‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 17 sur 50 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Des magasins J des portières et des traverses.

Magasins à poudre des batteries.

Il est de la plus grande importance d’assurer la conservation de la quantité considérable de munitions que le service des batteries oblige à placer à leur proximité, et l’on doit prendre toutes les précautions possibles pour garantir ces munitions de l’humidité, pour que l’explosion des bou- . ches à feu de la batterie inéme n’y puisse pas mettre le feu , enfin pour, les couvrir contre les coups de l’ennemi, et particulièrement contre les bombes , ou du moins contre les obus qu’il peut lancer.

De là résulte la nécessité de construire dans chaque batterie, des magasins (V, N, Planches 11 et III) dans lesquels on puisse conserver les munitions à l’abri de la plus grande partie de ces dangers.

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La capacité de ces magasins doit être telle qu’ils puissent non-seulement contenir les munitions qu’exige le service de la batterie pendant vingt-quatre heures, mais encore offrir l’espace nécessaire pour les manier commodément.

D’un autre côté, comme il serait trèsdangereux de réunir dans un seul magasin une quantité de munitions trop considérable, toutes les fois qu’une batterie sera armée de plus de quatre bouches à feu, il faudra y construire plusieurs magasins, de manière qu’il y en ait toujours un particulier pour deux qu trois bouches à feu, 'où pour quatre tout au plus.

■ L’emplacement de ces magasins doit être assez rapproché du parapet , afin qu'on n’ait pas à aller chercher les munitions trop loin deshouches à feu, et, ce qui est encore plus important, afin qu’elles soient bien garanties contre les coups directs de l’ennemi. Il faudra donc les établir sur cette partie du terrain, en arrière de la batterie, •qui se trouve couverte par le parapet. Les artilleurs français les placent à 6 ou 7 toises ( la à 14 mètres) en arrière de l’épaulement et vis-à-vis les merlons.

• V ; ( ii6 )

Si l’on ne trouvait pas pour ces magasins un emplacement convenable, couvert par l’épaulement, il faudrait garantir chacun d’eux des coups directs de l’ennemi , par une traverse particulière, construite exprès.

À l’endroit choisi pour j établir un magasin, on creusera d’abord un fossé de 5 à 6 pieds ( i mètre 6o cent, à 2 mètres) de profondeur, si on peut le faire sans rencontrer l’eau. Si on la rencontrait avant d’arriver à cette profondeur, on ne creuserait que jusqu’à 4 ou 4X pieds (1 mètre 3o cent, à 1 mètre 46 cent. ) , et on relèverait le bord de ce fossé tout à l’entour, en y piquetant quelques rangs de saucissons. On couvrira ensuite cette espèce de souterrain d’un toit formé de madriers ou de planches et de saucissons par>dessus , lequel sera porté par deux ou quatre gîtes ou poutrelles , reposant sur quatre montans enfoncés dans le terrain ; sur ces montans ' s’appuieront aussi les parois latérales du magasin, construites comme le toit, et dont l’une (celle du côté opposé à l’ennemi) sera percée d’une porte : on descendra vers cette entrée au moyen d’un fossé de 2 à 3 pieds (65 cent, à 1 mètre) de largeur, de la

profondeur du magasin, et dans lequel sera pratiqué un escalier formé de , bouts de saucissons.

Les terres provenant de l’excavation seront rejetées derrière et contre les sau- • cissons de l’enceinte du magasin , ou sur »

son toit, qui devra aller en pente douce, inclinée du côté de l’entrée vers le côté opposé, pour y rejeter les eaux. >

Dans un terrain humide ou léger, ou bien lorsqu’on aura le temps et les matériaux nécessaires, on fera bien de revêtir ' intérieurement les magasins de planches /

ou clayonnages et d’en parqueter le sol ;

St, au contraire, on manquait de temps et de moyens pour revêtir en saucissons les parois de ces magasins, il faudrait donner aux quatre faces de la fosse un talus proportionné à la nature des terres. ^

Dans les sièges, lorsque l’assiégé a à sa disposition un grand nombre de mortiers ou d’obusiers, et qu’il sait les employer , convenablement, l’assiégeant doit redoubler de soins et de précautions dans la ■

' construction de ses magasins, dont l’explo- ' sion pourrait avoir pour lui les suites les plus funestes.

