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cas où la nature du dessin exige une grande quantité de matière colorante, parce qu'alors il faut ou réduire le nombre des pièces ou faire la teinture en deux fois , en partageant la garance. Cette teinture doit avoir lieu en 3 heures à une température
De 40 à 55° durant la première heure , 55 à 65° durant la deuxième , 65° à^l'ébullition durant la troisième ;
4° Un dégorgeage et un nettoyage ;
5° Un passage dans un bain froid de chlorure de chaux , composé de 4 0 litres chlorure de chaux à 8°pour3,500à 4,000 litres d'eau. Au bout d'une 4/2 heure on sort les pièces et on les rince avec soin ; le temps qu'elles passent dans ce bain ne peut être rigoureusement déterminé que par l'opérateur ;
6° Un passage de 40 à 50 minutes, à la température de 45°, dans un autre bain contenant 4k,50 savon, et l'on dégorge et rince avec soin à la sortie de ce bain , pour assurer à l'opération qui suit toute son efficacité ;
7° Un passage à froid en acide sulfurique faible dans une cuve du genre de celles qu'on emploie pour la teinture , mais dont on enlève les cloisons b , b, § 539, pour pouvoir placer l'étoffe au large sur le tourniquet au lieu de la laisser en boyaux , ainsi qu'on le fait pour le garançage.
La quantité d'acide sulfurique employée varie de 500 gr. à Skil. pour 3,500 à 4,000 litres d'eau. Les proportions n'en peuvent être fixées à l'avance ; elles dépendent en grande partie du degré de fixité que contracte la couleur, et c'est à celui qui dirige l'opération de les déterminer en saisissant le moment favorable pour retirer les pièces du bain lorsqu'elles ont atteint la nuance désirée. Trop d'empressement empêcherait la couleur de se dépouiller suffisamment, et en rendrait nécessaire un second passage en acide qui la fatiguer ait ; au contraire , trop de lenteur en prolongeant l'action de l'acide conduirait au même résultat. En général, il convient de soustraire les pièees à l'action du bain, lorsque le violet prend une teinte gris bois , et de les exposer quelque temps à l'eau courante ; on dégorge ensuite à deux reprises dans les roues à laver.
8° Un passage à froid de \ 5 à 20 minutes dans un bain de chlorure de potasse ou de soude , composé de 10 lit. chlorure de chaux à8°^Betde3k,50 carbonate sodique mélangés dans 3,500 à 4,000 lit. d'eau. Le violet y prend de la vivacité si l'opération a été bien conduite.
Quand on veut travailler avec certitude , il faut s'exercer à trouver la nuance que le violet doit atteindre dans l'acide pour être passé avec avantage en chlorure de spude. A cet effet , on détache un morceau de l'étoffe pendant la septième opération, au moment où l'on doit ressortir les pièces , on le nettoie et on le passe dans un bain de chlorure de potasse ou de soude , pour juger si le violet y prend la teinte bleutée qu'on a intérêt à réaliser, puis on rince.
9° Un passage de 50 à 60 minutes à la température de 70° dans un deuxième bain de savon, composé avec la quantité d'eau nécessaire, de 1k, 5 savon , et 0k,750 carbonate sodique.
\ 0° Un passage dans un troisième bain semblable au précédent , mais donné à la température de l'ébullition.
Lorsqu'un second passage en acide est indispensable à la vivacité du violet, on doit l'effectuer à la suite du deuxième traitement en savon, et il va sans dire qu'on y fait succéder un passage à froid en chlorure de potasse ou de soude ; alors on continue les bains savonneux.
Ce procédé , quels qu'en soient les résultats au point de vue des nuances qu'il fournit, est trop long et trop dispendieux.
