‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 28 sur 50 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Détails pratiques sur la construction des batteries de canons de plein fouet.

Travail du premier détachement , suivant les , auteurs militaires français.

Les batteries horizontales établies en ' avant de la parallèle, ^t revêtues en saucissons, étant considérées par les artilleurs » français comme le type de la construction de toutes les autres, nous allons entrer ici dans les détails pratiques de l'établissement . d’une batterie de canons de cette sorte.

Suivant Durtubie, Gassendi, Gayvernon et les autres auteurs militaires français, il faut trente-six à quarante heures ' pour

I. „ La surface du profil de l’épaulemeul est de ii",i75 •« carrés dans le cas où les terres sont fortes. Le solide d’une U embrasure est égal ù io“,a84 cubes; le sixième —

« les pièces occupant 6 mètres devant le parapet, et les « ateliers étant espacés de i mètre, la tache dé chaque atea lier, mesurée en remblai, = ia,t"5 — 1,714 = 10,461,

construire une semblable batterie : ils conseillent (l’en commencer la construction à l’entrée de la nuit, de relever les travail-

leurs de la ligne toutes les douze heures, et ceux de l’artillerie toutes les 24 heures. INous allons d’ahord faire connaître som- • mairement quelle doit être, d’après eux, la marche du travail pendant la première nuit , c’est-à-dire de celui qui doit être exécuté par les premiers travailleurs.

La }/osition de la batterie étant préalablement reconnue et déterminée, on conduira le premier ddfcchement dans la partie de la tranchée la plus rapprochée de cet emplacement, et on lui recommandera d’y

« ou ç),4i5, mesurée au déblai. Ou a dit qu'un atelier

« devait remuer 5 mètres cubes de terres eu huit heures;

« mais , d'après le mode adopté pour le travail des batte-

« ries, il n'y a qu'un homme par atelier sur le fossé : on

a pense qu'il ne peut remuer en huit heures que a mètres

„ cubes ; ainsi le nombre d'heures nécessaires pour exé-

, cuter le remuement des terres = ^ trente-huit

« heures.

K 11 résulte de ce calcul, d'accord avec l'expérience, que ,

<1 lorsque l'épaulement des batteries est tout entier en rem- « blai, on ne peut le faire en moins de trente -six heures « sans employer des sacs b terre. • Favart, Court deforti~ ficalioas , édition, publiée en i8a5, pttg. 876, à la note-

rester dans le plus grand ordre et le plus •grand silence. .

Une partie des officiers avec quelques canonniers iront reconnaître le prolongement sur lequel on doit élever la batterie , et le point déterminé pour sa position; ils exécuteront ensuite le tracé de cette bat-

terie comiâe nous l’avons expliqué précédemment; et le tracé fini , on fera venir le reste du détachement , qu’on distribuera ■ ainsi qu’il suit.

Des douze travailleurs de la 1 Igné qu’on doit a voir pris pour chaque pièce , on en occupera six à creuser le fossé et a jeter les terres sur ‘ ■ la berme; trois, placés sur la berme, les rejetteront dans le coffre, elles trois derniers, sur le coffre, les égaliseront et dameront.

Dans le fossé, les travailleurs seront placés à 5 pieds ( 1 mètre) l’un de l’autre, de mauièi’e à partager la longueur de i8 pieds (6 métrés), qu’ils doivent creuser en six l'ec- ' - '

tangles, dont chacun sera la lâche d’un homme. La manière la plus avantageiisc de faire travailler, serait de faire commencer à creuser trois de ces rectangles vers la berme, et les trois antres vers le milieu du . # fossé; mais il est difficile de faire observer

cet ordre dans l’obscurité de la nuit et sous le feu de l’ennemi.

Les hommes placés sur la berme, et ceux placés sur le coffre , seront en file à 6 pieds (a mètres) l’un de l’autre.

On recommandera aux travailleurs de jeter les terres le plus loin qu’ils pourront dans le commencement, attendu que plus ils s’enfonceront , plus il deviendra difficile de le faire, et qu’il est important d’ailleurs d’avoir de bonne heure beaucoup de terres amoncelées vers le côté intérieur, afin de pouvoir commencer le revêtement avec moins de danger et le plus promptement possible.

Les onze canonniers seront employés d’a- ' bord à égaliser et raffermir avec la dame le terre-plein delà batterie, principalement aux endroits où les pièces doivent être placées; ils ramasseront ensuite les terres les plus à leur portée, pour les jeter dans le coffre, et quand il y en aura assez pour couvrir toute sa superficie à i ou a pieds (3o à 6o cent.) de hauteur, ils commenceront le revêtement comme nous l’expliquerons plus loin, attendu que ce n’est guère qu’au jour et après l’arrivée du second de-

tachemetit qu’ils pourront y travailler. Cinq de ces canonniers seront chargés du revêtement de la face intérieure, ti'ois suffiront pour celui des côtés, et les trois derniers, qui plus tard travailleront aux embrasures, placeront en attendant un rang de gabions à l’extérieur, pour diminuer le talus, ou aideront les autres, en jetant des terres dans le coffre, et en aplanissant l’intérieur de la batterie.

Deux heures avant que le premier détachement soit relevé, un officier partira de la batterie pour aller au dépôt recevoir les seconds travailleurs, et on ne laissera partir les premiers que lorsque ceux-ci seront arrivés, afin de ne point ralentir l’ouvrage. .

Marche du travail du second détachement,

suivant les auteurs militaires français.

Aussitôt que les travailleurs du second détachement seront arrivés, ils continueront à creuser le fossé et à épaissir l’épaulement , comme nous l’avons indiqué pour les premiers.

Si ou est trop exposé , eu plein jour, pour

( aSo )

égaliser et battre les terres sur le parapet , on ne fera que les jeter sur la berme, et les hommes qui auraient dû être placés sur cette berme et sur le coffre, et qui ne Æe trouveront. pas employés, iront chercher des terres dans tous les endroits abrités du feu de l’ennemi. On pourra aussi les utiliser en les envoyant chercher d’avance les bois à plate -foi’mes.

Les canonniers commenceront en même "temps le revêtement de la manière suivante :

Le premier rang de saucissons se place bien horizontalement suivant la directrice du côté intérieur de la batterie, dans une rigole de 4 pouces (lo cent.) de profondeur, si on emploie des saucissons de i pied (3a cent.) de diamètre, et dans une rigole dé 6 pouces ( i5 cent.), si ce sont des saucissons de 10 pouces (27 cent); attendu que la genouillère devant avoir 44 pouces ( 1 mètre 20 cent ) de hauteur au-dessus du sol , cette hauteur sera donnée par quatre rangs de saucissons dans le premier cas, et par cinq rangs dans le second.

L’extrémité du premier saucisson doit être sciée carrément du côté qui répond à

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l’extrémité de l’épaulement : on le fixera ensuite, au moyen de six à sept piquets, les traversant verticalement par son milieu, et également espacés sur la^ longueur, mais dont les deux derniers ne seront placés qu’après qu’on aura mis le second saucisson du même rang.

Aussitôt le premier saucisson du revêtement intérieur posé, on placera de même le premier saucisson du revêtement du côté adjacent de la batterie; le bout scié carrément de ce dernier appuyant derrière le bout scié carrément du premier , dont il doit être couvert en entier,. sans en être dépassé.

