‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 38 sur 50 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Des batteries de places.^

. §• Il O.

Premières dispositions de l’artiUerie pour la

défense d’une place; embrasures à faire ■' pour les canons montés sur. affûts de place.

Le premier armement, ou la première disposition de l’artillerie sur les remparts d’une place exposée à être attaquée, a pour objet, i.° de rendre l’ennemi circonspect, en

I. Voyez l'ouvrage de M. le lieutenant'colonel d'arlillerie Paixlians, iuülulé : Nouvelle force marilime , Paris,

3. Ce chapitre, presque tout entier, est extrait à peu près textuellement d'un savant Mémoire de M. le lieulenantv général baron Berge, Sur le tervice et temploi de Fartillerie dans les places assiégées. Cet ofCcier. général ayant bieit voulu nous permettre de nous enrichir de son travail, c'est pour nous un devoir et un plaisir de lui en témoigner ic) jpnbliquement notre sincère reconnaissance.

lui faisant voir qu’on est en. mesure de le repousser ; 2.“ de défendre les approches de la place, ainsi que les parties de sa fortification susceptibles de surprise et d'fescalade; 3.° de protéger les troupes et les partis qui peuvent être obligés à venir se réfugier sous son canon. Ces différens objets ne sauraient être efficacement remplis que par des feux directs qui paissent suivre facilement tous les mouvemens de l’ennemi : ainsi ce premier armement ne devra être composé que de canons et d’obusiers; et afîn que les canons aient le plu^ grand champ de tir possible, on les montera sur affûts de place , à l’exception cependant de ceux qui seront placés sur les flancs des bastions ou dans de petits ouvrages dçtacbés. Dans les emplacemens où le champ de tir est très-borné et dans ceux où les pièces ont besoin de beaucoup de mobilité, on les montera sur affût de siège ou de campagne.

D’après ce principe on ne fera point usage des barbettes qu’on élevait ordinairement au saillant des bastions et des demi-

lunes, pour y placer des canons sur affûts de siège avant que Gribeauval.eû.t construit ses affûts de place, à moins cependant que,

manquant de ces derniers affûts, on soit obligé de se servir des premiers.

Ces barbettes ont en effet différens inconvéniens assez graves :

1.“ Leur construction exige un mouvement de terre et un travail assez considérables; 2." les hommes qu’on est obligé d’y ^ réunir, pour le service des bouches à feu, , y sont en grande partie à découÿ’ert; 3.“ , ^

. elles indiquent à l’assiégeant la position des saillans et la direction des faces, dont il lui serait fort difficile, sans cela, de faire la reconnaissance dans beaucoup de circonstances ; J® transformation de ces barbettes en batteries de place exigerait par la > suite un travail considérable , dans le moment même où l’assiégé aura le plus à faire' pour résister'efficacement à l’attaque.

Si donc il existe de ces barbettes dans les places à armer, on fera bien de les sup- ' primer', et on emploîra les terres qui en

1 . Dans nn Mémoire sur rarmement des places , rédigé par M. le capitaine du génie Villeneuve , sous les yeux et diaprés les idées de M- le lieutenant-général vicomte Rognia't, On conseille de laisser en barbette les pièces composant l'armement de sûreté , et on entend par là celui qu’uue place doit avoir dés l’investissement, qu’il est prudent de disposer

proviendront à la formation des traverses , des petits magasins à poudre et des paradas ^ dont nous parlerons par la suite, ou bien on la mettra en réserve pour s’en servir au - besoin J et on ne conservera que les bar-

bettes des petits ouvrages détachés , pour être armées en bouches à feu de petits calibres , montées sur affûts de siège et de

> ’ sur ses remparts arant même qu'elle soit attaquée, et dont

une partie doit y rester jusqu'à la fin du siège, pour défendre I contre les surprises et les attaques de vive force les parties des fortifications contre lesquelles ne sont pas dirigées les attaques régulières; mais les barbettes construites en même temps que la fortification, étant ordinairement fort dégradées au moment de la mise en état de siéÿe, il faudra d'abord en égaliser le sol et en réparer les rampes, ce qui exigera, pour chacune d'elles, deux heures de traTail de cinq hommes. On aura ensuite à disposer sur chaque barbette trois plate-formes, qui exigeront chacune le trarail de cinq hommes pen> dant deux heures; enfin, on devra revêtir en saucissons le talus intérieur de la barbette, dont la surface est d'environ 36 mètres carrés, et, suivant le Mémoire que nous citons, il~ , faudra pour ce revêtement quinze heures de travail de quatre hommes , de sorte que la mise en état d'une barbette detnandera environ cent heures de travail d'un homme.' Quant à la transformation d'une batterie à barbette en batterie à embrasure, yoici comment est établi , dans le même Mémoire , le calcul du déblai et du temps nécessaire pour l'exécnter : n Le terre-plein d'une barbette est à i mètre i5 centimètresenviron au-dessous de la crête du parapet, et sa surface.

campagne, comme nous l’avons dit plus haut. '

Il sera très-âvantageux de pratiquer dans le parapet, pour les canons montés sur affûts de place , des embrasures de i pied (3a cent.) de profondeur, auxquelles on donnera toute l’ouverture nécessaire pour que ces canons puissent tirer dans tout le

« variable suivant l’angle plus ou moins grand (jue forment H les deux faces de l’ouvrage , est en général de i So mètres n carrés pour une barbette de trois pièces. Mous admettons « qu’on exhausse les merlons de So cent. , et qu’on baisse le n terre-plein jusqu’b a mètres ii cent. (6 pieds 6 pouces) « au-dessous de la nouvelle crête, -‘cela exigera qu’on le a creuse de 45 cent., et donnera un déblai d’environ 67 mèt. a cubes, lesquels, joints à i5 mètres cubes fournis par les (( embrasures, feront 8a mètres cubes, sans tenir compte a du foisonnement. Ces terres suffiront presque toujours « pour l’exhaussement des merlons, dont le volume varie ;a aussi avec l’angle des deux faces de la barbette , mais a n’excède guère 90 mètres cubes dans le cas le plus défaa vorable , celui d'un angle de 60°. Le déblai de ces terres « et leur jet sur les merlons exigent environ deux cent dix

heures de travail d’un homme; le placement des bois des a trois plate-formes , trente heures ; le placement de deux « rangs de saucissons pour soutenir l’exhaussement des mera Ions, seize heures; le revêtement des joues des trois em- K brasures , soixante-douze heures. Il faut donc trois cent a vingt-huit heures de travail d’un homme pour transformer a complètement une barbette en nas batterie à embrasure.”

champ de tir que leurs alTuts leur permettront d’embrasser. Les terres provenant de ces embrasures seront mises en réserve, pour en resserrer plus tard l’ouverture , quand la proximité de l’assiégeant rendra ce travail nécessaire , afin de couvrir le mieux possible les canonniers et les pièces elles-mêmes. ,

On fait obserA'er, avec raison, que les embrasures exigent du travail et servent de point de mire à .l’artillerie de l’assiégeant ^ mais aussi, si on n’en faisait pas, la pièce et son affût ne seraient plus sufiisamment couverts par les traverses et se trouveraient exposés au ricochet. Ce motif, et la sûreté que les merlons procurent aux canonniers, nous paraît devoir engager à les adopter, et nous pensons que, dans les places dont les fossés sont secs, on fera bien d’ouvrir immédiatement deux embrasures au moins à chacun des flancs des bastions où cela paraîtra nécessaire, l’une pour recevoir une pièce de petit calibre, qu’on doitplacer dès l’investissement , et l’autre pour en recevoir plus tard une deuxième au besoin.

, Pour faire une embrasure, on ouvre le parapet symétriquement à droite et à gau-

elle du plan vertical , passant par la directrice, de manière à ce que cette embrasure aie 1 pied (3a cent.) de profondeur, et 20 pouces (54 cent.) de largeur à soU ouverture intérieure ; et à son ouverture extérieure, 9 pieds (3 mètres) de largeur, avec la profondeur nécessaii’e pour qu’on puisse bien découvrir l’objet qu’on veut battre.

Les terres provenant de cette excavation seroût rejetées à droite et à gauche sur les merlons. *

Si l’on veut donner plus de Solidité à l’embrasure, il faudra l’agrandir d’uü pied de plus de chaque côté de la directrice, et revêtir chaque joue d’un 'saucisson d’un pied (3a cent.) de diamètre, bien piqueté.

On pourrait se dispenser de faire une ouverture dans le parapet, et placer immé-

1. Suirant le ytémoire sur C armement des places précité, une embrasure pour canon ou obusier monté sur aiTût de place , demande un déblai total de 7 mètres cubes , et il faut , pour la construire entièrement , trente heures de travail d'un homme. Quant il l’embrasure pour pièce montée sur affût de siège, elle exige un déblai de i4 mètres cubes, ei demande pour sa construction jusqu'*à soixante heures de tsavail.

dlatement les deux saucissons, l’un à droite et l’autre à gauche du plan directeur, en leur donnant 30 pouces (57|. cent) d’écartement à l’intérieur, et 9 pieds (3 met) à 1 extérieur; on les piqueterait solidementsur le parapet et on rapporterait de la terre derrière eux sur Içs merlons, pour les soutenir.

De celte manière les embrasures seraient faites plus tôt , mais la pièce et les servans seraient bien moins couverts, et, comme le sol des plate-formes devrait être élevé d’un pied (32 cent) de plus, elles seraient plus longues à construire et beaucoup moins

solides. '

Une observation qu’il nous paraît impor- ^ tant de faire, c'est qu’après une longue paix les parapets des places se trouvent oïdinairement très-déformés et considérablement diminués de hauteur; en mettant les pièces en batterie , il faudra donc avoir soin de rétablir autant que possible les dimensions primitives de ces parapets, et on refera le revêtement intérieur sur une longueur de 12 pieds ( 4 mètres) au moins pour chaque pièce, en se servant à cet effet de gazons, de saucissons , ou de tous autres matériaux qu’il paraîtrait convenable d’employer d’a-

|)rès la nature des terres ou les moyens . qu'on aurait à sa disposition.

Traverses et paradas à faire sur les faces des ouvrages des fronts d’attaque.

