‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 25 sur 50 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Détails pratiques sur le tracé des batteries.

Considérations générales sur le tracé des batteries.

Tout ce que nous avons dit au chapitre VII, sur le tracé des batteries, est immédiatement appHcable à celles que Ton aurait à construire sur un cbamp de manœuvre, ou même sur un terrain qui se trouverait bors de la portée du canon de Tennemi , et où on n’aurait pas encore ouvert la, tranchée.

Mais, dans les sièges, les batteries ne sont jamais établies ainsi isolément j soit qu’on les construise dans la parallèle même, soit qu’on les place en arrière, soit qu’on les porte en avant, elles doivent, dans tous les cas, se trouver en communication avec cette pjtrallèle, et Ton comprend que leur tracé et leur construction seront nécessairement modifiés par ces diverses circonstances.

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Nous allons en conséquence exposer ici les règles à suivre pour exécuter ces opérations de la manière la plus facile et la plus prompte. •

Détermination de l’emplacement des batteries à construire dans la parallèle déjà com- ‘ mencée. ,

Lorsque la' tranchée sera ouverte, et qu’elle se trouvera assez avancée pour couvrir les travailleurs, du moins dans la partie où l’on voudra établir les batteries, le commandant de l’artillerie de l’armée assiégeante se rendra à cet endroit avec l’officier d’artillerie de tranchée, ceux qui devront être chargés spécialement de la construction des batteries, et le nombre de canonniers nécessaires pour exécuter le tracé : c’est ordinairement l’après-midi du premier jour, ou au plus tard le second jour après l’ouverture de la tranchée, lorsqu’elle est déjà assez large pour qu’on puisse circuler en file derrière les travailleurs, et ' assez profonde pour qu’on s’y trouve à peu près à couvert.

Les oiliciers d’artillerie et les canonniers

dont nous venons de parler, s’aclieminerontdonc vei'sles points où, d’après le plan qu’on en aura arrêté d’avance, on devra établir les batteries.* Si ce sont des batteries de mortiers ou à ricochet, pourvu que leur ligne de tir ne coupe pas la parallèle sous un angle plus petit que soixante degrés, on ne devra pas hésiter à les établir aux points mêmes où ces lignes de tir rencontrent cette parallèle, et chacun de ces points sera assigné à l’officier d’artillerie qui devra y faire construire sa batterie. *

Quant aux batteries de plein fouet, il peut arriver souvent que les enfoncemens et les irrégularités du terrain que la parallèle est obligée de suivre, ouïes élévations et les monticules qui se trouvent en avant, rendent impossible la construction de ces batteries aux points mémos où leur ligne de tir vient rencontrer cette parallèle. On cherchera alors si on peut les établir un peu à droite ou un peu à gauche de ces points, mais toujours dans la parallèle : si on n’y trouvait point d’emplacement pror pre à la construction de ces batteries, à moins de s’éloigner beaucoup des points OÙ elles devraieut être établies , on cher*

cherait d’abord cet emplacement sur la ligne de tir et en arrière de la parallèle ; et enfin, dans le cas où on ne pourrait faire autrement, on le chercherait sur la même ligne et en avant de la parallèle; mais, dans ce dernier cas, cette opération ne devrait être faite que par un seul officier ou par deux, tout au plus, pour ne pas attirer prématurément sur ce point l’attention et le feu de l’fennemi.

Enfin, si l’on ne trouvait aucun empla- • cernent convenable pour l’établissement de ces batteries, ni dans la tranchée même, ni en arrière, ni en avant, le commandant de l’artillerie de l’armée assiégeante devrait alors s’entendre avec le commandant du génie , pour leur assigner un tout autre emplacement, en apportant, s’il le fallait, des changemens plus ou moins considérables dans le plan des attaques, suivant le plus ou moins d’importance dont ces batteries pourraient être; mais, ce neserait que dans le cas d’une absolue nécessité, et s’il était tout-à-fâit impossible de faire autrement, qu’on devrait avoir recours a.\nx. batteries élevées, doÉt la construction est si longue et exige une si grande quantité de matériaux^

Planche VII fig. g.

