‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 40 sur 50 · une batterie au pied du fort La Malgue · texte numérisé non relu

une batterie au pied du fort La Malgue

5. ° une à la Grosse-Tour; 6° une au cap Brun : total , trois batteries pour la côte est, et en tout huit batteries pour Toulon, sans parler de celles établies sur les jetées, attendu qu’elles appartiennent à Farmement de la place. Le mouillage de Portecros, aux îles d’Hières, peut être gardé par deux batteries ; il en faut aussi deux à Fréjus pour appuyer le flanc de la rade; trois pour le

, golfe Juan, et deux pour Villefranche. A Gênes le mouillage est suffisamment défendu par les batteries de la place ; et enfin à la Spezzia il faut quatre batteries de côte de première classe, de sorte que toute cette frontière exige vingMrois batteries de cette espèce , indépendamment de l’armement des places et forts, et des bouches à feu de

campagne* , dont il faut soixante -quatre pour Toulon seulement •

C’est^par des considérations analogues qu’on déterminerait le nombre et la position des batteries de côte de seconde et de troisième classe, nécessaires sur cette côte, et le nombre et la position de toutes les batteries nécessaires sur une frontière maritime quelconque.

Quant aux emplacemens qui conviennent le mieux pour ces batteries, le général Larosière, déjà cité, conseille de les établir de préférence sur des îles, sur des bancs de rochers ou de sable, ou sur les pointes les plus avancées en mer, et, autant qu’il est possible, de manière à ce qu’elles décou-

I. Si l'on réduit, comme on doit le faire , le nombre des batteries de côte, il faut employer d'autres moyens que ces batteries pour défendre les frontières maritimes , et il faut que ces moyens soient mobiles comme l’ennemi qui insulte oii attaque ces frontières. Ces moyens ne peuvent donc être que les bâtimens côtiers de guerre, escortant les flotilles , les troupes et l'artillerie de campagne , placées à portée des points de débarquement. Le général Gassendi rapporte, dans l'Aide-mémoire, que Gribeauval ne voulait employer que du canon de quatre contre l'ennemi qui tenterait un débarquement, attendu qut: l'essentiel est alors de se porter sur lui avec rapidité ,■ pOur foudroyer les «haloupes , culbuter

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vrent parfaitement l’endroit qu’elles doivent battre, et que les vaisseaux ne puissent point ou ne puissent que très-diûlcilement se mettre à portée de les faire taire ou de les détruire. Si ces batteries sont destinées à s’opposer à une descente, il faudra tâcher d’en avoir quelques-unes cachées derrière des rideaux ou des épaulemens, pour pouvoir tirer sur l’ennemi lorsqu’il approchera du rivage et voudra s’en rendre maître ; enfin il ne faudra pas négliger de disposer ' .

toutes ces batteries de manière à ce que leur communication soit facile et assurée.

Une chose fort importante encore à considérer dans l’étahlissement des batteries de côte, c’est la hauteur à laquelle il convient •

ses troupes, les couper, empêcher leur embMQueuieDt , et que le canon de quatre convient parfaitement pour remplir tous ces objets. Si l’ennemi tentait la descente en présence des troupes employées à la défense de la côte, les pièces de douze et de huit , que ces troupes pourraient avoir , ne seraient certainement pas capables de lutter contre l’artillerie des vaisseaux, qui battrait le rivage : il faudrait donc attendre que les troupes de débarquement ne fussent plus sous la protection de ces bêtimens , ou bien couvrir les pièces , quel que fût leur calibre , pour tirer de cet abri contre les chaloupes et les soldats. (Voyez l’Aide-mémoire, h l’osage des officiers d’artillerie.)

( Soi ) •

de les placer au-dessus du niveau de la mer.