On pourra continuer sans interruption le revêtement d.e^ côtés de la batterie. Lorsqu’on en aura placé le premier saucisson du revêtement du côté, on remplira de terre le vide du coffre en arrière , et on la damera bien; après quoi on pourrit de suite mettre le saucisson du second rang dit même côté, attendu qu’on le fera porter surde premier saucisson du revêtement intérieurj’On observera de reculer ce second saucisson, .comme tous ceux qui suivront, de manière à donner au revêtement entier, tant sur le côté

( aSa )

que vers l’intérieur, un talus des % de la hauteur ; ce qu’on obtiendra en reculant chaque rang de saucissons de 3 pouces (8 cent), s’ils ont dix pouces (37 cent.) de" diamètre, et de 4 pouces (10 cent ), s’ils ont 1 pied (Sa cent.) de diamètre. *

Pendant qu’on aura placé le second saucisson du revêtement du premier des côtes de la batterie, qu’on l’aura piqueté, et qu’on aura bien damé la teri'e en arrière , les canonniers devront avoir fini le premier rang du revêtement intérieur : ceux qui auront placé les deux saucissons du premier côté, pourront donc alors aller en mettre deux delà même manière ausecond, et ils continueront ainsi à placer alternat!- v vement deux saucissons d’un côté et deux • de l’autre, jusqu’à ce qu’ils aient entiei’ement terminé le revêtement des deux côtés.

Pour placer le deuxième saucisson* du premier rang du revêtement intérieur, on soulèvera le premier par le bout non pique-

», La manière la plus sûre, la plus prompte et la plus facile de régler le talus , est d’ayoir une fausse é(juerre , formée de trois lattes et mesurant l’angle voulu : il snlEt alors de l’appliquer contre le revêtement pour en vérifier la pente • et la rectifier si cela est i^écessaire.

té , et on placera sous lui, à un pied de son extrémité, une massé, une daine, etc.j un canonnier s’assiéra à califourchon sur ce premier saucisson , un peu en arrière de la , masse, et faisant face à la partie soulevée : quatre autres, canonniers prendront le second saucisson , l’apporteront au-dessus de la rigole , vis-à-vis la tête du premier, et, en l’alignant bien dans sa direction, ils prendront de l’élan, et feront effort ensemble, pour larder la tête du second saucisson dans celle du premier , c’est-à-dire pour enfoncer les gros bouts de branchages coupés en sifflet de l'un dans les intervalles que laissent entre eux les bouts des branchages de l’autre. Cette opération ne sera bien faite que lorsque les saucissons se' pénétreront bien, sans que la tête de l’un dépasse d’aucun côté celle de l’autre, et si on n’y est pas parvenu du premier coup , on séparera les saucissons et on recommencera à les larder jusqu’à ce qu’on y ait réussi. ‘

Le second saucisson placé dans la ri-

1. Poar bien larder les saucissons, il faut que le eanotinier assis sur la tête du premier , indique aux autres s’ils donnent à droite ou 11 gauche dans leurs balancemens préliminaires , et que les trois canonniers, places derrière celui qui

golCj on plantera les deux derniers piquets du premie^ et les piquets du second, à l’exception des deux derniers, qu’on ne plantera qu’après avoir placé le troisième saucisson, si la longueur du revêtement en exige plus de deux; et l’on continuera ainsi jusqu’à ^ l’extrémité du parapet.

Le second rang de saucissons du revêtement intérieur se placera comme le premier, en obsei’vant seulement : i.° de le reculer vers l’intérieur du coffre, de manière à donner au revêtement le talus qu’il doit avoir; 2.“ de couper bien carrément le premier et le dernier saucisson du second rang, de’ manière à ce qu’ils soient bien serrés- contre les saucissons correspondans ‘ des revêtemens des côtés qui doivent les recouvrir; 3.“ de faire en sorte que les joints de ce second rang ne se trouvent pas vis-àvis ceux du premier; 4-° d’enfoncer les piquets bien verticalement, de telle sorte, qu’entrant dans les saucissons du second rang par le milieu, et dans ceux du pre-

ticDt la tite da sebond saucisson , obéissent bien à la direction qu'il imprime; car loul le succès de l'opération dépend de son adresse non contrariée par les faux mouvemcns de ceux qui agissent avec lui.

mier rang un peu au-delà de leur milieu, par rapport à l’intérieur de la batterie, ils , aillent ensuite se perdre dans la teire, afin de bien relier le coffre avec le sol sur lequel il repose.

Les autres rangs de saucissons se placeront absolument de même, jusqu’à la hauteur de la genouillère , seulement les saucissons extrêmes du troisième rang et de tous les autres rangs impairs du revêtement intérieur porteront sur ceux du rang im- médiatement inférieur du revêtement des côtés; tandis que les saucissons extrêmes de tous les rangs pairs s’appuieront en dedans de ceux des mêmes rangs du revêtement des côtés ; et quand on sera arrivé au plus haut rang de la genouillère , on' devra faire en sorte qu’il n’y ait point de joint de saucissons aux endroits où doivent être les embrasures.

Si, les piquets étant mauvais, les terres ayant beaucoup de poussée, ou pour toute autre cause, on avait lieu de craindre que là chemise de la batterie ne fût pas assez solide, on pourrait, après avoir fini la genouillère , en consolider le revêtement au moyen d’un certain nombre de harts de

retraite : pour cela , au milieu de l’inter- Talle qui doit séparer deux embrasures consécutives, on plantera dans le saucisson du rang supérieur un piquet choisi, qu’on embrassera au-dessous du saucisson par une forte hart, et on arrêtera celle-ci en la tendant le plus possible, au moyen d’un piquet solide , planté dans l’intérieur du coffre, à quelques pieds et exactement visà-vis de celui planté dans le saucisson. . .

Le revêtement de la genouillère achevé, on continuera de la même manière à placer les trois ou quatre rangs de saucissons qui doivent composer le -revêtement des merlons, suivant que ce sont des saucissons de 10 pouces (27 cent.) ou d’un pied (52 cent.) de diamètre, en leur donnant le même talus qu’à ceux de la genouillère, et en les coupant bien également et bien carrément aux deux bouts , pour conserver à l’ouverture intérieure de l’embrasure, dans toute sa hauteur, la largeur quelle . doit avoir.

Pendant ce travail , l’officier chargé de la construction de la batterie, aidé de quelques canonniers, tracera la directrice et les)oues des embrasures, comme nous avons

enseigné à le faire, §. 70 ; et cette ligne étani hécessalre à la construction des plate-formes, on fixera sa direction, dans l’intérieur de la batterie, par deux ou trois forts piquets , enfoncés dans le terrain presque au niveau du sol.

Si le revêtement des merlons était achevé avant la fin du jour, on pourrait occuper les canonniers à commencer les plateformes -, mais comme c’est ordinairement le troisième détachement qui est chargé de leur établissement, suivant la méthode suivie par les artilleurs français, nous renvoyons les détails pratiques de cette opération au moment où nous ferons connaître la marche des travaux de ce troisième détachement, qui devra arriver à la batterie au commencement de la seconde nuit

Marche du tras^ail du premier détachement ^ suivant les auteurs militaires allemands.