Tracé des batteries encaissées établies dans la parallèle, et de leurs communications.

L’oflicier d’artillerie chargé de la construction d’une de ces batteries, aura avec lui, pour faire cette opération, un sous-oflicicr et quelques soldats munis d’une toise ou double mètre, de quelques piquets à tracer, de masses de batterie et d’un cordeau à tracer.

Il commencera par déterminer approximativement le tracé du talus intérieur du parapet de la batterie , non pas en ayant égard à l’état de l’épaulement de la parallèle tel qu’il existe en cet instant, mais en calculant. sur l’épaisseur présumée que les travailleurs de la tranchée pourront donner à cet épaulemenl par le travail de l’après-midi et de la nuit suivante. Ainsi, par exemple, si l’épaisseur de l’épaulement N P se trouve déjà de 6 pieds (2 mètres), et si l’officier juge que jusqu’au lendemain les travailleurs pourront encore l’augmenter de 5 pieds, il regardera cette épaisseur comme étant déjà portée à 9 p9ds (3 mètres) j retranchant cette quantité de l’épais-

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teur totale qu’il conviendra de donner à la batterie d’après les principes exposés au §. i4; soit cette épaisseur de i8 pieds (6 mètres), le reste de cette soustraction, ou ^

*g pieds (3 mètres), sera la quantité dont il devra augmenter l’épaisseur de la tranchée ^ et qu’il faudra porter eu conséquence de P vers C/

La position du cdté intérieur de la batterie étant ainsi fixée, on déterminera sa hauteur, comme nous l’avons expliqué au §. i5, et on tracera sur le lieu même, ou au retour au dépôts un croquis du plan et du profil de la bâtterie, d’après lequel on établira facilement le devis de tous les ob- ' jets nécessaires pour sa construction, en se réglant d’après les principes exposés au chapitre précédent, §§. 5g, 6o, et l’on remettra ce devis à l’officier qui doit fournir tous les matériaux et commander les ‘ travailleurs.

11 s’agit maintenant de tracer les com-pwiuivft, munications de la batterie : admettons pour cela que la ligne c c représente la tra.ce indéfinie du talus intérieur du parapet, la ligne indiquant la direction du tir de la batterie tombera au milieu de c c, ou sera

la directrice de l’une des embrasures, pourra être celle de l’aine de ses extrémités. Quoi qu’il en soit, en partant de cette ligne de direction, 'comme nous avons enseigné à le faire, §. 5^, on mesurera sur c c la longueur a h dë'l’épaulementj puis, aux points h et '^^^, on 'élèvera deux perpendiculaires à l’épaulement a g , etbf, du côté intérieur de là bsittéfie, et on donnera lo toises ( 2o'mètëës)’de'longueur ‘à ces dfeux lignes; éhfin ,’des poiiils ‘e et^, ainsi' déterminés, bn dirigera 'Vers la iparallèle'les'deux obliques y* d et g^'e/^jui devront être'les plus bdurtes 'qu’il 'soit possible de tracer en se déGIantd'és ouvrages de la place, et la ligne brisée ‘egy d’sera le tracé de la communication À établir en arrière de la batterie.

On mesurera le développement de cette communication, et-on calculera le nombre de travailleurs nécessaire pour l’établirv à raison d’un homme pour une longueur de 4'pieds (-1 mètre So-cent.).

On demandera immédiatement ces travailleurs à l’officièr du génie chargé de la conduite de la tranchée , et on les mettra de suite 'à Touvrage, afin que la communica-

tion &oit achevée dans la nuit suivante, eri. meme temps que les travailleurs de la pa- -rallèle donneront à 'son épaulement, sur toute la longueur a b, l’épaisseur que doit , avoir l’épaulement de la batterie^

Si deux batteries établies sur la même parallèle ne devaient être éloignées l’une de l’autre que d’une vingtaine de toises (une quarantaine de mètres), comme cela'arrîve toujours pour les batteries à ricochet et les batteries de mortiers destinées à battre la même face d’un ouvrage ennemi, on , pourrait alors ne faire qu’une seule communication pour ces deux batteries , eu prolongeant suffisamment la ligne g f qui se trouve en arrière; pourvu toutefois que, par suite de cette disposition, les branches eg ^^fb de cette communication ne soient pas exposées à être enfilées de quelqu’un des ouvrages de la place : c’est à éviter cet inconvénient qu’on -doit surtout s'appliquer dans le tracé de ces communî-^ cations.