Les dispositions qui précèdent soiit les Seules qu’il soit indispensable de faire, dans toutes les places d’une frontière, dès qu’on peut présumer quelle deviendra le théâtre <le la guerre J mais, aussitôt qu’une de cès places sera assez sérieusement menacée pour être mise en état de siège, il faudra s’occuper de faire faire des traverses et des paradas sur toutes les faces des ouvrages des fronts contre lesquels les attaques pourraient être dirigées: ces ouvrages additionnels, placés sur les terres-pleins et adossés contre les batteries, seront d’une grande utilité, ce qu’ils arrêteront les projectiles dans la branche descendante de leur' trajectoire, et annulleront ainsi une grande partie des ricochets. '

L’assiégeant plaçant’ ordinairement ses premières batteries sur le prolongement des faces des oùvrages du front d’attaque ,

et l’assiégé devant disposer son artillerie de manière à contre-battre ces batteries avec le plus d’avantage possible, la position d’où elle remplira le mieux ce premier objet, sera en général près des saillans. En consé* “quence, les traverses, qu’on fera de deux en deux pièces^ seront établies de manière à ce que le pied du talus de la première se trouve à 2 1 pieds (7 mèt.) au moins du saillant pour les angles de 1 x 6°, à 24 pieds (8 mèt.) pour ceux de 100°, et à 33 pieds (11 mèt.) pour ceux de 85", afin qu’il y ait un intervalle d’environ 9 pieds (3 mèt.) entre les extrémités les plus rapprochées des deux premières traverses placées sur les deux faces, et que la pièce qui doit être mise en batterie au saillant, puisse passer facilement par cet intervalle, •

1. « Toute râgle a «es exceptions, aussi sera-l-ij conva- « nable quelquefois de renoucer k mettre deux pièces entre „ les traverses t par' exemple , si la place est mal défilée , « ou si l'on n’a qu'un petit nombre de pièces, on fera bien « de les conserver chacune entre deux traverses. Il peut « arriver aussi que les pièees d’une face d’ouvrage soient « obligées de tirer si obliquement, par rapport à la crête «* du parapet , qu’une même traverse ne puisse couvrir it qu’une seule pièce. • {Mémoire sur tarmement des places, déjà cité. ) * ...

Toutes les autres traverses seront placées à 24 pieds (8 met.) d’intervalle entre elles: on leur donnera 7 pieds 3 pouces (2 met. 35 cent.) de hauteur au-dessus des plateformes, mesure prise au heurtoirj 1 6 pieds (5 met 20 cent) de largeur à la basej 12pieds (4 mèt) de largeur au sommet j et 21 pieds (7 mèt) de longueur, mesure px'ise à la hauteur des plate-formes sur les remparts du corps de place, où il restera encore une largeur plus que suQisante pour là circulation des voitures. Sur les remparts des demi-lunes, contre-gardes, et autres ouvrages, dont la largeur est beaucoup moindre , et sur lesquels il sera nécessaire que les voitures puissent circuler, il faudra diminuer la longueur des traverses} cependant il suffiaa, en général, de laisser près de la contrescarpe une communicatio-n de 3 pieds ( 1 mèt) de largeur pour le passage des hommes, afin de garantir le mieux possible le terre-plein des effets du ricochet

On donnera au talus de ces traverses les deux septièmes de leur hauteur, et ou les revêtira en saucissons, en gabions ou en claies. Les revêtemens les plus solides et les plus faciles à réparer sont ceux qui sont en saii-

cissons ou en clayonnage jusqu’à 4X (i met 5o cent) de hauteur, et ensuite en gabions : la partie supérieure étant celle qui est le plus exposée à être endommagée par le feu de l’assiégeant, les gabions qui auront besoin d’être remplacés, le seront beaucoup plus facilement et plus promptement que ne le seraient des saucissons et des claies.'

Il est entendu qu’eri construisant les trar

I. Dans le Mémoire sur l'armement des places, déjà cité, OD suppose que , dans les cas ordinaires, on réglera la lianteur ordinaire des traverses à 5o ceni. au-dessus de la crête du parapet, ce qui leur donnera' 3 mètres de hauteur au-dessus du terre-plein, et leur épaisseur est fixée H 4 métrés de largeur à la base, et à a mètres Go centim. au sommet. Quant à leur longueur, on la porte, comme nous l'avons fait ici , à 7 mètres; mais on conseille de pratiquer dans leur épaisseur un petit magasin d’environ 4 met. cubes de capacité, pour y conserver les munitions nécessaires à la consommatieffa j^rnatière de deux ou trois pièces. D’après ces données, le massif d'uuc traverse serait d'environ 65 mètres cubés. En déduisant de ce volume i3 mètres cubes pour celui de la banquette et des l.vlus engagés dans cette traverse, ‘plus 7 mètres cubes pour le volume de cinquante-deux gabions employés au revêtement du talus de la banquette ^ et pour le volume de soixante à soixante -dix fascines employées à couronner les gabions, on trouve qu’il reste à fournir 45 mètres cubes de terre pour chaque traverse. Or, comme ôn propose, dans ce Mémoire, de monter sur affût de place la pièce la plus voisine de la traverse couvrante et de descendre là sç-

yerses, on formera entre elles le terre-plein sur lequel devront être établies les plateformes des affûts déplacé, de telle manière que la* surface supérieure du contre-lisoir soit à 5 pieds 5 pouces ( i met. 70 cent.) audessous de la crête du parapet ou du fond de l’embrasure. Les terres qui j>roviendront de la suppression de la banquette devront suffire, en général, pour fonner ce terre-

coade pièce sur affût de siège, aGo de la mettre mieux k l’abri du ricochet , les deux embrasures foiiruirunt , daos cette supposition , environ ai mètres cubes de terres,* qu’on pourra employer à la construction des traverses dans le cas le plus ordinaire, c’est-à-dire, quand les terres de la banquette et de son talus suiEront poui' les plate^formes. L’excédant à se procurer sera donc d’environ 34 mètres cubes, et on les trouvera, pour les tr.averses des bastions, soit dans les fosses des retranchemens intérieurs, soit au pied du talus du rempart, soit dans le déblai des embrasures pratiquées sur les flancs et les courtines. Quant aux traverses des demilunes , on pourra prendre les terres nécessaires à leur construction dans les fossés des réduits. Dans tous les cas , leur déblai et leur transport, qui n'aura lieu qu’a quatre relais au plus de distance, n’exigeront. Suivant l'ouvrage que nous citon^que quatre-vingt-dix heures de travail d'un homme pour chaque traverse : ajoutant soixante heures pour réunir les terres dans le coffre, et autant pour le revélemeut extérieur et pour celui du mag.xsin à poudre , on trouvera en tout deux cent dix heures de travail d'un homme pour chaque traverse. ■*

plein. On donnera à l’embrasure la profondeur nécessaire pour que la solidité du prisme de déblai soit égale à celle du prisme de remblai, ce qui renferme cette profondeur entre les limites de i pied (3a cent.) à 1 pied 6 pouces (5o cent.)

' La position des traverses étant invariablement fixée par la nature meme des choses, il serait à désirer qu’elles fussent construitça d’une manière permanente, en même temps que les remparts, comme le sont celles du chemin couvert, qui ne nous paraissent pas plus importantes que les premières , surtout dans les ouvrages avancés. Lorsque les fossés de ces ouvrages sont secs, on peut y prendre les terres nécessaires à la construction de ces traverses; mais lorsque ces fossés sont pleins d’eau , la difficulté qu’on éprouve pour aller chercher des terres au loin peut devenir telle, vu le peu de temps et de moyens qu’on y peut employer, qu’elle rende à peu près impossible l’établissement des traverses, et cela au inoq|ent où elles seraient le plus nécessaires.

Les canons mis en batterie entre les tra- . verses seront espacés ‘de 12 pieds (4mèt.) d’axe en axe, et auront un champ de tie

d’environ 58"j s’il paraissait utile -de leur en donner un plus grand, on y parviendrait en faisant une coupure dans les travei’ses à hauteur du châssis.

En supposant qu’on construise deux traverses ainsi disposées sur chaque face des bastions et des demi-lunes des fronts d’attaque , on pourra mettre quatre pièces eu batterie sur chacune d’elles, non compris la pièce placée en capitale, et cet armement occupera de i8 à ao toises ( 36 à 40 mèt. ) sur chaque face.

On ne mettra point de pièce entre celle qui est en capitale et la première traverse, parce que les projectiles tirés par l’assiégeant pour ricocher la face adjacente, de- ’ vant passer par cet intervalle, cette pièce 5e trouverait exposée à être battue directement par tous ces coups, et à être prise en rouage par les projectiles qui ricocheraient la face sur laquelle elle serait placée, de sorte qu’elle ne pourrait manquer d’être bientôt mise hors de service. Au contraire, par la disposition que nous avons indiquée, aucune pièce ne pourra être battue tout à la fois directement et de flanc par les projectiles de l’assiégeant

Les parados pourront être construiUi très-facilement et très promptement, en y employant des gabions de 4 X pieds ( 1 mèt. 5o cent.) de hauteur, et de 3 pieds ( 1 mèt.) de diamètre. Chaque gahionade sera formée de deux étages, dont le premier contiendra quatre rangs de gabions, et le second trois, et les gabions seront liés entre eux au moyen de fascines, etc, '

. ; §• lia. ' '•

Plate-formés pour les canons ou ohusiers

montés sur affûts de place avec l’ancien

châssis et avec le châssis modifié,

Il faut pour une plate-forme à canon ou obusier déplacé:

Un contre-lisoir. Il a 4 pieds 11 pouces (1 mètre 60 cent.) de longueur, "'S pouces (32 cent.) de hauteur, et 9 pouces (24 cent.) d’épaisseur; il est percé au milieu pour recevoir. la cheville ouvrière, et il est entaillé supérieurement à chacune de ses extrémités de 5 pouces (14 cent.) en longueur et eu profondeur, pour loger les bouts des deux grandes poutrelles extrêmes. L’orifice supérieur du frou de la cheville ouvrière est

consolidé par une rondelle à oreille , encas* trée dans le bois de toute l’épaisseur de$ oreilles.

Trois poutrelles. Elles ont 14 pieds (4 mèt,

55 cent.) de long, et 5 pouces ( j4 cent.) d’équarrissage.