Les artilleurs allemands ne relevant les travailleurs qu’après vingt- quatre heures, ' leijr premier détachement devra faire à peu près le mên[ie travail que celui qui est assi-

gné aux deux premiers détacliemens suivant la méthode française; mais comme ils établissent ordinairement leurs batteries dans la tranchée même, deux nuits et un jour après qu’on a commencé à y travailler, on peut supposer que le profil de la parallèle sera, à cette époque, tel à peu près qu’il est représenté à la PI. IX, fig. a5, ce qui abrégera et facilitera beaucoup le travail.

C’est donc d’une batterie de canons de plein fouet, enterrée dans la parallèle, que nous allons faire connaître la construction, suivant la méthode adoptée en Allemagne.

Lorsque l’officier chai’gé de diriger cette construction aura fait dans la tranchée les dispositions préalables que nous avons indiquées au chapitre IX, il se dirigera vers le parc d’artillerie avec quelques-uns des canonniers qu’il avait avec lui dans la parallèle, en leur prescrivant de bien remarquer le chemin qu’ils suivent, et en le remarquant bien lui-même , afin qu’ils pui!»sent le reconnaître quand ils conduiront, le matin du jour suivant, du dépôt à l’emplacement de la batterie, les travailleurs de la ligne qui doivent y porter les outils et les. matériaux nécessaires.

Le commandant en chef de l’artillerie ayant déterminé l’endroit et l’heure où devra se faire le rassemblement de ces travailleurs, l’olBcier chargé de la construction de la batterie s’y rendra avec les canonniers commandés pour ce travail, et y prendra son détachement de fantassins, qu’il / conduira en ordre jusqu’au dépôt établi à la queue de la tranchée.

Un sous-^officier et quelques canonniers envoyés à l’avance à ce dépôt, doivent y avoir déjà reçu et rangé à part lés outils et listensiles nécessaires. On en fait la distribution aux travailleurs , de manière à ce qu’ils puissent, sans être trop surchargés, transporter en même temps le plus grand nombre possible de piquets et de saucissons. Tout le détachement se met ensuite en marche dans le plus grand ordre, sur trois files, sur deux ou sur une seule, suivant la largeur des communications, mais toujours en se suivant de très-près, pour que les hommes ne puissent point s’égarer dans les détours de la tranchée.

Arrivés à l’endroit où la batterie doit être établie, les travailleurs déposent les outils, instrumens et matériaux qu’ils ont

apportés sur le revers de la tranchée, en formant de chaque espèce un tas séparé; puis ils se rangent eux-mémes eu ordre, afin que l’officier, après avoir vérifié si tous sont arrivés, puisse leur distribuer le travail.

Cet officier fait alors le tracé du profil de la ti’anchée telle qu’elle se trouve dans ce moment, et cela en trois endroits dif-

férens,afin d’en conduire un profil moyen, d’après lequel il déterminera exactement l’emplacement du talus intérieur de la batterie, en se conformant, pour l’épaisseur à donner à l’épaulement, à ce que nous avons dit au §. 17, et en évitant avec un soin égal, ou de lui donner trop -d’épaisseur, ce qui augmenterait inutilement le travail, ou de lui en donner trop peu, ce qui serait cause que les servans et les piè- ,ces ne seraient point en sûreté derrière le parapet.

Cette opération, le tracé exact de la bat-terie et le placement du premier rang de saucissons, exigeant plus d’une heure, et ^ pendant tout ce temps les hommes de corvée de la ligne ne pouvant que gêner te tra vail , ou les renverra tous au dépôt, sous

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la conduite d’un sous«officier d’artillerie, pour en rapporter le reste des saucissons, piquets, etc.

Pendant leur absence, l’officier et les artilleurs restés sur l’emplacement de la batterie procéderont à son tracé définitif et au placement du premier rang de saucissons, ainsi qu’il suit.

Supposons que la fig. àb, PI. IX, représente le profil de l’épaulement élevé sur la ligne A B. Lorsque le parapet de la tranchée aura la hauteur suffisante, sa crête *

extérieure passera par le point m, ou du . moins par un point situé sur la même verticale, dans le cas où il serait nécessaire de donner en cet endroit plus de hauteur au parapet. On ne doit pas penser, en effet, à porter plus eu avant la crête extérieure de l’épaulementj car de la banquette b c on ne pourra guère jeter les terres à la pelle plus loin que le point in,etsi l’on voulait les aller chercher au loin, et les transporter dans des paniers par-dessus le parapet, ou bien les prendre extérieurement vers le point A, en creusant un fossé eu avant de la batterie, on ne pourrait le faire sans exposer beaucoup les travailleurs.

rUnclia IK, Cfo a5.

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On diminuerait, à la vérité, ces dangers, ' en faisant glisser ces terres par-dessus le parapet, au moyen de pelles creuses j mais il en résulterait un travail très-long et trèspénible, d’autant plus que, les terres ne se trouvant pas damées, on serait obligé de donner plus d’épaisseur à l’épaulement.

Outre ces divers inconvéniens, ces deux méthodes en auraient encore un autre fort gravej ce serait de faire découvrir à l’ennemi, aux premières lueurs du jour, l’emplacement où l’on établirait la batterie.

D’après tous ces motifs, les artilleurs aile- . mands préfèrent donner à l’épaulement l’épaisseur qu’il doit avoir d’après la qualité des terres, en se reculant autant que cela est nécessaire en arrière de la parallèle déjà existante, ou de d vers p.

Ce sera donc à cette distance qu’on tracera, parallèlement ou un peu obliquement à la direction de la tranchée, celle de la batterie, suivant ce que nous avons expliqué au §. 63. -

Lorsque la tranchée sera sufBsamment profonde, c’est-à-dire lorsqu’elle aura 2 pieds à 3 X pieds (65 à 80 cent) pour les bat-

teries de plein fouet, et 3 pieds (i mètre) pour celles à ricochet et de mortiers, on creusera suivant la direction ainsi déterminée, et bien horizontalement, une petite rigole dans laquelle on enterrera, de la moitié de son épaisseur, le saucisson du premier rang, qu’on fixera au moyen de piquets de a pieds ( 65 cenL ) de long.

Pour donner plus de solidité à ce premier rang de saucissons, qu’on peut regarder comme la fondation du revêtement, les artilleurs allemands plantent le premier de ces piquets incliné en avant, le second verticalement:, le troisième incliné en arrière, et ainsi de suite.

Dans le cas où la tranchée se trouverait creusée trop profondément, il faudrait employer six rangs de saucissons , au lieu de cinq, pour le revêtement, et remblayer la tranchée en arrière, soit totalement^ soit à l’endroit des plate-formes seulement» en damant bien les terres rapportées.

En même temps qu’on creusera la rigole dans laquelle seront placés les saucissons du premier rang du revêtement intérieur du parapet, il faudra aussi creuser celles dans lesquelles seront placés les premiers

rangs de saucissons du revêtement des côtés de ce même épaulement, et en donnant à ces dernières rigoles la même pente que celle qu’on veut donner à la plongée, ou au plan supérieur de l’épaulement.

