CONVERSIONS OPÉRÉES CHIMIQUEMENT
fait clans les mordants conversion s > un corps saturant qui augmente la quantité d’alumine mise en liberté , et partant l’intensité de la laque qui se forme durant l’acte du vaporisage. Nous donnons ici la composition de quelques unes de ces couleurs vapeur conversions.
Violet vapeur double nuance.
A 5 lit. extrait de camjfeclïe, à 20° AB , on ajoute :
1 |» IjO lit. bain violet, qu’on obt.ien4-.en faisant bouillir 6 kil.
poudre de campêche , une première? fois dans \ 2! lit. ™ ■ acétate aluminiquev; à 10° dB , et éne seconde fois pour épuiser dans une même quantité de ce liquide ;
on filtre et l’on 'épaissit à la gomme.
S93* Violet et cachou avec conversion violet et cachou foncé.
& O 4% . Cachou dou ble n uance .
A 10 lit. cachou alcalin, § 569, p. lOZi, on ajoute:
O1, 640 acétate chromique.
L’éch. 393 offre l’exemple d’un geHre de cette espèce. On a d’abord imprimé , au double rouleau, en bandes longitudinales : Le violet vapeur double nuance ,
Le cachou vapeur idem ;
ensuite on a vaporisé à deux reprises , durant trente minutes ,
appliqué alors en bandes transversales coupant perpendiculairement les premières , un blanc conversion , composé d’une solution de bichromate potassique , à raison de 64 gr. par litre , et épaissie à l’amidon grillé , exposé durant un jour à l’air, mais à l’abri de la lumière, pour donner au chromate le temps d’oxider la couleur sans altérer l’étoffe , puis lavé et dégorgé. Aux points d’intersection des bandes , on a obtenu ainsi la conversion du lilas en violet foncé ou noir, et celle du cachou clair en cachou foncé.
C’est de la même manière que se réalisent toutes les autres couleurs conversions vapeur. Après avoir préparé une laque qui doit donner la couleur claire , on la mélange avec un bain coloré qu’on oxide ensuite par le chromate. L’éch. 19 et l’éch. 394, que nous donnons ici , n’ont pas été obtenus autrement.
$94. Bois et olive vapeur avec conversion bois et olive fonce
Les couleurs d’application se prêtent également à des conversions.
Gris d' application.
On épaissit 10 lit. décoction de campêche avec 4 kil. gomme Sénégal et l’on y ajoute :
0k,565 pyrolignite' alnminique , à 10°dB,
0k, 565 pyrolignite ferreux , à8°.!B.
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. Zj95
Ce gris appliqué, on imprime sur toutes les parties que l’on veut faire passer au noir un blanc conversion composé de :
\ 0 lit. eau , dans lesquels on fait dissoudre O1, 625 bichromate, et que l’on épaissit avec lk,250 amidon.
Conversions sur couleurs teintes . On opère ces conversions, soit par des dégradations de nuances , soit par l’emploi de certains mordants complexes dont un des éléments, en restant ou en disparaissant, laisse apparaître une teinte différente. Aucun effet du premier genre n’est plus remarquable que ceux qu’offrent les éch. 296 et 395, fabriqués par MM. Japuis , et qui
3^5* Fond Masse, Impression fin ronge , su-ce conversion rose réalisée après la teinture.
dérivent de l’action de l’acide oxalique sur les mordants d’alumine. On imprime en mordant fin rouge qu’on bouse, et qu’on teint avec toutes les précautions indiquées § 6/r 3 ; on nettoie ensuite aux roues , on donne un ou deux passages en savon pouf assurer la solidité du rouge , puis on lave , on dessèche et l’on calandre. Alors , pour opérer la conversion des parties que l’on veut dégrader , on y imprime une solution d’acide oxalique en fondus irréguliers , § 506 ; on vaporise comme quand il s’agit de couleurs vapeur. Durant ce vaporisage, une certaine quantité de la matière colorante disparaît r
â06 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER,
l’acide oxalique , qui avait d’abord disputé l’alumine au tissu, la lui restitue, et il ne reste plus qu’à passer en eau légèrement acidulée par le chloride hydrique et à savonner pour compléter l’avivage. Tel .est du moins le procédé que suivait M. Ed. Schwartz lorsqu’il fabriquait ses belles imitations du genre qui a pris naissance à Claye,
On peut encore effectuer les conversions sur couleurs gar années en substituant un mordant à un autre , ainsi que le démontrent les échantillons qui suivent.
