‹ Traite theorique et pratique de la chloroseChapitre 18 sur 38 · III. — De la leucorrhée chez les chlorotiques · texte numérisé non relu

III. — De la leucorrhée chez les chlorotiques

La leucorrhée est commune chez les jeunes lilles et chez les femmes atteintes de chlorose. On voit, en effet , peu de chlorotiques qui n’aient des perles blanches.

J’ai déjà eu l’occasion de m’expliquer dans mon Traité des nialadies de l'utérus, au sujet de la leucorrhée, expression vague et mal définie sous laquelle on désigne indistinctement tous les écoulements des organes génitaux chez la femme. J’ai cherché à établir que la leucorrhée n’est point, ainsi que le pensent encore beaucoup de médecins, un simple flux catarrhal, indépendant d’une lésion de la muqueuse génitale; mais qu’elle est toujours liée à l’altération d’un des éléments anatomiques de l’utérus ou du vagin, altération le plus souvent de nature inflammaloire. En d’autres termes, la leucorrhée est toujours à mes yeux le produit d’une phlegmasie ou d’un état congestif chronique de la muqueuse utérine ou de la muqueuse vaginale.

Or, ces états pathologiques sont fréquents chez les femmes chlorotiques, ce qui explique chez elles aussi la fréquence de la leucorrhée.

RONAT, — CHLOROSE. 8

COMPLICATIONS DE LA CHLOROSE

lia

On ne sera pas surpris de cette particularité, si l’on songe à l’influence qu’exerce la chlorose sur la menstruation. Ainsi que je l’ai dit plus haut, les chlorotiques sont habituellement mal réglées : chez les unes, la menstruation est rare et difficile ; chez d’autres, elle est extrêmement irrégulière ; chez un certain nombre, enfin, elle est nulle ou elle se supprime après quelques époques. Cependant chez la plupart d’entre elles, bien qu’il n’y ait point d’hémorrhagie nbrmale, le sang afflue périodiquement vers les ovaires et vers l’utérus; mais la fonction est incomplète, inachevée; la congestion ovaro-utérine s’opère, mais la ponte et l’écoulement sanguin ne s’effectuent point, ou s’effectuent d’une manière défectueuse.

Qu’en résulte-t-il? Un état congestif permanent qui subit une sorte d’exacerbation à l’époque cataméniale. De là le flux muqueux ou la leucorrhée qu’on rencontre chez les chlorotiques, écoulement permanent comme l’état congestif, et présentant, comme lui, une augmentation sensible, une sorte de recrudescence mensuelle.

Ce qui vient encore à l’appui de ce que j’avance, ce sont les souffrances qu’éprouvent à chaque période les chlorotiques atteintes d’aménorrhée ou de dysménorrhée et de flueurs blanches. Le plus grand nombré d’entre elles ressentent alors des douleurs plus ou moins fortes dans les reins et dans le bas-ventre, qui témoignent certainement de l’action du molimen congestif.

COMPLICATIONS Uli LA CHLOROSE.

il est essentiel de bien distinguer cette l’orme de leucorrhée, leucorrhée chlorotique, des autres variétés de leucorrhée qui peuvent coïncider avec la chlorose sans aucune relation de cause à elTet, et qui dépendent d’une phleginasie franche de l’utérus ou de ses annexes. L’étude attentive des commémoratifs, des symptômes actuels, de la marche et de l’évolution de la maladie, et l’exploration directe des organes de la génération, quand elle est possible, permettent, en général, de résoudre cette question de diagnostic. Je me suis appliqué, dans mon Traité des maladies de l’utérus, à exposer dans leurs moindres détails les phénomènes locaux et réactionnels de la métrite interne et du phlegmon périutérin , causes si fréquentes xle leucorrhée. Je ne puis qu’y renvoyer ceux qui voudraient acquérir sur ce sujet intéressant des notions plus étendues et plus complètes.

Complications tulicrciilciiscs , cuchcctiqucs . et dartrcuscs.