D’après cela, pour déterminer la quantité dobt le premier saucisson de revêtement latéral doit être plus enfoncé à son extrémité extérieure qu’à celle qui touche . le revêtement du côté intérieur, il suffit puncheix, de remarquer qu’en menant a c parallèle à la plongée, et en supposant que a d soit - la longueur du saucisson, on a :

ab \ a d b G \ de, ad X bo

d ou Ion tirera de = -,

Si donc nous supposons que a b, ou ' l’épaisseur du parapet, 'soit de i8 pieds (6 mètres), que n d ou la longueur du saucis- ,son soit de g pieds (5 mètres), que ô c ou le talus de la plongée soit de i pied ( 3o cent.)» on aura de égal à 6 pouces ( i5 c.), et par conséquent, si le saucisson a un ' pied de diamètre, il devra être enterré de toute son épaisseur à son extrémité e, tandis qu’il ne sera enterré que de la moitié , • de cette même épaisseur à son extrémité

a, où la rigole latérale aura la même profondeur que celle du côté intérieur de la batterie.

Dans toutes ces rigoles, les saucissons seront toujours placés les noeuds des harts en dessous, afin, qu’ils ne soient point exposés à se dénouer ou à se briser quand on enfoncera les piquets, ce qui pourrait bien arriver si ces noeuds étaient en dessus, et particulièrement si les liens étaient un peu secs.

Une chose que l’on doit encore éviter avec soin, c’est d’employer de courts morceaux de saucisson : dans le cas où un nombre entier de ces saucissons ne pourrait garnir toute la longueur du revêtement, ce qu’on pourrait faii’e de mieux, serait de retrancher quelques pieds au dernier du rang, afin que le morceau rajouté puisse avoir assez de longueur; enfin, non-seulement ou doit prendre garde à ce que deux saucissons consécutifs ne laissent point de vide entre eux, mais il faut encore faire en sorte de les larder l’un dans l’autre, comme nous l’avons expliqué au paragraphe précédent.

Suivant les artilleurs allemands, les sau-

cissons du revêtement des côtés de l’épaulement et ceux des joues de l’embrasure ne doivent point se croiser avec ceux du revêtement de la face intérieure de la batterie; mais il faut placer les têtes des premiers bien exactement les unes sur les autres, et s’appuyant seulement contre celles des seconds. Âu moyen de ce procédé, les réparations à faire au parapet deviendront beaucoup plus faciles, car on pourra toujours remplacer les saucissons endommagés sans toucher aux autres , comme il deviendrait nécessaire de le faire s’ils se croisaient.

Les piquets et les saucissons nécessaires pour le premier rang du revêtement, soit du côté intérieur , soit des faces latérales de la batterie, auront dû être apportés à la batterie par les premiers travailleurs, en même temps que les outils et les instrumens dont on doit se servir pour la construction. Quand on aura déterminé , au moyeu de ce premier rang de saucissons, la trace du côté intérieur et des faces latérales de l’épaulement, on tracera de même les traverses, s’il doit y en avoir dans la batterie, eu se conformant aux indications

que nous avons 'données au §. 70, 'et lorsque la genouillère sera terminée.

Mais, comme on ne pourra pas ordinairement achever la genouillère dans le jour, il faudra, ou dès le commencement du travail, ou au plus tard avant la chute du jour, indii^er l’emplacement et la hauteur des embrasures , au moyen de quelques piquets de batterie, qu’on plantera les uns en f, en les inclinant de manière à ce qu’ils arrasentle revêtement de la face intérieure, et en les enfonçant jusqu’à ce que leur tête se trouve dans le plan inférieur de l’embrasure, les autres en t sur la banquette, de manière à ce que leur tête se trouve dans le même plan et que leur écartement marque la largeur de l’embrasure, y compris > un pied de chaque côté pour l’épaisseur du revêtement.

De cette manière, on aura non-^seulement le tracé exact de toutes les parties de la batterie, mais encore une espèce de profil qui en donnera les hauteurs principales, et mettra à même d’éviter l’inconvénient de jeter inutilement de la terre sur des emplacemens d’où il faudrait ensuite l’enlever.

Flanche IX, fig. 27.

^ Un autre avantage de ces procédés , c’est qu’ils peuvent tous s’exécuter sans que l’ennemi s’en aperçoive, et même sans qu’il puisse découvrir sur quel point on se propose d’établir la batterie ; .mais il faudra, pour cela , défendre sévèrement aux travailleurs de se montrer sans nécessité sur la banquette, et encore moins au dehors de la tranchée.

Pendant que les canonniers se seront occupés de ces dispositions préliminaires, les travailleurs de la ligne seront revenus sur l’emplacement de la batterie, apportant avec eux tout ce qui est nécessaire pour la construction, et on pourra alors commencer le travail de la manière suivante.

fl IX. fig. Le long de la ligne A A, on placera un «g j8* ^-1.^. travailleurs, i, i, i , i, à 4 pieds ( 1 mètre 3o cent!) de distance Tua de l’autre, et munis de pics-hoyaux, au moyen desquels ils fouilleront les terres du talus intérieur de la tranchée. Sur la ligne P p, a 5 pieds ( i mètre) en arrière de ce premier rang de travailleurs, on en placera un second, 2, 2, 2, 2, ayant chacun une pelle, et éloignés aussi de 4 pieds

(i mètre So centimèt.) l’un de l’autre. Ces derniers traTailleurs enlèveront les terres que ceux de la première ligne auront fouillées, et les jetteront en avant vers d d. Mais comme ils ne pourraient pas, sans de grands efforts, les jeter plus loin que 5 à 6 pieds (1 mètre 60 cent, à 3 mètres), on placera, à 6 ou 7 pieds (a mètres à 2 mètres 3o cent) derrière ce second rang de travailleurs, un troisième, 3,3,3, espacés aussi de 4 pieds (1 mètre 3o cent) l’un de l’autre, et munis de pelles, dont ils- se serviront pour enlever et rejeter les terres plus loin, sur la banquette b c, et sur le 'parapet vers II, en se renfermant dans les limites déterminées par les piquets 1 1, qui marquent l’ouverture de l’embrasure, c’est-à-dire, qu’entre ces deux piquets on ne jettera de terres que ce qu’il faudra pour arriver à la hauteur du plan inférieur de l’embrasure, tandis qu’à droite et à gauche on en jettera jusqu’à ce qu’on ait donné aux merlons la ' hauteur qu’ils doivent avoir. • ■

Derrière le troisième rang de travailleurs, on en placera un quatrième, 4> 4, 4» dont les hommes, espacés de 8 pieds mètres 80 cent.) de l’un à l’autre, seront

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munis de pelles et de dames, pour égaliser, aplanir et damer les terres aïk^si solidement que possible; mais, a^n de ne pas s’exposer aux coups de l’ennemi , ils devront, dans le commencement , tâcher de tlamer les terres obliquement et en se tenant courbés.

Le travail ainsi réglé, après sept à huit heures, les travailleurs des troisième et quatrième lignes auront pu élever les terres de la genouillère jusqu’au-dessus du premier rang de saucissons, et ceux de la première ligne s’en trouveront éloignés de • 14 pieds (4 mètres 55 cent.).

Pendant ce temps- là on doublera le nombre des travailleurs de la quatrième ' ligne, c’est-à-dire qu’au lieu de les placer à S pieds ( a mètres 60 cent. ) l’un de l’autre, on les placera à 4 pieds (1 mèt. 5o c. ). ' • Les travailleurs qu’on ajoutera à cette quatrième ligne, seront munis, les uns de dames, et les autres de masses, afin d’être employés, les premiers à damer les terres; les seconds, à aider les canonniers à pinancbsX,fig. queter les saucissons: enfin, en arrière de cette quatrième ligne on en placera une cinquième, 5, 5, 5, dont les hommes, munis de pelles, seront employés, dans

l’intérieur de la genouillère, conjointement avec ceux de la (quatrième ligne, à égaliser les terres, à les rejeter contre le revêtement et à les damer.