Un gîte cintré. Il a 6 pieds (3 met.) de longueur, 6 pouces (14 cent.) de hauteur; ' et avant d’étre cintré, 6 pouces (j6 cent) de largeur, qu’on réduit à 4 pouces (i 1 cent.) Ank extrémités en le cintrant

Deux gîtes droits. Le premier a C pieds.

6 pouces (2 met 1,1 cent), le dernier 8 pieds (2 met. 60 cent) de longueur, et ils ont l’un et l’autre 5 pouces (14 cent) d’é» quarrissage, -

\in bout de madrier. Il a 2 à 5 pieds (65 cent, à 1 met) de longueur, et 1 pied (3a cent ) de largeur.

Pour construire la plate-forme, on abaisse . d’abord la banquette jusqu’à 6 pieds (2 mèt.) au-dessous de la crête du parapet ou du fond de l’embrasiu’e; puis on place le contre-lisoir bien perpendiculairement à la directrice qui doit le couper dans son milieu, le devant à 2 pieds (65 cent) de l’épaulepient,' et sa face supéHeure bien exacte»

ment à la distance où il doit être au-dessous de la crête du parapet ou du fond de l’embrasure.

Les trois poutrelles sont placées ensuite parallèlement entre elles^ leur face supé- ' rieure dans un plan incliné de 5 pouces (i4 cent.) de l’arrière à l’avant: les deux extrêmes sont logées dans les encastremens des bouts du contre-lisoir; celle du milieu appuie seulement contre le derrière de ce contre-lisoir, et elle est placée de manière .à se trouver directement sous l’auget.

Ces poutrelles étant placées , les intervalles qu’elles laissent entre elles seront remplis avec de la terre , qu’on damera comme aux plate-formes des batteries de siège ; puis on posera les gites par-dessus. Le gîte cintré se placera à 7 pouces ( 19 cent.) en arrière du contre-lisoir, mesure prise de son cintre, qui doit être tourné vers le lisoir. Le premier gîte sera placé à l’endroit de la plate-forme qui correspond à l’entretoise du milieu du châssis , et le second à 1 pied du bout du châssis; tous trois bien perpendiculairement à la directrice et partagés dans leur milieu par cette ligne ; chacun d’eux contenu à chaque

Lout par un piquet de 3X pieds ( i mètrtf ,a5 cent) de longueur, et de 3 pouces (8 cent.) d’équarrissage à la tête. ‘

Quand les gîtes seront bien fixés, au moyen de fo|(ts piquets, dans la position qu’ils doivent occuper, on remplira de terre les intervallqs qu’ils laissent entre eùx, en lais-^ sant vide toutefois celui qui existe entre le gîte cintré et l’épaulement , ce vide étant nécessaire pour le jeu du lisoir. On rapportera également de la terre à la queue de la plate-forme et on y placera le bout de ® madrier, sa longueur perpendiculaire à l’auget, pour servir de point d’appui aux leviers, quand on embarrera pour donner la direction à la pièce.

Enfin , on fera les chevalets pour les armemens et on donnera del’éçoulementaux eaux de l’avant à l’arrière de la batterie, comme dans les batteries de siège. *

1 . n La crête du parapet étant ordinairement à a mètres « 5o cent, de hauteur au-dessus du terre-plein, il s’en suit « que la plate-forme est élevée en remblai de 55 cent, suit dessus de ce terre-plein it l'arrière , et de 3g centimèt. à it l'avant, ce qui forme un volume de a mètres 48 centim. „ cubes par mètre courant. Une partie de ce remblai se « trouve déjà comprise dans la masse de la banquette et de

Tout ce que nous venons de dire s’appli-* que aux plate-formes construites pour des canons ou obusiers montés sur l’affîit de place et son châssis, tels qu’ils se trouvent décrits dans les tables de construction de Gribeauval ; mais , si ce système présente des avantages précieux, tels que de procurer à la pièce un pointement exact, d’assurer sa direction, même pendant la nuity de maintenir le recul dans des limites données, etc., il a aussi quelques défauts, qu’on ® a reconnus depuis long-temps.

„ son talus ; l'antre partie se forme au moyen des terres K ‘qu'on se procuré en abaissant jusqu'au niveau de Iq plate- „ forme la portion dc banquette cerre.spondante. C'est K une condition que doivent remplir les dimensions données )t par l'ingénieur a la banquette et k son talus, d'offrir ainsi « les terres nécessaires pour les plate- fortnes ; et dans le « cas d'un ouvrage en terrain horizontal , voici quelles sont n ces dimensions : abaissement de la banquette au-dessous de la crête, i mètre 4<> cent.^ largeur de la banquette, (c 1 mètre ao cent.; base du tains de la banquette, a mètres K ao centim. On trouve alors en-deçk du talus inférieur , « supposé prolongé jusqu’au terre -plein, un volume de K a mètres 35 cent, cubes par mètre courant; ce qui audit, n au moyen du foisonnement, pour former le remblai d’un K mètre courant de .plate-forme.

a Lorsque le plan de défileme'nt de l'ouvrage a une grande e inclinaison' dans la sens perpendiculaire k la crête, il

Pour ne parler ici que de ceux qui tien-* nent à la plate-forme, nous dirons:

1. ° Qu’elle exige, lorsqu’on veut que la pièce puisse tirer par-dessus le parapet, un massif de terres rapportées assez considérable , surtout sur l’arrière , à cause du talus que l’on est obligea lui ^donner pour modérer le recul.

2. ° Qu’elle ne fournit pas un champ de tir assez étendu; l’angle qui mesure ce champ de tir se trouvant réduit à i8“; il pourrait bien, à la rigueur, être porté à 3o*’, mais^

«I peut arriver que le canonnier plaéé ii l'arriére de la « plate-forme ne soit plus entièrement couvert par l'épan- « Icment, et que la banquette et son talus ne fournissent « plus les terres necessaires au remblai de cette plate-forme, n Ces inconvéniens ont peu d’importance lorsque le plan de n défilement n’est incliné qu’au trentième ; car , dans ce « cas, le canonnier reste k couvert, k l’arrière de la plate- « forme , sur une hauteur de i mètre 76 cent., et le vo- K lume de la plate-forme, porté k a mètres 80 cent, cubes, a se trouve encore, soit dans les terres de la banquette et ,( de son talus, soit dans celles que fournit l’embrasure de n la pièce. Les ingénieurs cherchent k éviter une inclinaison (( plus roide que celle du trentième; cependant ils sont quel- K quefois contraints de dépasser cette limite , et alors on se « trouve dans la nécessité d’abaisser un peu les plate-formés « et de donner plus de profondeur aux embrasures. ” (Æfemoire sur V armement des places, déjk rité.)

^ * * • • • « alors le cliâssis , dans ses dispositions GX*

,trémes, ne reposerait plus tout entier sur la plate-forme, et d’ailleurs l’inclinaison de celle-ci nuit à la justesse du tir , v aussitôt qu’on écarte l’axe du châssis, de la directrice, puisque les deux roues de l’affût ne se trouvent plus alors au même niveau.

3. “ Que les canonniers ne s’y trouvent pas assez à couvert, surtout vers le derrière, à cause de son talus.

4. “ Que l’afi’ùt ne peut y être mis en mouvement que par les efforts réunis de plusieurs hommes, quand il est chargé de sa pièce.

Plusieurs moyens ont été imaginés , à diverses époques, pour remédier à ces inconvéniens, sans détruire les avantages reconnus du système. M. le lieutenant-colonel Guidonnet, entre autres, proposa en 1&17 une nouvelle espèce de châssis au moyen duquel il supprimait presque entièrement le massif de la plate-forme, la rendait horizontale et donnait à la pièce un champ de tir de 90".

Ce système, essayé à Metz, présenta des inconvéniens qui ne permirent pas de l'adopter tel qu’il était proposéj mais on reconnut aux principes mêmes sur lesquels il

était fondé des avantages incontestables , et, sans rejeter ni approuver entièrement; l’idée de l’inventeur, on les restreignit et on les modifia , de manière à en rendre l’exécution possible.

On réduisit d’abord l’étendue à donner au champ de tir à 40°, amplitude tout-àfait suffisante pour les canons et obusiers employés à la défense des places. L’objet utile des batteries de ce genre étant, en effet , de contre-battre les établissemens de l’assiégeant, leur emplacement et leur direction doivent être déterminés par l’emplacement que peuvent occuper les batteries à ricochet de l’attaquant, dans l’espace compris entre le prolongement des faces des ouvrages collatéraux au front attaqué': c’est donc d’après la position de ces dernières batteries, et en remplissant la condition de pouvoir les accabler d’un feu supérieur au leur , qu’il faut déterminer l’amplitude à donner aux batteries de place : or, en donnant au champ de tir un angle de 40°, cbaquepièce des remparts pourra contre-balti’e deux des établissemens ^es batteries à ricochet de l’ennemi, choisis à volonté , et c’est tout ce qu’il est raisonnable de demander.

D’un autre côté, on n’a, pas prétendu inyenter un nouveau châssis qui, en conservant les avantages de celui de Gribeauval, fût entièrement exempt des inconvéniens qui lui sont reprochés, attendu que, l’afFût de place lui-même paraissantrsusceptible de modilications, il a paru préférable de coordonner toutes les parties du système’, ce qui ne pouvait se faire qu’au moyen de longues et sérieuses recherches. ‘

On s’est donc borné à remédier aux défauts de l’ancien châssis, le plus simplement et le plus économiquement que possible , de manière à donner à la'pièce un champ de tir de 40”, et à pouvoir- la placer sur une plate-forme horizontale; or, comme il existe encore dans nos places un grand

1. Le comité de l’artillerie a eu effet présenté, en i8a5, un nouTcl affût, destiné an service de place et de côte, et cet affût a été mis en expérience dans toutes'les écoles. Les résultats de ces premières épreuves ont prouvé que le nouvel affût avait des avantages marqués sur les deux anciens modèles ,

qu'il doit remplacer ; mais on lui a reconnu aussi des ioconvéniens qu’il importait de faire disparaître. On y 3t apporté, en conséquence, des modifications asseï considérables, dont il a fallu constater les avantages par de nouvelles expériences qni sont maintenant en cours d’exécntion , ce qui est cause que sons ne pouvons point en parler dans ce 'IVaité.

nombre d’affûts de place Gribeauval , avec leurs châssis, nous pensons qu’il peut être utile de faire connaître les modifications apportées à ces châssis , et principalement les changemens introduits dans la cons> ’ ' , > truction de la plate-forine, ce qui rentre plus directement dans notre sujet.