Pour déterminer cette hauteur, Gribeaüval fait d’abord remarquer, dans un mémoire cité par le général Gassendi, que les boulets ricochent sur l’eau mieux que sur la terre; que tous les ricochets sous a ou 3° font perdre peu de force aux boulets de gros calibre; et qu’après avoir ricoché sous' l’angle de 4°, ceux de 24 conservent encore plus de force qu’il ne faut pour percer le flanc d’un vaisseau, quelque fort qu’il soit, à 3oo toises (600 mètres) et plus. D’après ces jf^incipes, résultats certains de l’expérience, on peut dire que toute batterie qui sera assez élevée pour tirer à bonne portée sur un vaisseau, sous l’angle de 4 à 5°, lu^ 'fera tout le mal possible, et en souffrira le moins possible, puisque les boulets trainans de la batterie iront tous au vaisseau, tandis que ceux partant du vaisseau qui sera plus bas que la batterie , ne pourront ricocher jusqu’à elle. Tout se réduit donc à trouver pour la batterie une hauteur telle que ses boulets aillent toucher l’eau sous un angle de 4 à 5", à 100 toises (200 mètres) de distance : or, dans cette suppositioji, l||,éloigne-

, ( 5oa )

i^ent du vaisseau à la batterie sera le sinus total , et la hauteur de cette batterie sera la tangente de l’angle de 4 à 5°, et en calculant cette tangente, on la trouvera de 7 à 9 toises (14 à 18 mètres).

Eln élevant donc une batterie de côte de 739 toises (14 à 18 met.) au-dessus du niveau de la mer, les boulets de cette batterie ricocheront très-bien sur les vaisseaux à 100 toises (200 mèt.) de distance, lorsqu’ils les manqueront de plein fouet, tandis que les boulets des vaisseaux, ne partant que de 1 à 2 toises d’élévation , ne pourront monter par ricochet jusqu’à la batterie, ce qül donnera à celle-ci un avantage considérable ; puisque, ne pouvant être touchée que de plein fouet, elle pourra toucher à la fois et de plein fouet et en ricochant.

Il est sans doute inutile de faire remarquer que, si une batterie doit être élevée de 8 toises ( i6mèt. ) environ, lorsque les vaisseaux peuvent en approcher de 100 toises (200 mèt.), elle pourra être élevée de 12 à 16 toises (24 à 3a mèt.), sans perdre les avantages du ricochet , toutes les fois que les vaisseaux n’en pourront approcher qu’à 200 toijes (^00 mèt.).

Bouches à feu qui doivent entrer dans ïarmement des batteries de côte.

Dans le Mémoire inséré dans l’Aide-mémoire du général Gassendi , et que nous avons déjà cité au paragraphe précédent, le général Larosière conseille d’armer les batteries de côte de pièces de gros calibre , excepté celles des batteries cachées, où il suflira d’avoir du 8 et du 4; il recommande surtout d’y avoir autant de mortiers qu’on le pourra, cette bouche à feu étant celle qui est la plus redoutable pour les vaisseaux, et particulièrement lorsqu’il s’agit de battre des mouillage»; mais le général Gassendi fait observer à cette occasion que les obus sont encore plus à craindre que les bombes pour les vaisseaux. Déjà, en effet, Gribeauval avait conseillé d’éprouver, pour la défense des côtes, l’obusier de 6 pouces, qui a l’avantage de se transporter et de se servir aussi facilement qu’une pièce de campagne , et qui, lançant son obus jusqu’à i5 ou 1400 toises (a,6oo à 2,800 mèt), peut porter le, feu dans les voilures, cordages et mâtures des vaisseaux. ,

D’après les Mémoires du général Moutholon, l’intention de Napoléon était d’armer les batteries de côte de première classe (indépendamment des^ tours réduits dont nous parlerons plus loin) de vingt bouches à feu de gros calibre chacune j savoir: douze' pièces de 36 en fer; quatre pièces de i6 ou de 1 8 en bronze pour tirer à boulets roiïges; et quatre mortiers de 12. pouces à la Gomer; plus, buit pièces de campagné, dont trois de 6, trois de 12, et deux obusiers, pour défendre la gorge et la plage voisine et' flanquer la batterie.

L’armement des batteries de seconde classe est fixé dans les mêmes mémoires à huit bouches à feu de gros calibre; savoir ^ quatre de 24, deux de 16 pour tirer à boulets rouges, et deux mortiers; plus deux pièces de campagne au moins. j '

Enfin , l’armement des batteries de troisième classe n’y est porté qu’à deux pièces de 18, plus un obusier à longue portée; toujours indépendamment de l’armement de la tour servant de réduit.

