, suivant la quantité et la nature de l’acide emplo^œ. L’albumine n’estpas troublée par les acides acétique et phosphorique ; mais elle en est cependant une modi-

fication ; car, si on les sature par un alcali, elle, se sépare sous forme de coagulum

Quel que soit du reste l’état dans lequel se trouve l’ albumine, elle se combine toujours avec les oxides alcalins qui sont solubles, etformeavec eux des combinaisons solubles aussi, danslesquelles les propriétés alcalines de ces bases disparaissent quand l’albumine 'est en excès. Les autres oxides, quoique insolubles, se dissolvent néanmoins dans une solution albumineuse ; c’est ainsi que du sérum du sang ou du blanc d’œuf mis en contact avec l’oxide ferreux donne une dissolution verdâtre, avec l’oxide ferrique une dissolution rouille, et avec l’oxide cuivrique une dissolution bleue. Les composésqui résultent de cette union sont d'un ordre tout particulier : les oxides ne peuvent plus y être décelés par les réactifs qüi leur sont propres ; ils y sont masqués plus encore que dans leurs combinaisons avec l’acide tartrique, avec le sucre, etc.

La manière dont se comporte l’albumine en présence des acides et des oxides prouve qu’elle est capable de jouer à la fois le rôle d’acide et celui d’oxide , et quelle ne peut être en présence du plus grand mombre des sels sans exercer une action sur eux. — En effet, à l’exception des sels dont les métaux décomposent l’eau à une basse température , il n’en est presque pas dont les dissolutions salines ne soient décomposées par une solution d’albumine qui, se combinant simultanément avec l’acide et la base du sel, forme des précipités floconneux, différemment colorés, et dont la plupart jouissent de la propriété de se dissoudre dans un excès de dissolution albumineuse, ou métallique.

Le fabricant ne saurait trop étudier l’action de l’albumine sur les acides, sur les oxides et sur les sels, puisque c’est à cette action que se rattachent les principaux phénomènes de l’opération du bousage, une des plus importantes de la fabrication.

§ 326. Applications. L’ albumine est toujours employ ée brute , mais dans des états plus ou moins purs. Telle qu’elle existe dans

le blanc d’œuf, elle constitue un véritable vernis, propre à rendre adhérentes au tissu les couleurs insolubles qu’on y superpose, comme le charbon , le bleu d’outre-mer, les oxides ferrique et chromique, toutes les laques, en un mot, qu’ori délaie avec le blanc d’œuf avant d’en faire l’application. Il suffit alors de chauffer la toile pour que l’albumine, en se coagulant, fasse perdre à la couleur à laquelle elle est associée le pouvoir de se dissoudre dans l’eau. Pour produire le même genre de fabrication, on remplace souvent le blanc d’œuf par le gluten, corps membraneux que l’on obtient en malaxant sous unpetit filet d’eau une pâte fraîche de farine de froment qui renferme de l’albumine végétale. Comme le gluten est soluble dans l’alcool , dans les acides étendus et dans les alcalis, on se sert indistinctement de l’un ou de l’autre de ces liquides pour en former des vernis destinés à épaissir et à fixer les couleurs. (Voyez Couleurs cl’ apjilication .)

L’albumine, telle qu’elle se trouve dans le sérum du sang et mélangée avec l’hématosine, entre dans la préparation de plusieurs teintures et plus particulièrement du rouge turc. (Voyez Teinture en rouge cl’ A ndrinople .) Telle qu’ elle se trouve dans le son des farines et dans la bouse de vache , c’est-à-dire très impure , elle sert au bousage et au dégorgement des tissus sur lesquels sont imprimés des mordants, des rongeants, enfin des composés dont la totalité ou une partie seulement doivent être enlevés par l’eau. (Voyez Bousage et passage en son.)

Gélatine ou colle-J orte.

Formule .... C»3 H 20 Ni Q»

Équivalent. . . . 1972,54

§ 327. Cette substance se vend dans le commerce à l’état de gelée ou sèche et en plaques de dimensions et de couleurs différentes. Sous le premier de ces états, elle prend les noms de colle verte, colle de baquet, colle de peaux et colle de lapin. Sous le second elle constitue les différentes colles-fortes ou colles d’os, dites de Cologne, de Flandre , etc. Les unes comme les

autres résultent du traitement que l’on fait subir aux peaux , aux cartilages, aux tendons et aponévroses ainsi qu’aux os, qui renferment de la gélatine. La colle de poisson est aussi une gélatine, mais plus pure; elle n’a subi aucune espèce de traitement ; elle est retirée directement de la vessie natatoire de différentes espèces de poissons, notamment de celle de l’esturgeon , dont la colle est la plus estimée.