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On fera bien, dans ce cas, de couvrir le magasin et la communication pour y descendre, d’un bon blindage, formé de fortes poutres ou solives portant un double lit de saucissons ou fascines, sur lequel on rejettera encore toutes les terres provenant* de l’excavation.

S’il se trouvait à proximité de la batterie un monticule, une petite colline ou un ravin, on pourrait profiter de ces accidens de terrain pour y creuser les magasins, comme des grottes ou des souterrains, en ayant le soin de les revêtir de planches intérieui’ement.

Si l’on peut assez compter sur la garde des tranchées, pour être sûr qu’elle réus^ sira toujourt à repousser les sorties, on fera bien' d’établir les magasins latéralement aux batteries, et dans l’épaisseur même de leur parapet. Cette disposition sera très- avantageuse, particulièrement lortqu’on se trouvera à la portée de la mousqueterie de l’ennemi; attendu que, celui-ci cherchant toujours à battre directement la batterie, les magasins et leurs communications seront toujours beaucoup plus exposés à être atteints, lorsqu’ils seront placés en arrière de

l’épaulement, que lorsqu’ils seront sur le côté , dans le massif même du parapet.

Lorsqu’on placera ainsi les magasins, il ne faudra pas négliger d’en couvrir l’entrée par un blindage, dont les dimensions seront proportionnées à celles de l’ouverture.

Lorsqu’ils seront sur le derrière de la batterie, on pratiquera, entre celle-ci et les magasins,' une communication de 3 pieds (ï mètre) de largeur, creusée comme les boyaux de tranchée.

Dans tous les cas, on détournera les eaux qui pourraient s’introduire dans les magasins, soit au moyen de rigoles, soit en donnant au terrain environnant une pente convenable. ^ '

Il est toujours beaucoup plus facile de recouvrir un espace rectangulaire, qu’un espace carré, surtout quand fl a d'assez fortes dimensions. C’est pour cette raison qu’on donne la première forme aux magasins des batteries : la longueur et la largeur de ces retangles sont déterminées d’après le nombre et les dimensions' des caisses ou des barils nécessaires pour contenir les munitions que trois ou quatre bouches à

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feu peuvent consommer dans vingt-quatre heures, eu se ménageant en outre un espace suffisant pour y manipuler. Dans une batterie dont Je feu ne devra pas être trop actif, un magasin de 6 pieds (2 mètres) de hauteur ou profondeur, 5 pieds ( 1 mètre 62 cent.) de largeur, et 8 pieds (2 mètres 60 cent.) de longueur, suffira pour conteuir les munitions qu’on peut consommer dans vingt-quatre heures ; mais, dans les batteries de mortiei’S, si l’on veut charger les bombes dans le même -magasin où l’on conserve la poudre, il faudra lui donner 2 pieds (64 cent.) de plus, tant en largeur qu’en longueur. T

Toutefois, il sera bien préférable d’avoir pour ces batteries, comme pour les batteries d’obusiers, deux magasins séparés, l’un pour la, poudre, l’autre pour le chargement des projectiles, et c’est ce que font ordinairement les artilleurs français.

Des portières pour fermer les embrasures.

Dans les batteries à embrasures , il est quelquefois nécessaire, après chaque coup.

et lorsque la pièce recule, de la retourner de côté, le long du parapet, derrière un ,^erlon, pour*que les canonniers servans soient à couvert en la rechargeant.

. Dans cette circonstance, si on laisse l’embrasure ouverte, elle deviendra un point de mire pour les canonniers et les fantassins ennemis, et les servans de la pièce, ayant à manoeuvrer devant cette embrasure, ^auront beaucoup à souffrir de leur feu, qui pourra être très-rapproché et par conséquent très-meurtrier.

