‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 19 sur 50 · sa construction soit terminée · texte numérisé non relu

sa construction soit terminée

dans le moins de temps qu’il se pourra.

Quand il s’agira de déterminer l’empla- 'cement que devra occuper une batterie, on considéi’era donc d’abord quel est l’elFet

qu’on se propose de produire au moyen de son établissement; c’est-à-dirè , si on la destine à tirer de plein fouet sur un but déterminé; si on veut s’en servir pour démonter l’artillerie ennemie par un tir d’enfilade ou à ricochet; si on a dessein d’ ouvrir une brèche dans le j rempart d’une ville assiégée ; ou bien , enfin , si l’on se pro- ' pose de foudroyer son intérieur au moyen des feux courbes, etc. On comparera en- , suite les positions relatives de l’objet qu’on 'se propose de battre, et de la batterie ellemême, et l’on en conclura si celle-ci doit’ être horizontale , élevée ou encaissée.

Toutes les fois qu’on trouvera un emplacement propre à la construction de ce dernier genre de batterie, on devra lui donner la préférence, et particulièrement dans les^ sièges ; car elles présentent des avanta- ' ges incontestables.

Dans une batterie horizontale, en effet, pour qu’on soit à couvert à i pied (3a cent) de hauteur, il faut qu’on ait élev^l’épau- Jement à cette hauteur, que les terres en soient bien damées, et qu’il soit revêtu intérieurement; tandis que dans une batterie encaissée quand le parapet est élevé d’un

pied (3a cent), on se trouve déjà à couvert à 2 pieds (65 cent) de hauteur.

Un autre avantage des batteries encaissées, c’est que le parapet ne s’élevant pas autant ai$>- dessus du sol que ceux des batteries horizcntaleSiOU élevées, il se trouve . nécessairement moins exposé aux coups l’ennemi.

De plus, la genouillère toute entière ou' sa plus grande partie se trouvant, dans la batterie encaissée, creusée dans le terrain 'naturel , elle ne saurait être aussi facilement ‘ruinée par le feu de l’ennemi que celle des 'autres espèces de batteries, et elle ne peut ' être détruite que par l’explosion des bombes et des obus.

Enfin, les batteries encaissées ont encore cet avantage, qu’on'peut les garantir très -facilement des feux de flanc , *aux- , quels elles pourraient être exposées par quelque défaut de leur emplacement, at- * tendu que, dans ce cas', il suffira, pour les couvrir, d’une traverse placée obliquement sur le devant du parapet. , • '

I Les batteries élevées, au contraire, sont ’ celles dont la construction estla plus longue , et la plus désavantageuse -, cependant on se

voit trop souvent obligé d’y avoir recours, à cause de la position de l’objet qu’on veut battre, et il peut même arriver dans les sièges, qu’on ne puisse éviter de construire de cette façon les batteries destinées à démonter par un tir direct l’artillerie de la place. I

Principes d’après lesquels on détermine si , • une batterie doit être encaissée , horizontale ou élevée.

Les mortiers ou les obusiers tirant à ri-* cochet, lançant leurs projectiles de manière à ce qu’ils décrivent des trajectoires d’une courbure très-prononcée, ces bûucbes à feu peuvent presque toujours être placées sans dilHculté dans des batteries encaissées.

Toutes les fois donc que la nature du terrain le permettra,, on pourra construire de cette .manière les batteries destinées à ces bouches à feu, soit que l’objet qu’elles doivent battre se trouve plus élevé qu’elles, soit qu’il se trouve sur le même plan, ou qu’il se trouve plus bas.

Quant aux canons tirant de plein fouet

ou à charge entière, le plan de la plateforme doit se trouver au-dessous de la ligne de tir, d’une (piantité égale à la distance de celte ligne au plan sur lequel reposent les roues de raffùt, ce qui revient à peu près à la hauteur même de ces roues, qui est de 4 pieds 10 pouces (1 mèt. 55 cent.), pour les affûts de siège, et de 4 pieds G pouces (» mèt. 45 cent.) pour les affûts de campagne français. ■ ,

Afin donc de déterminer la position du plan de la plate-forme, quand remplacement de la' batterie sera déterminé, on y plantera un piquet dont la partie hors de terre ait cette même hauteur des roues de l’affût, puis on dirigera un rayon visuel' sur l’objet qu’on voudra battre, en rasant la tête de ce piquet, et faisant avec l’horizon le même angle que devra faire avec ce plan la ligne de mire : si on découvre bien l’objet de cette manière, il faudra établir le terre-plein de la batterie au ni-' veau du terrain, et cette batterie sera horizontale. Si le rayon visuel dirigé de cette manière laisse l’objet à battre au-dessous de lui , on visera au-dessous de la tête du , jusqu’à ce que le rayon visuel abou-

çiquet

tisse sur l’objet que l’on veut battre, et là partie du piquet que ce rayon laissera audessus de lui, dans cette nouvelle direction, sera précisément égale à la profondeur dont il faudra creuser le terre-plein de la batterie , qui sera alors encaissée. Si , au contraire, pour bien découvrir l’objet qu’on veut battre, on est obligé de viser au-dessus du piquet, la batterie devra être élevée, et la distance de la tête du piquet au nouveau rayon visuel indiquera la hauteur que l’on devra donner à la plate-forme audessus du sol.

