‹ Traite theorique et pratique de la chloroseChapitre 32 sur 38 · III. — Couipllcations intestinales · texte numérisé non relu

III. — Couipllcations intestinales

Les développements dans lesquels je suis entré au sujet du traitement des complications gastriques dans la chlorose me dispenseni de m’étendre longuement sur la thérapeutique des complications intestinales.

Les indications sont identiques et corrélatives. La même médication s’applique aux accidents de même nature.

Ce que j’ai dit de la gastralgie et des différentes formes de dyspepsie gastrique, je puis le dire de l’enléralgic et des diverses variétés de dyspepsie intestinale. Ici encore la médication ferrugineuse doit être

employée avec réserve, ménagemenis et prudence, d’une manière progressive; et il faut quelquefois en suspendre l’usage. Également, elle ne doit être le plus souvent conseillée qu’après la guérison ou un amendement notable des accidents intestinaux ; et lorsque rien ne s’oppose à l’emploi des ferrugineux, il est toujours utile, souvent nécessaire, d’y associer ou d’employer simultanément les agents que réclame la complication intestinale.

De même que j’ai présenté la dyspepsie gastrique par irritation comme une contre-indication formelle à l’administration du fer, et que j’ai insisté plus spécialement sur la nécessité de traiter et de guérir au préalable celte complication, de même je ne saurais trop fixer l’attention sur la forme correspondante de dyspepsie intestinale, ni trop recommander de combattre cet état morbide avant d’instituer le traitement proprement dit de la chlorose. Car l’irritation intestinale, aussi bien que l’irritation gastrique, empêche la tolérance du fer; et dans ce cas l’usage prématuré de cet agent ne peut qu’aggraver les troubles digestifs et retarder la guérison de la chlorose.

Les moyens que j’ai signalés pour le traitement de la dyspepsie gastrique par irritation, et surtout les onctions avec l’huile de croton tiglium sur l’abdomen, trouvent ici leur application et donnent des résultats également satisfaisants.

Chez les chlorotiques, la diarrhée est une contre-

indication formelle des préparations ferrugineuses, si elle est intense et opiniâtre. On doit la combattre par tous les moyens appropriés à ce genre d’aecidents, suivant les lésions auxquelles il se rattaehe et les causes dont il dépend.

Si la diarrhée est récente, légère et pour ainsi dire accidentelle, on peut instituer ou continuer le traitement ferrugineux ; mais en diminuant la dose du fer, en y associant les opiacés à petite dose, les astringents ou le sous-nitrate de bismuth, et en soumettant les malades à un régime alimentaire convenable.

L’hémorrhagie intestinale , qui résulte, chez les chlorotiques, d’une exhalation passive du sang par la muqueuse de l'intestin, ainsi que je l’ai dit ailleurs, réclame de préférence l’emploi du perchlorure de fer, soit par la bouche, soit par le rectum, à des doses variables suivant les âges, suivant la constitution des malades, et l’intensité des symptômes.

On peut associer au perchlorure ferrique d’autres astringents, tels que le tannin, les préparations de ratanhia, etc.

En même temps on prescrit des boissons et des aliments froids, des préparations vineuses, soit simples, soit composées (vin de quimiuina, de gentiane, etc.).

Le fer ayant souvent pour résultat d’amener ou d’augmenter la constipation, â laquelle les chlorotiques sont très-disposés, il importe de prévenir ou de combattre ce phénomène en associant aux prépa-

rations ferrugineuses de légers laxatifs et en particulier la rhubarbe, la magnésie, l’aloès, et les préparations de noix vomique ou de belladone, à très-petite dose.

Quand ces moyens sont insuffisants, les purgatifs à faible dose, les lavements émollients ou laxatifs deviennent de temps en temps nécessaires.

Il est utile, en même temps, de prescrire aux malades un régime varié et qui, par le choix des aliments et l’association convenable des herbacés et des substances azotées, puisse concourir h entretenir la liberté du ventre.

Le changement d’air, l’exercice régulier contribuent encore puissamment à ce résultat.

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