Puce et violet avec impression blanc réserve
tion, qui s'exécute en employant soit la garancine , soit la garance d'Alsace; trois impressions se font remarquer dans cet
échantillon , savoir :
1° Celle du blanc réserve sous violet et puce ,
2° Celle du puce ,
3° Celle du violet.
Les deux premières , qui sont en rapport exact, ont été faites a la perrotine ; c'est , d'une part, celle du blanc réserve n° 8, § 618, destinée à préserver le blanc de l'étoffe de l'impression puce et subsidiairement de celle du violet au rouleau4 ; dune
autre, le puce B, § 617.
Enfin on a réalisé la troisième impression en faisant passer par-dessus les deux premières un rouleau picotage violet n° 2 , 8 632. Après un certain temps de repos , on a bousé , teint en
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garancine ou en garance d'Alsace , puis passé en bain de son et de savon pour purifier les couleurs et surtout les parties blanches du tissu. *
L'échantillon 448 est un second exemple de cette fabrica-
I 4L H. Mordants teints en garaiicine, impress. blanc réserve.
tion , où l'on remarque quatre impressions : le blanc, le noir, le puce , le violet ou lilas. Le blanc n'a pas pu être réservé par la gravure, puisqu'il a été recouvert partiellement dans la direction des colonnes par le puce et sur toute la surface par le violet, qui n'altère ni le noir ni le puce. Deux de ces couleurs, le puce et le violet , ont été imprimées au cylindre ; le blanc et le noir ont pu l'être au cylindre ou à la perrotine.
Examinons la marche qu'on a dû suivre dans l'une ou l'autre de ces suppositions :
Au rouleau seul (machine à. quatre rouleaux), on aurait imprimé :
\ ° Le blanc réserve n° 8 , § 618;
2° Le mordant noir, § 630, en rapport parfait avec le rouleau
précédent, puisque cette couleur noire encadre le blanc ;
3° Le mordant puce passant successivement sur toutes les
parties imprimées en blanc et noir ; 4° Enfin , le mordant violet recouvrant le tout.
GENRES DÉRTVÉS DE LA GARANC1NE. 325
Pour suivre un pareil procédé, il importe que les couleurs imprimées simultanément ne puissent pas se confondre.
Aie rouleau seul [machine à trois couleurs), c'est la même marche , avec cette différence qu'après l'impression du blanc , du noir et du puce, l'étoffe aurait été mattéeen mordant violet à l'aide d'un rouleau mille-points.
Au rouleau et à la perrotine , on aurait imprimé :
A la perrotine :
1° Le blanc réserve sous noir, puce et violet; 2° Le noir encadrant le blanc ;
à la machine à deux rouleaux, ou à un seul , en s'y prenant à
deux fois :
1 ° Le puce :
2° Le fond violet par -dessus.
Enfin on pourrait encore , tout en suivant le même mode d'impression , au point de vue mécanique , avoir matté l'étoffe en mordant lilas au rouleau mille-points , fixé ce mordant à l'eau chaude , puis imprimé en même temps que le noir, soit à la perrotine , soit au rouleau , un blanc enlevage sur mordant violet n° 5 ,§ 621, faisant réserve sous mordant puce, et, cette impression achevée , passé les mordants dans un bain de craie et de bouse de vache, § 533 , et enfin teint à la manière ordinaire.
L'une et l'autre de ces fabrications a ses avantages et ses inconvénients. La première exige une réserve qui résiste bien et ne soit nullement attaquable parles mordants qui la recouvrent tous , ou immédiatement ou seulement après un certain temps , selon le mécanisme à l'aide duquel l'impression s'effectue ; mais quand un fabricant possède une telle réserve et sait composer des mordants qui ne l'attaquent pas et ne se mélangent pas entre eux , elle est certainement la marche la plus naturelle , attendu que le blanc étant conservé dans son état primitif, on n'a pas à craindre , comme dans le blanc enlevage , que le mordant offre trop de résistance à l'agent qui doit le faire disparaître , ou qu'en lui cédant trop facilement , il ne laisse Vimpres-
sion s'étendre et perdre de sa netteté, ou encore que l'enlevage, sujet à cristalliser, n'agisse qu'irrégulièrement , ou enfin, quand il a accompli son action , qu'un effet de lumière ou de durée dans son contact ne détermine une nouvelle combinaison d'une portion du mordant avec l'étoffe.