• Napoléon faisait remarquer, à l’occasion de l’armement des batteries de côte, que jamais les vaisseaux ne mouilleront dans des

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endroits 'où ils seront exposés à recevoir des boulets ou des bombes, pas plus qu’une armée ne campera à portée du feu d’une batterie; mais il observait qu’avec des mortiers à la Gomer, qui ne portent qu’à i5oo toises (3ooo mètres), ou des pièces de 36 qui, montées* sur affûts de côte, ne peuvent être pointées qu’à 17°, ce qui ne donne au boulet qu’une portée de 8 à goo toises (16 à i8oo mèt.), il serait toujours impossible d’empêcher une escadre ennemie de pénétrer dans une rade, comme celle d’IIières, par exemple , où elle peut mouiller à 2000 toises (4000 mèt.) de toute terre.”

D’un autre côté , les canons des vaisseaux , étant montés sur affûts marins, peuvent tiAr sous l’angle de 25“, et la bande du vaisseau 'fait qu’ils tirent souvent sous celui de 45", de sorte qu’il arrive que les boulets des vaisseaux parviennent jusqu’à tdl're , tandis que ceux de la batterie ne peuvent atteindre jusqu’aux vaisseaux. De là résultent des doutes sur la qualité de la poudre, et des soupçons de trahison ou de négligence qu’il est de la plus grande importance de prévenir.

De ces observations jVapoléon conclut la nécessité d’avoir dans chaque batterie de

' côte, 1." un ou deux affûts disposés de manière à pouvoir tirer sous l’angle de 45“ , afin de lancer les obus ou les boulets à aooo ou aSoo toises (4000 et 4600 mètres), quoique ce tir soit incertain et à peu près de nul effet dans les cas ordinaires; a." quelques mortiers à plaque, atl moyen desquels on puisse jeter les bombes de 12“ à a5oo et jusqu’à 3ooo toises ( 5ooo et 6000 mètres). C’est ainsi que furent armées les batteries des îles d’Hièrès', et depuis cette époque les Anglais, qui auparavant s’étaient montrés dans ces parages, n’y sont pas revenus; 5.“ un certain nombre de pièces de 48, qui sont surtout avantageuses pour la défense des grandes rades, telles que celles de Toulon, la Spezzla, etc., et dont on peut mettre jusqu’à un tiers; c’est-à-dire que sur les douze pièces de 36 qui doivent composer l’armement d’une batterie de première classe, il sera bon d’en avoir quatre de 48 ;

I. Ce fureat des compagnies du quatrième régiment d’artillerie que je commandais, et qui se trouvait alors à Alexandrie , que l’on chargea, en i8ii, d’armer ces batteries d'après les principes indiqués ci-dessus; ce qui fut exécuté tous les yeux du lieutenant -général comte Lariboissière , premier inspecteur d’artillerie. {Note du général Raviehio.)

car les avantages du ^8 sur le 36 et le 24 sont immenses, lorsqu’il s’agit de combattre des vaisseaux.

Du reste, Napoléon pensait qu’on pourrait n’armer d’abord les batteries de côte que dii tiers ou même de la moitié des bouches à feu destinées à leur armement, et cela suivant la jiature de la guerre dans laquelle on se trouverait engagé : sauf à compléter plus tard cet armement au besoin , ce qui pourrait se faire en moins de quarantehuit heures, si les pièces, les affiits, les boulets et les armemens étaient déposés à l’avance et soigneusement conservés dans les tours qu’il voulait faire construire pour servir de réduits à ces batteries.

C’est ici le lieu de faire remarquer, d’après le général Gribeauval, la supériorité du feu des batteries sur celui des vaisseaux. Nous avons déjà vu au paragraphe précédent que , lorsque celles-ci seront suffisamment élevées au-dessus du niveau de la mer, elles auront pour elles le ricochet et le plein fouet; tandis que les vaisseaux n’auront pour eux que le plein fouet. Voyons maintenant les avantages du plein fouet

d’une batterie sur celui d’un vaisseau.