Jusqu’au moment où on aura formé cette cinquième ligne et doublé la quatrième, les travailleurs restés disponibles auront pu aller quatre ou cinq fois de la batterie au dépôt, et en auront rapporté le reste des saucissons, piquets, etc., nécessaires pour la construction.

On commencera alors à placer le Second rang de saucissons du revêtement, tant de la face intérieure du parapet , que de ses deux faces latérales. Pour ce second rang, comme pour tous les suivans, ôn observera de reculer chaque rang de i pouce à 2 pouces (40 à 65 mill.) sûr le rang précédent , pour donner au revêtement le talus qu’il doit avoir conformément a ce que nous avons, dit au §. T7, et on fera en sorte que la jonction des saucissons d’un des rangs corresponde au milieu d’un saucisson du rang au-dessous.

Pour fixer les saucissons du second rang, on se servira de piquets de 2 pieds de long (65 cent), si le terrain est dur, et de pi-

ffuets de 3 pieds de long ( i mètre), si les terres sont légères.

La distribution des travailleurs et la mar- ' che du travail, telles que nous venons de les indiquer,- sont adoptées par les artilleurs allemands pour le commencement de la construction et durant le jour; maiscomme, lorsque rpuvrage sera plus avancé, il de-^ viendrait difficile de jeter les terres assez loin et assez haut, au moyen de la pelle,

, et que cela gênerait surtout les canonniers

qui travaillent au revêtement, et principalement au commencement de la nuit, ils distribuent deux paniers, pour le transport des terres, à chaque file de cinq travailleurs, ou de 4 pieds en 4 pieds ( i mètre 3o cent.) sur la longueur de l’épaulement, et le travail se règle alors comme nous allons l’expliquer.

Le travailleur de la première ligne 1,1, 1 , creuse la terre avec son picnnchex,£g. Loyau; celui de la seconde ligne, 2,2,3, a8. uit. D. yemplit le panier; celui de la troisième, 3,

3 , 3 , se charge de ce panier rempli de terre et le porte jusqu’au revêtement de la genouillère ; celui de la cinquième , 5 , 5 , 5 , le vide et le i-end en ari’ièi’e; celui de la

,.>oglr

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quétrième, 4» 4> 4* égalise les terres e't aide celui de la cinquième à les damer.

Comme les travailleurs de la troisième ligne, qui portent les paniers, pleins de terre j seraient beaucoup plus fatigués que ceux des première et seconde lignes, si le travail restait réglé de la même manière jusqu’au remplacement du détachement, il faudra faire alterner entre elles les .trois lignes de travailleurs, de manière à ce que les hommes soient employés pendant le meme temps à chaque espèce de travail.

A la chute du jour, la construction de la batterie se trouvera déjà assez avancée pour que l’officier qui en est chargé puisse s’occuper pendant la nuit de l’établissement du magasin; ce qu’il fëra en se conformant a tout ce que nous avons dit à ce sujet au §. 34, et en prenant les hommes nécessaires sur les lignes de travailleurs auxquelles il restera le moins d’ouvrage à faire. ^ ,

On pourra aussi s’occuper en même' temps du revêtement des joues des embrasures. Pour cela on désignera autant d’escouades composées de deux canonniers et quatre hommes d’infanterie, qu’il y aura

d’embrasures, et on prendra les derniers dans les quatrième et cinquième lignes de travailleurs, ce qui pourra se faire sans ralentir la marche du travail, puisqu’il restera encore cinq hommes à chaque merlon pour égaliser les terres et les damer.

Si, cependant, les hommes des trois premières lignes travaillaient avec beaucoup d’activité et fournissaient beaucoup de terres, on pourrait placer ces hommes à plus de 4 pieds (i mètre 3o centim.) l’un de l’autre, et employer ceux qui se trouveraient rendus disponibles à transporter les saucissons, et même à les piqueter, de manière qu’à la pointe du jour le revêtement des merlons et des joues se trouverait plus élevé d’un ou même de deux rangs de saucissons, ce qui Serait toujours trèsavantageux.

Les artilleurs allemands regardent comme très-ujile d’ancrer, de distance en distance, les saucissons des troisième et cinquième rangs du revêtement de la genouillère, et ceux des deuxième et quatrième rangs du revêtement des merlons; cela est particulièrement nécessaire pour les joues des era-'

i>t-asnres, à cause de rébranlemènt qu’elles éprouvent dans le tir.

Voici deux procédés employés par les artilleurs allemands pour faire cette opération.

i.° On prend un lien où une hart de longueur et de grosseur moyennes ou bien on en formé une en accouplant et tordant ensemble deux barts plus petites et plus minces. On passe un piquet à travers la boucle faite au gros bout de cette bart, et on le plante au-dessous du saucisson que l’on veut ancrer, et qui doit être le de»» nier placé J on tire fortement la bart vers le baut et vers l’intérieur du Coffre, de manière à bien embrasser le saucisson ; on la tord fortement, et on l’arrête à un piquet à tête à crochet planté dans l’intérieur du parapet, et incliné du côté opposé au revêtement; puis on, enfonce ee piqUel jusqu’à ce qu’on remarque que le lien soit bien tendu.

a.° Au moyen de deux piquets plantés l’un au-dessus, l’autre au-nlessous du saucis^ Son, à l’endroit où on veut l’ancrer,- on y arrête solidement un lien ou une bart qui l’embrasse étroitement r il faut pour cela

tjûê les deux piquets soient plântës danüle parapet un peu obliquement, et leurs pointes convergèant l’une Ters l’autre." *

Le meme procédé peut s’employer pour remplacer, dans les rangs de saucissons inféiieurs, les liens on harts qui auraient éclaté ou qui se trouveraient rompus par quelque accident; mais pour pouvoir enfoncer les piquets à coups de masse, sans s’exposer à frapper sur les saucissons, ce qui pourrait faire rompre les harts voisines, ' il faudra couper le gros bout d’un piquet de batterie, le poser sur la tête du piquet qù’on voudra enfoncer, et frapper par-dea* sus.. On pourra ainsi enfoncer le piquet de manière à ce qu’il ne déborde pas le rang de saucissons, ce qui serait fort incommode pour les canonniers placés en batterie.

Comme on ne peut pas toujours se pra- • curer une assez grande quantité de liens ou barts à deux boucles pour ancrer suffisamment les saucissons du revêtement des joues des embrasures, ou pour les réparer lorsqu’ils ont été dégradés par la commotion qu’ils éprouvent dans le tir, il serait très-utile, ainsi que nous l’avons déjà recotàmandé au §. ao, art. 6, de maintenir ce

revêtement au moyen de trois ou quatre ■piquets de gabions, plantés contre sa paroi intérieure suivant son évasement naturel , et solidement retenus par le haut au moyen d’un procédé analogue au premier de ceux que nous venons d’indiquer ci-dessus.