Voici eu quoi consistent ces changemens i et modifications. On a d’abord transporté au châssis le talus de la plate-forme , au moyen de deux échantignoles ou coins de bois, placés sous les semelles, dont ils ont ' . toute la largeur, c’est-à-dire 7 pouces (19 cent): ces coins ont 10 pieds (5 mèt. a5 cent.) de longueur, 8 lignes (2 cent.) d’épaisseur vers le devant, et 4 pouces 6 lignes (12 cent. ) de hauteur vers le derrière du châssis, qu’ils arasent; chacun de ces coins est fixé à la semelle correspondante par douze clous et un boulon à tête perdue dans le bois : pour que l’entretoise du milieu, qui supporte l’effort de la petite roulette, repose toujours sur les gîtes de la plateforme , on cloue également en dessous de cette entretoise un plateau d’exhaussement en talus, ayant 3 pieds 3 pouces 6 lignes ( 1 mèt 7 cent) de longueur, 6 pouces ( 16

cent.) de largeur, 3 pouces (54™!!!-) paisseur au* côté le plus épais, et 1 pouce 5 lignes (48 mill.) au côté le plus mince.

L’auget du châssis ainsi modifié se trouvant plus élevé au-dessus du sol de la plateforme que celui de l’ancien châssis, pour qu’il ne soit pas plus difficile de diriger la pièce au moyen des leviers, on cloue sous cet auget , contre la dernière entretoise , Un tasseau de 6 pouces ( 16 cent ) de longueur, 5 pouces (i4 cent) de largeur, et 4 pouces 6 lignes (12 cent) de hauteur, les angles inférieurs arrondis par un rayon de 18 lignes (4 cent).

Quant à la plate-forme , voici comment ,on la modifie pour que la pièce ^it le champ de tir de 40°, et pour que les points d’appui de la petite roulette et des deux roues ne portent jamais à faux.

1° On donne cet écartement de 40" aux deux poutrelles extrêmes, ce qui s’obtient en les éloignant de 5 pieds 4 pouces (1 mèt 73 cent) à leur extrémité postérieure.

3." On brise eu chevron les deux gîtes transversaux, et on les dispose ainsi qu’il suit Les deux morceaux du premier, chacun, de 4 pieds ( 1 mèt 3o cent) de longueur,

se réanissent sur l’axe même de la poutrelle du milieu, à 4 pieds a pouces ( i met. aS cent.) du contre-lisoir, et chacun d’eux va ' s’appuyer sur une des poutrelles extrêmes, à 4 pieds 5 pouces du bout antérieur de . cette poutrelle.

' Les deux morceaux du second gîte, chacun de 6 pieds 3 pouces (a met 3 cent) de longueur, sé réunissent aussi sur l’axe de la poutrelle du milieu, à 6 pieds 6 pouces (a met i » cent ) des morceaux du premier, et ils vont s’appuyer sur la poutrelle ' extrême, à 6 pieds a pouces (a met.) de ces mêmes morceaux: ils sont en outre supportés , dans le milieu de l’intervalle qui existe entre la poutrelle du milieu et chaque poutrelle extrême, par un bout de poutrelle de même équarrissage et de a pieds (65 cent) de longueur.

3.“ Entre les morceaux du premier gîte et le contre-Iispif , à i pied lo pouces (6o cent) de ce dernier, on place un gîte transversal de 6 pieds 6 pouces ( a met 1 1 cent) de longueur.

Ce gîte et les quatre morceaux dont nous avons décrit plus haut la position, sont assujettis sur les poutrelles au moyen dehro-

ches en fer de 9 pouces (24 cent) de long.

Enfin, on délarde le contre-lisoir de 5 lignes (7 millim.) sur le devant, pour lui ‘ donner l’inclinaison du châssis.

Les épreuves auxquelles^ on a soumis jusqu’ici le châssis et la plate-forme ainsi modifiés ont prouvé, qu’avec autant de stahî- ^ • lité et de solidité que le châssis et la plate^ forme Gribeauval, ils avaient de plus les avantages suivans: '

i.** D’exiger moins de temps et un remblai moins considérable pour la construc- ^ tion delà plate-forme. ‘

De mettre les canonniers mieux à couvert des coups de l’ennemi.

3.” De procurer un champ de tir plus étendu, et d’assurer l’exactitude du pointage, en maintenant les deux roues de l’affût au même niveau dans toutes les directions du tir. , ’ 1

• 4° Enfin, de procurer 51U châssis plus de durée, en le préservant de l’humidité par son exhaussement au-dessus du sol. -

Nous n’avons rien à dire ici des plateformes à mortiers et pierriers , attendu qu’elles se construisent dans les places comme pour les sièges. • . '

§. ii3. ‘ ’

Évaluation du temps nécessaire pour la construction des plate-formes et pour la mise' en batterie des pièces.

Il est généralement reconnu que cinq canonniers peuvent faire une plate-forme pour canon de siège ou de place en deux heures et demie; qu’il leur faut deux heures pour la construction d’une plate-forme pour mortier de gros calibre; et que trois canonniers peuvent également établir en deux heures une plate-forme de mortier de petit calibre, tous les objets nécessaires à ces constructions étaut préalablement rendus sur place On peut donc. admettre que toutes les plate-formes pourront être facilement construites en trois heures, par les hommes memes nécessaires au service

1. Dans le Mémoire sur rarmement des places, qae nous avons déjà cité plusieurs fois, on évalue le temps nécessaire pour le remuement des terres d'une plate-forme de 6 mdtrfS r de largeur, à quiure heures de travail d'un homme, et (e temps nécessaire pour la mise en place des bois , à dit heurca; d'où il suit que la constructiou totale d’une plate-forme semblable exigera environ vingt-cinq heures de travail ; il ne faudrait qu’enviroa vingtheures pour une pUte-forinA réduite à 4 métrés de largeur.

des bouches à feu qui doirent y être mises en batterie.

D’un autre côté, la charge d’une voiture peut se composer d’une plate-forme de siège pour canons, ou d’une plate-forme pour « mortiers , ou de deux plate- formes pour canons montés sur aifûts de place. ' . .

En supposant donc une place de moyenne grandeur, dans laquelle on aurait à cons- ' truire quarante-huit plate-formes pour canons montés sur affûts de place, trente-deux • plate-formes pour canons montés sur alTuts de siège, et vingt-quatre plate-formes pour mortiers, les bois nécessaires pour l’établis- ( sement de ces plate-formes formeront la charge de quatre-vingts voitures; et, dans le cas où on n’aurait à sa disposition que quatre-vingts chevaux de trait, Userait toujours possible de faire ce transport en deux voyages. Cela sera même d’autant plus facile ; qu’on pourra généralement se dispenser de faire des plate-formes pour les canons de les obusiers de 6 pouces> qu’on'mettra en batterie dans les chemins couverts * , ces plate-formes n’étant pas ab-

I. Noos renvojrons au Mémorial de CormontaiDgae po^ la déienae des places (pag. aaa, édition de i8aa) dans le

solument nécessaires pour des pièces “aussi peu pesantes, et leur suppression contribuant à rendre ces bouches à feu plus mobiles. ..

Admettons maintenant qu’on ' emploie, deux heures à charger les voitures, à les décharger et à les ramener , ce qui sera certainement toujours possible dans ce temps, on voit que dans quatre heures tous les bois à plate-formes pourront être rendus sur place.

Pendant les trois heures employées à la construction des plate-formes et pendant les douze heures qui suivront, on feça conduire toutes les bouches à feuj ainsi que leurs munitions, sur les emplacemens qu’elles doivent occuper. Nous remarquerons à ce sujet que, dans la plupart des places, les canons de gros calibre pourront être conduits aux batteries sur leurs affûts de place, et qu’on ne devra pas manquer de le faire toutes les fois que cela sera possible, attendu qu’on abrégera considérablement par là les .transports et les mouvemens de matériel ,

cas où, suivant l'opinion de cet ingénieur, on Tondrait éla'blir des pièces de quatre dans les chemins couverts sur des plate-formes. , '

et qu’on évitera les manoeuvres de force qu’il ' faudrait faire aux batteries pour y monter les pièces sur leurs affûts, manœuvres qui, dans cette position, offrent toujours beaucoup de diflicultés et de dangers.

On voit, d’après ce qui précède, que tous ces mouvemens pourront être exécutés facilement en une vingtaine d’heurçs , en n’employant- aux batteries que les canonniers et servons nécessaires au service des bouches à feu: toutefois, il convient d’observer que, dans l’évaluation du temps necessaire à la construction des platedTormes, nous avons supposé qu’elles seraient faites ' par des canonniers exercés,’ tandis qu’on doit supposer que la plupart des servons seront fort peu habitués à ce’genre de travail. Cela en ralentira naturellement la marche , et on fera bien, par conséquent, d’y employer la totalité des canonniers disponibles, afin que toutes ces constructions et ces transports puissent être exécutés sûrement dans un jour, et que l’artillerie .de l’assiégé se trouve en mesure d’agir dès le second jour, ou’ dès la troisième nuit,' en faisant, pendant la seconde, les embrasures

pour les canons montés sur affûts de place.

at t

Des petits magasins à poudre. -

Pour ne point être obligé à ouvrir souvent les magasins à poudre ordinaires de la ■place, et pour rapprocher les munitions des bouches à feu qui doivent les consommer , on fait de petits ma^j^sins à poudre dans les principaux ouvrages du corps de place et dans les grands ouvrages détachés, où ils sont nécessaires. Lorsque les remparts seront assez élevés pour qu’on puisse loger ces magasins dans Içur hauteur, on les y disposera suivant la direction du parapet ; et lorsqu’on sera obligé de les isoler, on les construira en forme de galerie, et comme nous l’avons expliqué pour ceux des batte- 'ries de siège. "

On pourra se dispenser de faire, dès l’investissement, les petits magasins à poudre qui pourraient devenir nécessaires plus tard dans les demi-lunes, contre-gardes et autres petits ouvrages , en attendant pour cette construction le moment où les prenilères dispositions de l’assiégeant auront fait reconnaître les fronts sur iesquefs il dirigera

ses attaques, et en y suppléant jusque-là par les petits, magasins ou les poternes les plus à proximité, ou par des coffrets de rempart; car il pourrait arriver que l’assiégeant at-> taquût sérieusement d’autres fronts que ceux qu’on aurait présumé d’abord devoir être attaqués ,* et que les petits magasins construits sur ces derniers devinssent-, sinon absolumeij^t inutiles, du moins fort peu nécessaires. “ , ^

11 vaudra mieux toutefois s’exposer à ce • petit inconvénient et travailler à ces magasins pendant qu’on peut encore y employer tout le temps nécessaire pour les bien faire, que d’attendre pour leur construction le moment même où ils deviendront indispensables, et où la multiplicité des autres travaux obligerait à y mettre une précipitation qui ne pourrait manquer d’être nuisible à leur solidité.