La batterie a pour objet tout le corps du bâtiment, tandis quelle n’a à craindre que * les boulets qui passent à i% pied (5ocent.) au plus au-dessus de son épaulement; puisque les pièces ne se découvrent pas plus et que chaque canon couvre la tête de l’homme qui le pointe, tout le reste du service étant couvert par le parapet Ainsi donc, sur 3 toises (6 met.) de longueur d’épaulement , le vaisseau n’a pour objet que la pièce, qui ne présente que \ % pied (5o cent) dé faut sur autant de large, ou environ 2 pieds carrés {dS décimètres carrés); tandis que sur un vaisseau de i5o pieds' (5o mèt.) de quille seulement, la batterie aura pour elle 2700 pieds carrés (2U’ès de 205 mèt carrés).

C’est là un second avantage , bien plus considérable que le premier; mais il en est encore un troisième, plus important que les deux précédens : c’est la dilFérence qui existe dans le pointage," différence toute en faveur de la batterie. En effet, le canonnier du'vaisseau sous voile ne voit pas l’objet sur lequel il doit tirer; lorsqu’il donne la hauteur,, il ne peut le faire que par estimation, et ayant pointé dans le vague de l’air, il y a au moins centconti'é un à parier

qu^il ne rencontrera pas la hauteur de i pied (5o cent.) que lui offrent les piècesj et que, s’il l’a rencontrée, il ne la conservera pas dans les mouvemens que fait le vaisseau, puisqu’une seule ligne de roulis peut encore la lui faire perdre; enfin, en supposant qu’un heureux hasard porte ses projectiles à cette hauteur , il n’y aura en* core qu’un douzième de ses coups qui poi"^ tera, puisque la pièce n’occupe que i % pied (5o cent.) de longueur, sur 5 toises (6mèt.) de longueur de parapet.

De ces considérations nous conclurons, avec Gribeauval, i.“ que le feu des vaisseaux n’est réellement dangereux pour les batteries décote que quand, jiar un mauvais choix de leur emplacement, on a exposé celles-ci au ricochet dés boulets des bâtimens; a.° que, si elle est placée assez haut pour n'étre point ricochée et si les pièces y sont montées sur des affûts qui permettent de tirer par-dessus l’épaulement , une batterie de quatre pièces de i6 ou'de a4 aura toujours un avantage immense sur un vaisseau de cent pièces, de quelque calibre que ce soit; 5.” que l’opinion trop généralement répandue, que des vaisseaux

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embossés peuvent ràseï’ des forts, n’est qu’un préjugé aussi faux qu’il est dangerereux.

On a dit encore que, lorsque les vaisseaux peuvent approcher des batteries de côte à la portée delà mousqueterie, les hommies armés de fusils qui sont dans les hunes plongent dans l’intérieur de ces batteries et en arrêtent le service. Gribeauval, dansle.mémoire déjà cité, indique trois nioyens de remédier à cet inconvénient : 1.“ d’élever sur les derrières de la batterie deux ou trois pièces de 12 , qui, étant aussi hautes ou plus hautes que les hunes, seront tirées de près à grosses cartouches à balles pour enlever le bastingage des hunes et les hommes placés derrièrej 2.“ d’employer contre les vaisseaux des compositions d’artifice ou des boulets incendiaires, qu’on mettrait dans les pièces à la place de cartouches, et qui jusqu’à la portée du fusil, i5o toises (3oo mèt. ), porteraient le feu dans les voilures, cordages et mâtures ; 3.° enfin , avoir dans chaque batterie un certain nombre d’obusiers, comme nous l’avons déjà dit, et essayer si on ne pourrait pas couler de la roche à feu dans l’obus même, pour que les éclats portassent partout avec eux des matières incendiaires.

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Des plate -formes pour canons ou ohusiers montés sur affûts de côte, et pour mortiers à plaques.

