‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 162 sur 183 · DESCRIPTION DU NOUVEAU PROCÉDÉ · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU NOUVEAU PROCÉDÉ

Impression à une seule couleur seulement avec dégradation de teintes.

« On commence d’abord par appliquer, comme cela se pratique ordi nairement, au moyen d’une planche plate, en bois ou en métal, façonnée suivant les contours du sujet que l’on veut imprimer, une teinte plate et unie du ton de la partie du dessin qui doit être la plus foncée ; ensuite on applique sur cette teinte plate, pendant qu’elle est encore humide, une autre planche , également en bois ou en métal , sur laquelle on a fait graver et sculpter toutes les parties du dessin , puis on exerce , par un moyen quelconque , une pression sur cette planche : il en résulte que les parties les plus saillantes de la planche gravée et sculptée repoussent , par l’effet de la pression , la couleur qui rentre dans le tissu et qui sort même par l’envers, et comme la couleur pénètre dans l’épaisseur du tissu, d’aulant plus qu’elle est plus fortement pressée , il en ré-

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suite que les endroits du dessin sur lesquels la pression de la planche doit s’exercer davantage perdent de leur teinte du côté de l’endroit de l’étoffe, et que l’envers s'empare et se colore de la couleur repoussée plus ou moins fortement. On conçoit facilement que , par suite de cet effet , la dégradation des teintes dépendra uniquement de la forme de la gravure et de la sculpture qui seront pratiquées sur la planche gravée et sculptée, et que si l’on veut , par exemple , représenter par l’impression un cylindre vu extérieurement , il suffira de graver et de sculpter sur la planche la forme d’un cylindre creux; et , comme il en serait de même de toutes autres figures , il s’ensuit qu’eu gravant et sculptant sur la planche un dessin aussi compliqué et aussi délicat qu’on voudra , l’impression rendra avec la plus grande exactitude la contre-partie de ce dessin , dans lequel les dégradations de teintes seront d’autant plus parfaites que la gravure et la sculpture sur la planche seront mieux faites. »

Impressions à plusieurs couleurs avec dégradations de teintes .

« L’impression à plusieurs couleurs avec dégradations de teintes s’obtient absolument de la même manière que l’impression à une seule couleur : seulement , il faut avoir soin d’appliquer d’abord , à l’aide d’une seule ou de plusieurs planches plates disposées convenablement , autant de teintes unies qu’on veut mettre de couleurs unies dans le dessin , et dont chacune doit être de la couleur la plus foncée de toutes celles qui doivent exister dans l’impression pour la même couleur. Toutes ces teintes unies étant appliquées chacune à l’endroit du dessin qu’elle doit occuper, on pose la planche sur laquelle le dessin tout entier se trouve gravé et sculpté, et l’on obtient , par l’effet de la pression , une impression qui représente parfaitement le sujet qu’on a voulu représenter, et dans laquelle les teintes plates et les teintes fondues ont pris , dans chacune des couleurs qu’on a employées , le degré de nuance qu’on a voulu leur donner.

» Il est à remarquer que , dans les impressions à plusieurs couleurs, on pourra , avant d’appliquer la planche gravée et sculptée, poser, avec des planches unies , des teintes plates sur d’autres teintes également plates qui auraient déjà été. appliquées et qu’on aurait laissé sécher; ces secondes teintes plates , appliquées , en totalité ou en partie , sur d’autres teintes de différentes couleurs , offriront , lors de la pression sur la planche gravée et sculptée, des teintes transparentes de diverses nuances.

» Quant aux tissus destinés à faire des tapisseries , outre le moyen d’impression que nous venons de décrire et qui leur est applicable, nous

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nous réservons le droit de les imprimer avec des planches plates gravées et non sculptées , ce que nous croyons n’avoir pas encore été pratiqué jusqu’à ce jour. ( Brevets expirés , t. XXXVIII , p. 425.)