L’éch. 396, dont la fabrication rentre dans le §-798, est
396i Bandes fin rouge garaneées et avivées, coupées pa* «les bandes rouille .
le produit delà superposition d’une bande rouille sur des bandes fin rouge garancées et bien savonnées. Le point d’intersection ne présente , comme on le voit, que la nuance moyenne des deux couleurs élémentaires.
L’éch. 397, de même fabrication que le précédent, si ce n’est que les bandes puces y sont plus larges, offre l’effet de conversion qui nous occupe. On a imprimé une solution d’acide oxalique qui, en coupant longitudinalement la bande rouille, a fait apparaître du blanc sur toutes les parties de cette couleur seule, du violet sur tous les points où elle recouvrait le rouge,
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT.
S9Ç. Baisdes fisi rouge garance coupées par «les bandes rouille , sur lesquelles osa a iasagarinaé de faciale oxalique qui a coraxer4i eaa violet les parties rosages recouvertes de rouille.
que l’oxalate ferreux a modifié par suite de la double décomposition qui a eu lieu entre les bases en présence. On met souvent à profit cet effet, particulièrement dans les fonds rouille qui recouvrent des couleurs rouge et rose garancées ; mais l’action produite sur l'éch, 397 prouve que des parties rouges isolées peuvent être modifiées sur des points donnés et passer au violet, si l’on y imprime au lieu d’acide oxalique de l’oxalate ferrique, mais avec certaines, précautions , puisque l’acide oxalique ne retenant pas indéfiniment les bases auxquelles il s’associe tout d’abord, finit par les céder au tissu, § A74, p. 16*2. Dans les deux échantillons que nous venons de présenter, abstraction faite de l’action de l’acide oxalique, la superposition du rouille sur le rouge donne une nuance complèxe qui représente la moyenne des deux nuances superposées ; il n’en est plus- ainsi lorsque l’on fait intervenir des substances astringentes dans le garançage, parce qu’alors le tannin, se combinant au mordant conjointement avec la matière colorante de la garance , donne naissance à une laque qui ne peut plus être recouverte d’oxide ferrique sans en être impressionnée et sans déterminer un phé-
/|98 de la fabrication en particulier.
nomèna de conversion. Ainsi dans l’éch. 398, après avoir im-
Bandes On rouge garancécs a^ec addition ale noir de galle , et sur lesquelles osa a superposé des foandes rouilles «pal ont développé du noir an point d’interseetioaa.
primé des bandes en mordant fin rouge, on a bouse, teint dans un mélange de garance et de noix de galle , avivé ensuite les parties blanches , puis coupé les bandes rouges par des bandes transversales rouilles qui, en se superposant, n’ont pas produit du brun, comme dans l’éch. 396, mais du noir.
Le même effet se trouve réalisé dans l’éch. 399 : seulement,
Bandes fa sa rouge garancées avec addition de «guercitron9 et sur lesquelles osa a superposé des bandes a*ouille «pai osât développé du noir aux points d’intersection.
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. /|Ô 9
ru lieu de noix de galle, on a introduit dans la garance une certaine quantité de quercitron et du sumac, en sorte que les bandes rouille sont devenues d un noir plus jaunâtre et le rouge d’un ton plus orangé, en raison du jaune qui s’est ajouté au rouge de la garance. C’est d’après ces principes qu’on fabrique un genre carreaux connu sous le nom de Napolitaine , qui se place avec avantage en Italie et dans le Levant.
A ces réactions on peut rattacher celles que l’on obtient en mélangeant aux matières colorantes des bois, qui ne se combinent aux étoffes de soie qu’au moyen de mordants, du curcuma, qui, au contraire, y adhère sans l’intervention de ces auxiliaires. A une certaine époque , on fabriquait ainsi des foulards fond jaune-orange avec rouge et noir. On imprimait des mordants d’alumine et de fer pour rouge , puce et noir, et l’on teignait ensuite dans un mélange de bois rouge , de sumac et de curcitma. Toutes les parties mordancées, attirant la matière colorante rouge, devenaient orange, rouge et noir, tandis que toutes celles qui ne l’étaient pas , n’attirant que le curcuma , passaient au jaune. En enlevant ou en rongeant, en traits déliés certaines parties du mordant appliqué dans cette fabrication, on produirait dans le dessin des solutions de continuité qui passeraient au jaune-.
