‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 66 sur 92 · GENRES DÉRINÉS DE LA COCHENILLE · texte numérisé non relu

GENRES DÉRINÉS DE LA COCHENILLE

application à l'occasion des genres garances s'applique à la cochenille : seulement , celle-ci se refuse aux impressions enlevage à la cuve décolorante , parce que l'excès de chaux de cette cuve attaque trop violemment sa laque ; il ne nous reste donc à exposer ici que quelques particularités touchant les mordants qui s'associent à cette couleur et leur mode de fixation à la teinture.

En général, pour obtenir de la cochenille les nuances les plus vives, il faut faire usage de mordants acidulés d'acide acétique et toujours un peu plus forts que ceux dont on se sert pour la garance ; on doit d'ailleurs autant que possible les fixer à l'eau courante, surtout quand on opère sur des fonds unis. Si on les imprime sur fonds blancs , on ne peut prendre trop de précautions pour éviter les rapplicages en leur laissant le temps de se combiner intimement à l'étoffe. Dans ce dernier cas, pour les fixer, on a recours de préférence aux passages en son, § 53/i ; quelquefois, cependant , on se sert aussi d'une décoction de matière astringente.

La teinture en cochenille réclame certains soins : quand il s'agit de saturer des mordants forts , elle doit se faire en deux fois : autrement la matière colorante , attaquant trop vigoureusement le mordant , formerait avec lui une laque momentanément soluble , mais qui finirait par se déposer sur les parties blanches et les salirait au point qu'il serait difficile de les ramener à leur pureté primitive sans altérer les couleurs. La première se donne avec la moitié de la cochenille nécessaire dans un bain auquel on ajoute ordinairement 40 à 60 gr. de noix de galle par kilogramme de cochenille , à la température de 22 à 40°; la seconde, dans le même bain , qu'on remonte avec l'autre moitié de la substance tinctoriale, et dont on élève progressivement la température à l'ébullition durant l'espace d'une heure et demie à une heure trois quarts. On rince ensuite, on passe en son, et les pièces se présentent dans l'état ci-après : échant. 150. Cet échantillon est mordancé de la même manière que ceux qui ont été teints en garance , § 51-52, et en garancine,

I 50* Mordants de fer et d'alumine teints en cochenille

éch 146. On voit que le noir y affecte une teinte grisâtre; que les bandes , qui sont violettes et lilas dans les garances , sont ici d'un gris violacé; que le mordant fort et le mordant faible d'alumine se sont teints en rose et rouge amarante ou groseille ; enfin que la bande centrale , composée de mordants de fer et d'alumine , au lieu d'être puce foncé, a pris une teinte orseille. Quand on remplace ces mordants par certains oxides métalliques , on obtient d'autres nuances : ainsi les mordants à base d'oxide plombique et d'oxide de bismuth se teignent en lilas, violet ou pourpre. L'intervention d'une préparation à base d'oxide stannique a pour résultat de faire passer le rouge à la teinte feu.

Pour modifier un peu la nuance rouge cramoisie de la cochenille, on teint préalablement les toiles mordancées dans un bain de matière colorante jaune extrêmement faible , pour les passer ensuite en cochenille ; il s'opère un déplacement , et l'on arrive à une teinte qui, renfermant toujours une faible proportion de jaune , jouit de plus d'éclat.

De ces généralités , passons à quelques détails.

§ 650. Fond uni cochenille. On foularde le calicot dans le mordant d'alumine ou de fer au degré voulu, on dessèche , on expose à la chambre chaude durant le temps nécessaire à

la combinaison du mordant; on dégorge à l'eau, on nettoie,

puis l'on procède à la teinture. Pour un fond uni d'une nuance à

peu près égale à celle du rouge foncé , on emploie un mordant

composé de

4 vol. eau,

6 vol. acétate aluminique à 1 0° ATI.

Quant à la proportion de la cochenille , elle varie selon la qualité de cette matière première , selon la longueur et la largeur des toiles : pour une pièce 3; h de large et 60 mètres de long, il faut de 750 à 900 gr. cochenille et même plus si Ton veut une nuance bien nourrie.

§651. Fond uni , impression blanc réserve. Il est évident qu'ici , comme pour les genres garances , on peut , après avoir imprimé un blanc réserve mécanique ou chimique, rentrer dans la fabrication du fond uni, c'est-à-dire foularder l'étoffe dans le mordant , et après avoir laissé à celui-ci le temps de s'y combiner , dégorger pour procéder à la teinture. On a mordancé de cette manière l'éch. 151 ; on a d'abord imprimé

151# Toile mordaneée avec impression blane réserve.

le blanc réserve au citrate potassique n" 8, § 618 , foulardé par-dessus le mordant rouge G, § 616, puis dégorgé.

L'échantillon 152 a été imprimé et mordancé comme le précédent , ensuite passé dans un bain de cochenille.

l;ii

Ml

f 5£. Fond coehenille , impression blanc réserve.

Souvent les dessins blancs sur fonds teints en cochenille sont réservés par la gravure. L'échant. 153 donne une idée de cet

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