Le premier détachement ne devant être Planche rélevé, suivant la méthode adoptée par **'' ' les artilleurs allemands, qu’après vingtquatre heures de travail, la construction de la batterie devra être avancée après ce temps à peu près comme on la voit représentée PI. X, lig. 38, lettre D. Aussitôt que le. jour paraîtra, tous les travailleurs se rassembleront dans la tranchée, ils réuniront, par espèce, les outils et autres objets qui auront servi à la construction de la batterie, et les déposeront en ordre derrière le parapet, sous la surveillance d’un sous-ofilcier d’artillerie, qui les comptera pour en faire la remise an second détachement, , . ,

Pendant ce temps-là, l’ollicier qui a dirigé jusqu’à ce moment la construction, rédige par écrit un rapport démaillé sur cette opération, sur tout ce qu’elle a pu pr,ésente|r de. particulier, et sur. l’étal plus ou moins

livancé dans lequel elle se trouTe; puis, tout étant ainsi disposé et rangé en ordre , les premiers travailleurs attendront l’arrivée du second détachement qui doit ver nir les remplacer.

Marche du travail du troisième détachement^

suivant les auteurs militaires français.

Si l’on a suivi, pour la construction de la batterie, les procédés en usage dans l’artillerie française, le second détachement aura avancé le travail à peu près au point où. nous venons de le laisser.

En se rendant à la batterie, les travailleurs du troisième détachement, ou de la seconde nuit, y porteront tout le reste des piquets, saucissons et autres matériaux qui n’y auront pas été déjà portés par ceux des premier et second détachemens,'plus huit gabions remplis de fascines pour chaque embrasure.

A leur arrivée, les uns jetteront dans le coffre les terres amassées sur la berme par les travailleurs précédons, et d’autres en amasseront encore , si cela est nécessaire.

On aplanira l’inlérieur de la balterie pour les plate-formes; on fera les petits gasins ( voyez §. 34), et on préparera le chemin par où l’on fera venir les pièces et les munitions, ce qui devra se faire aussi dans cette seconde nuit ; enfin, les canonniers feront le revêtement des joues des embrasures, et établiront les plate-formes.

L’alignement des joues étant fixé comme nous l’avons expliqué §. 70, on posera les * premiers saucissons de chaque joue de manière à bien assurer cet alignement; on les coupera bien carrément 3u côté par lequel ils doivent se raccorder avec les saucissons des merlons, et on leur donnera la pente, qu’ils doivent avoir suivant celle qu’on veut donner au fond de l’embrasure. JNous avons déjà vu, §§. 19 et 20, que cette pente est variable suivant la position respective de l’objet à battre et de la batterie, et qu’on doit la régler de manière à bien découvrir le but qu’on veut atteindre, en se couvrant le mieux possible contre le feu de l’ennemi. 11 suit de là que , pour poser le premier saucûson des joues, il faudra quelquefois faire une rigole pour l’enterrer dans la totalité ou dans une partie de sa longueur.^

' Ces premiers saucissons placés, on les pi< quetera solidement, et on damera la terre derrière eux. Puis on achèvera le revêtement des joues, en posant les autres saucissons de manière à ce que, vers l’ouverture intérieure de l’embrasure, ils posent bien verticalement les uus sur les autres, en se raccordant avec les saucissons des lAerlôns sans en être débordés, et sans les déborder eux-mêmes; et que, vers l’ouverture extérieure, ils s’ouvrent en éventail et sur un talus égal environ à la moitié de la hauteur du point supérieur au-dessus du foud, de sorte que le revêtement forme une surface gauche.

Si l’on a trop à souffrir de la vivacité du feu de l’ennemi, dans la construction des joues des embrasures, on s’en couvrira au moyen d’un masque^

Pour cela, sur la berme, à droite et à gauche de la directrice, on placera debout six des huit gabions que les derniers travailleurs ont apportés avec eux, et on mettra les deux autrés devant la jonction des deux gabions extrêmes de chaque bout. Si ces gabions n’étaient pas bien pleins de fascines, on achèverait de les reniplir avec de la

CaBi )

terre , qui occupe à peu près la capacité qu’il faut donner à l’embrasure, en se tenant de niveau avec le bas de l’ouverture intérieure déjà déterminée. On amoncellera aussi une partie de cette terre devant la ligne des gabions intérieurement, et ou rejettera le surplus à droite et à gauche sur les merlons.

Au lieu de çe masque, on se borne quelquefois à laisser un massif de terre vers le milieu de l’ouverture extérieure de l’embrasure et' sur la berme , en ne creusant qu’une rigole, pour recevoir le saucisson qui doit marquer l’alignement des joues. Mais ce massif gêne beaucoup pour tracei' les embrasures et pour faijre leur revêtement; il garantit moins bien qu’un masque, du feu de l’ennemi, surtout quand la terre est ai^ileuse, et il devient même dangereux, quand elle est mêlée de cailloux.

Quand la batterie est achevée, on renverse le masque ou le massif de terre dans le fossé, ou, si l’op veut, les premiers coups 4e canon en épargnent la peine.

En terminant la batterie, il faut avoir soin

que le dernier rang de saucissons soit ap- |)ujé en arrière à des terres bien damées.

aux

pour le dérober le mieux possible coups de l’ennemi, qui pourraient, en le frappant, endommager une grande partie du revêtement.

On atteindra encore mieux ce but en amoncelant des terres sur le plan supérieur du parapet, comme le font les artilleurs allemands, de manière que le point le plus élevé de l’épaulement, se trouve à i ou a pieds (3o à 6o cent.) du revêtement intérieur.

Nous croyons inutile de rien ajouter aux détails que nous avons déjà donnés, §§. ad et suivans sur la construction des plate, formes. Quand on les aura établies, à la gauche de chacune d’elles, et vei'S le milieu de l’espace qui la sépare de la suivante , on placera deux chevalets distans entre eux de 9 pieds (3 mètres), pour porter l’armement de chaque pièce.

. Chacun de ces chevalets sera formé de deux piquets de a pieds 6 pouces (8o cent) de longueur, qu’on enfoncera en terre obliquement d’environ i pied (3o cent), de manière à ce qu’ils se croisent à angles drçits à peu près vers le milieu de la partie qui sera hors de terre, et on les assujettira

colidemeat dans cette position , eu les liant evec de la mèche.

Pfous renvoyons aussi , pour la construc-> tion des magasins à poudre, à ce que nous avons dit à ce sujet au §. 54, en nous bornant à indiquer ici deux procédés plus expéditifs , employés ordinairement par les artilleurs français. ^

1." A 6 toises (12 mètres) de distance en arrière de la batterie , on creuse un carré de 9 pieds (3 mètres) de côté, et 5 pieds ( 1 mètre) de profondeur j on l’entoure d’un rang de gabions de 3 pieds (ï mèti-e) de hauteur , qu’on remplit de terre , ce qui donne une hauteur de 6 pieds (2 mètres), égale à celle des parapets de tranchée.

On recouvre ensuite ce carré avec des ' saucissons, des poutrelles, ou des madriers qu’on doit alors étançonner, et on charge ce toit avec de la terre pour garantir les magasins de la chute des pr'ôjectilès creux. Les rampes qu’on pratiquera pour y descendre , devront aussi être abritées par de# gabionnades ; car , vu la position de ces magasins, les hommes qui iront chercher les munitions, seraient trop à découvert, Pjins le tracé de ces rampes, il faudra pre^-

dre garde qu’elles ne soient pas enfiléesdes ouvrages de la place, et que les projectiles creux lancés par l’ennemi, ne puissent en ' roulant descendre jusque dans le magasin. On pourra parer à ce dernier inconvénient en arrêtant la pente à quelques pieds en avant de l’ouverture du magasin , et en y creusant un petit fossé.

