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ensuite une deuxième et même une troisième fois , selon l'intensité que l'on veut donner au rouge.
M Edouard Schwartz , qui a fait une profonde étude des questions qui intéressent le plus le fabricant d'indiennes , ne pouvait rester ind .fférent à la perte de la vapeur qui résultait de l'emploi journalier de la chaudière close pour aviver les rouges turcs ; il a donc proposé une nouvelle disposition qui permet d'utiliser cette vapeur perdue avant lui ; voici en quoi elle consiste : à côté d'une chaudière a, fiy. 150 , telle qu'on les em-
Fig. 150.
ployait autrefois , il en a établi une autre b , communiquant avec la première au moyen d'un tube articulé e, muni d'un robinet i, par lequel la vapeur qui se dégage de la chaudière a peut se rendre dans la chaudière b, au-dessous du double fond en cuivre d , percé de trous , et soutenu parle support e , sur lequel sont déposées les pièces Les deux chaudières sont munies d'une soupape de sûreté m, m, d'un robinet de décharge n, n, pour la vapeur, ej d'un robinet d'écoulement.
o est un rebord qui, en arrêtant l'eau de condensation au moment où elle s'écoule sur le couvercle , l'empêche de tomber sur les parois de chauffe. La destination du robinet h est de seconder la soupape de sûreté et d'éclairer le chauffeur sur la marche
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de l'opération : lorsqu'on l'ouvre et qu'il s'en échappe de la vapeur, tout se passe convenablement; au contraire, s'il s'en écoule de l'eau, c'est une preuve que la soupape placée en r ne fonctionne pas , qu'il faut que la vapeur -se crée une issue par la soupape de sûreté.
Il est facile de se servir de ces chaudières. Lorsque la quantité d'eau nécessaire pour une opération a été versée dans la chaudière a, et portée à l'ébullition, on y introduit les agents qui concourent à l'avivage et le nombre de pièces qui doivent en subir l'action , puis on fixe le couvercle , auquel on ajoute le tuyau p , portant à l'articulation r une soupape s'ouvrant de bas en haut; on ouvre le robinet i, et la vapeur qui passe dans la chaudière b en porte le liquide à l'ébullition dans l'espace de trois heures. Alors on charge celle-ci de la même manière que la chaudière a , on la ferme , et on laisse aller la vapeur pendant sept heures. Les pièces de la première chaudière reçoivent ainsi un bouillon de dix heures , celles de la seconde de sept heures seulement. Il va sans dire que quand la chaudière a ne donne plus de vapeur, on ferme la soupape de la chaudière b , pour qu'il ne se perde pas de ce fluide élastique. Celui-ci conserve une chaleur suffisante pour qu'on puisse y laisser les pièces pendant encore deux heures , après lesquelles il a encore une certaine pression. Enfin , comme on est dans l'habitude de donner un moins long passage aux toiles qui subissent le deuxième ou le troisième avivage , on affecte spécialement la chaudière a aux premiers avivages , dont la durée doit être plus longue, et la chaudière b au rosage proprement dit.
Outre l'avantage de pouvoir employer pour les chaudières b, qui ne reçoivent pas l'action directe du feu , de vieux vases de cuivre , cette disposition présente une grande économie de combustible : M. Ed. Schwartz dit avoir économisé, en opérant de la sorte , 125 lui. de houille par jour. Ce système de chaudières conjuguées n'est pas cependant sans inconvénient : il impose l'obligation de prévenir, surtout dans les temps froids, la condensation de la vapeur, en entourant la chaudière b d'un
corps non conducteur, comme le charbon en poudre. [Bull, de la Soc. ind. de Mulh., tom. Ier, pag. 388.)
Telle est en résumé la marche générale de la fabrication du rouge turc dans presque tous les établissements où Ton s'occupe de ce genre de teinture. J. M. Haussmann en avait proposé un autre , décrit dans un Mémoire adressé par lui au ministre de l'intérieur en l'an x, tom. VIII, Journal dOrelly, et dont voici le titre : Observations sur le garançage , suivies d'un procédé simple et constant pour obtenir , de la plus grande beauté et de la plus grande solidité , la couleur connue sous la dénomination de rouge du Levant ou d' Andrinople . Il y avait déjà longtemps qu'il s'occupait de cette question , puisqu'il en était déjà fait mention , dès 1792 , dans les Annales de chimie.