Pour une plate-forme à canon monté sur affût de côte *, il faut :

Trois gîtes cintrés: ils ont 8 pouces (23 cent.) de largeur, 3 pouces (8 eent) d’é-" paisSeur, 8 pieds ( 2 met. 60 cent.) de longueur, et leur cintre a 8 pouces 6 lignes (23 cent.) de flèche;

Quatre bouts de madriers : deux ont 1 pied (32 cent.), et deux ont 16 pouces (44 cent. ) de longueur; •

Quatorze piquets : ils ont 5 pouces (8c.) de diamètre, et 3 pieds ( 1 mèt. ) de longueur;

Douze clous : ils ont 5 à 6 pouces ( i3 à 16 cent.) de longueur.

Si l’on ne pouvait se procurer des pièces de bois de 8 pieds ( 1 mèt. 60 cent.) de Ion-

I. Il ne faut pas oublier qu'il s’agit ici de l’affût de côte, modèle Gribeauval ; Yaffàt pour place et cote , uouTeau modèle, actuellement en expérience, exigera une plateforme différente.

gueur et ayant un cintre de 8 pouces 6 li- . gnes (a5 cent.) de flèche, on pourrait faire l’arc de quatre morceaux, longs de G pieds (2 mèt. ) et cintrés chacun de 4 pouces 8 lignes (i5 cent.) de flèchej mais cette disposition exigerait de plus un bout de madrier de 1 pied (32 cent.) de longueur, deux piquets et quatre clous.

Il faut que les hois aient naturellement^' à peu près la courbure qu’ils doivent avoirj car, s’ils étaient entièrement contre-taillés, ils seraient sujets à se fendre sous la charge considérable qu’ils doivent supporter.

Pour construire la plate-forme, on com-' mencera par uiveler et damer le terrain sur lequel elle doit être établie, à 5 pieds ( i mèt. 62 cent.) au-dessous delà crête intérieure de l’épaulement; puis on placera ^ le petit châssis bien horizontalement, et ne laissant entre sa face extérieure et le revêtement que la place d’un piquet, pour le retenir et empêcher qu’il ne soit poussé vers la chemise quand on remettra la pièce en batterie. Trois autres piquets, appuyant contre ses autres faces, le fixeront solidement à la place qu’il doit occuper.

Pour empêcher que l’entretoise du mi-

lieu de ce petit châssis, qui doit supporter le grand châssis, ne plie sous la charge, ce qui rendrait ce dernier moins mobile, on fera bien de soutenir cette enlretoise dans son milieu, en plaçant dessous un bout de madrier de 3 pieds ( i mèt. ) de longueur, et de 2 pouces 8 lignes à 3 pouces (7 à 8 c.) d’épaisseur, disposé parallèment aux côtés de ce petit châssis.

La position des gîtes cintrés se déterminera ensuite, en traçant sur le terrain, au moyen d’un cordeau et d’un piquet, un arc de cercle qui aura pour centre le point correspondant au trou pratiqué dans le petit châssis pour recevoir la cheville ouvrière , et pour rayon la distance du milieu de ce trou au milieu de la surface convexe des roulettes du grand châssis, distance qui est de 11 pieds 8 pouces 6 lignes (3 mètres 80 cent.)

L’arc de cercle ainsi tracé sera la ligne milieu d’une rigole qui devra avoir pour largeur et pour profondeur la largeur et l’épaisseur des gîtes cintrés, et ceux-ci y seront placés bien horizontalement et de niveau avec le dessous du petit châssis.

Au-dessous des endroits de jonction des

gîtes cintrés, on placera des bouts de madriers de 1 pied (3a cent.) de longueur, sur lesquels on clouera les gîtes lorsqu’ils seront joints et mis en place, et on les arrêtera par des piquets plantés à chaque jointure, * et dont le côté qui fera l'ésistance aura été préalablement équarri.

Chaque bout de l’arc sera recouvert d’un bout de madrier de i6 pouces (44 cent. ) de longueur, qui dépassera le gîte cintré de 4 pouces (il cent.) de chaque côté, et sera fixé par deux clous et maintenu par deux piquets placés en dessus des bras de cette espèce de croix.