Emplacement des batteries de campagne.

Si nous nous proposions d’établir une batterie de campagne destinée à battre, soit un défilé qui débouchât en face de la position quemous occupons, soit un pont, . soit une porte fortifiée, il serait nécessaire que les directrices des embrasures convergeassent toutes vers cet objet, et si cet objet était de peu d’étendue, il deviendrait indispensable de prendre les précautions que nous avons recommandées au §. ,

pour éviter une trop grande obliquité des embrasures.

Dans tous les cas, il sera tonjoui's trèsavantageux. de disposer une batterie de ce genre de manière à ce que deux bouches à feu, ou une pour le moins, enfilent bien le défilé suivant toute la longueur.

Si la batterie était^simplement destinée à battre le terrain en avant, sans avoir un point de mire déterminé , on pourrait percer les embrasures perpendiculairement à" la w direction du parapet, attendu que dans ce cas l’évasement de ces embrasures vers l’extérieur permettrait de faire obliquer les pièces à droite ou à gauche, rien n’obligeant, en pareille circonstance, à tirer toujours '

suivant la même direction. >

Emplacement des batteries à ricochet.

D’après ce que nous avons dit au §. 1 1 , les batteries à ricochet peuvent presque toujours être encaissées; aiu^ï les artilleurs . autrichiens les établissent-ils toujours dans la tranchée ou dans la parallèle, à moins ■ ' { ■ que des circonstances particulières ne s’y

' opposent : les artilleurs français les placent oi’dinairement à 12 ou i5 toises (24 à 3o mètres) en avant des parallèles, et ils les joignent à ces parallèles par un ou deux boyaux de communication , aboutissant à une des extrémités ou aux deux extrémités de la batterie. v

Il y a des motifs ^assez plausibles pour l’une comme pour l’autre de'ces positions; en prenant la première, on peut travailler aux batteries dès la pointe du jour qui suit la nuit où l’on a ouvert la parallèle, lors - même que celle-ci ne serait pas encore perfectionnée ; ce qui donne déjà douze heures ' d’avance J , les troupes destinées au service "" ‘ de la batterie sont moins exposéesj on emploie aussi douze heures de moins à sa construction, etjclle peut par conséquent commencer son feu vingt-quatre heures plus tôt : mais' aussi la parallèle se trouve interrompue; sa construction en devient plus longue, et elle se trouve par là moins en état de résister aux sorties des assiégés dès la première nuit.

Les partisans des batteries placées dans . la parallèle disent encore qu’en les plaçant en avant, i.° elles embarrassent les ma-

nœuvres à faire contre les sorties; 2° elles masquentle feu des troupes; 3.° elles attii’ent sur la tranchée beaucoup de bombes et de boulets qui l’aui-aient dépassée sans cela; 4.“ elles sont moins protégées. Les ’ partisans des batteries placées en avant de la parallèle sont obligés de convenir du premier de ces inconvéniens; mais ils soutiennent que ces batteries ainsi placées ne masquent que la partie de la parallèle qui est en arrière, et que les deux boyaux construits comme la parallèle, remplaceront, et au-, delà, cette perte de feu; que, si elles font de la partie de la parallèle qui est en arrière, un égout pour les bombes et les boulets, qui l’eussent dépassée sans cela, les batteries placées dans la tranchée ont le même inconvénient relativement aux bouts de parallèle qu’il faut faire alors en arrière; jenfîn, que les batteries placées comme ils le proposent, sont bien loin d’être moins bien protégées, puisqu’elles sont comme des redans ou des basliobs en avant des parallèles, qui leur servent naturellement de flancs ou de courtines.

L’emplacement dés batteries à ricochet, soit dans la tranchée, soit en avant de la pa-

rallèle, est déterminé par le prolongement des faces qu’on veut ricocher, puisque, suivant ce qui a été dit au §. 1 1 , les projectiles tirés de ces batteries doivent parcourir ' ces faces suivant toute leur longueur.

Il serait très-avantageux que la directrice de la premièi'e embrasure se trouvât exactement sur le prolongement de la crête intérieure du parapet, et que les embrasures, espacées entre elles comme il a été expliqué au§. 3v , fussent dirigées, parallèlement à la première, ou convergeassent un peu vers celle-ci : mais la crête intérieure du parapet n’est pointvisible de l’extérieur; ce sera donc sur le prolongement de la magistrale ou delà sommité du revêtement de üescarpe qu’il faudra se régler. On déterminera ce prolongement le plus exactement qu’il sera possible; puis, traçant à 20 ou 22 pieds (6 mètres 60 cent, à 7 mètres 3o cent.) en dedans de sa direction une ligne qui lui soit parallèle, cette dernière sera la directrice de la première embrasure. La héces- ' sité de faire les embrasures parallèles ou à peu près parallèles entre elles, mais de manière à ce que les projectiles lancés par les dernières ne manquent pas cependant

U’enfiler le rempart, oblige ordinairement à ne construire les batteries de cette espèce que pour quatre bouches à feu.

