‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 62 sur 92 · DES GENRES FONDS BLANCS IMPRIMES SUR TOILE HUILEE · texte numérisé non relu

DES GENRES FONDS BLANCS IMPRIMES SUR TOILE HUILEE

§ 644. Quand les impressions que nous venons de décrire, S§ 626 à 643 , sont réalisées sur toiles huilées , les résultats diffèrent comme les traitements ; car l'étoffe recouverte uniformément de mordant organique , attirant alors clans toutes ses

parties la matière colorante , le blanc ne peut y apparaître que par des enlevages qui suivent la teinture ou par des artifices qui la précèdent.

M. Daniel Kœchlin a été un des premiers à produire des impressions sur fond blanc , et a créé ainsi deux genres de fabrication , dont l'une , aux teintes près , se rapproche beaucoup des genres qui précèdent , mais l'autre en diffère essentiellement. Examinons d'abord cette dernière.

Sur une toile huilée , foulardée en mordant d'alumine ou de fer , on imprime un blanc enlevage au jus de citron, à l'acide oxalique ou à l'acide tartrique , qui fait disparaître presque totalement le mordant inorganique ; on bouse à l'eau de craie , on dégorge , on teint et l'on avive comme pour les fonds unis rouge turc. On obtient de cette manière un fond rouge ou violet avec impression rose et lilas enlevage, au lieu du blanc auquel on arrive dans les genres correspondants sur toiles ordinaires , attendu que le mordant organique qui n'a point été détruit, et a retenu une certaine quantité de mordant inorganique, se teint sur les points mêmes qui devraient rester blancs. M. Daniel Kœchlin a obtenu des effets du même genre par l'impression du mordant : il imprimait des bandes écossaises en mordant rouge ou violet foncé, puis, quand l'exposition en avait été suffisamment prolongée, il passait la toile dans un bain de bouse ancien, et le mordant qui s'y trouvait en dissolution se portant du bain sur le fond , se déposait sur les parties huilées en quantité nécessaire pour les faire attirer fortement à la teinture et donner un rose uni. Ce procédé de mordançage était préférable à. une application directe du mordant, qui donne toujours des teintes trop foncées. On teignait alors en garance , on avivait ensuite, et de cette manière on réalisait de jolis dessins rouge foncé sur fond rose , et vice versa , des dessins roses sur fond rouge , selon que l'on faisait ou non prédominer le rouge. Les premiers produits de cette fabrication furent des dessins genre madras ou écossais , carreauçc rouge et rose , qu'on exécutait aussi en

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violet et lilas , rouge et lilas , en remplaçant la préparation aluminique par une préparation ferrique. Pour fabriquer des rouges et lilas, on imprimait d'abord le rouge; et, lorsque le mordant était resté assez longtemps sur la toile pour s'y fixer , on plaquait rapidement dans une dissolution de sulfate ferreux bien neutre : ce sel , se décomposant par une portion du corps gras , mordançait les seules parties du tissu qui fussent huilées et respectait le mordant d'alumine ou tout au plus lui donnait un ton un peu plus foncé. Du reste , on teignait et Ton avivait à la manière ordinaire.

On pourrait encore exécuter ce genre ou en mettant directement les pièces fortement huilées et légèrement mordancées dans la chaudière à avivage , avec un nombre égal de pièces rouge turc uni, sortant du garançage; la matière colorante qui se détache de ces dernières suffirait pour teindre les autres en rose pur, et une fois ce fond obtenu , il n'y aurait plus qu'à imprimer le mordant rouge , à le fixer , à le teindre et à l'aviver pour avoir la nuance voulue , ou en imprimant et en teignant d'abord le fin rouge sur toile non imprégnée de corps gras , pour huiler ensuite celle-ci et teindre le fond rose comme ci-dessus. La même opération serait applicable aux violets en remplaçant le mordant d'alumine par un mordant de fer.

L'un comme l'autre de ces procédés réalise du rouge et du rose, du rouge et du lilas, mais ne fournit jamais directement de dessins blancs , attendu que toute la toile est recouverte sur certains points de mordants inorganiques et organiques qui y produisent les nuances les plus foncées , et sur d'autres d'un mordant organique seulement qui donne lieu à une couleur plus claire; pour y produire du blanc , il faut donc avoir recours aux enlevages à la cuve décolorante. A l'occasion de ces enlevages, M. Daniel Kœchlin recommande spécialement d'imprégner préalablement le tissu de carbonate sodique , vu qu'à côté de nuances foncées qui exigent une immersion assez longue dans la cuve décolorante, il s'en trouve de claires qui nesuppor-

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tent qu'un séjour infiniment plus court dans cette cuve, § 625. Les échant. 144, 145 suivants donnent une idée de la fabrication qui précède , et qu'on réalise avec le plus grand succès dans l'établissement de M. Steiner, àRibeauvillé (Haut-Rhin).

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