Son procédé consistait à faire dissoudre de l'oxide aluminique dans l'hydrate potassique (potasse caustique). A cet effet, il traitait une partie d'alun par 2 parties d'eau chaude , et pendant que la liqueur était en ébullition , il y introduisait assez de la lessive caustique concentrée pour précipiter et redissoudre l'oxide aluminique de l'alun. Par le refroidissement et le repos le sulfate potassique se déposait en grande partie , et une fois la décantation opérée , il ajoutait peu à peu à 33 parties de cette dissolution d'aluminate potassique, une partie d'huile de lin , à l'effet d'obtenir une émulsion dont il imprégnait les toiles destinées à ce genre de teinture. Le coton ainsi préparé était séché à l'abri de la pluie en été , et dans une chambre chaude en hiver ; après vingt-quatre heures , on rinçait et Ton desséchait , puis on trempait de nouveau dans l'émulsion alcaline pour dessécher ensuite promptement à l'air, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le tissu eût reçu le nombre d'émulsions nécessaires. J. M. Haussmann dit, pag. 255 du volume déjà cité : « Deux imprégnations de la dissolution alcaline d'alumine mêlée d'huile de lin suffisent pour obtenir un beau rouge ; mais en continuant d'imprégner les écheveaux une deuxième et même une quatrième fois avec les mêmes circonstances que les pre-
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mières , on obtiendra des couleurs extrêmement brillantes. -, Par ces opérations , il huilait et mordançait simultanément ses cotons, et il n'avait plus qu'à procéder à la teinture , qui se faisait encore ici avec addition d'une quantité de craie égale au 1/6 du poids de la garance et trente ou quarante fois ce poids d'eau. La teinture s'opérait d'une manière particulière , comparée du moins à celle que l'on a suivie généralement. Il portait peu à peu et dans l'espace d'une heure le bain de garance à une température telle qu'on pût y plonger et y maintenir la main sans se brûler, puis il y faisait séjourner le coton durant deux heures , ce qui donnait à l'opération une durée de trois heures. Après la teinture , le tissu, lavé et dégorgé parfaitement, subissait un passage en son , auquel on ajoutait du savon et du carbonate potassique , quand on voulait donner au rouge une nuance rosée cramoisie. J.-M. Haussmann dit - qu'il a obtenu par ce procédé des rouges qui surpassaient en beauté et en vivacité ceux du Levant , et qui , à tous égards, pouvaient supporter ta comparaison avec ce qu'on
faisait de mieux en France et à Lausanne , chez Paul Remy
et fils aîné. »
M. B. Haussmann fils nous a confirmé tout ce qu'a dit son père à l'occasion de ce procédé, mais en même temps il nous a avoué qu'aucune application n'en a été faite en grand , parce que les résultats n'en ont jamais été favorables sur une certaine échelle.
Nous allons donner maintenant quelques exemples des principaux procédés usités.
§ 611 . Procédé employé chez MM. Kœchlin frères (1811) . On traitait préalablement les pièces destinées à la teinture rouge turc par un bain de savon , afin de les bien disposer à prendre également les bains blancs. La proportion du savon était de 125 gr. pour les pièces blanchies, de 250 pour celles qui étaient écrues. Ces pièces, de 0™,89' de large, avaient 23 mètres de longueur , et pesaient 2\250 à 2k,500
Première phase : huilage des pièces.
Pour l'huilage de 100 pièces , soit 2,300 mètres ou en moyenne 287 kil. de coton, on prenait425 kil. huile tour- ?57&c nante , ou environ 2/i0 gr. par pièce. Cette huile introduite dans un baquet , on y incorporait peu à peu , en remuant , d'abord 500 lit. d'eau ordinaire, puis 100 autres, tenant en dissolution 31 kil. carbonate potassique. On agitait jusqu'à ce qu'on eût obtenu une émulsion parfaite , bien lactescente et crémeuse, afin que l'huile ne surnageât 'pas par le repos, pourvu qu'elle lût de bonne qualité , § 339.
Première opération. On plaquait les pièces avec ce bain blanc, et , en les sortant de la machine à raatter, on les exposait sur le pré si le temps le permettait ; dans le cas contraire, on les étendait à l'étuve chauffée à une température de i5 à 50°.