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TbneKe VII

Tracé des batteries à ricochet et des batteries de mortiers.

Les batteries à ricocbet et les batteries de mortiers , destinées à battre d’ enfilade tine face des ouvrages de la place, dépendent absolument, quant à *la direction de leur feu, de celle du prolongement de cette face, et les lignes milieu de leurs plateformes doivent être exactement parallèles ' à ce prolongement.

Ce ne sera que le jour suivant, et avant de commencer la constrnction de la batterie, qu’on tracera ces lignes milieu; cependant il sera prudent, particulièrement i. , lorsque le prolongement de la face coupera' très-obliquement la direction de la parallèle; il sera prudent, disions-nous, pour ne pas se tromper considérablement dans le tracé du côté intérieur de la batterie, de déterminer immédiatement, si ce n’est toutes ces lignés milieu, au moins celle d’une des plate-formesw

On déterminera donc le prolongement À" L de la face de l’ouvrage ennemi , comme ' nous avons enseigné à le faire §. 4^, et on

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marquera ce prolongement au moyen d’uft piquet planté sur le parapet, et d’un ofu deux autres piquets plantés à 4 toises (8 m.) en arrière. Sur la ligne L K on élèvera eu,suite la perpendiculaire indéterminée L Q, soit en employant un des.moyens que fournit la géométrie pratique pour tracer sur le terrain une perpendiculaire à l’extrémité d’une ligne donnée, soit en.se servant simplement de ce qu’on appelle le triangle de Pythagore, formé de trois bouts de cordeau, dont les longueurs sont entre elles comme les nombres 3, 4 et 5, de sorte que, le carré du dernier côté étant égal à la somme des carrés des deux autres, l’augle^pposé est né'^ cessairement droit, ce qui donne un procédé facile pour élever une perpendiculaire à .un point quelconque d’une ligne donnée.

Si au point L, où il s’agit ici défaire celte •opération, on était trop éloigné du parapet pour se trouver à couvert , il conviendrait de n’y employer qu’un seul homme, afin de ne pas attirer sur soi le feu de la place.

La ligne L Q étant tracée, à partir de L, -on portera vers Q une longueur L M égale à l’épaisseur présumée du. parapet de l’ouvragé ennemi, y compris son talus inté«

i-îeur, et augmentée d’un ou deux pieds (So à 6o c. ); au point M on élèvera une ligne M R parallèle à L ou perpendiculaire à Z et ce sera la ligne milieu de la première embrasure ou 'de la première plateforme de la batterie. Le plus ordinairement la ligne L M est égale à 22 ou 24 pieds (7 à 8 mètres); mais si l’on manquait de données pour pouvoir l’apprécier avec un peu d’exactilude, il vaudrait mieux risquer de lui dom ner un peu trop que trop peu de longueur, La direction de la première embrasure, ou là ligne milieu de la première plateforme étant ainsi déterminée, on calculera, suivant le principe exposé aù§. 3y, la longueur de la batterie, et eh élevant àu point Q une perpendiculaire a la ligne Z Ç : le point 6, où cette perpendiculaire viendra rencontrer la direction a b, déterminera }a longueur de l’épaulement, ■'

Lorsqu’on en aura le temps, oh fera bien ^ de tracer immédiatemènt'Ià directrice des autres eml>fasures, ou les lignes milieu des autres platerformes , en marquant d’abord sur la ligne M Q les distances auxquelles pes lignes devront être l’uae de l’autre , et ensuite eu élevant aux points ainsi ^mat'qués^

des perpendiculaires a L Q, qui se trouveront par cooséquent parallèles a. M R.

