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leur en acquiert plus de solidité , surtout quand les pièces doivent passer dans une dissolution de chlorure de chaux. Une fois que les pièces sont recouvertes d'une dissolution gallo-aluminïque, on dessèche et on les passe en craie pour saturer l'alun et le rendre cubique, partant capable de céder sa base au tissu. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'on ne sature pas d'abord l'alun par la craie , qui , absorbée en grande quantité , formerait un composé très soluble, § Z|7Z| , p. 170, cédant facilement l'alumine à l' étoffe.
Lorsqu'on fait usage d'acétate aluminique, on bouse les pièces mordancées à la manière ordinaire , et on les passe dans un bain de craie étendu.
Teinture , ou garançage. Cette opération ne s'effectue pas identiquement de la même manière dans tous les établissements de toiles peintes : dans les uns, elle se fait en une seule fois ; dans d'autres ., en deux , dont la première porte le nom de retirage, et la seconde celui de bouillissage ; du reste , elle exige des proportions de garance qui varient entre une à deux fois le poids du coton employé et une certaine quantité de craie ; il est même impossible d'obtenir de beaux roses qui n'aient plus aucune aptitude à passer à la nuance violacée sans l'intervention de cette dernière substance. Il y a fort longtemps que l'on est fixé sur la part que peut avoir la chaux dans une teinture : ainsi Le Gox , dans l'ouvrage déjà cité , rapporte , entre autres faits relatifs à la teinture des Indiens par le chayaver , qu'il leur paraît nécessaire d'employer des eaux crues calcaires ; celles de Mazulipatnam , qui possèdent cette qualité au plus haut degré , sont réputées par eux les meilleures , puis celles de Palicate, situé au haut de la côte de Coromandel , celles de Madras, de Pondichéry , de Trinquebar et de Negapatnam , enfin celles des puits comme rendant les couleurs plus vives , plus belles et plus durables.
Le Pileur d'Apligny dit , en parlant de la chaux , que son emploi dans la teinture ne se borne pas à favoriser la dissolution de l'indigo, mais s'étend encore à d'autres opérations; qu'elle paraît destinée par l'auteur de la nature à unir les sels
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à la terre, et par conséquent à donner lieu à des mastics d'une grande fixité, qui unissent lès couleurs aux fils de l'étoffe. Ce raisonnement lui a sans doute été inspiré par l'idée qu il se faisait des conditions d'adhérence des matières colorantes aux tissus. La quantité de craie ajoutée va quelquefois au quart du poids de la garance employée.
Indépendamment de la craie , on mêle souvent au rouge une certaine quantité de sumac , en vue d'économiser la garance. 11 résulte, en effet , d'expériences très bien faites par J. M. Haussmann qu'une addition de sumac et de noix de galle au bam de garance contribue au développement d'une beaucoup plus grande quantité de matière colorante [Annales d'Orer/hj, t VIII p 247). Mais M. Edouard Schwartz, qui a constate ces avantages au point de vue du rendement , est convaincu que les rouges teints de cette manière sont infiniment moins solides, et par conséquent peu propres à la fabrication des genres qui exigent des passages en cuve au chlorure de chaux. Cette matière pourrait encore remplir un autre rôle ; car les expériences de J -M. Haussmann établissent qu'en teignant avec du sumac ou de la noix de galle ( acide tanmque) , en présence d une certaine quantité de craie , les corps astringents se modifient au point que les mordants de fer se teignent en vert olive et les mordants d'alumine en jaune.
Outre le sumac , on ajoute aussi quelquefois au bain de garance du sang de bœuf (1/4 de la garance employée) , ou une certaine quantité de colle de Cologne , qu'on mêle au sumac en parties égales , et qui représente la quarantième partie de la
garance. ' , .
Beaucoup d'établissement, garancent à feu nu , d autres dans des cuves chauffées à la vapeur, § 539 , fig. Ul - 1M ; mais comme, pour ces teintures , on est dans le cas de soutenir la température à l'ébullition et qu'il y a une grande quantité d eau condensée , quelques fabricants ont eu recours à un serpentin dans lequel circule la vapeur qui sert à élever la température du bain.
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Aïivages. Nous envisagerons d'abord cette opération sous le point de vue des agents qu'on y fait intervenir , en second lieu sous celui des appareils qu'elle réclame.
L'avivage du rouge turc diffère essentiellement de celui des *• rouges ordinaires , en ce que, pour ces derniers , les premières opérations tendent principalement à fixer le corps gras du savon, et à le rendre partie constituante de la laque qui se forme à la surface de l'étoffe , pour lui donner ainsi toute la stabilité et la vivacité désirables , tandis que dans l'avivage du rouge turc , le tissu étant saturé de corps gras , l'effet à produire consiste : 1° à enlever l'excédant de ce corps ; 2° à substituer à l'alumine, base de la laque rouge , une certaine quantité d'oxide stannique qui en modifie la nuance et lui donne cette teinte feu, qui caractérise le rouge turc , si opposée à celle du rouge ordinaire , qui tire à l'amarante.
Les corps qui servent à l'avivage sont le carbonate potassique, le savon et le chlorure stanneux. Le plus souvent on n'emploie pour le premier avivage que le savon et le carbonate potassique , et l'on ne fait intervenir le chlorure stanneux que dans les suivants. A partir de la première opération on ne fait plus concourir que le savon et le dorure stanneux. Le rôle de ces corps n'est pas difficile à comprendre : le carbonate potassique et le savon opèrent la dissolution du corps gras en excès et dissolvent en même temps une assez forte proportion de matière colorante qui se retrouve dans le bain ; quant au chlorure stanneux, il subit une décomposition, et c'est en dernière analyse de l'oxide stanneux qui déplace une portion d'oxide aluminique, s'y substitue, s'oxide, et fait tourner le rouge à la nuance feu , en raison de la teinte orangée que prennent les composés d'étain teints en garance.
Quant aux passages , ils se font dans une chaudière fermée , d'environ 10 à 12 hectolitres de capacité, contenant, avec la quantité d'eau et de savon nécessaires , 6 à 650 mètres de toiles de coton huilées et garancées ; on laisse bouillir sous une pression déterminée durant douze à dix-huit heures , pour aviver