Pour se garantir, du moins de celui de la mousqueterie, les artilleurs de plusieurs puissances ont coutume d’adapter aux embrasures des portières mobiles, qui ferment leur ouverture intérieure, quand on a retiré la bouche à feu pour la charger, et qui s’enlèvent quand on veut replacer la pièce pour tirer.

Les principales conditions auxquelles ces sortes de portières doivent satisfaire sont, d’étre impénétrables aux balles de fusil et de carabine, et d’étre en même temps assez légères pour qu’on puisse les manoeuvrer facilement. Nous allons indiquer plusieurs manières de les construire.

On peut les former de bouts de saucissons, réunis au moyen de piquets qui les traversent, et portés par d’autres piquets' saillans qui leur servent de supports.

On peut aussi les former de simples claies, mais elles ne serviront dans ce cas qu’à fermer simplement l’embrasure, et non à mettre les servans en arrière à l’abri des balles de l’ennemi 3 car c’est à peine si les portières en saucissons pourront en garantir.

Les meilleures portières sont celles que l’on construit avec un double rang de madriers cloués l’un sur l’autre, en croisant en sens opposé les fibres du bois, attendu qu’elles protègent plus efficacement que toute autre contre le feu des armes portatives : ces portières en madriers peuvent se •fixer à demeure à l’ouverture intérieure de l’embrasure, et dans ce cas il faut qu’elles soient percées d’un trou circulaire pour y introduire la volée de la pièce. Quand le coup est parti, on ferme ce trou au moyen d’un couvercle tombant, ou au moyeu d’un petit volet glissant dans les coulisses d’un châssis.

* La portière elle-même pourrait avoir la forme des volets d’une fenêtre; mais alors

il faudrait appliquer contre l’épaulement les châssis nécessaires pour porter les volets.

Si l’on trouvait les portières formées ainsi d’un double rang de madriers, embarrassantes par leur poids, on pourrait les faire d’un seul rang de madriers doublés de tôle à l’extérieur. *

On peut encore avoir des portières d’une autre espèce, dont la construction est à la vérité assez difficile, mais qui sont 'aussi d’un' usage très-commode; ce sont simplement de grandes et fortes portes à battans, formées de lambourdes ou solives, et dans lesquelles on peut remplacer les gonds par de petites roulettes, pour en faciliter le mouvement.

Des traverses.

Nous avons déjà dit qu’une des principales attentions qu’on devait avoir en établissant une batterie, était de choisir son emplacement de manière à ce qu’elle nè fût point battue de flanc ni d’enfilade par

1. Voyez le Memorial de Cormontaigoe pour la défense des pUcet; a.* édition, pag. a45.

l’ennemi. Cependant il peut arriver quelquefois qu’on ne puisse éviter ces deux incanvéniens, sans tomber dans un tracé défectueux, qui nuirait essentiellement à l’clfet qu’on veut produire. 11 faut donc cher, lier des moyens de couvrir les pièces et leurs sérvans contre les feux de flanc ou d’enfilade de l’ennemi, quand la position de la batterie les y laisse exposés. Si cette position est telle que la^batterie soit battue par un Je ses côtés, on la couvrira de ce côté par un crochet ou une partie d’épaulement en retour. On lui fera deux crochets ou deux ailes, si elle est exposée aux coups de l’ennemi des deux côtés, en donnant à ces parties d’épaulement en retour une hauteur convenable: on garantira de même la batterie des coups d’enfilade.

Le relief de ces crochets se déterminerait comme nous l’avons expliqué au§. i5, dans le cas où l’emplacement occupé par l’ennemi serait un peu plus élevé que celui de la batterie; mais, s’il arrivait qu’on ne pût ainsi mettre tout l’intérieur de la batterie à couvert qu’en donnant une hauteur exorbitante à ces parties de l’épaule-

ment, il vaudrait mieux ne lui donner

qu^ne hauteur ordinaire, et construire une traverse à l’endroit où il ne couvrirait plus l’intérieur de la hatterie, puis une seconde traverse à l’endroit où l’on cesserait d’être couvert par la première, et ainsi de suite.