Il esta- remarquer, relativement à la longueur de cet arc, que, loi-sque la direction de la pièce fait un angle de 45*’ avec l’épaulement, si le talus est du quart de la hauteur, le gros rouleau de l’affût en batterie vient toucher le revêtement^ si le talus était plus considérable, ou si l’affût avait été placé plus loin de l’épaulement pour que l’angle pût être encore diminué, la volée de la pièce ne passerait plus sur l’épaulement, qui serait exposé alors à être dégradé par son feu; d’où il résulte qu’une pièce ne pourra être dirigée que sous l’angle de 45”

de chaque côte de la direction première de la batterie , de sorte que son champ de tir entier sera du quart de la circonférence, et qu’on pourra toujours tirer sur un vaisseau qui ne fera que passer devant une batterie, pendant tout le temps qu’il emploîra à parcourir le double de sa distance la plus rapprochée de la batterie, plus un coup par pièce à son arrivée.

Il sulbrait donc que l’arc fût égal au quart de la circonférence, plus la laideur du châssis; mais ou y ajoute de chaque côté la partie qui fait la croix, afin que la roulette ne porte jamais sur le bout, qui serait plus aisé à détruire.

Cette plate-forme a le grave inconvénient d’être sujette à se déranger, et les gîtes çinr très se pourrissent facilement dans la terre, de sorte qu’il faut les renouveler au moins tous les trois ans. On a proposé, en conséquence, de les remplacer par des portions circulaires en fonte de fer, qui seraient beaucoup plus durables, et sur lesquelles les roulettes du grand châssis rouleraient plus facilement et plus régulièrement. On a calculé que ces plaques circulaires, auxquelles on donnerait 6 pouces ( i6 cent.)

de largeur et i pouce (3 cent.) d’épaisseur» pèseraient ensemble Sgo livres (288’, 80), et que leur prix serait à celui des bois qui entrent dans la construction de la plateforme ordinaire, à peu près dans le rappoi't de 8 à 3.

Les plate-formés pour mortiers ordinaires s’établissent dans les batteries de côte comme dans celles de siège ou de place; mais nous avons- vu au paragraphe précédent qu’il convenait d’avoir dans les premières de . ces batteries un certain nombre de mortiers de 12 pouces à semelle ou à plaque , et ces bouches à feu ayant souvent cassé leurs bombes, on en fait couler de plus épaisses» pesant 180 livres (90 kilogramm.), ce qui a ' donné à ces mortiers, sur une plate-forme ordinaire, jusqu’à la à 14 pieds (4 m. à 4 ni. 55 cent.) de reculé et a rendu par conséquent fort longue et fort difficile la manœuvre nécessaii’e pour les remettre én batterie.

Pour remédier à cet inconvénient, ou • construit pour les mortiers à plaque des plate-formes particulières , dont la moitié en avant, sur laquelle la bouche à feu doit être en batterie, est horizontale, et dont la seconde partie en arrière, sur laquelle se

faille recul, s’élève en plan incliné, ce qui a le double avantage de modérer ce recul et de faciliter la manoeuvre de remettre en batterie.

Pour établir une plate-forme de cette espèce , il faut :

, Cinq gîtes, ayant chacun i3 pieds (4™-)

V de longueur, 6 pouces (i6 cent.) de largeur, et d’épaisseur 8 pouces (22 centim.) jusqu’au milieu; puis 16 lignes (56 mill. ) par pied (32 cent.) de talus, depuis ce milieu jusqu’à l’extrémité postérieure , qui aura par conséquent 16 pouces (44 cent.) d’épaisseur.

Douze lambourdes de 9. pieds (S mèt. ) de longueur,. 6 pouces (i6 cent.) de largeur, et 8 pouces (22 cent.) d’épaisseur.

Douze^ autres lambourdes, ayant les mêmes largeur et épaisseur, mais seulement 8 pieds (2 mèt. 60 cent.) de longueur.

Trente piquets de fondation, ayant pouces (40 cent.) de longueur, et 3 pouces , (8 cent.) de diamètre.

Enlin, vingt-deux piquets de plate-forme, ayant 3 pieds (i mètre) de longueur et 4 pouces ( 1 1 cent. ) de diamètre.