Mise en contact avec l’eau froide, la gélatine se ramollit et se gonfle considérablement en s’assimilant ce liquide. Suivant l’opinion de plusieurs personnes expérimentées, la qualité d’une colle-forte serait en relation avec la quantité d’eau qu’elle s’approprie dans un temps donné. La gélatine , traitée par l’eau bouillante et maintenue en ébullition pendant un certain temps, se dissout, et la liqueur se prend en gelée parle refroidissement, pourvu que sur 100 parties d’eau il y en ait 2 de gélatine. Cette gelée, conservée à l’air et à une température de 15 à 20% ne tarde pas à aigrir , à se liquéfier et enfin à subir une fermentation putride .

L’alcool ne dissout pas la gélatine : aussi , quand il est concentré', précipite-t-il une dissolution gélatineuse en s’emparant de l’eau quelle contient. Pure et abandonnée à l’air, la gélatine ne subit aucune altération; au contraire, mélangée à un acide, elle devient hygrométrique et attire à elle toute l’humidité de l’air.

Le chlore attaque une dissolution gélatineuse et y produit en peu d’instants un précipité floconneux composé de filaments nacrés, doués d’une grande flexibilité. ■ — Ce composé est représenté dans sa constitution parles éléments de la gélatine, moins une portion d’hydrogène qui se trouve remplacée parle chlore. Le brome et l’iode n’exercent aucune action sur la gélatine, et de tous les acides faibles, l’acide tannique est le seul qui en trouble la solution et qui y détermine un précipité blanc-gris, abondant , complètement insoluble si l’acide tannique est en excès, et en partie soluble dans le cas contraire.

D’après Mulder, le précipité résultant de l’action qu’exerce l’acide querci-tannique sur la colle-forte serait formé de 2 équivavalents acide querci-tannique + 1 éq. de colle et 2 éq. d’eau, quand l’acide querci-tannique est en excès, et de 2 éq. d’acide querci-tannique, 3 éq. de colle et h éq. d’eau, quand c’est la colle-forte qui domine.

Si les acides faibles ne troublent pas une solution elegélatine, quand ils sont concentrés ils lui font éprouver d’importantes modifications.- — Ainsi l’acide sulfurique concentré la transforme en plusieurs produits connus sous les noms de sucre de gélatine, deleucine, etc. L’acide chromique l’oxide en donnant naissance au cyanide hydrique , et l’acide nitrique en formant avec elle les acides oxalique et malique. L’acide acétique concentré , lorsqu’il reste pendant un certain temps en contact avec la gélatine , la ramollit au point de lui faire perdre la propriété de se prendre en gelée. Au contraire , les dissolutions alcalines étendues et l’ammoniaque concentrée ne lui enlèvent pas cette propriété. Les dissolutions concentrées de potasse et de soude caustiques la ramollissent, puis la dissolvent en laissant pour résidu du phosphate calcique insoluble. L’hydrate calcique, quelle que soit la proportion dans laquelle il se trouve en présence de la gélatine, ne l’altèrepas ; on remarque seulementque, sous cette influence, la chaux se dissout dans l’eau en plus grande quantité. Quoique rarement troublée par les dissolutions salines, une solution gélatineuse l’est dans certaines circonstances par les dissolutions de chlorures mercurique et stanneux, de nitrates mercureux et mercurique. On observe que les sels dont la base est de nature réductible, tels que les sels aurique, platinique et ferrique, attaquent la gélatine; mais la réduction, c’est-à-dire la réaction, se fait plus particulièrement sous une influence alcaline. Enfin la gélatine jouit de la propriété de favoriser la dissolution de beaucoup de sels insolubles, et c’est en s’appuyant de cette propriété qu’on l’emploie à dissoudre de fortes proportions de phosphate calcique.

§ 328. Applications. La gélatine est principalement utilisée dans les apprêts ; on s’en sert aussi pour épaissir certaines couleurs, pour teindre quelques genres fonds bleus, afin de prévenir l’altération du fond (voyez Gros bleu et Fond lapis ) , pour purifier des bains de teinture qui renferment du tannin en excès, (voyez Teinture jaune) ; enfin on l’introduit aussi dans des bains de garancine , pour mieux épuiser la matière colorante et pour l’empêcher de se porter sur les parties blanches de l’indienne.

Soie.