Cependant si; une laatterie à ricochet devait être armée de quatre bouches à feu et que le rentp^^rt n’eiit pas beaucoup de largeur, on ferait hieu de faire convei^er un peu les directrices des trois dernières ^

. embrasures lîers la directrice de la première, et dans tous les cas il faudra bien prendre garde que ces directrices ne soient pas divergeantes; car, si cela arrivait, les coups des dernières pièçes porteraient à fau)^.

Si la direction de la ligue de tjr de laruachevn, batterie JT Z formait avec la direction de la parallèle un angle Uj de cinquante degrés environ, on pourrait placer les plateformes sur une ligne perpendiculaire à cette direction du tir, sans être obligé 4^ trop éloigner du parapet celles vqisines du point M ; mais alors il faudrait que les directrices des embrasures convergeassent un peu vers • la ligne de tir, pour ue pas tomber dans l’iur convéuient de les voir trop espacées entre elles dans l'épaisseur du parapet- Çp qui vaudrait encore mieux, ce serait de donner au talus intérieur de ce parapet u b une direption oblique se rapprochant de la per-

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pendiculaire h. K L, eii l’éloignant plu$ d’un côté que de l’autre de l’épaulement de la parallèle , de manière à ce que l’an* gle a N R soit de soixante degréa ou de deux tiers d’un angle droit, ce qu’on peut faire facilement sur le terrain. En construis sant alors la batterie, on renfoncerade parapet en dedans , vers la partie "a N, et '' lorsque les circonstapces le permettront, on profitera de l’obscurité de la nuit, pour le renfoncer en dehors du côté de ô , de manière à ce que sa face extérieure soit parallèle à sa face intérieure. • ’ ,

Planche vn. S’il arrivait que le prolongement que l’on veut ricocher, KL, fig. la, PI. VII, coupât la direction de la parallèle sous un angle de trente degrés ou au-dessous, ce qu’on pourrait faire de mieux, serait de tracer l’épaulement de la batterie a b en arrière de cette parallèle , de manière à ce que sa direction et celle de la ligne de tir n R formassent entre elles un angle a N R de soixante degrés, .

' On pourrait alors, si cela était nécessaire, faire à cette batterie une aile en retour, bp, , ' et' on la relierait avec la parallèle par un

boyau de communication, s, auquel on donnerait la pieds ( 4 mètres } de largeur,

On commencerait donc, dans ce cas, à faire travailler pendant la nuit snr toute la ligne a h p s, comme à une tranchée ordinaire , et le jour suivant on construU rait la batterie, comme si elle était établie dans la parallèle. ~

11 ne sera pas nécessaire de construire ' une communication sur le derrière d’une batterie de cette espèce, car la circulation de la partie de la parallèle qui se trouvera en avant, ne sera nullement interceptée par l’effet du tir à ricochet, et les troupea dont on garnira cette portion de la parai* lèle, s’y trouvèrent placées très- utilement pour arrêter les sorties de l’ennemi.

Tracé d'une batterie de plein fouet derrière ^ ' la parallèle.

Quand on établit une batterie de plein fouet derrière la parallèle, c’est •ordinaU rement une batterie horizontale, et souvent même on est obligé de la faire élevée, pour lui donner le commandement qu’elle doit avoir j à moins cependant que l’objet que l’on se propose de battre, ne. soit lui*

même assez élevé au-desisus de ^ l’horizon; car alors il pourrait être nécessaire de don> ner au fond des enabrasures un talus allant de l’extérieur à l’intérieur. Hors ce cas particulier, si i’on n’a pas donné à la bat> terie un relief suffisant, il faudra, la nuit qui précédera l’ouverture du feu de la batterie, raser préalablement le parapet de la parallèle en avant de cette batterie çt sur toute l’étendue où cela sera nécessaire, pour bien démasquer tout le champ de tir.