Pour construire la plate-forme » après

avoir déterminé son emplacement et tracé la ligne de tir du mortier, on creusera d’abord,à i5 pouces (40 cent. ) au-dessous du niveau qüe doit avoir le dessus des gîtes , cinq rigoles parallèles, équidistantes , celle du milieu sur la ligne de tir, et toutes à 33 pouces (go cent.) de distance l’une de l’autre, de milieu en milieu; puis on enfoncera à tête perdue dans chaque rigole six piquets de fondation, bien de niveau, et à 2 pieds (64 cent.) l’un de l’autre. *

Dans les rigoles et sur ces piquets on placera ensuite les cinq gîtes bien parallèles et équidistans entre eux, la partie en talus sur le derrière de la plate-forme et en dessus, et on aura soin de s’assurer par un nivellement que la partie antérieure est bien horizontale et que la partie postérieure est bien dans un même plan uniformément incliné de l’arrière à l’avant.

Lorsque les gîtes seront placés bien exactement comme ils doivent l’être, on remplira les rigoles de terre qu’on damera for-

Si le tcrmin n'était pas ferme, il fanch'ait, pour assurer la solidité de la plate-forme, creuser des trous de i8 pouces (5o cent.) de profondeur, et mettre au fond une pierre plate pour soutenir le piquet de fondation. *

lement, surtout contre les gîtes, pour les assujettir.

Sur ceux-ci se placeront les lambourdes; d’abord une des longues , puis une des courtes , et ainsi de suite alternativment. La treizième, qui sè trouvera à la naissance du talus, devra être coupée en sifflet dans toute sa longueur, de manière à ce qu’elle appuie de tonte son épaisseur conti'e la lambourde qui précède.

A droite et à gaucbe des lambourdes courtes, alternativement, ou enfoncera un , piquet de plate-forme jusqu’au niveau de ces lambourdes; enfin, on arrêtera la plateforme, du côté du recul, par six piquets à plate-forme, et en avant par quatre,^

Pour que le mortier à plaque puisse reculer et glisser sur le talus de cette plateforme, on enlèvera, à chaque partie inférieure du devant et du derrière du plateau, une petite portion de bois de 9 lignes (2 mill.) d’épaisseur, diminuant insensiblement sur une longueur de 7 pouces ( 19 cent.) en allant en dessous ; et on arrondit par un rayon

1. Üe nombre de piç|uets indi(]aé ci-dessus, est celui qu'il faut employer dans un bon terrain j il couriendrait d’augmenter ce nombre si le terrain était monvant.

( 5ao )

de 5 pouces (8 cent. )‘ les deux extrémités du plateau. * ’

Détails pratiques particuliers à la consfruction des batteries de côte.

Après ce que nous avons dit dans les paragraphes précédens sur le choix de l’emplacement des batteries de côte, sur les Bouches à feu dont on doit les armer, et . sur les plate-formes qu’on doit y établir pour ces pièces, il nous reste peu de choses à ajouter sur la construction proprement dite de ces batteries. * ■

1. La construction de la pla<e-forme que nous venons de décrire étant assez difficile et exigeant des bois de fortes dimensions, on a essayé de se dispenser de la faire, en adaptant au plateau différens mécanismes , ayant pour objet de diminuer ou d’augmenter à volonté le frottement du mortier sur la plate-forme ordigaire , et par conséquent de modérer le recal en donnant les moyens de remettre facilement la bonche b feu en batterie (voyez, dans l’Aide-mémoire du général Gassendi, les mécanismes proposés b cet effet, par le général Thirion et par le sienr Cheramy, ouvrier en fer an Havre). Mais ces diverses inventions ne paraissent pas assez simples et ont le grave inconvénient d’occasioner un recul excessif, si l’on oublie, au moment du tir, de faire passer la boiiche b feu d’nne déposition b l’autre. v

( 5ai )

Nous nous bornerons donc à rappeler ici quelques principes pratiques auxquels il sera utile de se conformer dans cette construction.

Il faudra d’abord avoir soin de leur donner une direction telle que leurs feux se^ croisent autant que possible, et puissent se répandre ou se concentrer, suivant le besoin , suç les différens points que l’ennemi peut ocÿiper ou sur lesquels il peut s’ancrer.