§ 329. Malgré l’intérêt et l’importance qu’offre l’étude de ce corps considéré tant sous le rapport de sa production que sous celui des opérations qu’il subit, nous resterons fidèle au plan que nous noussommes tracé, et nous ne l’envisagerons qu’aupoint de vue de sa composition chimique et des modifications qu’il peut éprouver. Ecrue et telle qu’on la retire du cocon, la soie est de nature assez complexe ; elle se compose de fibres soyeuses proprement dites, imprégnées des matériaux de la liqueur au sein

de laquelle elle existe en dissolution

avant son

passage à l’é-

tat fibreux. D’après Mulder, 100

p. de soie

écrue contien-

draient .

Soie jaune.

Soie blanche.

Fibre soyeuse! .

Substance analogue à la gélatine.

Albumine .

Graisse ordinaire .

Graisse d’une nature résineuse. .

Matière colorante .

Pour arriver à la séparation et au dosage de ces divers principes, ce chimiste a traité successivement la soie écrue, 1° par l’alcool et l’éther bouillants , afin de dissoudre en même temps la graisse et la matière colorante ; 2° par l’acide acétique concentré et bouillant , pour dissoudre l’albumine ainsi que la matière analogue à la gélatine; 3° enfin par l’eau, pour compléter l’action de l’acide acétique. La partie qui résiste à l'action de ces

différents agents est la fibre soyeuse, censée pure, quoique après son incinération elle laisse environ 0,3 p. 0/0 de cendres. Quels que soient les procédés que l’on emploie pour la purifier, on ne peut lui enlever, sans la désorganiser , le soufre, le phosphore , le chlore, le potassium, le sodium, le calcium, le magnésium, le manganèse et le fer qui l’accompagnent et qui constituent le résidu de l’incinération de la soie. M. Mulder considère la fibre soyeuse comme étant formée de

Carbone . 49,271 ou 39 atomes.

Hydrogène. ... 6,503 ou 63

Nitrogène . . . . 4 7,01 8 ou 4 2 Oxigène . 27,298 ou 4 6 .

Le même chimiste, voulant établir l’équivalent de la soie, a fait des expériences en vue de déterminer combien un poids donné de fibre soyeuse pouvait absorber de gaz chloride hydrique ou de gaz ammoniac pour se saturer. Il a trouvé

que 4 équiv. de chloride hydrique était absorbé par 6096 soie et que 4 — de gaz ammoniac . 6095 id.

nombres très rapprochés de celui qui représente la composition élémentaire de la fibre soyeuse (6042,6/14 ).

La fibre soyeuse, insoluble dans l’éther, dans l’alcool, dans les huiles grasses et essentielles , est au contraire soluble dans l’acide sulfurique concentré. Si l’on opère à froid, la dissolution est visqueuse et d’un brun clair ; à chaud , elle devient d’un beau rouge et enfin d’un brun foncé, à mesure que par l’oxidationil y a dégagement d’acide sulfureux. D’autres acides concentrés, tels que les acides phosphorique, arsénique, nitrique et chloride hydrique, la dissolvent également; les deux premiers à froid , et les deux autres à chaud. Sa dissolution dans les acides paraît devoir être attribuée au rôle basique quelle joue.

Les oxides alcalins concentrés dissolvent aussi la soie ; mais si l’on ajoute à la dissolution de l’eau ou un acide, cette matière

azotée en est précipitée , après avoir toutefois subi de fortes modifications.

Les carbonates et bicarbonates alcalins n’altèrent pas sensiblement la soie.

Enfin, en contact avec certaines dissolutions salines, ce corps, absorbant l’oxide en partie ou en totalité , devient alors capable d’attirer à lui les matières colorantes.

§ 330. Applications. Seule ou associée à la laine, au lin ou au coton , la soie entre comme fibre textile dans la confection de plusieurs tissus.

Laine.

Formule . C48 H39 N7 Ou

Équivalent . 7159,

§ 331. La laine est cette partie chevelue, filamenteuse, qui recouvre la peau des moutons et de quelques autres animaux , tels que les chèvres du Cachemire ou du Thibet, les castors, les autruches et les vigognes.

Les laines , indépendamment des qualités qui les distinguent suivant les différentes espèces d’animaux qui les fournissent, se divisent en deux grandes classes : 1° les laines de toison , qui proviennent delà tonte annuelle des animaux, 2° les laines mortes, qu’on n’enlève de lapeaudes animaux qu’après la mort de ceux-ci. L’une et l’autre portent d’abord le nom de laine surge ou de laine en suint, qu’ elles perdent quand on les a débarrassées , par un lavage, de la matière grasse , odorante, qui a reçu ce dernier nom .