Deuxième opération. Quand elles étaient sèches , ou trois ou quatre heures après , on les mattait de nouveau au bain blanc comme la première fois.
Troisième opération. On les exposait sur le pré ou dans le séchoir.
On répétait ces trois opérations, en les alternant jusqu'à ce que les pièces fussent suffisamment saturées du corps gras modifie, ce qui avait ordinairement lieu après le huitième passage en bain blanc ; toutefois était-on obligé de se diriger , à cet égard , d'après la nuance que l'on voulait produire, l'état plus ou moins serré du tissu , la qualité du coton , et enfin la saison à laquelle on opérait. Au printemps , huit immersions dans le bain blanc étaient nécessaires pour obtenir un beau rouge , tandis qu'en été, quand on pouvait profiter du soleil , cinq ou six suffisaient. La rosée paraît être aussi favorable à la combinaison de, l'huile avec le coton (D. Kœchlin). Il est bon de dire ici que, si le soleil contribue au développement du rouge turc , il a aussi pour résultat d'altérer plus ou moins le tissu. Ajoutons enfin que , quand on introduit dans la cuve, pour le placage, de l'eau
ou de vieux bain blanc , il faut toujours porter les liquides à une température supérieure, pour que l'émulsion qui sert à matter les pièces ne se coagule pas.
Deuxième phase : dégraissage.
Au sortir du séchoir, les pièces (au nombre de cent) qui étaient saturées de bain blanc, et partant du corps gras modifié, séjournaient durant douze à dix-huit heures dans un cuveau contenant la quantité d'eau nécessaire pour les humecter, et où l'on avait préalablement fait dissoudre 2 kil. carbonate potassique ; on les foulait , on les exprimait pour en recueillir le vieux bain blanc , puis on les lavait et nettoyait avec soin.
Troisième phase : mmdançage.
On plaquait alors dans le mordant préparé comme suit : 40 lit. mordant, n° \ , § 475 , étaient mélangés à 40 lit. eau , et le mélange épaissi avec 6 kil. gomme Sénégal.
On faisait sécher, on bousait, on rinçait, on dégorgeait, § 438 ; on donnait trois tours dans un bain tiède, contenant 6 à 7 kil. de craie pour cent pièces ; puis, après avoir de nouveau rincé , on passait à la teinture.
Quatrième phase : garançage.
On teignait en deux fois avec 3k,5 à h kil. de garance sp. d'Avignon par pièce, soit pour 600 mètres de toile ou 12 pièces d'alors 42 à 48 kil. de garance. On divisait cette quantité de garance en deux parties égales , et l'on ajoutait 1 kil. de craie à celle qu'on voulait affecter au premier garançage , qu'on effectuait en portant progressivement le bain à l'ébullition durant l'espace de deux heures et demie et en le maintenant à cette limite extrême durant Une demi-heure. On opérait le second garançage avec l'autre portion de garance, mais sans addition de craie , et en observant la même marche pour le chauffage. Au sortir de ces deux garançages , les pièces étaient rincées et parfaitement dégorgées ,
Cinquième phase : avivage.
Dans une chaudière d'avivage , fig. 150, p. 185, remplie aux deux tiers d'eau , on faisait dissoudre :
6 kil . savon blanc ,
7 à \ 0 kil. carbonate potassique , 0k,400 chlorure stanneux (sel d'etain).
On introduisait dans ce bain 25 pièces de toiles huilées et garancëes ; on fermait la chaudière, en ayant la précaution d'abriter le tube de sûreté, afin qu'il ne pût s'obstruer, et l'on maintenait le tout à l'ébullition pendant au moins douze heures. On sortait alors les pièces pour les dégorger , et on leur donnait un second avivage dans un bain de même volume et chauffé de la même manière , tenant en dissolution :
6 kil. savon ,
0k,400 chlorure stanneux.
Cet avivage ne différait du premier que parce qu'on en retranchait le carbonate potassique, et que le bain n'était maintenu à l'ébullition que huit heures.
Après ce deuxième avivage , les pièces étaient fortement rincées, puis passées en son à l'ébullition, et enfin dans une dissolution extrêmement étendue de chlorure de potasse ou simplement exposées en soleil.
On ne donnait aux pièces un troisième avivage qu'autant que le rouge en était très brun.