‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 165 sur 183 · CONVERSIONS OPÉRÉES CHIMIQUEMENT · texte numérisé non relu

CONVERSIONS OPÉRÉES CHIMIQUEMENT

siate. Pour agir sur bleu de Prusse vapeur, il faut procéder ainsi que nousTindiquerons plus bas.

En ce qui touche les conversions sur couleurs garancées ou teintes qui ont pour base des mordants, nous n’avons à ajouter aux généralités exposées à l’occasion des conversions sur mordant, que quelques détails particuliers. M. Pélissier a exécuté un bel article fond rose , conversion rouge , en opérant de la manière suivante : il imprimait à la planche un cercle en blanc réserve à l’arséniate , n° 7, § 618, au rouleau mille- raies diagonales, une solution épaissie de nitrate aluminique , et , par dessus , un fond rose uni à l’acétate de même base, qui se combinait par lui-même à la toile sur toutes les parties non recouvertes d’arséniate , puis il rentrait , à la planche , dans l’intérieur du cercle , un blanc conversion à l’arséniate potassique, p. 482, qui fixait l’alumine du mille-raies. Le nitrate aluminique disparaissant par le bousage et le dégorgeage des points où il n’avait pas été fixé par l’arséniate , on obtenait à la teinture des cercles blancs avec centres mille-raies rouges au milieu d’un fond rose.

On doit à M. Weissgerber un article conversion sur rouge turc, éch. 403, qui n’est pas non plus sans intérêt. On a im-

4€l§i. Fosfid roaagc taire avec co&ilenr enlevage Meai eoaaversion, gros bleu et vert.

primé les bandes obliques petit bleu , conversion vert et gros bleu , en un rouille enlevage sous rouge turc passant ultérieurement au petit bleu , dont nous donnons la préparation :

. Rouille enlevage sur rouge turc qui donne naissance au bleu.

On épaissit 10 lit. eau avec :

4k,250 amidon,

1k,620 terre de pipe; quand l’empois est bien cuit , on le verse bouillant sur

\ 0 kil. acide tartrique, et l’on y ajoute, à froid ,

6k,20 chlorure ferrique, qu’on obtient en dissolvant jusqu’à saturation l'hydrate ferrique dans le chloride hydrique du commerce.

On a passé ensuite en cuve décolorante, pour détruire le rouge et laisser, apparaître le rouille , exposé à l’eau courante durant une heure, et teint en cyanure ferroso-potassique , pour trans former loxide ferrique en bleu de Prusse , § 607 ; après la teinture en bleu , on a rincé , desséché et imprimé les bandes obliques perpendiculaires au petit bleu en blanc et en jaune enlevage sur rouge turc. Voici la composition de ces deux enlevages dans l’ordre de leur impression :

Blanc enlevage sur rouge turc.

Dans 10 lit. eau on fait dissoudre :

1 0 kil. acide tartrique ; on épaissit le tout avec 6 kil. terre de pipe ,

2 kil. eau de gomme, à \ kil. par litre, et l’on y ajoute 2 kil. nitrate cuivriqne, à 50° JB.

Mordant jaune enlevage sur rouge turc.

Dans 15 lit. eau on fait dissoudre :

\ 0 kil. nitrate plombique ,

\ 7k,50 acide tartrique ; on épaissit le tout avec 8k,750 terre de pipe,

5 lit. eau de gomme, à \ kil. par litre.

On a passé alors une seconde fois à la cuve décolorante, ne contenant que la quantité de chlorure de chaux strictement nécessaire pour détruire le rouge avec la dose d’hydrate calcique sut-

DES APPRETS.

lisante pour saturer l’acide sans attaquer le bleu de Prusse, puis suspendu à l’eau courante , au besoin purifié les parties blanches par une exposition sur le pré , et finalement teint en chroma te potassique. Le blanc et le jaune enlevage, fortement acides, en coupant les bandes bleues, les ont préservées des atteintes de la chaux delà cuve, et développé, à tous les points d’intersection , le premier un double bleu , et le second un vert; tandis qu’au contraire les parties bleues qui, n“ayantpas été recouvertes par l’acide , ont été rongées par la chaux , apparaissent avec une teinte bleue beaucoup plus faible.

L’impression de ces couleurs enlevage et de conversion achevée , on a rentré un noir d’application solide pour compléter l’effet du dessin.

Il y a quelques années que M. Fries a effectué des conversions sur lapis composé. Après avoir formé un genre lapis à rajmres longitudinales orange , puce et blanc , il foulardait. dans une solution d’ aluminate potassique , coupait ces premières bandes par d’autres bandes d’une solution d’acide oxalique au degré de force nécessaire pour ramener les parties blanches à leur état primitif et pour dégrader légèrement le bleu , l’orange et le puce sans les détruire, puis passait à la cuve décolorante , nettoyait, teignait en quercitron additionné d’un peu de garance , et obtenait ainsi du vert, de l’orange foncé et clair , du puce et du blanc.

On réalise sur les couleurs vapeur des effets de conversion en imitation des frappes , par l’impression d’une solution de sulfate et d’acétate zinciques. Ces sels cédant leur base aux matières colorantes , la combinaison qui en résulte se détache au lavage , et donne naissance à des doubles teintes bien tranchées .

§ 866. Lorsqu’on a fait subir aune étoffe toutes les opérations de l’impression et de la teinture, on la soumet à un traitement complémentaire , qui a pour objet de donner du corps à la fibre,

d’en rehausser les couleurs , d’en faire disparaître les plis et , au besoin, d’en lustrer la surface, et constitue une branche de la fabrication , généralement connue sous le nom & apprêt. Les opérations de l’apprêt , dont on fait une spécialité dans certaines localités , sont de deux espèces : les unes ont pour but d’imprégner les toiles de la préparation la plus convenable pour leur donner le corps dont elles ont besoin sans leur rien faire perdre de leur souplesse ni de leur brillant naturel ; les autres , purement mécaniques , sont destinées à en égaliser , lustrer ou satiner la surface.

L’apprêt que reçoivent les toiles de coton a généralement pour base la fécule ou l’amidon , auxquels on associe , selon la nature des couleurs, celledes tissus et la souplesse qu’on veut leur conserver, une certaine quantité d’alun , de savon , de blanc de baleine , d’acide stéarique , et même de cire , quand les pièces doivent être soumises au satinage.

La proportion de fécule qui entre dans les apprêts de ce genre varie de 15 gr. par litre d’eau pour les mousselines et étoffes légères , à 75 gr. pour les calicots et piqués, quand les uns et les autres sont encore humides ; cette proportion se réduit de moitié quand on charge d’apprêt des pièces déjà sèches.

On apprête à la gomme et à la dextrine les étoffes de soie ; quant à celles de laine , on les imprègne tout aü plus d’une solution d’alun, pour rehausser la vivacité des couleurs.

La machine dont on se sert généralement pour l’apprêt des étoffes est le foulard. On plaque uniformément le tissu comme s’il s’agissait de l’imbiber d’un mordant ; mais la nature des toiles et des couleurs oblige quelquefois à recourir à d’autres moyens. Une étoffe légère, par exemple, ne saurait être apprêtée de cette manière , attendu que , sous une pression trop forte, dépouillée de la majeure partie de l’empois nécessaire, elle ne conserve plus aucun corps , et qu’au contraire , sous une pression insuffisante, elle laisse apparaître de grandes inégalités; c’est pour obvier à de pareils inconvénients qu’on encadre sou-

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