Pour l’ordinaire, le feu d’une batterie de plein fouet établie derrière la parallèle rend impraticable la portion de cette parallèle qui se trouve en avant, à moins que le sol sur lequel cette batterie est construite, ne se trouve naturellement plus élevé de lo pieds (3 mètres 3a cent.), au moins, que le terrain sur lequel on a tracé la parallèle. On sera donc obligé généralement d’ouvrir une communication derrière cette batterie, et il. s’agit setJement de savoir si elle doit être établie parallèlement à la trancbéé) comme le représentera PI. XVI,. ou .sur une direction oblique à celle de la parallèle, comme le représente la PI. XVIII.

Dans le premier cas, on pourra probablement faire servir le fossé de la parallèle comnie. fossé de la batterie'. On ne' devra pas, en conséquence, tracer celle-ci aussi loin en arrière de la trawcbéô qu’on serait obligé de le faire daAs le second cas, et ou procédera à ce tracé aiusi^ qu’il suit.

On tracera d’abord sur le bord extérieur du fossé de la parallèle la ligne a 6, qui représentera la longueur que doit avoir la batterie ; aux deux points a et è on élèvera les perpendiculaires indéfinies a e et b f; sut' ces dernières on portera de a vers c, et de h vers d, la largeur du fossé de la batterie, largeur qui ne devra pfts être toutà-fait aussi considérable que celle que nous 'avons indiquée au §. 24’ parce que, dans le cas qui nous occupe, on pourra aussi employer, à former le colFre de la batterie, une partie des terres provenant dU déblai de la communication e f, qu’on pratiquera en arrière, Ou marquera ensuitè sur ces mêmes lignes ae, bf, la largeur de la berme, celle du parapet, celle du terre-pléiu et celle de leur talus, conformément aux principes que ueus avons exposés précédemweut; enfin,

Fltncha VII,

du point e vers g, et du point ^ vers k. On tracera la communication avec la parallèle, comme nous l’avons expliqué au

Cette communication sera tracée au moyen d’un rang de fascines, qu’on fixera evec quelques piquets, et les terres provenant du déblai seront jetées par-dessus ces fascines , qui , à cause de la banquette qu’il conviendra de ménager , devront être placées suivant les lignes l k, et m n, à 1 X pied ou 3 pieds ( 5o à 65 cent.') en avant des lignes g;' e, ét f h- Quant aux travailleurs placés dans la tranchée. Us devront en jeter les terres sur le revers de cette tranchée et par-dessus la berme p p, dans le coffre de la batterie.

Oahs le second des cas dont nous avons parlé chdessus, c’est-à-dire lorsque la batterie ne devra pas être établie parallèle^ ment à la tranchée, il faudra marquer successivement sur la direction de la ligne de tir de cette «batterie a e, les largeurs du fossé, de la berme, de l’épaulement avec ses talus intérieurs et extérieurs, et enfin du terre -plein de la batterie et de la communication en arrière^ après quoi, des perpeu-

( aai )

dicnlaires à la ligne dé direction du tir, élevées par tous les points a,b,c,delei et égales à la longueur de la batterie, dé> termineront sur le terrain le tracé de ces differentes faces i enfin , par les points ex- t trêmes e et y on mènera les lignes e k et f i, pour tracer les branchés latérales de communication, en les dirigeant de manière à ce qu’elles soient les plus courtes possiblés, sans toutefois qu’elles puissent être enfilées des ouvrages de la place.

Tout le tracé étant exécuté, on distri-

buera les travailleui’s sur tout son développement, et on prescrira à çeux placés sur la ligue i f e k, dé jeter les terres du 'déblai en avant d’eux, tandis que. ceux qui se trouveront placés dans la partie de la tranchée située en avant de la batterie, déboucheront du point l, et creuseront un fossé, sinon d’nne grande largeur, du moins assez profond, dont ils jetteront les . , terres dans le coffre de la batterie, pardessus la berme p p, afin que le deuxième jour, se trouvant déjà à couvert, ils puissent s’occuper' sans danger à élaigir ee même fossé.