Détermination des prolongemens des ouvrages ennemis.

Nous avons vu, au paragraphe précédent, qu’il était nécessaire de connaître le prolongement des faces des ouvrages ennemis, pour déterminer la position des batteries à ricochet; nous verrons plus" loin que cette ' connaissance est également nécessaire pour la déterminaison de l’emplacement des batteries de plein fouet. Il est donc fort important pour les officiers d’artillerie de s’exercer à trouver promptement et exactement ces prolongemens, ce qui est plus difficile qu’oi^e pourrait le croire.

Souvent, en effet, les accidens du terrain dérobent à la vue une partie des fortifications de la place, surtout lorsqu’elles sont rasantes ou à demi-revêtement; l’éloignement, la pluie, le brouillard, etc., confondent les objets, et empêchent de distinguer l’une de l’autre les deux faces con-

tiguës des remparts ou des glacis : il faudra donc apporter beaucoup de soin et d’attention à cette opération essentielle. ’ ,

D’abord , au moyen d’un plan de la place, ou du moins du front que l’on attaque, et en se plaçant sur un point élevé, sur un arbre, au haut d’un clocher, etc., on étudiera de loin la disposition générale des ouvrages dont on se propose de prendre les prolongemens; on approchera ensuite de ces ouvrages autant qu’il le faudra pour bien les voir, et en choisissant l’heure où, des deux faces de l’angle flanqué, l’une est éclairée et l’autre dans l’ombre. On marchera devant une des faces jusqu’à ce qu’on soit sur le prolongement de l’autre, et, quand on y sera arrivé, on marquera ce prolongement par un piquet qu’on enfoncera en terre àe \% pied ( i6 centimètres). On recommencera la même opérati(^ quatre ou cinq fois à différentes distances, en ayant soin de marquer les piquets d’un même nombre de crans, pour distinguer ceux d’un alignement de ceux d’un autre , et de cette façon on déterminera d’une ma- • nière assez rapprochée le prolongement cherché.

Si l’on avait à sa disposition une planchette ou un graphomètré , on pourrait le déterminer beaucoup plus exactement, comme nous allons l’expliquer.

En avant de la face dont on veut trou- pi»nAe vu, ver le prolongement, on mesurera d’abord une base quelconque A B; sur cette face, on choisira deux points 'remarquables et faciles à distinguer, tels, par exemple , que l’gngle flanqué et l’angle de l’épaule C etD; on mesurera ensuite les angles C A B et DAB; puis les angles A B C et A B D , au moyen de deuxstations en A et B. Ces opérations donneront les moyens de déterminer ' ■ les triangles A C B, A D B et C A. D ; et par conséquent la ligne A C. Prenant ensuite en A un angle quelconque C A E, dans le triangle E A C, on connaîtra A C et les deux angles adjacens, puisque l’angle EGA est le complément de A C D; on connaît également C A, qu’on a pu déterminer dans le triangle C A D : on pourra donc déterminer A E, et trouver ainsi un point E du prolongement de la face C D.- On trouvera de la même manière un autre' point F de la même ligne, et celle-ci sera par conséquent entièrement déterminée. - .

.Emj)laçemcnt des batteries destinées à battre de revers les ouvrages ennemis.

On doit généralement supposer que l’assiégé aura pris la précaution de défiler à ‘l’avance , ou du moins pendant le siège même, les faces de ses ouvrages qui peuvent être battus à ricochet, en les couvrait par des traverses. •

En conséquence l’assiégeant ne devra pas s’appliquer à placer toujours ses batteries à l’icochet de manière à ce que la directrice de leur première embrasure se trouve bien rigoureusement sur le ,pi'0longement de la crête intérieure du parapet. Il pourra sans crainte les construire de telle sorte que la directrice de cette première embrasure se trouve en dedans du prolongement, et fasse avec cette ligne un angle de dix à quinze degrés; on se procure de cette manière un tir à ricochet d’autant plus efficace qu’il prend à dos les ouvrages de l’ennemi. Quand l’angle que fait cette directrice avec ce prolongement ntteint la dernière limite fixée ci-dessus

(quinze degrés), les batteries prennent le nom de batteries à revers.

II peut arriver quelquefois que les ouvrages de la place soient disposés de telle sorte que plusieurs faces se trouvent les unes derrière les autres à de faibles distances, de manière que leurs prolongemens viennent rencontrer la tranchée en des ■ points peu éloignés aussi les uns des autres.