Nous avons encore à constater un mode de conversion qui a été exploité sur une grande échelle et varié à l’infini : nous voulons parler des conversions enlevées à la cuve décolorante sur fonds violet et puce garancés , couleurs dont le fer est un des éléments constitutifs. Nous trouvons dans les échantillons de la maison Kœchlin frères, exposés à la Société industrielle de Mulhouse, des bandes puce et lilas, bordées de festons vert obtenu par conversions encadrés de jaune.
Dansl’éch. 400 , on a d’abord imprimé un mordant violet, bousé , garancé , avivé , puis , après avoir foulardé dans une dissolution de prussiate potassique de 2 à 6° MB , imprimé un jaune enlevage à la cuve décolorante, §625, passé en cuve, rincé et teint en chromate. Sous l’influence de l’acide, la ma-
4 IMS). Bandes violettes garasicées , converties en vert par des
bandes jaune enlevage qui les coupent perpendiculairement. /
tière colorante de la garance a été détruite, comme dans .le genre Alaclin ; mais le fer n’ayant pu disparaître en présence du prussiate, le tissu s’est trouvé, à la sortie delà cuve, imprimé de bleu mélangé d’oxide plombique, qui, passé en chromate, s’est transformé en jaune et a donné lieu à du vert ; en sorte que les bandes primitivement violettes ont été coupées par les bandes jaunes passant au vert sur le violet. La fabrication de l’éch. Z|0 1 est la même, avec cette différence qu’au lieu d’opé-
4#f. Bandes puce garancées , converties en vert par des
bandes jaune enlevage qui les coupent perpendiculairement.
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT.
rer sur des bandes violettes , on a fait passer sur des bandes puce des bandes jaunes qui ont passé au vert à leurs points d’intersection. Les résultats sont encore autres quand , au lieu de foularder en prussiate, on se borne à imprimer ce corps sur des points déterminés.
En procédant par voie d’enlevage, on obtient des effets très remarquables : ainsi un dessin rose garancé étant donné , on peut y appliquer une solution gommeuse d’oxalate ferreux , la faire sécher, imprimer une solution de gomme , passer en chlore gazeux pendant qu’elle est encore humide , pour détruire la couleur, puis dans une eau ammoniacale , et teindre dans une matière colorante jaune ; on arrive ainsi à convertir en rouge, violet, jaune, etc., tous les traits du dessin.
Maintenant on multipliera à l’infini les effets de ce genre si, au lieu d’un simple mordant , on emploie un mordant complexe.
Quand on se sert de couleurs qui portent avec elles des éléments de destruction , il est facile de développer des conversions. Qu’on ait , par exemple , une bande vert d’application solide, éch. 185, et qu’on imprime sur cette bande une solution de chloride hydrique convenablement concentrée et épaissie , l’acide chromique mis en liberté détruit le bleu (c’est un moyen que nous avons vu utilisé en fabrique ) , et si l’on traite alors le tissu de manière à ne pas enlever l’oxide plombique , il n’y a plus qu’à teindre en cochenille pour réaliser un vert conversion lilas , éch. &02.
Les principaux cas de conversion étant établis , il nous reste à passer en revue les applications qu’on en peut faire aux différents genres d’impression.
Les impressions bleu et vert solides se prêtent à beaucoup d’effets de conversion : on développe , par exemple, avec le bleu une conversion rose, en imprimant un bleu de pinceau avec addition de mordant d’alumine, comme s’il s’agissait de produire du vert de pinceau, § 679 , puis en détruisant le bleu sur tous les points où le rose doit paraître par la teinture du inor-
Vert d’application solide avec Impression lilas coche¬
nille conversion.
dant d’alumine et en enlevant, au contraire, le mordant sur les points qui doivent rester bleus. Une foule d’autres moyens conduisent aux mêmes résultats. Admettons qu’on ait réalisé sur un genre fond blanc , en une figure quelconque (pois, anneau , rose , etc. ) , la première opération d’un vert à l’aluminate , § 684, on a du bleu chargé d’alumine, qui n’a besoin que de passer en quercitron pour devenir vert; si l’on imprime sur ce bleu un corps capable d’enlever l’alumine, tel que l’acide oxalique, l’acide tartrique ou un mélange de tartrate et d’hydrate potassiques , et qu’ ensuite on rince et l’on teigne en jaune, la figure , au lieu d’être uniformément verte , est en partie bleue et en partie verte. Qu’après y avoir imprimé de l’hydrate potassique chargé de tartrate pour détruire l’alumine , on foularde en chromate potassique, et qu’on applique de l’acide oxalique sur tous les points dont on veut faire disparaître le bleu , § 552 , comme l’hydrate potassique fait réserve sous l’acide oxalique , ce dernier ne détruit le bleu que sur les parties non préservées par la potasse : or, en passant dans un bain alcalin, comme dans les lapis enlevés , on restitue à Ta toile l’alumine dissoute par l’acide oxalique , et alors , selon qu’on teint dans un bain de cochenille ou dans un bain jaune , on a dans le premier cas des
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. 503
figures en partie bleues et en partie rouges , dans le second des figures en partie bleues et en partie jaunes.