S’il était nécessaire de donner un épau- riuct<rvnt

.lemeQt à Ja batterie, sur un de ses,£lancs4 du , côté «du point d^.par exemple, il faudrait * ,en exécuter le ,tracé préaloblepient et de .manière à ce que ,1e sommet ^ de l’apgle .fqrmé.pur la contrescarpe du fossé, du flanc, ^et celle du fossé de la. batterie, fût toujours rsitué dans d’intérieur de la tranchée, aOn rqu’on , trouvât >epcore asse;5 d’espace pour .établir la rampe qu’on est obligé de faire ‘ .en^pareil ças en a: etj^j pour conduire les bouches à 'feu sur leurs plate-foi'mes<

Tracé d*une batterie de plein fouet en avant ’ de la parallèle.

, iVous avons déjà exposé, §. 44» tons les ^inconvéniens que présente la construction 'des batteries de plein, fouet , en avant de la iparallèle; si cependant on se détermine à ,en établir une dans, cette position, dans le cas .où, la place, qu’on assiégerait opposerait une «vigoureuse défense, il .serait absolument .nécessaire d’occuper préalablement cet .emplacement au moyeu d’un boyau de communication, qu’on exécuterait comme il suit

Supposons que a b représente la direc- riaschevin, . tion de la parallèle et c d celle du parapet **' de la batterie; que le magasin ne puisse pas, être placé sur le côté , mais qu’il doive •l’être, comme cela arrive ordinâiremeiat , en arrière de la batterie.

Soit’ que cette batterie doive être Aorzzontale, soit qu’on veuille la faire élevée ^ il faudra toujours la placer assez en avant de la parallèle pour que le point c (le' point du ^revêtement de la batterie le plus rapproché de l’épaulement de la tranchée) en soit éloigné de lo toises (20 mètres) au moins. *

1. Voici une manière simple et facile de trourer le point c, manière qn'on pourra employer, quand la direction de la batterie différera peu du parallélisme k la direction de la tranchée, et quand il importera peu que la ligne de direct tion du tir D £ se troure exactement an milieu de l'cpaolement. , - -

Sur cette ligne DE, prenez ir volonté une distance quel» conque GA; an point A élevez la perpendiculaire B A, que vous ferez égale à la moitié de la longueur de la batterie, si la ligne D E passe par son milieu; par le point B menez une perpendiculaire B c à la direction de la tranchée, et prenez Bc égal à lo toises (ao métrés); le point c sera le point cherché.

Pour tracer maintenant la direction e d de la batterie du

Si l’oti pouvait construire la batterie etl" Caissëe, ce qui vaudrait toujours mieux, il faudrait alors porter suivant c non-seulement la longueur que doit avoir l’épaulement de la batterie, mais encore 6 à 8 pieds (2 mètres à 2 mètres 60 cent) de plus, à cause de l’espace nécesssaire pour

poiot A, menez A K. égal et parallèle k Bc; et menez pat les points c et K une ligne indéfinie c d, sdr laquelle voue prendrez K d égal k c K.

On Toit que par ce procédé le point K, mflieu de la batterie, se trouve transporté un peu k droite de la ligne de direction, et il s'en écarterait encore davantage, si Fangle que fait la'ligne DE avec la direction a b était plus aigu.

C'est pourquoi nous allons indiquer, pour trouver le point c, un autre procédé, au moyen duquel le milieu de la batterie restera toujours sur la ligne DE.

A dis toises de a S , tracez a' b' parallèle indéfinie de a b k cette ligne; sur DE prenez, comme ci-devant, une distance arbitraire GA, et au point A élevet de 'même la perpendiculaire AB, que vous fere^ égale à la moitié de la longueur de la batterie : par le point B , élevez ensuite une ligne B c' parallèle k D £ ou perpendiculaire k A B ; elle rencontrera la parallèle k la direction de la batterie au point cberehé c'.

Pour tracer ensuite la direction de la batterie , abaissa du point 0' une perpendiculaire indéfinie sur DE; et à partir du point de rencontre de ces deuz lignes, portez, k droite de la dernière , nne quantité égale k la distance de cette a ligne au point c' : vous déurmiaerez aiasi le point J'.

les banquettes des communications \até* raies, s’il devait y en avoir pour réunir la batterie à la tranchée.