D’après ce motif, nous pensons qu’il conviendrait que les petits magasins fussent construits en maçonnerie , en même temps que les remparts; ce que nous avons dit,

§. Il 1 , de la difficulté de construire les tra- ' verses au moment du siège , dans les ouvrages avaitcés, et particulièrement dans

ceux dont les fossés sont- pleins d’eau, pouyant s’appliquer aussi à ces petits magasins.^*

1. « Il est bon de comtruire, dans le massif de chaque « traverse, un petit magasin b poudre, capable de contenir U les munitions des pièces voisines pour environ vingt-quatre « heures, mais pas davantage; car un plus grand approvic sionnement inspirerait la crainte qu’une explosion accin dentelle n’endommageât le parapet et même le revêtement ■ de l’ouvrage.

« Quant aux magasins il construire pour les pièces qui ne « sont pas couvertes par des traverses , ils s’établissent le plus n souvent au moyen de blindages, soit au pied de l’arron- « dissement de la contrescarpe ,, soit dans les fosses des ré- « duits des places d’armes , ou bien on pratique , dans la « masse des remparts , vers le talus intérieur et il portée s des pièces, des espèces de rameaux de mines, il raison K de a mètres de longueur , pour les munitions de chaque « pièce. La construction de ces rameaux exige environ « quatre hommes par pièce pendant huit heures ^ et l’on « peut admettre que chaque magasin blindé, pour les pièces « des chemins couverts , exige k peu près le même temps. * (Mémoire déjà cité sur l’armement des places).' Suivant Cormontaingne (Mémorial pour la défense, pag. 36), deux mineurs et neuf servans construisent un magasin pour sir pièces en six jours de travail , à douze heures par jour. Le magasin peut contenir aisément dix barils de denx cents livres, cl seize an besoin.

(460 §. ii5.

Disposition de l’artillerie, depuis V ouverture de la tranchée jusqu’à V établissement de la troisième parallèle; ouverture à donner ’ aux embrasures.

Le principal objet qu’on doit se proposer dans cette seconde disposition de l’artillerie, c’est de retarder autant que possible les tra-. vaux de l’assiégeant, soit en tirant sur les travailleurs qui ne seraient pas sufBsamment couverts contre les feux de la place, soit en enfilant les parties de ces travaux qui ne' seraient pas bien défilées des saillans du^ chemin couvert, au moyen de canons de 4 ou d’obusiers de 6 pouces, qu’on portera sur les glacis, ce qui obligera l’assiégeant à ‘ recommencer ces parties de ses ouvrages , ou du moins à. y ajouter des traverses et des recouvremens qui, en augmentant ses travaux, en ralentiront nécessairement les progrès.

L’assiégé devra donc s’attacher à reconnaître exactement les emplacemens que l’assiégeant choisira pour ses batteries, afin d’en retarder la construction par tous les

moyens en son pouvoir; mais il n’y parviendrait que très -imparfaitement, s’il voulait ^ les battre toutes à la fois. Il vaudra donc mieux s’attacher d’abord aux plus importantes, à celles dont le sort doit entraîner celui des autres, et les accabler de bombes et de boulets, en y employant toute l’artillerie de la place , qui devra être disposée de manière à produire cet effet et à se trouver le moins possible en ^Pise aux feux de l’assiégeant.

On combattra ainsi, jusqu’à ce que les T moyens de l’attaque aient acquis une supériorité prononcée sur ceux de la défense. L’assiégé renoncera alors à une lutte inégale qui ne pourrait qu’amener bientôt la >ruine de son artillerie; il ne laissera sur les faces des bastions et des demi-lunes qu’une pièce contre chaque traverse , et il fera boucher, s’il le faut, les embrasures de celles qui seront trop inquiétées , pour les mettre à couvert des feux directs de l’assiégeant. Ces pièces, étant sufHsamment éloigné» du parapet, pourront encore tirer par-dessus à petite charge, pour inquiétea* alternativement les têtes de sape, les parties des tranchées où les troupes seront

réunies , et les batteries de l’assiégeant. Quant aux obusiers et aux mortiers , on les maintiendra, ainsi que les bouches à feu placées dans le chemin couvert, dans leur première position, d’où ils continueront à tirer avec avantage sur les travaux de l’attaquant.

Dans cette période du siège, les canons se trouveront dune placés sur les faces des bastions et des OTmi-lunes, principalement dans ceux de ces ouvrages qui se trouveront sur les flancs des attaques, et ou aura aux saillans des bastions, des demi-lunes et de leurs réduits, un obusier^ monté sur. affût de siège , qui, pouvant tirer par-dessus le parapet, prolongera, par les nombreux ricochets de ses projectiles, les cheminemens que l’assiégeaAt dirigera sur les capitales de ces ouvrages.

' Les gros mortiers seront placés au milieu de la courtine du front d’attaque, ou dans les bastions collatéraux, pour ne pas être en prise aux ricochets et pour obliger l’assiégeant à diviser son feu •• ils pourront même rester dans cette position pendant toute la durée du siège. Les petits mortiers seront placés de préférence dans les réduits des

places d’armes rentrantes et dans les ouvrages avancés. Enfin, les canons de 4 et les obusiers de 6 pouces seront placés dans les places d’armes des chemins couverts, pour ,s’en^ servir sur les glacis, jusqu’au moment ■ " où l’assiégeant commencera le feu de ses batteries, après quoi ils resteront dans le ' chemin couvert, d’où on les tirera à petites charges sur les boyaux et les parties des tranchées le plus en prise à leur feu.

On entretiendra ainsi leur feu jusqu’à ce que l’assiégeant ait établi sa troisième pa- ' rallèle; cependant, lorsque les têtes de sape arriveront à^ 5o ou 60 toises ( loo ou 120 ..mètres) au plus des saillans du chemin couvert des ouvrages sur lesquels elles sont dirigées, ou fera bien d’établir deux pierriers à chacune de ces places d’armes saillantes, en remplacement des obusiers de 6 pouces et des canons de 4 > qui seront transportés dans les demi-lunes et dans les places , d’armes saillantes collatérales.

. Lorsque l’assiégeant fera des demi-parallèle^ entre la deuxième et la troisième pâral- . lèles, comme il est à supposer qu’il y mettra des obusiers en batterie pour enfiler les chemins couverts ) on aura soin de retirer

alors les obusiers des places d’armes saillantes, et de les remplacer aussi par des pierriers, qui écliapperont d’autant mieux aux feux courbes de l’assiégeant, qu’ils sont plus bas que les obusiers.

Nous remarquerons toutefois: i.° que les pierriers ne commencent à produire un bon effet que quand on les tire à enTlron 5o toises (loo mètres), portée qu’on obtient sous l’angle de 46“ avec deux livres de poudre : tirées plus loin', les pierres s’éparpillent trop et se brisent d’ailleurs en trop petits morceaux pour être réellement dangereuses j 2.*’ que la .meilleure manière d’employer ces pierriers, suivant Cormontaingne , est de les tirer immédiatement après une bombe, et avant que celle-ci ait éclaté J parce qu’alorsies travailleurs et les troupes qui sont à portée, se baissant pour éviter les éclats de la bombe et les graviers que son explosion fait jaillir, offrent plus * de surface aux pierres, et peuvent être plus facilement atteints que quand ils se tiennent debout

Lorsqu’on sera obligé ensuite de retirer des canons des bastions et des demi-lunes, on les placera aux extrémités des courtines.

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Dans cette position, ils ne seront que fort peu exposés aux feux des batteries de l’assiégeant, et pourront continuer à battre lès têtes de sape par la trouée de la demilune. .1

Mais une observation importante à faire, tant pour les canons tirant de plein fouet que pour toutes les autres boucbesà feu , c’est qu’il ne faudra pas s’obstiner à les maintenir dans les positions qui auront paru les meilleures, et que, du moment qu’elles j seront trop battues, il faudra les en faire changer; sauf à revenir plus tard au premier emplacement, que la prudence aura forcé à abandonner momentanément. Rien ne déconcerte et ne fatigue autant, en effet, l’assiégeant, que de voir à chaque instant partir de nouveaux feux des diverses parties des remparts, et de voir se rallumer ceux qu’il se flattait d’avoir éteints. Ce seront surtout les canons et les obusiers des chemins couverts qui devront ainsi varier de position, et leur grande mobilité permettra de leur faire exécuter facilement ces mouvemens.

C’est aussi pendant cette période du siège qu’il faudra augmenter l’ouverture extérieure des embrasures des canons montés

sur affûts de place, de manière à ce que ces canons puissent tirer dans toute l’e'tendue du champ de tir que leurs affûts permettront de leur donner. Nous avons vu, §. 112 , que, si on emploie le châssis modifié et la plate-forme horizontale , ce. champ de tir embrassera un angle de 44° permettra de tirer à volonté sur deux: des étahlissemens de l’ennemi , ce qui donnera à l’assiégé un grand avantage sur l’assiégeant, puisque les canons de ce dernier ne peuyent être dirigés que dans le champ de tir, limité par les joues des embrasures, dont il ne pourrait changer là direction sans ua travail long, difficile et périlleux.

Disposition de l’artillerie depuis l’établissement de la troisième parallèle jusqu’à la fin du siége^; des portières d’ embrasure.