En pareil cas, au lieu de construire plu- ‘ sieurs batteries à ricochet isolées l’une de l’autre, on fera bien d’en construire une^ seule de huit à dix bouches à feu, qu’on pla- ' cera de manière à ce que les quatre premières de ses pièces enfilent directement la face intermédiaire des ouvrages enne- mis. Cette face sera battue un peu à dos par les dernières bouches à feu, et toutes prendront à revers la face la plus avancée vers ^ ' la campagne, s , ’ ■

' Par ce moyen , on pourra écraser l’àrtil- , lerie qui se trouvera sur ces différentes faces, en dirigeant successivement sur chacune d’elles, et suivant que les circons- * tances l’exigeront, le feu de toutes les pièces de la batterie. '

Très-souvent aussi il peut être fortayan-

tageux de cherciier à ricoclier, non-seulement les faces des ouvrages de la place, mais encore les courtines du front attaqué, quand -on peut parvenir à en trouver le prolongement. On fera donc bien de construire’ des batteries à ricocliet destinées à cet usage particulier. Quand le prolongement de ces coui’tines tombera à peu près perpendiculairement sur la direction de la tranchée , si l’on veut établir la batterie dans la parallèle même, sa construction se bornera à élargir cette'parallèle en arrière, autant que cela sera nécessaire pour donnerai! parapet l’épaisseur ordinaire, comme nous l’expliquerons plus loin, et à revêtir la face intérieure et les deux faces latérales de ce parapet. Si, au contraire, cesprolongemens tombaient obliquement sur la direction de la tranchée, ce qui arrivera fort' souvent, il faudrait construire le parapet à redans , comme nous l’avons indiqué.

Cependant , comme cette construction présente d’assez grandes difficultés, lorsque l’angle que fait, la direction de la face à ricocher avec celle de la tranchée ne sera pas au-dessous de soixante degrés, il vau- ^ dra mieux donner, si cela est nécessaire ,

un p€U plus de hauteur au parapet, et établir les plate-formes obliquement, comme nous l’avons expliqué au §. 29 , en par- ' lant du heurtoir; mais si cette obliquité devait être trop grande, il faudrait construire le parapet de la batterie obliquement à l’épaulement de la tranchée ; c’esU ’ à-dire, en s’éloignant intérieurement de ce dernier d’un côté, de manière à ce que les embrasures aient la direction qu’elles doivent avoir: enfin, si l’angle formé par ces directrices et par la direction de la tranchée se trouvait au-dessous de 45°, ce

qu’il y aurait de mieux à faife , serait d’établir la batterie en arrière de la parallèle, ' en pratiquant à cet effet un nouveau boyau de tranchée, pour pouvoir la construire à couvert, comme font les artilleurs aile-' mands; ou bien on la porterait en avant, comme nous avons déjà dit que le font les artilleurs français.

Emplacement des batteries de plein fouet.

Nous ayons vu, au §. 11, que les batteries de plÊÊP- fouçt étaient particulière-

ment destinées à démonter l’artillerie , ennemie par des coups 'directs, et à ruiner les embrasures et les merlons des ouvrages opposés. Il faut donc quelles soient placées; dès la première'parallèle, de manière à les bien découvrir, et que leurs projectiles puissent les atteindre, tirés de but en blanc, ou en ne donnant aux pièces qu’une faible élévation. '

Si le profil des ouvrages de la place est tel qu’on ne puisse découvrir de leur parapet que ce qu’il est nécessaire d’en, détruire’, il faudra alors, suivant ce que nous avons dit au’ §. 3g, construire ces batteries horizontales ; il faudra les faire élevées, si ou n’aperçoit pas suffisamment du para^ pet; mais, toutes les fois que de l’emplacement de la batterie on découvrira une (hauteur de revêtement plus considérable qu’il n’est nécessaire- pour les bien battre, il ne faudra pas négliger de profiter de cette circonstance pour construii’é la bat-terie encaissée, ce mode de construction ayant de grands avantages, comme nous avons déjà eu occasion de le faire voir.

En enterrant’ la batterie, on découvrira un peu moins du parapet ;||e l’on veut

fig. 8,

battre; mais à la seule inspection de la, figure 8, pl. VII, on reconnaîtra que, pour un enfoncement assez considérable de la batterie , on ne perd de vue quune trèsfaible partie de ce revêtement.

En effet, la similitude des triangles CAB PiMchovn, et C D E donne D E I A B * I D C i A C; en nommant dolûc D E , c’est-à-dire la partie du revêtement qu’on perd de vue en enterrant la batterie, x; AB, c’est-à-dire la quantité dont on enfonce la batterie, a; DC, ou, la distance de la crête du glacis a\i revêtement de l’escarpe, m; AC, ou la distance de la batterie à la crête de ce même glacis, n; on aura, x \ a \ \ m \ n , d’où on tirera -

^ • ni ^ f \ r \ •* ,

X = : or, m peut etre évalué a 40 met.;

à la deuxième parallèle n est ordinairement égal, à 5oo mètres; on aura^ donc

ux4o 2 a - „

X— ^ = — ^5 et, enfin, en supposant

que a == 1 mètre a: = i53 millimètres à la première parallèle , où n est ordinairement é|^I% 600 mètres, on a, en supposant

toujours a = i mètre, x= — o^joôô.