Si l’on était obligé de faire un flanc à la batterie, du côté du point d, il faudrait encore augmenter la longueur de la ligne c d proportionnellement à l’épaisseur qu’on voudrait donner à ce flanc.

Quant aux communications ck et dm , on les tracerait toujours comme nous l’avons expliqué plus haut au §. C4.

Si la batterie doit être horizontale sur la Piuchevia, ligne c d, qui représente la direction de la batterie, on marquera d’abord la longueur de cette batterie ; on élèvera ensuite ‘ deux perpendiculaires, c y et d g, k la ligne c d, et sur ces deux perpendiculaires on portera , depuis c versy et depuis d vers g, l’épaisseur du parapet, la largeur de la berme et celle des fossés, avec leurs talus respectifs : on tracera ensuite les deux communications k f et q m, toujours de manière à ce qu’elles ne soient pas enfilées du feu de la place, et de plus avec la précaution de ne pas trop les rapprocher des lignes ic, id, afin que les travailleurs qui creuseront pendant la nuit ces communi-

iS

cations, ne soient pas exposés à trop atl'aiblir ces parties du parapet.

La partie f g Ae cette espèce de tranchée pourra servir de fossé à la batterie, et lorsque son parapet aura assez d’épaisseur, on en jettera les terres en arrière par-dessus la berme pour former le coffre. On emploira aussi à ce remblai les terres qui proviendront de l’élargissement des boyaux de communication k f et q m.

S’il arrivait que ces tranchées ne missent pas assez à couvert en arrière de la batte- Hé , il faudrait y construire un flâne sur un des côtés ou sur tous les deux, si cela était nécessaire, en se conformant à ce que nous avons dit au §. 36; puis, à la suite de la communication q m, on en pratiquerait une autre petite, derrière le flanc , en A n , en établissant une rampe sur le revers, ou en arrière de la ligne d h.

11 pourra souvent arriver qu’un seul boyau de tranchée k f, ou q m soit suffisant pour établir la communication entre la parallèle et la batterie; mais alors il faudra avofr soin de donner à ce boyau unique une largeur telle que les terres qui proviendront de sou déblai paissent suffire au

remblai du coffre de la batterie, et cela indépendamment de celles qu’on pourra prendre dans le fossé ; c’est-à-dire qu’en pareil cas, il faudra donner aux lignes c f ex. d g plutôt tropique trop peu de longueur, et principalement lorsqu’on ne pourra pas approfondir beaucoup le fossé, ou lorsqu’on voudra épargner un travail trop pénible.

Tracé dune batterie à redans ou à crémaillières dans la parallèle.

Si aucun autre motif que l’obliquité de sa direction n’engageait à établir une batterie en avant ou en arrière de la parai- , lèle , on*pourrait le plus ordinairement la construire dans la tranchée même, en y pratiquant des redans, suivant ce que nous avons dit au §. 20, et comme ou le voit représenté à la planche XX.

Avant de se décider pour ce genre de construction, on fera bien cependant de se rappeler que les batteries pour lesquelles on l’emploie, ont trois graves inconvéniens : 1." elles offrent trop de prise aux coups des bouches à feu de l’ennemi, et principa-

lement à celles qui lancent des projectiles creux; 3." dans les angles rentrans des redans , le parapet se trouve trop affaibli pour offrir la résistance suffisante, à moins qu’on n’éloigne beaucoup les embrasures les unes des autres, ce qui est souvent impos-. sible dans la trancliée, où l’on n’a ordinairement à sa disposition qu’un emplacement fort restreint; 3“ elles exigent beaucoup ph 1$ de temps et de matériaux pour leur construction , à cause du plus grand dé- , veloppement du revêtement intérieur du parapet.