L’objet principal de l’assiégé, dans cette troisième disposition de son artillerie , doit

I . La division de toute la durée du siège en trois périodes , telle que nous l'avons indiquée ici , est celle qui est le plus généralement reçue : cependant on sent que cette division est purement arbitraire. Aussi plusieurs auteurs militaires en

être : I,® de contrarier l’établissement de l’assiégeant sur le couronnement du chemin '■ couvert , en l’obligeant à faire ce travail avec beaucoup de lenteur et de circons-

ont adopté de dilTérentes : Cormontaingne , entre autres , distingue dans la durée d'un siège quatre périodes ; et M. le lieutenant-général Rogniat, dans le Mémoire que nous ayons déjii cité souvent , eu compte jusqu'à sept, qu’il distingue - ainsi qu’il suit,^ récapitulant pour chacune d’effes les opérations à faire par l'artillerie de la place; savoir : „ i.” Pe- R riode, investissement de la place : la disposition de l’br- « tillerie doit avoir alors pour ohjetde prévenir les surprises,

« d’éloigner les camps de l'ennemi, et d’étre prêt à faire un « feu de mitraille très-vif snr tous les points où il peut ou- R vrir la tranchée. Pour cela, éclairez les fosses par des R pièces légères , munissez les barbettes des saillans d'obusiers « et de pièces de gros calibres. — a.* Période : depuis l’ouver- R ture de la tranchée jusqu’à l’établissement des premières R batteries : disposez l’armement de défense de manière à ce R que toutes les faces d’ouvrages qui voient les travaux de R l’ennemi aient le plus d’artillerie posssible; construisez des R traverses sur les faces ricochables; transformez les batteries R à barberttes en batteries à embrasures ; placez de gros mora tiers sur les courtines adjacentes au front d’attaque, et de * R petits mortiers dans les dehors; mettez des obusiers de 6°

R dans les places d’armes des chemins couverts. — 3.* Pe- R riode : depuis l’ouverture du feu des premières batteries U jusqu’à la construction des demi-places d’armes : engages R avecl’ennemi un combat d’artillerie pour essayer d'éteindre ^ R ses feux; mais, après une soixantaine de coups par pièce,

R rédqùez le nombre des canonniers et servans à un service

pectionj 2.° de s’opposer vigoureusement à rétablissement des contre-batteries , et des batteries de brèche y ainsi qu’au passage du Jbssé.

K complet pour deux pièces , et bornez-vous b tirer k mitraille <1 sur les travailleurs au commencement de chaque nuit, k « b.ittve le matin les parties imparfaites des tranchées, k a ricocher les zigzags arec des obus, et k jeter des bombes a dans lesISatteries de l'assiégeant. — 4-* Période ; pendant a les cheminemens k la sape pleine, depuis les demi-places « sl?armes jusqu'k la troisième parallèle : l’objet essentiel de «

,i l'artillerie est alors d'empécher toute espèce de progrès . •

„ des sapes pleines pendant le jour ; en conséquence ca- « nonnez ces têtes de sape de manière k les forcer de s'aru réler; tirez le moins souvent possible des mêmes pièces, a pour obliger l'assiégeant k disséminer ses feux; continuez U k inquiéter ses batteries avec des bombes; amenez des « pierriers derrière les traverses des places d'armes sail- « lautes dès que l'ennemi arrive sous la portée de ces boua ches k feu. — 5.° Période : pendant la constrnetion do a la troisième parallèle et les cheminemens en sape double, tt jusqu’k l’emplacement des cavaliers de tranchée; continuez a sur les sapes doubles le même jeu d’artillerie que sur les « sapes pleines. — 6.' Période : pendant le couronnement a du chemin couvert , soit de vive force soit de pied à pied, n Si l’assiégeant couronne le chemin couvert de vive force,

« accablez ses travailleurs de mitraille le pins qu’il vous « sera possible , jusqu’au moment où ils seront couverts par a leurs gabion.',; s’il le couronne pied k pied, Contrariez sa ,( marche comme celle des sapes pleines ordinaires ; faites ,

a agir votre atlilletie la nuit k la lueur des pots k feu ;

Ce sera donc, autant que possible, sur les prolongemens des branches du chemin couvert que l’assiégé devra établir ses batteries, et elles pourront y produire d’autant plus

K retirez les obusiers et les pierriers des saillans des cbe> (I mins couverts des que l'ennemi est en mesure d’insulter U les saillans. — 7.' Période : pendant la construction des « batteries de brèche, les descentes et passages de fossés, (c et la prise successive des ouvrages ; armez alors les ré- R doits des places d’armes' rentrantes , les réduits des demin lunes, les retrancliemens des bastions, les flancs et les R courtines qui défendent les brèches et les passages de cc Ibssés , et qui peuvent agir contre les contre- batteries ; « continuez de ralentir autant que possible la marche des «‘sapes; concentrez les feux courbes sur les batteries de « brèche et les contre - batteries ; éclairez les travaux de « l’ennemi pendant toute la nuit avec des pots à feu ; con- « trariez les passages de fossés et les travaux sur les brèches « au moyen de l’artillerie des réduits ; réglez le tir de ma- « nière b ce qu’à la fin du siège, si la ville doit être prise, « il n’y reste que fort peu de munitions et que les pièces « soient hors de service. " — Peut-être sommes-nous un peu sortis , dans cette longue citation., des limites naturelles d’un ouvrage spécialement consacré à la construction des batteries; mais cette récapitulation rapide , dans laquelle se trouvent réunies d’une manière claire et précise les règles les plus importantes à suivre dans la défense des plaoes, nous a paru assez intéressante pour qu'il fût utile de la reproduire ici; d'autant plus que le Mémoire qu’elle termine n’a été qu’inséré dans le Mémorial de l'oflicier du génie, et tiré en particulier à un assez petit nombre d’exemplaires.

d’effet, qu’outre les avantages que leur donnent sur les batteries de l’assiégeant leur plus grande, consistance et leur commandement de très-près, on pourra leur procurer encore celui d’être en mesure d’agir les premières.

Si l’on ajoute à ces considérations: i.“ que, lorsque l’assiégeant est arrivé sur les glacis et s’occupe à faire le couronnement du chemin couvert, les batteries à ricochet * doivent cesser de tirer , ou du moins que leur feu doit être tellement affaibli qu’il nC produise. plus que peu d’effet; 2.° qu’obligé alors d’établir ses batteries sur les crêtes des glacis ou dans le chemin couvert même , le développement de ses ouvrages ne sera plus qu’à peu près égal à celui des ouvrages de ' l’assiégé , et que pes feux cesseront d’être convergens, on en conclura naturellement que dans cette période du siège tous les avantages se trouvent du côté des défenseurs de la place.

Ceux-ci devront donc redoubler d’énergie , et user de tous les moyens dont ils pourront disposer pour mettre à profit ces avantages précieux.

Parmi ces moyens il faut' compter l’em-

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ploi des feux courbes comme un des plus efficaces , et l’assiégé devra en faire par conséquent le plus fréquent usage. Cest à cette petite distance que les projectiles creux, et surtout les bombes de 12°, pour- . ront être tirés avec beaucoup de justesse et produire un grand effet, principalement contre les batteries de brèche et les contrebatteries de l’ennemi.

Ce sera aussi à' cette époque qu’on devra mettre à profit les propriétés des flancs du corps de place, et qu’on devra les armer pour s’opposer tant à l’établissement des contre-batteries qu’ils battront directement ' ou d’enfilade, qu’à celui des batteries de brèche et au passage du fossé qu’ils battront d’écharpe et de flanc.

Ce sera depuis l’établissement de l’assiégeant au pied du glacis, jusqu’à ce qu’il ait commencé^ le couronnement du chemin .

couvert, que l’assiégé devra se mettre en mesure d’utiliser toute l’artillerie qui restera disponible dans la place, pour s’opposer tant à ce couronnement qu’aux progrès ultérieurs de l’attaque.

Les canons de gros calibre et les obusiers

seront' disposés de préférence sur les flancs

du front d’attaque et des fronts collatéraux qui auront vue sur les attaques, ainsi qu’aux extrémités des courtines adjacentes à ces derniers flancs, d’où ils pourront être dirigés obliquement sur lesdites attaques. On disposera de mêm-e des canons, des obusiers et des mortiers sur les faces des demi-bastions du front d’attaque, dans le prolongement des branches du chemin couvert et des fossés de la demi-lune, ainsi que vers le saillant de ces bastions. Enfin, on en disposera aussi dans les ouvrages avancés des fronts collatéraux au front d’attaque qui auront vue sur les travaux de l’assiégeant, soit de flanc, soit de revers. . '

> L’artillerie delà demi-lune du front d’attaque devra être évacuée avant que l’assiégeant ait achevé les batteries de sa troisième parallèle, afin de la -sous traire aux feux très-supérieurs de ces batteries. Si on a pu cependant l’y maintenir justpi’à cette époque, on n’y laissera que deux pierriers, • qu’oii blindera, !^’i\ est possible ( voy.§. 118), et qu’on y maintiendra jusqu’à la dernière ^extrémité, 'ainsi que deux canons de 8 ou de 4» qu’on blindera sur le pan coupé du réduit, pour’ battre à bout portant le dé-

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bouché de la brèche de la demi-lune, et qu’on jettera ensuite dans le fossé, si on ne peut pas les emmener lorsqu’on sera obligé d’évacuer le réduit.

Quant à l’artillerie de campagne qu’on a dû maintenir jusqu’à cette' époque dans le chemin couvert du front d’attaque , elle en sera retirée aussitôt que l’assiégeant aura achevé sa troisième parallèle, pour être transportée dans les chemins couverts des fronts collatéraux.

Enfin, lespierriers qui auront été placés ‘dans les places d’armes saillantes du chemin couvert du front d’attaque , comme nous l’avons dit §. ii5, en seront retirés aussitôt que l’assiégeant aura a'chevé sa troisième parallèle , pour être transportés sur les saillans des ouvrages en arrière, afin de les soustraire aux entreprises de vive force que l’assiégeant pourrait faire contre le chemin couvert.

