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CHAPITRE XII

Détails pratiques particuliers à la cons-> traction des batteries à ricochet et d’obusiers,

Construction des batteries à ricochet et . d’obusiers, d’après les artilleurs français.

Les artilleurs français comtruiséat leurs batteries de canon pgur tirer à ricochet, d’après les mêmes principes que nous avons exposés pour les batteries de plein fouet, en observant seulement ;

i.° D’établir les plate -formes horizontalement, attendu que les pièces ne tirent qu’à faible charge, elles ne pourraient sortir de Batterie si les plate-formes avaient un talus, et qu’en outre le tir, déjà fort incertain par lui- même, aurait encore beaucoup moins de justesse. , - .

• De donner à la genouillère jusqu’à 5 pieds ( 1 mètre 6o cent. ) de hauteur,; de

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n’employer que deux saucissons pour le revêtement des joues des embrasures, et de donner à celles-ci ^ k S pouces (lo à i4 centimètres) de pente de l’extérieur à l’intérieur.

Quelques auteurs conseillent même de se dispenser entièrement de faire des embrasures, en donnant seulement à la plongée, et de l’extérieur à l’intérieur, une pente proportionnée à l’angle sous lequel on doit tirer et en éloignant convenablement les pièces de l’épaulement. En supposant que le coflre d’une batterie à ricochet, construite d’après ce principe, ait i8 pieds (6 mè(res) d’épaisseur, que la hauteur extérieure de l’épanlement soit de 7 pieds (a mètres 3o cent), et qu’on donne à la plongée une pente telle qu’elle fasse avec l’horizon un angle desix degrés, on trouvera, soit par le calcul, soit par un tracé géométrique, que la hauteur du revêtement intérieur sera de 5 pieds i pouce (1 mètre 65 cent) environ , et que la bouche d’un canon de a4« tirant sous un angle de six degrés, devra être éloignée de la chemise de 4 pieds a pouces (i mètre 55 cent), pour que le boulet passe par-dessus l'épaulement 11 est

‘entieirdu qu’on pourrait rapprocher la pièce, si l’on tirait sous un plus grand angle, tandis' qu’il faudrait l’éloigner davantage, si on lui donnait moins d’élévation.

Quant aux batteries d’obusiers , les artilleurs français leur donnent les mêmes dimensions qu’à celles des canons, et une hauteur de genouillère de 5 pieds S^pottces ( mètre 20 cent.) également.

Comme ces bouches à feu ont peu de longueur, et que leur ame est d’un grand diamètre, on donne 2 pieds 6 pouces (80 c.) de largeur à l’ouverture intérieure dé l’embrasure; celle de l’ouverture extérieure est de 9 pieds ("3" mètres) : le fond est toujours , en pente de l’extérieur à l’intérieur, et l’on tâche qu’il se raccorde avec le plan^ supérieur de l’épaulement.

En général, l’inclinaison qu’on lui*donne est de dix degrés, angle sous lequel on tire ordinairement l’obusier , ce qui fait que , l’axe de la bouche à feu sé trouvant parallèle au plan inférieur de l’embrasure, les canonniers se trouvent couverts autant qu’il est possible qu’ils le soient. '

Les obusiers peuvent se pointer jusque sous l’angle de vingt degrés; mais ce tir

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détruit promptement les afFÊits, et ne donne que des ricochets très-incertains.*

Les plate -formes pour ces bouches à feu se font toujours horizontales; la batterie peut dans tous les cas être enterrée jusqu’à la genouillère, et elle exige un petit magasin particulier pour le chargement des obus.

Construction des batteries à ricochet, d’après les artilleurs allemands.

Les artilleurs allemands ne distinguent pas, dans leur construction, les batteries d’ohusiers des autres batteries à ricochet. Comme l’enfoncement qu’ils donnent aux une et aux autres est égal à la profondeur du fossé de la tranchée; que le pro-

1. Au moi$ de Jaillet 179s, étant capitaine d'artillerie an aervice dn roi de Sardaigne, je me trouvai li ime batterie piémontaUe dirigée contre la redoute de Toueacb , et noa obua n'arrivant pas jusqu'à l’ennemi, tandis que nous recevions les siens, le général ordonna impérativement de pointer sous on plus grand angle. Obligé d'obéir à cet ordre, on porta effectivement les obos jusque sur la redoute; mais en moins d'une heure les affûts de nos obusiers furent mis en-^ tièrement hors de service, comme on l’avait prévu, (iVote ' 4u général Ravichio.)

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fil de leur parapet a la même épaûsear que répaulemeut de cette tranchée, et qu’enfîn les bouches à feu peuvent n’y être éloignées les' unes des autres que de i5 pieds ( 5 mètres) d’axe en axe, ils^ ne mettent ordinairement que Vingt-quatre heures à construire une batterie de cegenre, et ils y parviennent d’autant plus facilement, qu’il ne faut que 24 à a5 pieds ( 8 mèt. à 8 mètres 3o centimèt.) de largeur à son terre -plein, et que sur cette laigeur il y a déjà 4 pieds ( i mètre Sa centimètres) à déduire , pour celle du fossé de la tranchée déjà creusée. ( Voyez les PI. XI, XII et XIII.)

. Si cependant on veut être bien sûr de pouvoir commencer le feu d’une semblable batterie le matin du second jour, il faudra que les travailleurs mettent une grande activité dans leurs travaux, et l’on fera même bien d’en augmenter le nombre de quarante pour cent, afin que la construction ne risque point d’être ralentie par l’absence de ceux <|ui pourraient être blessés ou qui viendraient à manquer par quelque autre cause.

Si on a pris toutes ces précautions, etsi^

napcha XI, fig. »9-.

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la batterie ne devant tirer que sous Ï’aiïgle de neuf degrés, son revêtement jae doit avoir que cinq rangs et demi de saucissons de hauteur, on pourra compter , avec certitude, qu’elle sera terminée au com- , mencement du second jour; et il faudra par conséquent travailler avant la nuit à préparer et aplanir l’emplacement des plate-formes et même les faire tracer; puis, à ’ la chute du jour, faire commencer le magasin à poudre et les communications, afin qu’on puisse les achever et mettre la batterie en état de faire feu aussitôt le coflTre terminé.

Mais si , d’après la marche du travail , on prévoyait qu’il fût tout- à-fait impossible d’achever le revêtement de la batterie avant le commencement du second jour, il faudrait alors ajourner la construction des plate -formes, et s’occuper de préférence de celle du magasin à poudre, puisqu’on aurait toujours le temps de travailler sans danger aux plate - formes, pendant \e second jour.

Les artilleurs allemands éloignent les plate-formes pour ces batteries, de a, 5 et même 4 pieds (65 cent, i mètre, i mètre

5o cent) du revêtement intérieur; ils les placent, comme les artilleurs français, bien exactement dans la direction de là ligne de tir, et ils ont soin aussi de les établir bien horizontales.

Comme les embrasures de ces batteries n’ont que très- peu de profondeur, ils se dispensent d’en revêtir les joues, et pour mieux préserver les saucissons du revêtement intérieur de l’effet destructeur de la flamme de la pièce, il leur arrive souvent de donner à l’ouverture intérieure de cette embrasure pieds (75 cent), au lieu de a pieds ( 65 cent ) ; on fera bien surtout de prendre cette précaution dans les temps secs, les fascinages de toute espèce étant plus exposés aloK à se dégrader.^'

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