La ‘direction la plus avantageuse qu’on

puisse donner à ces batteries, se trouvera en prenant pour directrice de la première embrasure, non pas la directrice même de la dernière embrasure ennemie, mais une , ligne qui traversera obliquement cette dernière embrasure, en passant par l’angle extérieur de son premier merlou , et par l’angle intérieur du merlon opposé.

Sur cette ligné, à la - distance à laquelle on veut établir la batterie’, on élèvera une perpendiculaire, et cette perpendiculaire sera le tracé du talus intérieur de l’épaulemenL '

Il y a des artilleurs qui prétendent qu’il faut établir les batteries de plein fouet parallèlement aux faces quelles doivent battre; attendu, disent- ils, que les boulets en pénétreront plus profondément dans le parapet , et qu’enfilant directement les embrasures de l’ennemi , ils démonteront plus facilement son artillerie.

Ces considérations sont sans doute justes; mais en s’astreignant à donner ainsi à ses embrasures une direction déterfhipée, on court risque de voir leurs lignes de feu raser de très-près le cheminement des tranchées et des sapes; d’où il résulterait qu’on

ne pourrait sans danger en continuer les travaux," à moins de suspendre le feu des batteries. ' ' '

Il faut remarquer encore que, s’il est avantageux d’avoir ses embrasures exactement dirigées sur celles qui sont opposées , c’est un avantage qu’on ne peut se procurer sans le donner en même temps à l’ennemi. Enfin, en donnant aux batteries de plein fouet une direction oblique , comme nous l’avons expliqué ci-dessus, on y trouvera les avantages suivans :

. i.° Comme on pourra toujours, en pareil cas, augmenter ou diminuer un peu cette obliquité, il sera toujours possible de donner aux batteries une direction telle que leur ligne’ de feu ne gênera point la marchg des travaux.

3° 11 sera impossible à l’ennemi de riposter à nos coups, du moins des embrasures sur lesquelles nous tirerons, à cause de l’obliquité des nôtres relativement aux siennes.

3.° Les merlons, contre lesquels nos boulets viendront frapper suivant Une obliquité convenable, serontplus promptement ruinés que s’ils étaient battus perpendicu-

lairement, et l’ennemi ne se trouvera meme pas en sxireté en se plaçant derrière le milieu de ces merlons; puisque, lorsque l’angle extérieur de ses embrasures sera détruit , les boulets iront atteindre l’angle intérieur opposé, et n’y trouveront pas une épaisseur de parapet suffisante pour les arrêter. •

Lorsque le commandant de l’artillerie et celui du génie d’une armée assiégeante seront de bonne intelligence, ils trouveront presque toujours le moyen de tracer la parallèle de manière à ce que les batteries . puissentêtre établies dansla tranchée même toute achevée. ,

Les artilleurs allemands choisissent toujours cette position, et elle leur procure de grands avantages pour la marche des travaux, lors même qu’ils sont forcé%de construire ces batteries horizontales ou élevées; car si ; dans ce cas, leur établissement dans la parallèle n’épargne pas le travail ' et le temps , il épargne du moins la vie des travailleurs, qui se trouvent beaucoup moins exposés que lorsque l’on construit les batteries en avant des parallèles.

Lorsque des circonstances particulières rendent tout-à-fait impossible la construc-

tion des balteries de plein fouet dans la parallèle mêAe, les artilleurs allemands aiment mieux les placer en arrière qu’en avant de cette parallèle.

A la vérité, en les plaçant en avant, il reste derrière ces batteries un espace libre pour la garde de la tranchée 3 mais aussi cet espace devient comme un égout pour les projectiles, et principalement pour les projectiles creux de l’ennemi, qui, dépassant la batterie , viendront inquiéter les troupes placées en arrière , et celles-ci d’ailleurs ne pourront pas être employées très-utilement à la défense de la batterie qui se trouvera devant elles.

Ajoutons à cela, qu’une batterie placée en avant de la parallèle exigera toujours plus de'temps pour sa construction, que si elle était placée en arrière; puisque, dans cette dernière position, elle se trouverait déjà couverte eu partie par l’épaulemeut de la tranchée. ^

Les batteries placées en arrière de la parallèle auront encore cet avantage, qu’elles seront ruinées beaucoup moins promptement que celles qui seront placées en avant; car un assez grand nombre des coups de

l’ennemi iront nécessairement frapper Tépaiilement de la parallèle, tet s’arrêteront dans son épaisseur.

'Cependant ces batteries auront aussi cet inconvénient assez grave, que la garde de la tranchée -ne pourra pas rester dans la partie de la parallèle en avant d’elles , pendant qu’elles feront feu; mais les partisans de cette manière de placer les* batteries, répondent que ces troupes pourront toujours se tenir dans les communications qu’il faudra nécessairement pratiquer en arrière pour la commodité de leur service, ou bien qu’elles'se placeront à droite et à gauche pour se tenir prêtes à repousser les sorties.