Yauquelin a trouvé à la laine dessuintée à peu près la même composition chimique qu’aux poils et aux cheveux, dont elle ne différerait que par la matière grasse à laquelle elle doit sa souplesse et son élasticité. La laine surge, macérée dans l’eau froide, s’y ramollit et abandonne à ce véhicule le suint quelle contient et qui s’y délaie en le rendant trouble, laiteux et écumeux

comme l’eau de savon. A cette première macération on fait succéder des lavages à l’eau chaude , et enfin , par une autre macération dans l’urine putréfiée , on enlève les matières qui ont résisté à l’action de l’eau. De celles dont ce dernier liquide dépouille la laine et qui constituent le suint , les unes sont solubles et les antres insolubles (Vauquelin ). Parmi les premières se trouvent :

1° Une grande quantité de savon , à base potassique ;

2° Une faible proportion de carbonate potassique ;

3° Une certaine quantité d’acétate potassique }

!i° Des traces de chlorure potassique , de chaux , probablement à l’état de sulfate , et enfin d’une matière odorante d’origine animale et qu’il faut sans doute attribuer à la présence d’un acide gras volatil.

Parmi les secondes , on rencontre du carbonate calcique, du sable et de l’argile , substances qui se sont déposées mécaniquement sur la laine.

Les quantités de suint varient avec les espèces de laines et suivant l’âge des animaux qui les fournissent entre 35 et A 5 p. 0/0 du poids de la laine surge. M. Chevreul a employé, pour faire des essais, une laine d’agneau qui, par l’opération du dessuintage, a perdu 58,8 p. 0/0.

dont 32,8 de matière soluble et. . 26,0 de matière insoluble.

SI

§ 332. Alors même que la laine a été débarrassée, par l’eau j d’abord , puis par l’urine putréfiée, de toutes les matières qui peuvent se dissoudre dans ces liquides, elle ne peut être consi- | dérée comme principe immédiat , car en la soumettant, comme l'a fait M. Chevreul dans un digesteur distillatoire, à l’action de | l’alcool et de l’éther, on parvient toujours à en séparer encore j une matière grasse, que ce chimiste évalue à 17 p. 0/0 delà ! laine dessuintée. Cette matière , traitée aussi par l’alcool et par l’éther, se sépare en deux substances , l’une solide, appelée par ;

M. Chevreul substance grasse solide de la laine ; et l’autre, liquide , qu’il désigne sous le nom de substance fluide de la graisse .

La première, susceptible de cristalliser en petites aiguilles , est incolore et neutre aux papiers réactifs ; elle se ramollit à la température de Zi 5°, et devient complètement fluide à 00°. — Chauffée dans les dissolutions alcalines de potasse et de soude, elle ne se saponifie pas , n’éprouve aucune altération et forme simplement une émulsion . Si l’on sature l’alcali par l’acide tartrique , la substance grasse remise en libertére reprend tous ses caractères primitifs.

La seconde ne diffère de la précédente que parce qu’elle se présente sous forme liquide à la température de 15° et qu’elle est incristallisable.

Outre les substances que la laine cède à l’eau , à l’alcool et à l’éther, elle en renferme encore d’autres qu’on ne peut que difficilement lui enlever sans la désorganiser : tel est le soufre , par exemple. M. Chevreul, auquel nous devons de nombreuses et consciencieuses observations sur cette matière première , prouve que c’est à la présence de ce corps qu’il faut attribuer :

1° L’existence du sulfure sodique dans la solution de carbonate sodique à 2° Æ, maintenue à 75° en contact avec la laine, et dont la présence est mise en évidence soit par un sel plombique, qui se noircit, soit par l'acide sulfurique, qui donne lieu à un dégagement de sulfide hydrique ;

2° Le dégagement du sulfide hydrique qui s 'effectue toujours lorsqu’on fait bouillir de la laine en présence d’acides faibles ou d’alun en dissolution. Ce dégagement du sulfide hydrique se fait d’autant mieux que la laine a été préalablement traitée par une solution faiblement alcaline ;

3° La coloration en noir que la laine éprouve lorsqu’on la fait bouillir dans une eau qui tient en dissolution une certaine quantité d’acétate plombique, ou dans toute autre dissolution qui renferme un sel plombique f

/l° La coloration en noir, qui a lieu lorsqu’on plonge de la lainedansune eau alcalisée par lapotasse, lasoude oulachaux, et qui tient en suspension de l’oxide plombique ;

5° La coloration en brun delalaine, lorsque celle-ci se trouve à chaud dans une eau qui tient en suspension ou en dissolution de l’oxide stanneux ou des sels ayant pour base cet oxide.