La chlorose exerce sur la production et le dévelo[)pernent des tubercules pulmonaires une inlluence incontestable, mais qu’il faut se garder d’exagérer.

Ainsi, je ne saurais partager l’opinion de ceux qui croient que la chlorose peut engendrer, pour ainsi dire, de toutes pièces, la phthisie pulmonaire. L’apparition dos tubercules est immédiatement liée à des

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conditions particulières, spéciales de la constitution, indépendantes de l’appauvrissement du sang en globules.

Mais si la chlorose n’exerce aucune action directe sur la production de cette lésion, elle prédispose à son développement, et elle favorise son évolution par les troubles qu’elle apporte dans la nutrition et par l’influence débilitante qu’elle exerce sur l’économie.

L’affection tuberculeuse, une fols développée, agit à son tour sur l’élat chlorotique à la façon d’une cause aggravante. Et cela se comprend aisément, puisque dans la phthisie pulmonaire la respiration, qui est un des actes les plus importants de la fonetion plus générale de l’hématose, s’accomplit d’une manière défectueuse et que l’oxygénation des globules sanguins est imparfaite. C’est surtout dans les périodes avancées que la phthisie augmente et aggrave l’état ehlorotique, alors que la fièvre hectique s’allume, et que le pus provenant des cavernes tuberculeuses passe dans le torrent de la circulation et exerce directement sur les globules sanguins une action dissolvante et destructive.

Ceci m’amène à dire deux mots des cachexies. Je neveux pas à dessein m’étendre sur ce sujet, puisque je me suis proposé de parler exclusivement dans ce travail de la chlorose simple, de la chlorose idiopathique.

Je me bornerai donc à rappeler que toutes les ma-

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ladies constitutionnelles ou diathésiqucs, les maladies viriilenles et infectieuses, le cancer, la scrofule viscérale, la syphilis, l’infection putride, la résorption purulente, le diabète, la maladie de Bright, les fièvres intermittentes, l’intoxication saturnine, etc., parvenues à une période avancée, aboutissent à un état cachectique de l’économie, dont un des principaux caractères est l’appauvrissement du sang en globules, et déterminent, par conséquent, une forme particulière de chloro-anémie. Mais, encore une fois, dans ces cas, l’appauvrissement du sang est secondaire; c’est un symptôme de la cachexie, laquelle est dominée par un élément morbide plus important et dont il faut rechercher l’existence hors du fluide sanguin, dans la constitution même et dans l’idiosyncrasie du sujet.

Les maladies de la peau sont assez communes chez les chlorotiques, et plus particulièrement chez les enfants. La chlorose prédispo.se à 1 apparition et favorise le développement des affections prurigineuses, des dermatoses parasitaires, tant animales que végétales, telles que l’herpès tonsurant, l’herpès circiné, le Irichophyton, etc.

Les chlorotiques sont sujets encore aux maladies vermineuses ; et l’on doit toujours soupçonner et rechercher la chlorose chez les enfants tourmentés par la présence des vers intestinaux.

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Complications traumatiques.

Certaines lésions chirurgicales présentent chez, les ehloroliques une physionomie et une marche particulières. En vertu du peu de réaction que ces sujets présentent et de l’état d’appauvrissement de leur sang, les solutions de continuité ont, chez eux, peu de tendance à se réparer. La consolidation des fractures est longue, la formation et l’organisation du cal s’opèrent avec lenteur.

Les ulcères guérissent diflicilement.

Les plaies présentent une surface pâle ou faiblement rosée ; les bourgeons charnus se développent tardivement ; ils sont habituellement peu saillants, mous et décolorés, de sorte que la cicatrisation marche lentement et se fait plus longtemps attendre que chez les sujets dont le sang est riche.

Les hémorrhagies traumatiques offrent dans la chlorose une gravité spéciale, d’une part à cause de la ' tendance qu’elles ont à se produire et de la difficulté qu’on éprouve à les arrêter, d’autre part en raison de l’état de débilité extrême et même d’épuisement où elles doivent nécessairement jeter un malade dont le sang est déjà naturellement pauvre.

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