Si on leur objecte que le parapet de la parallèle masquera la batterie et lui dérobera la vue du terrain environnant , ils répondent qu’on pourra alors pratiquer, sur la crête du parapet de la parallèle et vis-à-vis chaque embrasure, de la batterie, des rigoles ou des espèces de crénaux, qui permettront de diriger convenablement le feu des pièces. Comme, dans ces sortes de batteries, les bouches à feu tirent constamment dans la jnême direction, il suttira de

Digiiizeo by. C K)OgIe

donner à ces rigoles 2 pieds (65 cent.) de largeur;, quant à leur profondeur, on comprend facilement qu’elle dépendra de la'' .disposition du terrain ; mais le plus ordinairement il ne sera pas nécessaire qu’elle excède 1 pied (32 cent.).'

Si l’on se décide à placer les batteries de plein fouet en avant de la parallèle, soit parce qu’on juge cette position préférable, soit parce qu’on ne trouve, point d’emplacement convenable dans cette parallèle même ou en arrière, on les établira à 12 ou i5 toises (24 à 3o mètres), de cette parallèle , et on les y réunira au moyen d’un boyeau de tranchée.

' Si l’on assiégeait une place fortifiée régulièrement, comîne on ne pourrait èn découvrir les flancs que lorsqu’on serait parvenu sur la crête du glacis, les batteries V destinées à battre ces flancs de plein fouet devraient être alors établies dans la partie du couronnement du chemin couvert qui se trouverait directemenfrvis-â-vis: or, comme, dans ces circonstances, on se trouve assez souvent très-restreint pour le choix d’un emplacement, il pouri-ait arriver qu’on fût obligé de donner à la batterie une direc-

( iGo ) ■

tion oblique, à celle du flanc qu’elle doit battre ; ce qu’on pourrait faire de mieux en pareil cas, serait de construire une telle batterie à redanS.

C’est aussi ce qu’on devra faire ordinairement quand on établira des batteries sur un ouvi’age extérieur de la place, dont on se sera emparé et d’où l’on voudra battre les ouvrages intérieurs.

Emplacement des batteries de brèche.

Nous avons vu au §. 1 1 , que les batteries de brèche étaient destinées à battre le revêtement d’un ouvrage , pour y pratiquer une ouverture ou brèche , au moyen de laquelle l’assiégeant puisse y donner l’assaut.

On ouvre ordinairement la brèche vers le milieu des faces des ouvrages de la place; quelquefois cependant, quand la fortification est irrégulière, on est forcé de l’ouvrir, soit à la courtine, soit à l’un des flancs.

On coupe d’abord le revêtement par une ligue horizontale, à une toise (2 mètres) du fond quand le fossé est à sec , et à fleur

• d’eau quand 11 ne l’est pas, et on donne en. longueur à cetle ligne la largeur que doit avoir la brèche; puis on trace, à coups de canon, et en commençant vers le bas, deux lignes verticales, qu’on prolonge depuis la ligne horizontale jusqu’à la hauteur du terre-plein; ensuite on tire, par bordées, contre le rectangle compris entre ces trois * lignes et la magistrale, pour renverser toute cette partie de revêtement.

On voit d’après cela que les batteries de brèche doivent être établies, i.° sur le couronnement du chemin 'couvert , car sans cela on ne pourrait pas découvrir le mur de l’escarpe assez bas; 2° bien exactement vis-à-vis de la face qu’on veut battre, afin que les boulets, frappant bien perpendiculairement, puissent y pénétrer à une assez grande profondeur.

Si cependant il était question de faire ' brèche dans un ouvrage de fortification sans revêtement, il serait avantageux d’ér tablir les batteries de, brèche de manière à ce que leurs boulets atteignissent le terreplein un peu obliquement; ils le laboureraient davantage, et en lançant ensuite quelques obus perpendiculairement contre

cé terre -plein déjà ébranlé, leur explosion y ouvriroit la brèche très-promptement.

On voit, d’après ce qui précède, qu’on se trouvera toujours très- restreint dans le choix d’un emplacement pour les batteries de brèche j il pourra aussi arriver que la direction du couronnement du chemin couvert ne permette pas deles établir parai- • lèlement aux faces' qu’elles doivent battre, et alors il faiidra les construire à redans ou • à crémailUère.

On comprend aussi que ces batteries étant très -rapprochées des ouvrages de la place, qui auront sur elles un commandement plus ou moins considérable, elles se trouveront souvent exposées à être battues d’enfilade par la mousqueterie de l’ennemi, et que celui-ci pourra même tirer sur elles à mitraille avec des pièces de campagne. De là résulte la nécessité, ii" de couvrir ces batteries *de traverses aussi multipliées que cela sera possible; 2.° d’avoir des portières d’ embrasures telles que celles que nous avons décrites au §. 35; 3.^* de placer aux batteries des tireurs adroits, qui contiendront , par up bon feu de mousque-

terie, celui de la place, devenu très- dangereux à cause de sa proximité.

Il pourra souvent arriver qu’on ait beaucoup de peine à trouver pour les batteries de brèche un emplacement convenable et assez spacieux, quelquefois même on sera forcé, pour se le procurer, et pour bien découvrir le revêtement qu’on voudra battre ,^de faire sauter, au moyen de la mine, une partie des ouvrages sur lesquels on voudra établir ces batteries.