Quelques auteurs ont fixé l’épaisseur des épaulemens des ailes de la batterie à la moitié de l’épaisseur du parapet; mais on ne voit pas sur quoi se fonde cette opinion; car, si les épaulemens en retour doivent seulement dérober l’intérieur de la batterie à la vue de l’ennemi, cette épaisseur est beaucoup trop forte, et s’ils doivent le garantir contre ses coups, elle- est beaucoup trop faible. Les ailes de la batterie ayant alors la même destination que le parapet, il faut leur donner aussi la même épaisseur, et il en est de même des travérses.

Quant à la longueur de ces épaulemens en retour et des traverses , on sent qu’elle doit être telle qu’ils mettent bien à couvert les bouches à feu et leurs servans.

, Les traverses construites dans l’intérieur d’une batterie devront être revêtues sur toutes leurs faces; car sans cela le talus qu’il faudrait leur donner serait tel, qu’oc-

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cupantbeaucoupd’ espace, elles obligeraignt à donner un trop grand développement à la batterie, et pourraient forcer à placer les dernières bouches à feu sur un emplacement très-éloigné de celui où elles devraient être pour produire l’effet le plu* avantageux.

Si l’on avait à sa disposition des gabions' de fortes dimensions, ils conviendraient parfaitement pour la construction des traverses; en s’en servant, on économiserait tout à la fois le temps et l’espace, puisque les traverses n’auraient point de’talus, et seraient élevées beaucoup plus promptement.

Si l’on pouvait craindre que la batterie fût attaquée sur les flancs, il faudrait ouvrir des embrasures dans les épaulemens en i^tour; ou, ce qui vaudrait mieux en- . core, y établir des barbettes, sur lesquelles, on placerait des bouches à feu de campagne.

On pourra aussi construire derrière ces parties del’épaulement des banquettes pour l’infanterie. Le plan de la plus élevée, doit être à environ 4 pieds 6 pouces (imèt. 46 c.)

• au-dessous de la crête de l’épaulement, aûn

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que les'fantassins qui y seront placés puis^ sent bien ajuster l’ennemi. Les banquettes auront i % pied (5o cent.) de hauteur, pour qu’on puisse y monter et en descendre commodément : c’est d’après ce principe qu’on détermine le nombre des banquettes qu’on doit faire suirant la hauteur de l’épaulement.

Si on voulait seulement construire un masque pour empêcher l’ennemi de découvrir l’intérieur de Ja batterie, ou tout autre endroit que l’on voudrait dérober à sa vue, on y parviendrait très-promptement et trèsfacilement au moyen d’un simple rang de gabions de fortes dimensions : si on n’en avait pas à sa disposition, voici comme on pourrait y suppléer.

Sur un morceau de solive ou de fort madrier, couché à terre, on plantera verticalement, à r pied(3o cenlim.) l’une de l’autre , deux perches d’une longueur égale à la hauteur qu’on veut donner au masque : on posera ensuite ces sortes de fourches à 5 pieds (i mètre 6o cent.) de distance l’une de l’autre, dans l’alignement sur lequel l’on veut construire le masque; puis on les garnira de fascines, saucissons, ou

fagots de ramée. Ces sortes de traverses -volantes ont le double avantage d’être construites très-promptement, et de pouvoir se transporter d’un lieu à un autre.