Les feux de lamousqueterie, dont l’assiégeant ne manquera pas de faire usage après l’établissement de la troisième parallèle ; pouvant, à cette époque dusiége, inquiéter beaucoup les canonniers employés au service des canons qui seront en batterie sur

les remparts du front d’attaque, on devra avoir soin d’y mettre des portières d’em- brasure. Nous en avons indiqué plusieurs espècesau §. 35, mais nous croyons devoir ajouter aux descriptions que nous en avons données, celle d’une autre espèce de portière, dont nous trouvons le dessin dans le Mémoire de M. le lieutenant-général d’artillerie baron Berge, cité au commencement de ce chapitre : ces portières couvrent trèsbien les canonniers, et peuvent d’ailleurs être remplacées facilement, dans le cas où elles viendraient à être .mises hors de service par les feux de l’artillerie de l’assiégeant.

Voici comment on les construit.

• On prépare d’abord un plateau en chêne ou en sapin de a pouces (54 mill.) d’épaisseur, lo pouces (27 cent.) de largeur, et'

3 pieds (l' mètre) de longueur.

En dessous de ce plateau et dans son' milieu, on cheville fortement un massif, formé de deux morceaux de poutrelles de chêne' ou de sapin, placés l’un au-dessous de l’au- . tre, et ayant chacun de 7 à 8 pouces (ig cent, à 22 cent.) d’équarrissage, et d’une longueur un peu moindre que la largeur de . l’ouverture intérieure de l’embrasure ,

afin de la fermer le plus exactement' possible , tout en s’y introduisant avec facilité.

Ces deux bouts de poutrelles sont réunis, soit entre eux, soit avec le plateau, en dessus, au moyen de quatre liteaux chacun de 14 à 16 pouces (38 à 42 cent.) de longueur,

4 pouces (n cent.) de largeur, et i pouce (27 mill. ) d’épaisseui'. Ces quatre liteaux sont encastrés de toute leur épaisseur, et chevillés, deux en avant et deux en arrière, sur les bords du massif^ celui-ci est délardé de manière à avoir le talus du revêtement intérieur du parapet, et sa partie inférieure est évidée, pour laisser passer la volée de la pièce, suivant un cylindre ayant pour ^l^se un cercle tracé avec un rayon de 6pouces ( 16 cent.), et dont l’axe se trouverait à 3 pouces (8 cent.) environ au-dessous de la face inférieure du morceau, de poutrelle de dessous. • •

On conçoit que ces sortes de portières ne faisant que reposer sur l’épaulement, au moyen du plateau qui dépasse l’embrasure de chaque côté, on peut les enlever elles replacer beaucoup plus facilement que toutes les autres,' et qu’elles sont d’un usage très- commode. ,

Des batteries casematées.

Les flancs ne pouvant être battus directement, dans les 'places bien défilées, que lorsque l’assiégeant est arrivé sur la crête du glacis du chemin couvert, ils sont , de toutes les lignes des fortificatiot^s actuelles, celles sur lesquelles on peut établir des batteries casematées a-v ec le plus d’avantage.

On conçoit en effet que , lorsqu’on aura des flancs casematés dans lesquels on pourra mettre en réserve sept ou huit canons'de gros calibre parfaitement à l’abri des feux courbes, et qui se trouveront mesure d’agir au moment où l’assiégé se présentera sur la crête du glacis^ opposé pour y établir ses contre-batteries, on retardera beaucoup cet établissement, et qu’on pourra même parvenir à l’empêcher tout-à-fait, si l’on se trouve favorisé par quelques circonstances heureuses.

On a proposé, dans quelques systèmes de fortification, de transformer la double caponnière à ciel ouvert, qu’on est dans l’usage de faire dans le fossé pour communiquer

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du corps de place à.la demi-lune ou à sou ' réduit, en une double batterie casematée, armée de chaque côté de 6 à 8 canons de gros calibre. '

On ne peut douter que ces batteries ne rendissent l’établissement des contre-batteries sur la crête du glacis, et par suite le passage du fossé, extrêmement dilHciles, pour ne pas dire impossibles, dans bien des cas du moins, jusqu’à ce qu’à force d’efforts et de travail l’assiégeant fût parvenu à détruire cet ouvrage , ce qui présenterait le plus souvent de très-grandes difficultés, puisque la demi-lune et son réduit couvriraient cette double batterie, et qu’elle serait eu outre défendue à bout portant par les ou- ' vrages en arrière.

En établissant ses contre -batteries, l’assiégeant se trouverait donc exposé aux feux de cette batterie casematée, qui seraient généralement doubles de ceux qu’il pourrait leur opposer: après avoir surmonté tous les obstacles au moyen desquels l’assiégé chercherait à contrarier cet établissement, il se trouverait en outre en prise aux feux actuels des flancs, et on conçoit facilement les grands avantages que donneraient à l’as-

siégé ces deux étages de feux, dont l’un serait parfaitement à l’abri de ceux de l’assiégeant.

Les feux de la double batterie casematée pourraient être établis très-peu au-dessôus du plan de défilement des chemins couverts des bastions opposés, sans que la partie su* périeure de cette batterie s’élevât au-dessus du terre-plein du réduit de la demi-lune j ils agiraient donc avec une grande efficacité sur les travaux que l’assiégeant pourrait faire sur la crête du chemin couvert, dont • ils se trouveraient à environ iio toises (220 mètres), «t les servans des bouches à feu placées dans cette batterie pourraient y être mis très-facilement à l’abri des feux de mousqueterié au moyen de portières d’embrasures semblables à celles que nous avons décrites au paragraphe précédent.

Sur un double rang de voûtes inférieures pouvant servir de magasins , on établirait un autre double rang de voûtes en décharge ou de casemates, pouvant contenir chacune un canon de gros calibre, dont l’embrasure se trouverait à 4X pieds (1 mètre 5o cent.) au-dessous du plan de défilement du chemin couvert du bastion. Chaque ca- • semate aurait dans oeuvre 12 pieds (4 mèt.)

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delai^eur, 21 pieds ( 7 met.) de longueur^ et g pieds (3 met.) de hauteur sous cle£ Les axes des voûtes seraient obliques à l’axe longitudinal de la batterie , de manière à ce que les directrices de chacune de ses faces soient parallèles à la face du bastion de son côté, et les voûtes seraient recouvertes de 4 pieds (i mèt. 3o cent.) de terres bien damées qui les mettraient à l’abri de la bombe. Entre les deux rangs de la double batterie se trouverait une galerie à ciel ouvert, de 12 pieds (4iuèt. ) de largeur, avec des grilles qui fermeraient les casemates à la gorge et laisseraient passage à la fumée j enfin , au-dessus du double escalier, qui de la tenaille conduirait aux casemates, se trouverait de chaque côté une galerie crénelée de i5 pieds (5 mètres) de longueur , destinée à flanquer les portes d’entrée de la batterie, au cas où, dans une attaque de vive-force, l’assiégeant voudrait les forcer.

Une batterie construite d’après ces principes sei’ait exempte de la plupart des inconvéniens reconnus dans les anciennes casemates.

On a reproché surtout à celles-ci de n’êtré pas disposées convenablement pour l’é-

vacuation de la fumée produite par la combustion de la poudre, qui infecte les lieux fermés et les rend inhabitables , si on ne peut pas y introduire des courans d’air.

La forme de toutes les espèces de casemates se rapporte à celle d’un souterrain voûté et à l’épreuve de la bombe, dont le mur de face est percé d’embrasures et ne doit jamais être un pied-droit de la voûte. Quelquefois, un seul souterrain contient plusieurs pièces d’artillerie; mais, le plus souvent, la batterie est formée de berceaux à plein cintre, séparés par les pieds-droits et contenant chacun une bouche à feu.

Les pièces d’artillerie employées à l’armement des casemates consistent ordinairement dans les canons de 12 et de 8 de place, les obusiers de 6 pouces, les mortiers et les pierriers; mais, pour que les obusiers employés à cet armement pénétrassent assez profondément dans les embrasures, il faudrait qu’ils eussent 36 pouces/ 1 mèt.) environ de longueur de volée. Quant aux affûts, parmi ceux en usage, Vaffdt marin et les affûts de Montalcmhert et de Meunier sont ceux qui conviennent le mieux au service des casemates. . '

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Les dimensions des embrasures doivent être calculées d’après l’espèce d’artillerie destinée à l’armement des casemates, et le choix de cette artillerie dépend lui-même des effets dont on a besoin pojir établir la défense. Tantôt ce sera un simple feu de mousqueterie ; tantôt on devra avoir recours aux pièces d’artillerie du plus gros calibre : quelquefois les circonstances exigeront l’emploi des feux directs ; d’autres fois il faudra se servir de feux courbes ou verticaux, ou bien encore projeter sur l’assiégeant dès gerbes de mitraille ou de pierres capables de balayer un grand espace.

Si les batteries casematées ont pour objet de battre des points fixes et déterminés sur lesquels l’ennemi doit s’établir, et de balayer les fossés par des gerbes de feu, l’angle dé 'tir horizontal pourra être très -peu considérable, et comme l’extrémité de la volée dépassera le parement extérieur du mur de face, qui n’a'ura que 2 pieds G pouces (80 cent.) d’épaisseur au plus, l’ouverture extérieure de l’embrasure pourra n’être qu’un peu plus considérable 'que le diamètre de la volée, et l’ouverture intérieure devra avoir toute la largeur nécessaire pour

faciliter la manœuvre, de sorte que les embrasures seront alors de véritables créneaux, offrant le moins de prise possible aux coups de fennemi.

Mais lorsque l’artillerie des casemates sera destinée à lutter généralement contre l’artillerie ennemie et à battre la plus grande étendue possible du terrain extérieur, les embrasures devront avoir la même forme que celles des batteries ordinaires et être évasées de la même manière. L’épaisseur du mur de face des batteries casematées étant, dans ce cas, de 8 à n pieds (27 à 37 déc.), et l’angle de tir horizontal étant supposé de i5 à 20°, pour que les lignes de tir extrêmes se coupent efficacement à la distance de 45 pieds ( i5 m.), lorsque les directrices seront distantes de 1 8 pieds (6 m.) Fune de l’autre, l’ouverture ‘ extérieure de l’embrasure devra être de 6 pieds 6 pouces à 8 pieds 6 pouces (2 m. 10 cent, à 2 m. 66 c. ) , en supposant que le centre de rotation de la pièce soit à 1 pied (32' cent.) de la face intérieure du mur.