2." Si on manque de temps et de moyens, on peut encore construire ce magasin plus simplement. Contre un épaulement paraislèle à la batterie, oii appuiera des poutres jointives de lo pouces (27 cent.) d’équarri&r . sage de manière à leur donner un talus de la moitié de leur hauteur; sur ce toit on placera deux rangs de sacs à terre, qu’il sera bon de poser sur un prélart bien tendu et bien goudronné. Cette dernière précaU'r • tion sera très-utile à employer dans totu les cas, pour se garantir de l’infiltration. Pour des poutres de 12 pieds (4 mètres) de long, il faudra que l’épaulement ait environ 9 pieds (3 mètres) de hauteur.*

Nous avons dit que c’était pendant la se-

1. Si on ne pouTait établir les magasins en arriére de la batterie, on pourrait les pratiquer b droite et li gauche dans là commuoicatioD qui la relie aux traacliéM-: cette pctsitiort

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condé nuit que l’on devait faire venir les pièces à la batterie; l’officier devra doue reconnaître avec soin le chemin par lequel il faudra les amener, pour remédier aux obstacles qu’il peut présenter. Il enverra des travailleurs combler les fossés, adoucir les rampes, ralTermir les parties fangeuses, et établir même, s’il le faut, de-petits ponts en poutrelles. Il prendra toutes lesprécau-* tions nécessairespour prévenir la confusion et le désordre, et pour cacher sa marche à l’ennemi, aGn de n’étre pas trop incommodé de son feu. Si, le jour venant, on était obligé d’abandonner une pièce en vue de la place, on la couvrirait avec des fascines, pour que l’ennemi ne l’aperçoive pas.

Marche du travail du second détachement^' suivant la méthode deSttnilleurs allemands.

Voyons maintenant la marche suivie par les artilleurs allemands pour achever la eonsiruetioU^

aurait même cet avantage, <{ae le* magasins ne seraient paï exposés aux coups dirigés sur. la batterie , et que les poin^-' toyears seraient parfaiteiBent eouvtrte.

Le second détachement de traVailleiii^^ qu’on appelle aussi le détachement de remplacement t sera de la même fotce que le premier, et il devra être commandé de ma^^ fiière à arriver à la pointe du jour au dépôt. l)ès la veille, l’officier commandant ce détachement aura été visiter la batterie, pour l’entendre avec celui qu’il doit remplacer « sur les matériau! qu’il sera nécessaire de faire apporter parles travailleurs, afin d’a‘* chever la construction , et pour s’assurer d’avance par lui-même de ce qu’il pourra trouver de fait en arrivant, et de ce qu’illui restera à faire, v '

Aussitôt que les travailleurs de remplacement seront arrivés au dépôt , on le*r distribuera tout le reste des matériaux nécessaires pour achever le revêtement de la ..batterie, et le bois de deux plate-formês^ en leur adj oignant un certain nombre d’où-' Vriers d’artillerie munis de leurs outils pour les établir.

A leur arrivée à la batterie , les travailleurs déposeront avec ordre les matériaux qu’ils auront apportés, près de ceux qui y resteront encore, et arrangeront les* bois des plate- formes par espèce, latéra-

lemeni aux endroits où on doit sten servir^

Pendant ce temp$-lù l’oiBcier examinera les travaux déjà faits, et signera le rapport rédigé par celui qui a commandé le premier détachement, en y consignant toutefois ses observations et les rectifications nécessaires, dans le cas où il ne le trouverait pas con- , forme à la vérité; enfin, le premier détachement s’étant retiré, la distribution du second se fera de la manière suivante : vingt ou trente hommes des travailleurs de la ligne seront désignés pour aplanir et damer l’emplacement des plate-formes, et les autres, dirigés par quelques artilleurs, et sous la conduite de leurs propres officiers, iront chercher les bois de deux autres plate* formes. '

Pendant ce temps- là, l’officier d’artillerie, aidé de quelques canonniers, tracera, la première et la troisième plate-forme, et fera creuser les rigoles, pour y placer les gîtes, suivant ce que nous avons expliqué au §. 38.

Comme nous supposons ici qu’il s’agit de construire une batterie de plein fouet, ces piaociiaif, gîtes devront être enterrés de toute leur*f *®’*'*“'* épaisseur sur le devant ou vers i’épauleraant.

et ils seront Seulement posés sur le sol à leur autre extrémité;

Nous croyons inutile de revenir ici suf les détails que nous avons donnés précédemment sur la construction des plateformes, et nous nous bornerons seulement à faire remarquer que , si lés rigoles se trouvaient creusées trop profondément en quelques points de leur longueur, il ne faudrait pas se contenter de rapporter de la terre jetée à la main ou à la pelle sous les gîtes ^ en les soulevant seulement; mais qu’il faudrait absolument enlever tout-à-fait les gîtes pour battre et damer solidement les terres qu’on serait obligé de rapporter. Car il ne suffit pas de donner aux plate-forme» le talus exigé, il faut encore qu’elles soient assez solides pour supporter pendant longtemps le poids considérable des pièces, et l’effort bien plus considérable encore qu’elles doivent éprouver dans le tir.

Pendant qu’une partie des travailleur»

établissent ainsi les première et troisième plate-formes, ceux qui sont allés chercher les bois des seconde et quatrième, revien-^ dront à la batterie; ils en commenceront l’établissement, et les premiers, après avoir

terminé celles qu’ils avaient commencées y partiront à leur tour pour aller chercher les bois des cinquième et sixième plate-' formes J de sorte qu’après six heures de travail ^ tous les bois à plate-formes pourront être transportés à la battérie, et qu’il devra! y en avoir déjà au moins quatre entière- ^ ment terminées.

D’autres trataillëurs auront été disposés en filé de trois hommes, de 4 pieds en 4 pieds ( 1 mètre 3o cent.) sur toute la longueur de la batterie, comme nous l’avons déjà expliqué au§. 7$, et ils seront employés à creuser le terre-plein de la batterie de manière à lui donner 3 à pieds (65 à 80 cent) dè profondeur. Les terres provenant de ce déblai , formeront pour chaque file un Volume de 700 pieds cubes (environ 36 mètres cubes)î elles seront transportées et déposées le long du parapet, ainsi que l’indique la figure 38, lettre Fi planche X, et on les y laissera en réserve potlr être s« a8,i«ttr.r. emplpyées, pendant la nuit, à achever les massifs des merlons. '

Quand les canonniers auront achevé les plate-formes, ils s’ofccüperont à préparer les saucissons et les piquets nécessaires pour

terminer le revêtement des merlons , 'ce qu’ils devront faire a la nuit tombante, et alors les travailleurs d’infanterie devront être distribués ainsi qu’il suit ; ■

De 6 pieds en 6 pieds (de a mètres en a mètres) de distance, sur toute la longueur de la batterie, deux hommes seront employés à jeter les terres dans le massif des merlons avec leurs pelles, aussi long- temps que cela sera possible ; quand, l’élévation des merlons ne le permettra .plus, un de ces hommes les amoncellera, et l’autre le» . jettera. EnGn, lorsque le progrès de la construction y obligera , un des travailleurs montera dans l’embrasure ,’ y recevra les terres qui y seront jetées par son camarade , et les rejettera lui-méme sur le merlon.