De tous les moyens de produire le violet, le plus remarquable par sa simplicité et par l'économie qu'il présente est celui qui a été appliqué au Logelbach, et que nous devons à M. Pélissier. Le succès de cette fabrication, toutes circonstances égales d'ailleurs , le garançage étant fait dans de bonnes conditions et avec une bonne qualité de garance , tient : 1° au pyrolignite dont on fait usage , et qui doit être préparé avec l'acide pyroligneux brut , et par conséquent saturé de goudron , car dès que MM. Haussmann négligeaient cette précaution , leurs violets perdaient de leur beauté ; 2° à la manière
de bouser les pièces , car tant que les mêmes fabricants n'ont employé que la bouse, leurs violets n'ont point eu de nuance constante, et le blanc a toujours été plus ou moins chargé : ils bousaient ordinairement, avons-nous dit, avec de l'arséniate calcico-potassique. A cette occasion, M. Pélissier nous a fait connaître des particularités que nous n'avons pas encore eu le temps d'étudier ; selon lui , pour que le bain d'arséniate fût efficace , le bi-arséniate potassique devait être saturé , non par la potasse ou par la soude, mais par la craie, et encore d'une certaine manière. Ainsi, ce fabricant n'opérait cette saturation qu'en présence d'une petite quantité d'eau, par exemple , 20 lit. pour 5 kil. bi-arséniate, et 2k,5 à 3 kil. de craie en poudre, qu'il étendait ensuite à volonté ; les mêmes proportions de ces corps , ajoutées à la masse d'eau nécessaire pour le fixage , produisaient un effet tout différent. On ne peut s'expliquer cette singularité qu'en admettant que, sous l'influence d'une petite quantité d'eau , il se forme dans ce cas un sel double qui se comporte autrement en présence des mordants. Il est du reste à remarquer que , par ce mode de fixage , il se combinait au tissu une très grande quantité d'oxide : aussi voit-on que les mordants qu'on employait dans la maison Haussmann contiennent généralement moins de fer et plus d'eau que les autres.
Après l'impression de ces mordants , § 633 , on abandonnait les pièces à elles-mêmes pendant au moins trois jours , puis on les passait :
1° Dans la cuve à roulettes qui devait contenir sur /i,000 litres d'eau , lk,500 bi-arséniate, qu'on saturait préalablement par la craie, comme nous venons de le dire , en maintenant la température du bain à 75°.
Après avoir opéré sur 20 pièces, on ajoutait au bain , à la sortie de chacun des autres , une quantité d'arséniate calcicopotassique représentant environ 50 gr. de bi-arséniate. Pour plus de commodité on avait un vase d'une .capacité telle qu'en l'emplissant dans le bain d'arséniate saturé et trouble , on avait
la quantité voulue de ce sel. On passait 200 pièces dans une cuve ainsi montée avant de la renouveler. Après ce premier fixage on dégorgeait avec soin.
2° Une seconde fois , dix par dix , durant dix à quinze minutes, comme s'il s'agissait de les teindre, dans une cuve à cinq compartiments renfermant avec la quantité d'eau nécessaire, chauffée à 50°, environ 100 gr. de bi-arséniate, toujours préalablement saturé par la craie. On entretenait cette nouvelle cuve avecla même quantité d'arséniate, et l'on pouvait y faire passer une centaine de pièces avant de la renouveler. Les pièces étaient alors nettoyées et dégorgées .
3° A la teinture ou garançage. Cette opération se faisait avec une quantité de garance d'Avignon en quantité qui variait de 2, 3 à A kil.; on y ajoutait toujours une quantité de solution de potasse marquant 8° AB proportionnée à celle de la garance, sur le pied d'environ i0 à 50 gr. de dissolution par kilog. de garance .
Dans le but d'économiser de la matière colorante, MM. Haussmann teignaient en deux fois leurs violets : le premier garançage achevé avec la moitié de la garance nécessaire, ils jugeaient approximativement de la proportion qu'ils pouvaient retrancher de la seconde moitié pour atteindre strictement la saturation du mordant ; de cette manière , ils ont pu quelquefois gagner 5 à 700 gr. de garance par pièce. La teinture avait lieu, quand elle se faisait en une seule fois, dans l'espace de trois heures , à une température qui montait progressivement jusqu'à 72°, quand elle avait lieu en deux fois,
Le premier garançage en 2 h. 4/2, à une température qu'on élevait
progressivement à 56° , Le second garançage en 3 h., à une température qu'on élevait
progressivement à 72°.
Après le garançage, quand les pièces avaient été bien dégorgées , les parties blanches et les nuances en étaient si pures , qu'on pouvait, dans bien des cas, les livrer telles à la consomin. 17