On devra donc chercher à les resserrer dans le moindre espace possible, et pour • . cela on y placera les bouches à feu ^12 ou i5 pieds (4^6 mètres) l’une de l’autre, d’axe en axe-, et on ne donnera à leur parapet que 12 pieds (4 mètres) d’épaisseur, au plus; ce qui aura d’autant moins d’inconvénient ‘ qu’on doit supposer que, lorsqu’on établit les batteries de brèche, on a déjà détruit ou démonté les bouches à feu dç gros calibre de l’assiégé, que les parapets de la face qu’on veut battre sont entièrement ruinés, et qu’on n’en a plus à craindre que la mousqueterie, ou tout au plus quelques pièces de campagne tirant à mitraille^

. L’épaulement n’ayant que cette épais-

seur de 12 pieds (4 mètres), l’ouverture extérieure de l’embrasure ' pourra n’être que de 5 pieds ( 1 mètre 60 cent. ) , à 6 pieds 8 pouces (2 mètres i5 cent.). Quant à la pente à donner au plan inférieur de cette embrasure, on devra la régler de manière à bien voir le pied du revêtement. Quand le fossé n’aura pas une grande largeur, cette nécessité de bien découvi'ir'le bas de l’escarpe obligera souvent à coup.er le parapet du chemin couvert, et quelquefois même une partie de la contrescarpe. On « sent que cela' dépendra .de la manière dont les puvrages attaqués seront disposés, et de leur tracé.

Emplacement des batteries de mortiers.

Nous avons vu, au §. 5g, qiie les batteries de mortiers peuvent toujours être encaissées, pourvu que la nature du sol sur lequel on^doit les construire' permette de s’y enfoncer. De cette manière, elles seront construites beaucoup plus promptement et avec beaucoup moins de dangers que si ellos étaient horizontales : .aussi les artilleurs allemands les construisent-ils toujours '

dans la parallèle -déjà terminée, à moins que des circonstances particulières^e«s’y opposent; et les artilleurs français les enterrent, dans tous lés cas, Je 4 ® ^ pieds ( I mètre 3o cent, à i mètre 6o cent.).

L’emplacement de ces batteries étant indifférent pour la direction du tir, on ne devra les établir que sur les points qui ne conviennent pas à l’emplacement des batteries à canons. ■ ^

La position la plus avantageuse qu’on puisse donner aux batteries de mortiers, est à la deuxiènse et troisième parallèles, ou au couronnement du chemin couvert ; cependant des circonstances' particulières peuvent engager à les placer à la première parallèle, et même quelquefois à des distances plus éloignées de la jîlace.

En pareil cas, pourvu qu’on puisse faire tomber les bombes dans les ouvrages et quelles y éclatent, n’importe en quel point de l’intérieur, elles produiront toujours l’effet qu’on en .attend. L’emplacement Je plus convenable pour les batteries de mortiers , sera donc alors le prolongement de la capitale de l’ouvrage que l’on doit battre; i.° Parcè qu’étant ainsi placées, elles

n’oècuperont aucun des emplacemens qui doiv^^ être réservés pour les batteries de canons;

2." Parce qu’en changeant un peu la direction des mortiers sur leurs plate- formes, on pourra s’en servir pour bombarder les ouvrages latéraux, et protéger ainsi les, batteries de canons qui se trouveraient inquiétées dans des directions sur lesquelles il leur serait impossible de riposter pour se défendre.

Mais, quand on se séra assez rapproché de la place pour qu’on puisse espérer avec quelque certitude de jeter les bombes dans la largeur du terre-plein du rempart, on fera bien de placer les batteries de mortiers à côté de celles à ricochet et sur le même

alignement, afin quelles aient directement devant elles le prolongement de l’ouvrage quelles doivent battre, ce qui procurera cet avantage, que, soit que la portée des bombes soit trop longue, soit qu’.elle soit trop courte, elles tomberont toujours sur le rempart.

C’est principalement Contre les flancs' reculés ou retirés de la place, pour éteindre leur feu et pour épargner celui des

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troisièmesbatteries, qu’on construit les batteries de mortiers dans la troisième parallèle et au couronnement du chemin couvert, sur le prolongement de ces mêmes flancs.

Emplacement des batteries de pierriers. ‘

Les batteries de pierriers s’établissent aussi à la troisième parallèle et sur le cou- ' ronnement du chemin couvert. Elles doivent être à 5o ou 6o toises (loo ou lao mèt), au plus, des objets quelles doivent battre.

On peut les placer sur les capitales ou sur les prolongemens des faces et des' flancs des ouvrages. Si elles doivent battre en même temps lés places d’armes et leui’S réduits, il est très-important de les placer sur leur capitale commune, aussitôt qu’on est parvenu à la troisième parallèle.'

Si des batteries plus importantés, telles que celles à ricochet, occupaient déjà le prolongement des faces, il faudrait placera côté d’elles les batteries de pierriei-s, et la pointe des places d’armes saillantes olFrirait particulièrement uii emplacement trèsconvenable pour leur établissement.