Applications. Non seulement la garancine constitue des genres spéciaux, mais elle concourt encore, comme nous aurons occasion de le voir, à la formation de beaucoup de genres composés, où la garance ne pourrait être employée qu'avec plus ou moins de difficulté , en raison de l'action qu'elle exerce sur le blanc du tissu; c'est ainsi qu'on l'applique à la fabrication des genres gros bleu enluminé , lapis enlevage , dans lesquels la teinture du rouge et du noir ne peut se faire par la garance en présence des fonds bleus, sans que ceux-ci soient plus ou moins dégradés , soit immédiatement, soit par les opérations de l'avi-
vage particulières aux couleurs garancées.
DES GENRES DERIVES DE l' APPLICATION DU GARANCEUX.
§ 648. Depuis quatre ans on retire de tous les résidus de garance en Alsace, à Rouen , en Angleterre, en Suisse, en Allemagne et en Russie, un produit appelé \egara,nceux, dont nous avons fait connaître la préparation § 396 , et qu'on utilise de la même manière que la garancine , avec cette seule différence qu'on doit toujours y faire intervenir du sumac pour la teinture du noir, qui, sans cette addition, reste terne. Si l'on supprime cet auxiliaire , il faut combiner les dessins de telle sorte que le violet soit dissimulé ou relevé par les couleurs qui sont postérieurement juxtaposées sur le tissu. Voici un échantillon mordancé de fer et d'alumine et teint en garanceux : échant. 1A9. Le rouge a un reflet orangé qui tient, d'une part, à la modification qu'a subie la matière colorante; d'une autre, à une certaine quantité de sumac, qu'on a ajoutée au bain de teinture, et dont le principe jaune s'est combiné à une portion de mordant.
Si nous ne nous étendons pas davantage sur les divers genres
GENRES DÉRIVÉS DE INAPPLICATION ï)V GARANCEUX. 327
149. Fond blanc avec impression mordants de fer et d'alumine teints en garanceux.
dans lesquels entrent la garance et ses dérivés , c'est que nous devons entrer à ce sujet dans de nouveaux développements en traitant de la fabrication des genres composés., Nous aurons aussi à examiner les procèdes par lesquels on applique directement avec le mordant le principe colorant de la garance qu'on imprime à l'étoffe pour le fixer tantôt par une teinture sèche (vaporisage) , tantôt mécaniquement à l'état de laque. (Voyez Rouge de garance, vapeur et rose d'application. )
Quand on réfléchit aux voies détournées que doit suivre le fabricant pour utiliser le principe colorant de la garance , à tous les sacrifices qu'il s'impose dans ce but, à toutes les chances qu'il court dans ses opérations, on se demande si le progrès de la chimie, en ce qui touche cette riche et précieuse substance , s'arrêtera à la découverte de la garancine , produit dans lequel ne se retrouve qu'une portion des propriétés de la plante qui la fournit, et si l'on ne parviendra pas, par un procédé économique, à extraire le principe immédiat de cette dernière à un degré de pureté tel, que l'application puisse en être faite d'une manière directe et rationnelle. Il faut avoir manié cette matière colorante pure , d'une force cent ou cent vingt fois plus grande que celle de la garance, avoir vu comment elle respecte les parties blan-
ni
ches du tissu qu'on y teint, avec quelle facilité s'avivent les nuances qu'elle fournit ; et quelle liberté elle laisse à la marche de la teinture, pour comprendre toute l'importance d'une pareille découverte , faire des vœux pour qu'elle se réalise et la hâter de tous ses moyens. Nous espérons qu'elle ne se fera pas trop attendre : ce sera le commencement d'une ère nouvelle pour la fabrication de la toile peinte , un pas immense dans la voie de transformation qu'elle subit, et qui doit, en s 'accomplissant, assurer à tout jamais l'existence de cette belle industrie dans nos contrées.