CHAPITRE XX
‘ Des batteries de cote. ‘ '
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Détermination du nombre et choix de ïem^ placement des batteries de côte.
Dans un mémoire du général Larosière, auteur du projet agréé en 1767 pour la défense de la rade et du goulet de Brest, on ^ fait observer d’abord, par rapport au nombre de ces batteries, que plus on les multipliera, plus il y aura d’asiles pour les bâtimens de toute espèce, et moins l’ennemi pourra s’approcher de la côte.
Ce principe est saniS doute incontestable} mais, pour lui avoir donné trop d’extension, on a multiplié outre mesure le nombre des batteries de côte; et, comme le fait remarquer le général Gassendi, on a voulu faire
1. Ce chapitre est extrait presque textuellement de V Aidemémoire du général Gassendi , des Mémoires de ]\'apoléon, publiés par le général Mantholon ; de l’/nrtruction du Ms'» nistre de la guerre sur les tours modèles , etc.
de la frontière maritime une enceinte de place forte , sur laquelle on a distribué audelà de 3ooo bouches à feu. Il a fallu dèslors un nombre correspondant de canon- , niers , une quantité proportionnée d’armemens et de munition: tout cela n’a pu être fourni; les batteries ont été mal approvisionnées, mal servies, et la défense des côtes est devenue presque nulle, parce qu’on avait voulu la rendre complète.
L’immense développement des côtes et la mobilité des escadres qui les menacent, mettront toujours dans l’impossibilité de garder tous les points où l’on peut aborder. On ne saurait donc empêcher les descentes: elles pourront toujours avoir lieu sur un point *qu’on n’aura pas occupé, et rendront ainsi inutiles l’immense développement de forces et les frais considérables qu’on aura faits’sur une multitude d’autres points, qui d’ailleurs ne peuvent être que d’une trèsfaible défense, lorsqu’ils sont battus par la nombreuse artillerie d’une flotte.
On peut donc restreindi'e considérablement le nombre des batteries de côte , et les réduire, suivant les idées de Napoléon, à trois espèces , de batteries, i." Celles de
première classe, destinées à défendre un port ou une rade desûreté: on appelle ainsi celle où l’on peut rassembler un convoi , faire mouiller une escadre , où l’on est à l’abri des vents dangereux , où les passes son t défendues par des feux croisés, a." Celles de seconde classe, destinées à défendre un port marchand , une rade où peuvent mouiller les bâtimens de commerce, une anse qui, à marée basse, a encore 12 à i5 pieds (4^5 met.) d’eau, et qui peut servir aux embarcations de 10 à 12 bâtimens.
Celles de troisième classe, enfin, dont l’objet doit être de protéger le cabotage, en défendant les mouillages principaux seulement, et encore lorsqu’ils ne seront pas trop rapprochés les uns des autres, attendu que, les vigies avertissant par leurs signaux de l’approche des bâtimens ennemis , ceux qu’on est dans l’intention de protéger pourront concerter leur route et leur départ en conséquence. Quant aux batteries de côte isolées et qui n’auraient aucune de ces destinations , on fera bien de les supprimer.
Pour fixer les idées sur le nombre de batteries de chaque espèce qui peuvent être
n^essaires pour la défense d’une frontière maritime, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de citer la détermination des batteries de première classe pour les côtes de la Méditerranée, telle qu’on la trouve dans les Mémoires de Napoléon recueillis par le général Montholon.
Suivant ces mémoires, il n’y a sur toute cette frontière maritime que neuf bons mouillages pour les vaisseaux de ligue j savoir; i.° le Bouc ; 2.° l’Estisat au fond de la baie de Marseille; 3.° Toulon; 4-° îles d’Hières, à l’île dePortecros; 5'.“Fréjus; 6.° le golfe Juan; 7.° Yillefrancbe; 8.° Gênes; 9.°la Spezzia. Le premier de ces mouillages, dont l’entrée est très-étroite, et qui peut être l’egardé comme le port du Rhône et le chantier de construction de la Méditerranée , est défendu par un fort, de sorte qu’il n’est pas besoin d’y construire des batteries de côte. Le mouillage de l’Estisat est mauvais, et les escadres ne le prennent que bien rarement: deux batteries y sont cependant nécessaires; mais on pourra ne les armer à l’avance qu’à moitié , sauf, à compléter l’armement au besoin , ce qui pourra se faire en vingt-quatre heures. A Toulon il
faut: i.° trois batteries de première claHe réunies en une seule au cap Cepet, et défendues par. la Croix des signaux^ de sorte que , si l’ennemi s’empare de cette presqu’île , il ne puisse pas se servir des pièces contre la radie, le fort étant à l’abri d’un coup de main; 3.° une batterie au cap Balaguier; 3.” une à. celui d’Eguillette; total , cinq batteries pour la côte ouest des rades;