Une attention qu’il est' très- important d’avoir, c’est de placer ces batteries de manière à ce que la chute des pierres, des perdreaux ou des grenades à main qu’elles lanceront, n’incommode point les travailleurs et les troupes de la tranchée et de la sape poussée en avant. Si cependant il n’était pas possible d’éviter ce danger, il faudrait que ces travailleurs et ces troupes eussent soin de se retirer momentanément, toutes les fois que ces batteries tireraient.

Direction à donner au parapet des batteries de mortiers et de pierriers.

Lorsque rien ne s’.y oppose, on construit ordinairement le parapet des batteries de mortiers perpendiculairement à leur ligne de tir; cependant il n’y aurait aucun inconvénient à ce que la direction du parapet fît un angle aigu ou obtus avec la ligne de tir, et cela arrive même très - fréquemment pour les batteries établies dans la parallèle déjà achevée.

On doit d’autant moins craindre d’adopter celte disposition, qu’on sait qu’on peut

très-facilement placer les mortiers on pierriers dans une direction oblique sur leur plate-forme. Cependant, si cetfe obliquité devait être très-considérable, on ferait bien d’établir chaque plate-forme et chaque traverse parallèlement à la ligne de tir, et non pas perpendiculairement au parapet.

De cette manière , les bouches à feu ne se trouveraient plus sur une ligne droite, mais bien sur une ligne à crémaillère ou à redans.

Tracé des batteries sur le terrain.

Il résulte de ce que nous avons dit dans les paragraphes précédons, que, suivant l’espèce de batterie qu’on sé propose de construire , et suivant l’emplacement qu’on aura choisi pour son établissement, la ligne qui servira à déterminer sa direction, pourra la diviser en deux parties égales, ou passer par le milieu de l’une de ses embrasures. Sur cette ligne, et au point où elle devra rencontrer le saucisson du rang inférieur du revêtement intérieur du parapet, on élèvera une perpendiculaire qui déterminera l’emplacementde ce rang inférieur de saucissons.

( lyo )

Sar cette perpendiculaire , suffisamment prolongée, on portera, de part et d’autre, la moitié de la longueur du parapet, si la ligne de direction passe par le milieu de la batterie; si cette ligne passe par le milieu d’une embrasui'e , on portera de chaque côté, autant de fois que cela sera nécessaire, sur la perpendiculaire , et en se conformant à ce que nous avons dit au §. 3y, la distance des bouches à feu entre elles d’axe en axe, puis la demi-largeur de l’ouverture intérieure d’une embrasure , et enfin la longueur d’un demi-merlon. On marquera les extrémités du parapet et le milieu de l’ouverture intérieure de chaque embrasure , au moyen de petits piquets qu’on enfoncera en terre : à partir de ces points on élèvera des perpendiculaires à la direction' du parapet; on les prolongeravers l’extérieur de la batterie si elle doit être horizontale , et des deux côtés si elle doit être encaissée. '

Sur ces dernières lignés, et en avant de celle qui indique la direction du parapet, on marquera l’épaisseur de ce parapet et ses deux talus intérieur et extérieur; ensuite, si le terre-plein de la batterie doit

être au niveau du terrain, on marquera de même la , largeur de la berme et celle du fosse , y compris ses deux talus : si la batterie doit être encaissée , on marquera de la même manière , et comme nous l’avons indiqué au §. 27 , la largeur du terre-plein et ses talus.

Tous ces points ainsi déterminés, seront mai'qués au moyen de petits piquets à jalonner , dont nous avons parlé §. 2. On tendra des cordeaux à tracer le long de ces piquets, et en creusant ensuite de petites rigoles le long de ces cordeaux, on tracera toutes les lignes qui déterminent les largeurs du parapet, de ses deux talus et de la berme; celles du fossé, et de ses talus, 4 ia batterie est horizontale , ou celles du terre -plein et de ses deux talus, si la batterie est encaissée.

Nous avons vu, §. 16, que la largeur du talus du parapet dépendait de sa hauteur; on devra donc, avant de le tracer, déterminer cette hauteur d’après les règles que nous avons établies au §. 16. Il est aussf nécessaire d’avoir bien examiné à l’avance la nature du sol qui se trouve entre la batterie et l’objet qu’elle doitbattre, ainsi que celui sur lequel

bn doit l’établir, afin de pouvoir ensuite opérer immédiatement sur le terrain, en s’aidant de la vue seule, ou, ce qui vaudrait miéux, en se servant d’un croquis fait sur uue petite échelle, et -sur lequel seront marqués le développement et les principales parties de la batterie avec leur profil.

Ce ^croquis sera d’une grande utilité , non-seulement pour le tracé de la batterie sur le terrain, mais encore pour la formation du devis des matériaux nécessaires à sa construction , pour la distribution des travailleurs, et pour régler la marche même du travail, quand il devra être exécuté par des individus peu habitués à ces sortes d’ouvrages. ' -

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