Quand sur ce vert de pinceau, qui est chargé de sulfide arsénieux , on imprime, après l’oxidation du bleu , mais avant de laver, un sel plombique ou un sel cuivrique, les bases de ces sels, en se combinant avec le sulfide arsénieux , donnent naissance à un brun, en sorte qu’en nettoyant l’étoffe on obtient un dessin bleu, conversion olive ou brun.
Le vert d’application solide se prête aussi à beaucoup d’effets semblables : en détruisant le bleu par l’intervention d’un acide tout en ménageant le jaune, on réalise un vert conversion jaune ; en détruisant le jaune sans attaquer le bleu, un vert conversion bleu ; en combinant ces deux effets , un vert conversion bleu et jaune.
Gomme le fer peut être fixé en même temps que l’indigo, et que le nitrate ferreux contribue même à favoriser la dissolution et l’adhérence de ce dernier à l’étoffe , § 558, on fait servir ce fait à la réalisation d’effets de conversion en teignant en garance ou tout autre principe colorant.
Le cachou donne également lieu à une foule de réactions de ce genre : par exemple , si l’on imprime du chromate potassique sur un dessin cachou, tous les traits touchés par cet agent oxidant passent à une nuance beaucoup plus foncée , et si , après avoir imprimé et fixé un cachou mélangé d’un sel ferrique , on y applique un blanc conversion à l’acide oxalique , celui-ci, en enlevant le fer, fait apparaître des dessins ou des traits d’une nuance d’autant plus claire que la proportion de ce métal était plus grande. On obtient le même résultat avec plus de facilité encore quand on associe des sels manganeux au mordant de fer.
Comme les rouilles sont à base de fer, on réalise sans peine, sur des impressions de cette couleur, des dessins de diverses nuances , soit par les moyens mécaniques qui s’appliquent à toutes les couleurs, soit par ceux que nous avons fait connaître en parlant des conversions sur mordants , soit enfin en
50/i J)E LA FABRICATION EN PARTICULIER.
mélangeant à la préparation rouille une certaine cpiantité de sel plombique, dont on fixe la base en même temps que le rouille par des passages en chlorure de chaux, qui ont, en outre, pour effet d’oxider le plomb. Or, on peut toujours convertir sur certains points cette couleur complexe en imprimant un mélange de bichromate potassique et d’un peu de chloride hydrique qui détruit le suroxide, ronge en grande partie le rouille, et donne naissance à un dessin conversion jaune dans un dessin rouille.
Les doubles teintes bistre s’obtiennent encore comme les conversions sur mordants. On peut aussi, sur des dessins de cette nuance, développer des conversions rouille plus ou moins intéressantes: ainsi, en coupant un dessin bistre par l’impression d’une solution de sulfate ferreux chargée d’un peu d’acide oxalique, on détruit le suroxide manganique, à la place duquel il se forme de l’oxide ferrique , qui adhère à l’étoffe , et au lavage le sulfate ferreux, légèrement acidulé par l’acide oxalique, disparaît des parties blanches . Des conversions d’une autre espèce ont enfin lieu lorsqu’on introduit dans le bistre des proportions déterminées de fer ou de plomb : dans le premier cas , on arrive au bleu par l’ application d’un élément destructeur du bistre (l’acide oxalique ou tartrique associé à un cyanure ) , dans le second au jaune par celle des mêmes agents et du chromate.
Les dessins orange et jaune de chrome sont facilement convertis de l’une à l’autre de ces nuances : ainsi les premiers passent au jaune en présence d’un acide qui ramène le chromate biplombique à l’état de chromate neutre , § 598, et les seconds à l’orange par l’impression d’un mélange de craie et d’hydrate calcique , suivie d’un vaporisage qui rend basiques toutes les parties que la chaux a touchées.
Quand le bleu de Prusse, qui a le fer pour base, résulte d’une teinture, on effectue sur les nuances qu’il produit des conversions du genre de celles qu’on obtient sur les mordants , en imprimant un mordant ferrugineux composé de deux sels , dont l’un seulement se fixe par lui-même, qu’on nettoie et qu’on teint en prus-