Dans les sièges, lors même que des batteries ne se trouveraient point exposées à être battues de flanc ou d’enfîlade , si on s’y voyoit trop tourmenté par les boulets et les obus de l’ennemi, il serait très-avantageux d’y établir une ou plusieurs traverses, suivant leur étendue. Dans les batteries à ricochet, cependant, il ne faudra construire de ces traverses que sur les, deux ailes, et jamais dans leur intérieur, pour ne pas leur donner un trop grand développement I :

11 sera également impossible de se garantir contre les feux courbes de la place, dans les batteries resserrées dans les parallèles ou dans celles où , l’emplacement étant très-limité, on aurait été cependant forcé d’y réunir un grand nombre de bouches à feu, pour opposer à l’ennemi un feu supérieur au sien 3 mais. toutes les fois que l’assiégeant ne sera pas gêné par l’espace ,. si l’assiégé a beaucoup de mortiers et d’obusiers, et qu’il sache les employer, le temps,

la peine et les matériaux que le premier, emploîra à construire de semblables traverses, seront très-avantageusement compensés par l’utilité qu’il en retirera. Ces traverses se composeront ordinairement d’un seul rang de grands gabions qu’on remplira de terre ; et il n’est pas douteux que cet abri ne garantisse les artilleurs des effets meurtriers d’une partie des éclats de projectiles creux qui feront explosion dans la batterie.

Dans la construction des batteries de plein fouet, quoiqu’on ait très-bien choisi leur emplacement relativement à l’effet qu’elles doivent produire, il peut arriver que, soit à cause de leur disposition par rapport à quelques-uns des ouvrages de la. place, soit à cause de quelque faute qu’on aura commise dans leur tracé, il devienne nécessaire de protéger, particulièrement contre des feux latéraux, une ou deux embrasures, et cela sans rétrécir le terre-plein. On y parviendra en construisant en avant du merlon placé relativement à ces embrasures du côté de l’ennemi, une bonne traverse formée de gabions remplis de terre, à laquelle on donnera 839 pieds ( 2 mè- ' ' 9 .

1res Go ccnt. à 5 mètres) d’épaisseur. Si cette traverse ne met pas entièrement à l’abri des coups de l’ennemi, au moins affaiblira-t- elle beaucoup les boulets cjui la traverseront, de sorte que les embrasures en sovdFriront beaucoup moins.

Soit pour se garantir de ces feux de flanc , soit pour rendre moins dangereux les accidens qui arrivent fréquemment en chargeant les mortiers, surtout quand on ne se sert pas de gargousscs et qu’on charge une de ces bouches à feu pendant que l’autre tire, les artilleurs autrichiens sont dans l’u-* sage de construire, en pareille circonstance, une traverse entre deux mortiers : ainsi , dans le cas où on n’aurait pas besoin de couvrir la batterie sur ses ailes, le nombre des traverses serajt égal à celui des mortiers , moins unj si la batterie devait être couverte sur un de ses flancs, elle aurait autant de traverses que de morti^rsj enfin , dans le cas où on voudrait la couvrir à ses deux extrémités, le nombre des traverses serait égal à celui des bouches à feu, plus un.

Les artilleurs de la plupart des puissances d’Allemagne étant maintenant dans J,’ usage de se servir de gargousses pour char-

ger les mortiers, ils peuvent, particulièrement loi'squ’ils n’ont pas beaucoup à craindre (l^s projectiles creux de l’ennemi, ne construire de traverses que de deux en deux mortiers. Mais il faut alors qu’ils aient la précaution' de faire charger et tirer en même temps les deux mortiers qui sont entre les mêmes -traverses, ou bien de régler , leur feu de façon que, tandis que l’un tire, l’autre soit couvert. De cette manière une batterie de six mortiers n’exigera que deux traverses, si elle n’a besoin d’être couverte à aucune de ses extrémités. Elle en exigera' trois, si elle doit avoir un épaulement d’un côté, et quatre, s’il' faut la couvrir à ses deux bouts contre le feu de l’ennemi.

.Lorsque les traverses n’ont d’autre objet que celui que nous avons expliqué ci-dessus, et qu’elles sont revêtues en saucissons, on leur donne ordinairement 8 à lO pieds (2 mètres 60 cent, à 5 mètres 3a cent.) d’épaisseur, sur 12 à 14 pieds (4 mètres à 4 mètres 55 cent.) de longueur; mais souvent on se contente de la former d’un seul rang de gabions de 4 pieds ( 1 mèt. 5o cent.) de diamètre, sur G pieds (2 mètres) de hauteur.

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