Si, après avoir réfléchi mûrement à tous ces inconvéniens, et après les avoir comparés à ceux que présenterait l’établissement de la batterie en avant ou fci arrière de la parallèle, on se détermine à la construire à redans dans la. parallèle même, voici comme on procédera à son tracé :

soit A B C D,\e fossé de la parallèle; a la direction du parapet de la batterie, dans le cas où il devrait être en ligne droite; et l m , la directrice d’une embrasure : par deux poin^ rn et n, pris arbitrairement sur celte ligne en arrière de la parallèle, on lui mènera les deux perpendiculaires in-

définies n p et m g ; puis, stir ces dernières lignes, à partir des points m et n, on marquera des distances égales à la moitié de l’intervalle fju’on voudra mettre d’une embrasure à la suivante, en augmentant convenablement cette distance d’après le plus ou moins d’obliquité de la batterie, comme cela a été expliqué au §. 21 : on marquera ainsi, sur chacune des lignes m g etn p,un nombre de points égal au double des embrasures, moins 2-, puis, à partir du dernier point de chaque côté, on portera sur les mêmes lignes de i3 à 14 pieds (4 mèt. 2$ cent, à 4 mètres 35 cent.) pour la distance du milieu de la dernière embrasure à l’extrémité du demi-merlon.

Par les points ainsi marqués, on mènera des lignes perpendiculaires a. n p et m g , ou parallèles a l m : ces perpendiculaires seront, les unes les directrices des embrasures, les autres les lignes milieu de l’espace compris entre deux embrasures consécutives; par le point de rencontre de chacune de ces dernières lignes avec la di- 'rection k a, qu’on abaisse maintenant une perpendiculaire sur la ligne milieu sui- Tante,, on obtiendra de cette manière le

' ( aSo )

tracé des redans ou crémaillères a h d , d c f, f g h, etc., et toutes ces opérations pourront s’exécuter facilement sur le terrain, soit au moyen du triangle de Pythagore, soit avec la toise et l’équerre, soit même à la simple vue.

Tracé d’une batterie de plein fouet avec traverse.

Nous ayons vu, §. 36, qu’il est souvent indispensable, pour la conservation des hommes, de construire des traverses dans les batteries, et nous avons fait remarquer, §. 37, qoe, dans la détermination de la longueur à donner au parapet, il fallait avoir égard au nombre et à l’épaisseur de ces traverses, alin d’ajouter à cette longueur, déterminée d’après le nombre et l’écartetement des pièces, la somme des largeurs des~ traverses à leurs bases.

Le plus ordinairement on se contente de construire une traverse de deux en deux pièces, et cela afin de ne pas donner un trop grand développement aux batteries, etprincipalement à celles de huit à dix bouches à

:feu, qui exigent déjà i\n espace vassQz otm* sidérable , indépendamment des traverses.

La manière la plus simple et la plus prompte de (Construire lès traverses, consiste à les former de 4 rangs de gabions de 4 pieds ( 1 mètre 5o cent. ) de diamètre., placés sur un rang, parallèlement aux plateformes j mais pour qu’elles ne gênent point la manoeuvre des pièces , et pour qu’on puisse même tourner lesboach.es à feu sur le côté pour les charger le long de J’épaulement, sans être obligé de mettre trop d’intervalle entre les embrasures, ces traverses ne devront pas dépasser la moitié de la longueur de la plate-forme du côté du parapet, et, s’il était nécessaire de les alonger., il vaudrait mieu^ le faire sur le derrière..

Au .moyen de cette .construction, on obtiendra encore cet avantage, qu’en e as de besoin, et pour se garantir des éclats des projectiles creux qui viendraient éclater .entre dedx traverses, une partie' des ca- .nonniers pourra se retirer en passant entre le parapet et ces traverses, tandiis que les autres se retireront par leur derrière.

Qu'voit, d’après ce qui précède, que la aeule .atteuiion qu’on doive Avoir en traçant

ime batterie avec traverses, est d’espacer davantage les embrasures entre lesquelles on se propose d’en construire une. Quant aux détails particuliers de ce tracé, on les trouvera indiqués dans la fig. 35 , PL XV, et nous croyons qu’il suffit d’y renvoyer.

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