DES APPRÊTS
vent les mousselines au champagne et qu’on les immerge dans l’empois , comme si l’on teignait en bleu d’indigo. On pourrait aussi étendre l’empois sur un drap sans fin mis efi mouvement et y appliquer le tissu. De même aussi, quand on a imprimé des couleurs d’application qui, ne supportant pas les lavages, ne peuvent être imbibées d’empois liquides qui les feraient couler, on se sert, pour les apprêter, d’un autre appareil : la machine à imprimer au rouleau , § 515. Dans ce cas , on introduit l’empois dans le baquet et on l’applique à l’envers de l’étoffe, dont les couleurs ne supporteraient pas le contact direct de cette matière gorhmeuse.
Après avoir donné l’apprêt , desséché brusquement , § 472 , ou à l’air libre , § 470, on procède au calandrage.
§ 867. Calandrage ou cylindrage. Cette double opération, qui a pour objet d’étendre uniformément les toiles en leur donnant un léger lustre, s’exécute sur les tissus destinés à recevoir des impressions à la planche, et sur ceux qui, après les avoir reçues, vont être livrés à la consommation : c’est, en définitive, l’opération de la repasseuse exécutée sur une grande échelle.
L’appareil adopté dans les fabriques est formé de rouleaux superposés : l’un en cuivre ou en fonte de fer, et creux pour pouvoir être chauffé, l’autre èn bois ou en carton. Les cylindres en carton , que nous avons empruntés à l’Angleterre en remplacement des cylindres en bois qu’on employait autrefois , se font d’une manière fort simple; on superpose des feuilles de papier ou de carton préparées dans ce but , on les comprime à la presse hydraulique, on les scelle entre deux plaques de cuivre ou de fonte, pour les maintenir ainsi rapprochées , on y ajoute ensuite un axe en fer, et on les tourne ( voyez le Mémoire de Cardet, An - 'nales dtOrexlly , t. XIII , pag. 78).
Nous donnons, pl. XYI , la coupe en profil d’une calandre de l’invention de M. Charles Dollfus , qui a fait l’objet d’un rapport favorable de M. Joseph Kœchlin à la Société industrielle de Mulhausen. Nous croyons devoir reproduire ici le rap-
port et la description de la machine telle que l’a donnée l’auteur lui-même.
Rapport, fait par M. Joseph Kœchlin , au nom du comité de mécanique , sur une calandre perfectionnée de MM. Witz , Blech et comp., à Cernay; inventée et présentée à la Société industrielle, par M. Charles Dollfus.
Lu à la séance du 24 octobre I8ô0.
« Les calandres employées dans les fabriques d'indiennes ont pour «.objet de donner un lustre uni à l’étoffe, tantôt pour la préparer à » mieux recevoir l’impression , tantôt pour donner un dernier apprêt à )> la marchandise fine et relever l'éclat des couleurs.
« Ce satinage est plus ou moins fort, suivant lebutqu’on se propose, » et peut être classé en trois séries générales et distinctes :
» 1" Pour les toiles qui doivent recevoir l’impression en première » main, il faut un satinage très fort. C’est de cette condition que dépendent » la netteté et la régularité de l'impression et l’exactitude des rapports. » C'est ce qu’une longue expérience a appris à nos fabricants, et il » serait sans doute superflu d’entrer dans de grands détails pour prouver » ce fait. Il nous suffira de dire que , dans la plupart des fabriques, on » passe les pièces pour la première main deux fois par le cylindre , » et chaque fois entre 'les deux cylindres de carton.
» 2° Les pièces déjà teintes en garance ou autrement, et qu'il s'agit » de rentrer, doivent recevoir un salinage beaucoup moins fort ; c’est » un principe reconnu et appliqué partout , et dont il faut probablement » chercher la raison en ce que l'équerre du dessin étant dérangé par le » lavage et souvent par la nature particulière du tissu , l’imprimeur, « pour bien appliquer sa planche et rentrer dans les contours , déjà » imprimés , est obligé de tirer sa pièce tantôt en long , tantôt en large, » ce qu'il ne pourrait faire si la pièce était cylindrée fortement.
» 3° Le degré de satinage que l’on donne à la marchandise finie , » varie beaucoup suivant l’article et suivant l’exigence de la consomma- » tion ; ordinairement cependant il est beaucoup moins fort que celui » pour l'impression en première main.
» La calandre de MM. Witz , Blech et comp., que vous avez soumise « au comité de mécanique , étant destinée à produire les divers degrés ». de satinage que nous venons d’énumérer, il nous a semblé convenable. » d’indiquer d’abord ces opérations; maintenant nous passons à notre )> examen.
« Les perfectionnements que nous remarquons dans cette machine I sont :