‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 3 sur 291 · BIB^B · texte numérisé non relu

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Depuis cette première période, l'impression des couleurs vapeur a pris de jour en jour plus d'extension. En 1827 déjà , un nommé Bossard exécutait à Saint-Denis des genres que l'on ne peut faire mieux , aujourd'hui qu'il est peu de maisons où l'on ne fabrique quelques articles de cette espèce.

Si l'on a étudié avec attention tous les moyens que nous avons exposés de fixer les couleurs aux étoffes , on a dû remarquer que toutes les laques colorées1 que l'on retrouve après les opérations de la teinture ont généralement été formées sur le tissu : c'est lindigotine colorable qui, en s'oxiclant, passe au bleu ; c'est le cachou qu'on oxide et transforme en un de ses dérivés auquel on donne ainsi , avec une couleur plus foncée , une insolubilité qu'il n'a pas par lui-même ; c'est l'oxide ferreux qu'une oxidation fait passer à l'état d'oxide ferrique ; c'est l'oxide manganeux qui se suroxide pour donner naissance au bistre ; enfin ce sont les oxides aluminique , chromique et ferrique qu'on fixe aux tissus pour les colorer dans divers bains de teinture. Que si les oxides chromique et ferrique seuls peuvent devenir adhérents à l'étoffe sans se former sur la fibre même, § 575-580, encore est-il indispensable qu'ils lui soient présentés à l'état naissant, § 472 bis. Maintenant, si l'adhérence ou la combinaison d'une couleur par teinture proprement dite ne peut avoir lieu qu'à l'une ou l'autre de ces conditions, en est-il de même dans le vaporisage , ou b'ien les couleurs se fixent- elles par ce dernier moyen d'après d'autres lois? C'est la première question à examiner ; elle nous semble dominer toutes les autres.

Si les couleurs vapeur se fixaient à des conditions spéciales , il suffirait d'établir ces conditions sans se préoccuper des autres moyens de fixation , et toutes les couleurs pourraient être appliquées aux tissus à l'aide de la vapeur d'eau , aussi bien l'indigo que la garance , celle-ci que les bois rouges ou la cochenille. Or , pour peu qu'on réfléchisse, on voit qu'il n'en est point ainsi , qu'il existe au contraire un rapport intime entre ce mode de fixation et ceux qui nous sont déjà connus. En effet, on dé-

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pose sur l'étoffe , tantôt un corps soluble , comme l'acide fe'rrocyanique , qui , décomposable par la chaleur , passe peu à peu à l'état de bleu de Prusse insoluble ; tantôt une laque , véritable composé salin , qu'on dissout dans un acide capable de balancer la puissance delà matière colorante, etquis'empare momentanément de la base à laquelle elle est unie pour la lui rendre sous l'influence de la vapeur d'eau , soit qu'il doive être expulsé par la chaleur , soit que dans de pareilles conditions il perde tout ou partie de l'affinité qu'il avait d'abord pour l'oxide (base de la laque) ; tantôt , enfin, une matière colorante mélangée à un sel dont elle peut déplacer l'acide, qui, en disparaissant comme dans les cas précédents , la laisse en combinaison intime avec la base et l'étoffe.

D'après ce que nous venons de dire, on ne trouvera pas étonnant que jusqu'à présent on ne soit point encore parvenu à fixer l'indigo par le vaporisage , qui demande comme condition préalable de toute fixation de couleur qu'elle puisse exister momentanément à l'état solublè , état auquel la vapeur d'eau ne peut amener une substance qui ne l'affecte qu'en suite d'une réaction chimique des plus prononcées.

Cette similitude admise entre des procédés aussi différents , examinons à un point de vue général les agents qu'on fait intervenir dans le vaporisage et les appareils qu'il demande ; nous nous occuperons ensuite , conformément aux divisions précédemment établies , des impressions vapeur sur les tissus de diverses natures.

Toutes les fibres textiles n'attirent pas à elles avec une égale énergie les matières colorantes ; il en est donc dans lesquelles on doit relever cette force attractive, en leur faisant subir une préparation qui n'est qu'un véritable mordançage ; toutefois cette préparation n'est pas toujours réclamée par la nature seule du tissu , mais encore , dans certains cas, par celle des matières colorantes , dont quelques unes , perdant toute aptitude à former une combinaison intime avec l'étoffe quand elles sont une

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