D’après ces détails , les doubles teintes étaient le résultat de la pression produite sur certains points d’un mordant ou d’une couleur d’application non encore desséchés ; mais ce procédé réclamait , pour être exploité avec tous les avantages qu’on y reconnaît aujourd’hui, des perfectionnements qu’on doit à M. Broquet.

. A l’exposition de 1844, cet habile fabricant produisit des tissus de diverses espèces qui excitèrent à un haut degré l’intérêt et la curiosité : c’étaient des étoffes* imprimées à deux ou trois couleurs avec effets de double teinte , résultant de l’application d’un sujet qui passait indifféremment sur ces diverses couleurs , qu’elles fussent appliquées , vaporisées ou teintes. Qu’a-t-il donc fallu faire pour obtenir un aussi beau succès \ Tout simplement ajouter à l’effet de la pression du procédé V érité et Moisset l’emploi d’une solution gommeuse qui , appliquée avec la planche à l’aide de laquelle on désire réaliser la double teinte , force la couleur déposée en premier lieu à s’enfoncer dans les pores, et , partant , à diminuer d’intensité. La conversion accomplie , on fixe les couleurs selon le mode qui leur convient, sans que l’eau de gomme y mette aucun obstacle.

Cette méthode devait être et fut bientôt exploitée sur la plus grande échelle , tant en France qu’à l’étranger 5 ce genre a pris le nom de frappe.

Dans l’éch. 382, on a imprimé un fond bleu d’outremer d’application avec blanc réservé par la gravure , puis , pendant que la couleur était encore humide, on y a superposé, au moyen d’une planche en relief, une solution d’eau de gomme que l’on a fait pénétrer dans l’étoffe en frappant fortement sur la planche. Forcé ainsi à s’enfoncer et en même temps délayé par l’eau de gomme, le bleu a diminué d’intensité et laissé apparaître une nuance plus claire.

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38 S. Conversion mécanique (frappé Slroquel), fond outre¬

mer double nuance.

L’éch. 383 est le résultat de la même fabrication.

S§3. Conversion mécanique (frappé llroquet ), fond brun double nuance.

L’éch. 384 appartient encore à ce genre d’impression : seulement, la conversion a été effectuée sur le mordant. A cet effet on a imprimé de l’eau de gomme sur le mordant rouge qui devait développer à la teinture le rouge foncé, réalisé ainsi la conversion , puis dégorgé à la manière ordinaire et teint en cochenille.

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& §> 4 . Conversion mécanique (frappé Mtroquct ) 9 fond rose double nuance.

Maintenant, qu’au lieu d’avoir des figures d’une seule couleur, on en réunisse de plusieurs nuances , il n’y aura rien de changé ; la figure imprimée en eau de gomme se composera de la dégradation de' foutes les couleurs foncées qu’elle aura touchées.

§ 864. Conversion mécanique après la teinture. Les conversions opérées mécaniquement après la formation des couleurs se réduisent à des effets de gaufrage ou de pression réalisés sur les points où l’on veut obtenir des teintes plus faibles.

Qu’on se représente un cylindre en carton , de la nature de ceux qu’on emploie dans les calendres , placé au-dessous d’un rouleau presseur en cuivre , d’égal diamètre , gravé en creux en traits profonds, tous deux montés d’ailleurs sur le bâti d’une machine à imprimer au rouleau, car la disposition est la même. Par suite de la pression et du mouvement imprimé à la machine, le rouleau de carton s’enfonce dans les cavités de la gravure en creux et en relève en relief tous les traits , absolument comme s’il était question de la gravure d’une molette , § 500. Cn fait alors passer l’étoffe qu’on veut gaufrer pour y produire des effets de double teinte , entre ces deux cylindres , dont celui qui est en métal est au besoin chauffé par un manchon en fer rougi ou par la vapeur.

C’est par une telle opération [embossed] que MM. Butterworth etBrooks, de Manchester, ont obtenu des effets de double teinte sur l’éch. 385, velours imprimé en bandes vert et puce vapeur.

Velours svwee coawersiom mécanique après la ÆeiB&Siare

(gaufrage).

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