Il est à remarquer que , dans toutes les circonstances où il s’agit de mettre le soufre en évidence-, on y parvient plus facilement quand la réaction s’effectue au contact d’un alcali.

Abstraction faite du soufre et des matières salines , la laine est formée de carbone, d’hydrogène, d’oxigène et de nitrogène, mais dans des proportions qui ne sont pas encore bien connues.

La laine pure est plus dense que l’eau ; elle est très hygrométrique , 100 parties de laine sèche absorbent 7,75 d’eau (Chevreul); elle est insoluble dans l’eau , dans l’alcool, dans l’éther, ainsi que dans les acides et dans les alcalis très affaiblis. En contact avec les acides et les oxides insolubles ou peu solubles , elle forme des combinaisons plus ou moins stables ; toutes celles qu’elle forme avec les acides solubles sont décomposées par l’eau.

^ 333. Si l’on met la laine en contact à froid avec certaines dissolutions salines , elle peut , selon la nature du sel , sç combiner simplement avec ces dernières , sans les décomposer. Il résulte en effet d’expériences faites par 1VIM. Thénard et Roard, (Annales de chimie , t. LIX, p. 58) qu’une solution d’alun cède à la laine de l’alun en nature, puisque, après avoir fait subir à une laine qui avait séjourné dans une telle solution 20 lavages à l’eau bouillante pour chacun desquels on prenait une quantité d’eau d’un poids 20 fois plus considérable que celui de la laine , on trouva justement le poids de l’alun primitivement employé en ajoutant celui que contenaient les eaux de lavage à celui qui était resté en dissolution.

En présence de dissolutions salines, la laine donne naissance

à des phénomènes dignes de toute l’attention 'du fabricant, car elle agit sur certains sels comme agent réducteur puissant: elle 11e peut se trouver en contact , par exemple , avec un sel ferrique ; elle ram- ne aussitôt celui-ci, en partie du moins, à l’état de sel ferreux , et par cette action on peut juger de celle qu’elle exerce sur d’autres sels dont la base oui’ acide est d’une réduction beaucoup plus facile que celle de l’oxide ferrique.

La' laine est désorganisée par le chlore, par le brome et par l’iode ; elle l’est encore à chaud par l’acide nitrique affaibli et par les nitrates acides qui la colorent en jaune. Traitée par l’acide nitrique du commerce, elle se colore aussitôt en jaune, se dissout en produisant un dégagement abondant de vapeur nitreuse, denitrogène et d’acide carbonique, et la liqueur ainsi obtenue , convenablement évaporée , fournit une assez grande quantité d’acide oxalique. La laine est altérée aussi par l’acide sulfurique concentré, et il y a alors formation d’une matière grasse et bitumineuse ( Braconnot) .

Chauffée dans une dissolution concentrée de potasse ou de soude , la laine s’y dissout en donnant naissance à un acide azoté particulier (Chevreul et Gay-Lussae). — D’autres alcalis, la baryte, par exemple, la dissolvent également. La chaux, sans la dissoudre, agit visiblement sur elle. Rien ne le prouve mieux que les altérations constantes qu’on observe dans les laines mortes enlevées à l’aide de la chaux vive ; elles ont perdu le moelleux et le nerf que les laines dites vivantes conservent pendant si longtemps même après les lavages.

La laine, de même que la fibre ligneuse et la soie, possède à un haut degré le pouvoir de s’assimiler des oxides et des couleurs, et par conséquent se prête on ne peut mieux aux diverses opérations de la teinture ; il est cependant des circonstances où elle perd le pouvoir d’attirer à elle ces oxides ou ces matières colorantes, et, chose assez remarquable, ces circonstances sont en relation avec l’état de santé ou de maladie de l’animal qui l’a fournie.

M. Bosc a fait teindre comparativement , et dans le j mêmes conditions, en bleu rouge et jaune :

1° De la laine d’un mouton mort de maladie 5

2° De la laine d’un mouton malade ;

3° De la laine d’un mouton en état de santé.

La première se teignit très mal ; la seconde ne fut que faiblement nuancée ; la troisième prit une nuance vive et bien nourrie .

§ 33 h. Applications. La laine sert à faire des tissus, tantôt seule , tantôt associée à d’autres fibres textiles.

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