‹ Traite theorique et pratique de la chloroseChapitre 30 sur 38 · I. — Complications nerveuses · texte numérisé non relu

I. — Complications nerveuses

Nous avons dit précédemment combién d’accidents nerveux variés peuvent venir compliquer la chlorose.

Ces complications, quelle que soit leur liaison avec l’état chlorotique, ne constituent pas, généralement, une contre-indication à l’emploi des ferrugineux. Que les phénomènes nerveux soient un effet direct de la chlorose, ou qu’ils ne se rattachent à elle qu’à titre de simple coïncidence, la médication ferrugineuse est utile dans la majorité des cas'.

Si les troubles de l’innervation, symptomatiques de l’appauvrissement du sang, sont de date récente, s’ils sont légers, le fer pourra suffire à les dissiper, en même temps que les autres phénomènes chloroliques.

Mais, comme nous l’avons vu, il n’en est pas toujours ainsi. Assez souvent les accidents nerveux dépendant de la chlorose présentent une longue durée ou se manifestent avec une intensité remarquable. Alors ils sont réfractaires aux ferrugineux, et, au bout

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d’un certain temps, ils acquièrent une existence

propre, et réclament, comme les troubles nerveux idiopathiques, une thérapeutique spéciale. Cette indication particulière ne doit pas faire suspendre l’emploi des martiaux. Les deux médications, ferrugineuse et anlinerveuse, se prêtent dans cette circonstance un mutuel concours; elles doivent marcher de pair et simultanément.

Si telle est la règle à suivre dans les cas de phénomènes nerveux symptomatiquement liés à la chlorose, à plus forte raison est-elle applicable au traitement des troubles nerveux idiopathiques et simplement concomitants.

Nous devons dès maintenant faire des réserves pour la gastralgie et la gastro-entéralgie qui, comme nous le dirons dans la suite, exigent une grande prudence et des préceptes particuliers pour l’administration du fer.

Le choix des moyens thérapeutiques, dans les cas qui nous occupent, doit être dicté par la nature même des troubles nerveux.

Complications spasmodiques.

Dans les complications convulsives ou spasmodiques, telles que l’hystérie, la chorée (soit générale, soit localisée), on prescrit les antispasmodiques, en variant leur dose et leur mode d’emploi suivant les circonstances d’âge, de tempérament, de constitu-

lion, etc., et suivant le degré d’intensité des accidents. Je nie contente de rappeler ici les agents les plus généralement usités, à savoir : l’éther, la valériane, le castoréum, l’asafœtida, le camphre, l’oxyde de zinc, les valérianates de zinc et d’ammoniaque, etc.

Les préparations de quinquina, notamment le sulfate de quinine, conviennent plus spécialement lorsque les phénonèmes nerveux offrent une forme intermittente.

M. Trousseau a préconisé les préparations de noix vomique et surtout la strychnine jusqu’à commencement de saturation, contre la chorée. Cette médication doit être maniée avec la plus grande circonspection et conformément aux règles rigoureuses posées par le savant professeur.

On retire encore de gi^ands avantages de l’emploi des bains simples ou composés, notamment des bains sulfureux, des bains de rivière, des bains d’immersion et des divers procédés hydrothérapiques.

La gymnastique, comme on le sait, présente de précieuses ressources dans le traitement de la chorée.

M. IJriquet a conseillé et employé lui-même la faradisation dans certains cas de chorée et d’hystérie, principalement lorsque les phénomènes convulsifs étaient localisés ou prédominants dans une région de l’organisme. Toutefois je dois ajouter que l’électrisation réussit rarement , et même qu’elle exaspère généralement les crises nerveuses, quand les acci-

IS'i TRAITEMENT DE LA CHLOROSE COMPLIQUÉE.

dents sont purement spasmodiques ou convulsifs, d’où le conseil de n’y recourir qu’avec mesure dans les cas de ce genre.