Comme ces difierens travaux n’occuperont pas tous les travailleurs , ceux qui resteront disponibles, serdnt employés à ter- •

miner et à recouvrir les magasins, à placer les saucissons de blindage au-dessus des ouvertures intérieures des embrasures, à transporter les bouches à feu et les munitions, à nettoyer le terre-plein , et à empiler les projectiles.

Les embtasures resteront cepenctant masquées à l’extérieur, comme cela est représenté planche X, figure 28, lettre G, au PianA® x, moyen d’un massif de terre de l’épais- **'**’ ***^'*^‘

seur de 2 pieds (65 cent.) à peu près, qu’on y laissera; seulement, au moment où on introduiralesbouchesàfeu, on abattra unpeu de la partie supérieure de ce masque, afin depouvoir diriger convenableme#t la pièce; quant au*reste, il sera tout naturellement jeté au dehors par l’effet du tir même.

La batterie entièrement achevée, les travailleurs du dernier détachement rassembleront tous les outils et instrumens dont ils se sont servis et les rapporteront au dépôt des approvisionnemens , en laissant' toutefois à la batterie ceux qui pourraient y être nécessaires par la suite pour les réparations. • •' '

Quant à l’officier d’artillerie qui aura dirigé la construction de la batterie, il y restera éncore quelques heures, avec celui qui en prendra le commandement, afin de remarquer , par l’effet des premiers coups , s’il a bien donné aux embrasures la direction qu’elles doivent avoir, et si les plate-formes’ et le coffre ont toute la solidité désirable. '

(agi) ■ *

Établissement d^une batterie dans une nuit^ Nous aTODS expliqué , dans les paragra« phes précédens, les procédés méthodiques et réguliers, adoptés par les artilleurs fran-' çaiset allemands pour la construction d’une batterie : la première méthode exige trentesix heur<n pour la construction d’une batterie horizontale située en avUnt de la parallèle ; et suivant la seconde,, il faut quarante-huit heures de travail pour l’établissement d’une batterie enterrée dans la parallèle. On ne peut se dissimuler cependant qu’une marche aussi lente, si elle assure la solidité et la perfection.de l’ouvrage,, a aussi de grands inconvéniens- ; indépendamment de la perte de temps qu’elle entraîne, elle donne à l’assiégé trop demoyens d’apercevoir les travaux, de reconnaître avec exactitude les points sur lesquels oui se propose d’établir ses batteries, et par conséquent d’y concentrer son feu , de manière à accabler les travailleurs , qui* pourront être forcés de ralentir, intèrrom- ,pre , ou même abandonner tout-à-faift l’ouvrage- ^

' Si l’on pouvait donc abréger et activer ' le travail de manière à terminer la batte* rie dans une seule nuit, il n’est pas douteux qoion y trouverait de grands avantages, et il y a tout lieu de penser que ; si la nature du sol u’ofFre pas de trop grandes diOicultes, on y parviendra en suivant les règles suivantes.

1." On établira ses batteries dans la parallèle même déjà construite , mais en plaçant le cÀté intérieur du coffre sur le bord même de la tranchée, de manière qu’il n’y aura plus qu’à approfondir celle-ci, et à rélai^ir d’en arrière, pour donner au revêtement l’épaisseur qu’il doit avoir, en profitant, à cet effet, de l’épaulement déjà construit de la parallèle.

a.° On aura pour le revêtement et pour les plate-formes des saucissons, piquets, poutrelles, madriers, etc., bien choisis, et exactement des dimemions prescrites; afin qu’en les employant nn ^e soit pas ralenti par la nécessité de les assortir ou de remédier à leur défaut.

3.° On apportera à l’avance tous ces matériaux dans la tranchée , ou on en formera un dépôt à -proximité, et on les y dispo-

sera dans le plus grand.ordre, de ma.nière que les travailleurs puissent les y prendre saus coul'usion et sans se gêner les uns les autres. . , •

• 4-" aura un croquis bien exact et bien

détaillé de la batterie, avec les dimensions qu’on devra donner à toutes ses parties; afin de n’avoir plus qu’à s’y conformer, pour diriger le travail, de sorte qu’aussitôt commencé on puisse le continuer sans tâtonnement et sans hésitation, jusqu’à ce qu’il soit entièrement terminé.

5. ” On augmentera la force des détaçbemens, de manière à diminuer la tâche de chacun des travailleui's, sans pourtant les rendre assez nombreux pour qu’ils puissent se gêner les uns les autres; on multipliera surtout les officiers et les sous-officiers, et, on leur donnera leurs propres troupes à conduire, afin de rendre la surveillance plus active, plus immédiate- et plus efficace.

6. “ On relèvera les travailleurs plus souvent , toutes les six heures au plus tard; on excitera leur ardeur et leur zèle en leur

assignant une tâche, en leur offrant des récompenses pécuniaires ^ S* ce sont des mercenaires , ou en employant le mobile

plus noble et plus puissant de l’honneur, si on a affaire à de bonnes troupes. *

' Si l’on peut espérer, comme nous l’avons dit, de construire les batteries en une nuit, en se conformant exactement aux règles ci-dessus, il faut avouer cependant que, par ce procédé expéditif, on ne parviendra jamais à leur donner la solidité et la régularité auxquelles on peut les porter ensuivant l’une des deux marches plus lentes, mais plus méthodiques, que nous avons exposées précédemment; mais on aura beaucoup obtenu si les batteries sont en état de faire feu à la pointe du jour; et si on y reconnaît quelques défauts essentiels, on aura le temps d’y remédier à sou aise pendant le cours du siège, dans les momens où l’assiégeant se verra obligé de ralentir son feu.'

Le prince Auguste de Prusse, dans ses

I. Voyez an exemple de 4a construction en une nuit d une laiterie, an polygone de^Simmering, !i Vienne, an mois d’Août 1808 (Traité élémenlaire d'arlillerie , de Decker, tradnit par J. Ravichio de Peretsdorf et A. P. F. Nancy, note de la page 554); mais il convient d'observer que, dans celle circonstance, on n'avait point k souffrir da feu de l’ennemi et rien à craindre de ses sorties.

Remarques sur la guerre de siège, va jü»» qu’à conseiller de faire construire plusieurs batteries dans la nuit même de l’ouverture de la tranchée; et il n’est pas douteux qu’on y trouverait de grands avantages, si on pouvait y parvenir; mais cela semble au moins douteux, surtout pour des batteries de canon, et si on suppose que la garnison de la place assiégée soit bonne et bien commandée, f

Cependant, comme les batteries les plus nécessaires, lors du commencement des sièges, sont celles de mortiers, et que la construction assez facile de ces batteries peut être encore fort souvent abrégée et facilitée par des accidens de terrain, tels que ravins, monticules, digues, terrasses, etc., on pourra assez fréquemment suivre cette méthode pour cette espèce particulière de batteries, pourvu qu’on ait à sa disposition un nombre su/Ksant de travailleurs.

1. Voyez le Traité d'aitillerie cité cUdessus, livre 3, sec*' tien 3, article 4> ^44*

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