Pour rendre ces embrasures moins désavantageuses , et aGn qu’elles ne soient pas comme de grands entonnoirs, offrant de

nombreuses cliances aux coups d’embrasure des contre-batteries, il faut chercher à rapprocher le plus possible leur forme de celle des créneaux de mousqueterie. Si la bouche delà pièce affleurait le parement extérieur et que le centre de rotation du châssis de l’affût pût se transporter aussi à ce point , l’ouverture extérieure de l’embrasure serait la plus petite possible et réduite à environ 32 pouces (6o cent. ); mais, comme cette idée ne saurait être mise à. exécution, l’ingénieur Meunier j a suppléé, le mieux qu’il était possible, par un procédé fort ingénieux. Il a transporté le centre de rotation de la pièce à 3 pieds ( i mèt.) en avant de la face intérieure du mur; une cheville ouvrière en fer est fixée dans la partie de ce mur qui forme la genouillère, et cette cheville est embrassée par un étrier, également en fer, qui est attaché à la flèche de l’affût, dont la tête pénètre ainsi de 22 pouces (60 cent.) dans l’épaisseur du mur. Au ^ moyen de cette disposition, la pièce, dans son mouvement de rotation , peut prendre toutes les positions comprises dans l’angle de tir, sans que l’ouverture extérieure soit fort grande. Par exemple, pour une pièce

de 12, dont la volée a 5 pieds (-i met. 62 cent.) de longueur, et qui pénétrera de 4 pieds (1 met. 5o cent.) dans l’embrasure, cette embrasure sera évasée en dehors et en dedans; son ouverture extérieure sera de 4 à 5 X pieds ( 1 met. 3o c. à 1 mèt 78 c. ) , et son ouverture intérieure de 2 pieds (65 c.).

Lorsque les batteries casematées doivent être armées de pièces d’artillerie à feux courbes et à trajectoires élevées, leurs embrasures sont ipasquées par des ouvrages avancés, par-dessus lesquels elles tirent, et par conséquént ces embrasures peuvent avoir, sans aucun inconvénient, toute la largeur et toute la hauteur nécessaires à la manoeuvre: la paj'tie antérieure de la voûte doit être relevée alors de 22 à 3o pouces (60 à 80 cent.) pour permettre le tir sous l’angle de 46°, et le devant de la batterie peut se réduire à n’être qu’un mur de genouillère de 22 pouces (60 cent) de hauteur sur autant’ d’épaisseur.

Des batteries blindées.

J\ous avons déjà parlé, §. 116, de l’utilité dont il pouvait être , pendant la troisième

( -'fS? )

période de la - défense, de laisser dans la demi-lune des pierriers et même quelques canons de 8 ou de 4» en les conservant dans des batteries blindées. Les batteries de cette espèce pour mortiers ne seront pas moins * utiles, et auront l’avantage : i." de pouvoir être établies indistinctement partout où elles se trouveront à l’abri des feux directs • de l’assiégeantj 2." de conserver dans toute leur valeur les feux des mortiers jusqu’à cette dernière époque^ pendant laquelle ils seront d’autant plus précieux que presque tous les autres feux seront éteints. '■

Quelques auteurs ont conseillé , en outre, d’établir des batteries blindées aux saillans des bastions, et de les armer de deux canons, pour battre à revers les établissemens de l’assiégeant an saillant du chemin couvert et aux brèches des demi-lunés. Il est assez difficile de penser que des batteries aussi faibles puissent être d’une grande utilité , attendu qu’elles risquent d’être promp- , tement détruites par le feu très-supérieur

1 . 11 str.'iit très-utile qu’il yeût, dans le corps de place, sur le prolongement des branches du chemin couvert , des voûtes en maçonnerie k l’épreuve de la bombe , pour recevoir les mortiers et les y tenir k l’abri des feux courbes de l’assiégeant.

des contre-batteries que l’assiégeant établira sur les glacis opposés des demi-lunes j et même par les batteries de la parallèle dont le feu serait dirigé à dessein sur ce point. Nous croyons, en conséquence, que les batteries blindées de canons ne peuvent être employées, avec un avantage marqué, que sur les flancs des bastions, seule position dans laquelle leurs feux puissent être supérieurs à ceux que l’ennemi pourra leur opposer. Quoi qu’il en soit, comme on fera bien d’employer ces sortes de batteries partout où on le pourra , quand on aura le temps et les moyens d’en construire, nous allons donner sur celles qu’on a proposé d’établir aux saillans des bastions quelques détails, que nous puiserons dans le Mémorial pour la défense des places. *

En l’an IV (1795-1796), on construisit pour essai deux de ces- batteries à Saint- Qmer , en conséquence d’une délibération du conîité des fortifications, prise sur la proposition de l’un de ses membres^. Ces bat-

I. \oyei le Mémorial pour la défense des places , a.* édition , i8aa , p«g- 38.

a. M. Carnot, frère du célèbre auteur de l'ouvrage intitulé : De la Défense des places fortes.

tepies consistaient en deux plate-formes accolées, couvertes d’un seul et même blindage, et armées chacune d’une pièce de 24, montée sur afFùt marin ordinaire. Les embrasures étaient percées de biais et blindées. Le blindage des deux plate-formes était supporté dans son milieu par une suite de poteaux de 12 pouces (32 cent.) d’équarrissage, et il était formé de poutres jointives de même équarrissage, recouvertes de 6 pieds ( 2 met.) de terre pour le mettre à l’épreuve de la bombe.

La batterie avait 20 pieds (6 met. 5o c.) de longueur, 23 pieds ( 7 mèt. Socent.) de. largeur, et 8 pieds (2 mèt. 60 cent.) de hauteur. Chacune des embrasures, fermée d’uu fort volet à coulisse, avait 2 pieds carrés (21^10 carrés) d’ouverture intérieure, et chaque joue formait avec la directrice l’angle qu’on leur donne ordinairement dans les batteries de place. .

Il a été reconnu, d’après les épreuves faites de ces deux batteries, que les coups de canon tirés à travers les embrasures n’ont produit aucun ébranlement ni dans la casemate, ni dans les embrasures; seu- , lement les terres de la plongée ont été lé-

gèrement soufflées, près de l’ouvertiire intérieure , et quelques-uns des madriers qui tapissaient les joues se sont décloués de leurs montans à droite et à gauche.

Comme , au moment des épreuves , un vent faible soufflait à peu près debout sur les batteries, la fumée a été presque entièrement refoulée par les ouvertures intérieures des embrasures; mais elle a été évacuée de la casemate en deux ou trois minutes, et sans que les canonniers employés au service des pièces s’en soient trouvés incommodés. On a remarqué d’ailleurs qu’en fermant , après chaque coup tiré, les volets des embrasures, il ne se répandait d’autre fumée dans la casemate que celle provenant des lances à feu et des lumières des pièces.

Quelque favorables qu’aient été les résultats de cette expérience , nous ne saurions la regarder coinme décisive en faveur des batteries blindées, et nous pensons que, pour bien constater le service dont ces batteries seraient susceptibles, il eût fallu faire jouer contre celles construites pour essai quelques pièces de siège mises en batterie à 3oo mètres de distance. Quoi qu’il en soit.

voici (^mment le Mémorial pour la défense des places propose de perfeclionneF ces batteries, qui, indépendamment de l’avantage de mettre l’artillerie et les canonniers à l’abri des ricochets et des bombes, auraient encore celui de défiler les ouvrages des vues de revers.

D’abord, afin d’éviter' que l’ennemi ne cherchât à profiter de l’ouverture extérieure des embrasures pour les détruire , avant même qu’elles pussent remplir leur objet particulier, il serait bon de les couvrir entièrement par un masque de sacs à terre jusqu’au moment d’en faire usage; l’emploi du même moyen faciliterait aussi singulièrement les réparations dont ces batteries pourraient avoir besoin , en renouvelant le 'masque autant de fois que cela deviendrait nécessaire ; et, de cette manière, les ouvertures extérieures des embrasures pourraient même être facilement l’étrécies au besoin.

Pour que les merlons entre deux embrasures couvertes ne présentent pas trop de facilité pour leur destruction, dans le cas où ils seraient battus de biais par des pièces de gros calibre , il conviendrait qu’ils eus?

sent extérieurement une largeur 3 à 4 •toises, 'ce qui ne permettrait pas toujours d’établir des embrasures accolées : on pourrait alors profiter de l’intervalle qui existerait entre deux plate-formes pour y placer un petit magasin, qui serait très-utile pour le service de ces batteries. *

Leur charpente étant assez considérable, il serait convenable d’en préparer les bois à l’avance, de les numéroter et de les conserver en magasin , où on les trouverait tout prêts au moment du besoin.

On pourrait encore diminuer un peu la hauteur de la casemate, et pour cela on enfoncerait davantage les plate-formes et par conséquent les parties du parapet qui les surmontent, en plaçant les pièces sur des affûts plus élevés que ceux ordinaires.

Enfin, on pense qu’on pourrait exécuter ces blindages en bois de grume de la pouces '(32 c.) de diamètre, former les joues des embrasures avec des pilots d’un fort diamètre,' et en blinder le ciel avec de gros corps d’arbres, ce qui rendrait la construction beau-

1. Nous croyons devoir faire remarquer combien il serait dangereux d'avoir de la poudre renfermée dans un espace aussi resserre et sous un blindage.

coup plus prompte et plus facile, et ne laisserait plus lieu de craindre que le souf- • fie des pièces dégradât les embrasures , comme cela est arrivé aux batteries blindées essayées à Saint-Omer, et comme cela arrivera nécessairement toutes les fois que les joues de ces embrasures ne seront tapissées qu’avec des madriers. '■

1 . Itous ne doutons point que la construction des joues avec des pilots de fort diamètre n'ajoute , en effet , beaucoup à leur solidité. Un simple revêtement, exécuté avec des gabions, ou mieux encore avec des fascines bien piquetées, nous parait même préférable aux madriers , et nous croirons que l'expérience en a déjà été faite ; enfin , on pourrait le dispenser tout-à-fait de blinder les embrasures.

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