. Parmi les eaux minérales, celles de Néris et d’Ussat conviennent aux hystériques et exercent sur ces malades un effet sédatif très-réel. On sait que les eaux sulfureuses sont employées avec avantage dans le traitement de la chorée.

Complications névralgiques.

Les indications générales que je viens de poser à l’occasion des accidents convulsifs ou spasmodiques sont entièrement applicables au traitement des complications névralgiques.

Ici encore la médication ferrugineuse peut suffire, dans les cas où les névralgies sont légères, d’origine récente et intimement liées à l’altération du sang.

Mais lorsque les douleurs névralgiques sont indépendantes de la chlorose, et lorsque, étant symptomatiques de cette affection (ce qui est le cas le plus ordinaire), elles présentent une certaine opiniâtreté ou une grande intensité, on doit employer concurremment les ferrugineux et les moyens propres à combattre les phénomènes douloureux.

Parmi ces moyens, je rappellerai surtout ;

1“ Les préparations d’opium, de belladone, de jus- (juiame, de datura stramonium, d’aconit napel, etc..

TRAITliMENT DE L.\ CHLOROSE COMPLIQUÉE. 1 8â

que l’on administre soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, par la méthode endermique (vésicatoires), ou par la méthode hypodermique (injections sous-cutanées avec la seringue de Pravaz, ou inoculation à l’aide d’une lancette trempée dans une solution concentrée d’atropine ou de morphine), ou par les onctions, les fomentations, les frictions, les applications d’emplâtres narcotiques ;

2® L’éther et le chloroforme, appliqués sur la partie douloureuse, ou donnés à l’intérieur soit en potion, soit en inhalations ;

3“ Le vésicatoire, qui ne s’emploie pas seulement pour introduire une substance narcotique par le derme dénudé, mais encore pour déterminer à la peau une révulsion énergique et souvent efficace;

4° La galvanisation à l’aide d’un pinceau électrique promené sur la peau suivant le trajet des nerfs affectés ;

5° La cautérisation transcurrente superficielle, qui réussit généralement dans la plupart des cas réfractaires aux médications précédentes.

Complications paralytiques.

Inutile de répéter qu’il ne s’agit ici exclusivement que des paralysies liées à la chlorose et symptomatiques d’un appauvrissement du sang.

Indépendamment des ferrugineux, dont l’emploi est formellement indiqué dans ces sortes de paraly-

sies, quelles que soient leur étendue et les régions qu’elles occupent, on a recours simultanément aux excitants généraux et locaux, tels que :

Les frictions stimulantes (baume de Fioraventi, alcoolat de lavande, teinture d’arnica, de noix vomique, liniment volatil camphré, vin, alcool, etc.) ;

2" Les bains sulfureux, salins, ferrugineux, aromatiques, balsamiques ;

3® Les bains froids, les bains de rivière, les bains d’immersion ;

4" L’hydrothérapie et les différents procédés qui s’y rapportent (drap mouillé, affusions, douches, etc.) ;

5“ Les bains de mer;

6° Les eaux minérales de Baréges, de Luchon, de Bourbon-Lancy, de Saint-Honoré, d’Aix en Savoie, de Loeche, de Saint-Amand, Pierrefonds, Saint-Gervais, Bourbon-l’Archambault; celles de Salins, de Bourbonne, de Nauheim, de Kreuznach, de Tœplitz;

T L’électricité , dont le mode d’emploi varie , comme on le sait, suivant que la paralysie frappe la sensibilité ou le mouvement. Ce moyen est un des plus efficaces qu’on puisse opposer à la paralysie symptomatique de la chlorose.

8“ Les préparations de noix vomique, que l’on peut administrer à l’intérieur, à titre d’adjuvants, et avec toutes les précautions que réclame l’emploi d’agents si énergiques.

TRAITIÎMIÎNT DE L\ CHLOllOSE COMPLIQUÉE.

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