Ce serait un grand vice pour ces batteries d’étre construites en maçonnerie, comme ' l’a fait remarquer le général Gribeauvalj car il n’est pas possible de se bien défendre derrière un pareil 'ép&ulement , attendu qu’un seul boulet qui touche dans l’embrasure ou sur la crête du parapet chasse une grande 'quantité de pierres dans la batterie, et y fait plus de mal que n’en pourraient faire plusieurs cartouches à balles à la fois.

A moins de cas extraordinaires, il ne faut point conserver d’embrasures dans ces batteries, quand on a des affûts de côte, puisque ces embrasures , en rétrécissant le champ de tir, priveraient du plus grand avantage de ces affûts. 11 faudra donc alors

élever les genouillères jusqu’à 5 pieds ( i met. 62 cent.) au moins j et ce rehaussement devra se faire avec des terres franches et tenaces: et si celles qu’on a à sa disposition contiennent des pierres, il faudra les passer dans une claie très-serrée pour les en purger. Comme la légèreté des terres oblige presque toujours -à revêtir les batteries construites sur les c6tes, et qu’on ÿ manque ordinaii’ement de bois propres à ^ confection des saucissons, on entoure la genouillère d’un demi-revêtement en pierres rengi'énées, qui a 3 pieds (i mèt.) de hauteur, et 2 pieds 6 pouces (8i Cent.) d’épaisseur. Mais toute genouillère ou.épaulement quelconque doit être fecouvert à son sommet de 2 pieds (63 cent) de terre franche et purgée de pierres.

Il faut mettre plus de distance d’une pièce à l’autre dans les batteries de côte, que dans celles de place ou de siège. Pour ces dernières , il est d’usage d’espacer les pièces .de 3 toises (6mèt.);-mais, si l’on s’en tenait à cet écartement pour les pièces des batteries de côte, lorsque la direction de ces pièces ferait avec l’épaulement un angle de 45°, il ne resterait pas 9 pieds (3 mèt. d’in-

tervalle entre les châssis sur lesquels les rouleaux débordent de i3 pouces (35 cent.), et le passage libre se trouverait réduit à 6 ou 7 pieds (a met. à a met. 3o cent), ce qui serait fort incommode pour la manœuvre.

Il faudra donc calculer la longueur de l’épaulement de manière à pouvoir espacer les pièces de 3)( toises (8 mèt. ) d’axe en axe , ce qui sera d’autant plus convenable qu’il n’en peut résulter aucun inconvénient, et que cela procurera au contraire l’avantage de diviser sur un plus grand espace le feu des vaisseaux.

Dans les Mémofres de Napoléo’n , recueillis par le général Montholon, et que nous avons déjà cités, on conseille même d’éloigner les pièces de 4 ^ ô.toises (8 à i2 mètées) de l’une à Tautre, à moins que les localités ne s’y opposent; on recommande aussi de séparer par des traverses les -mortiers des canons, et les pièces tix'ant à boulet rouge de celles tirant à boulet ordinaire; enGn, on prescrit encore, quand la batterie sera composée de douze pièces, de la partager en deux par une traverse , et si les localités s’y prêtent, de disposer les deux terre-pleins sur deux plans différens, dont

l’un sera élevé de 7 à 8 toises ( 14 à 16 met.) au-dessus de l’autre.

Suivant les mêmes Mémoires, il faut encore : ; .

1." Construire trois plate -formes pour deux mortiers ordinaires, et quatre plateformes pour deux mortiers à plaque;

2° Établir, à 5 toises ( lo met.) du heurtoir, des parados ou des traverses parallèles à l’épaulement, une pour quatre canons ou pour deux mortiers : derrière la première seront placées, dans une caisse, seize gai^ousses, quatre par pièce; derrière la seconde seront déposées huit bombes, quatre ,par mortier ; et ces munitions seront remplacées, au fur et à mesure des consommations, par d’autres, qu’on tirera du magasin, situé dans la tour-réduit y quand il y en aura une dans la batterie ;

3.“ Dans l’intervalle des plate - formes , placer des tonneaux ou des gabions pleins de terre, ou construire des traverses rondes de 2 pieds (65 cent) de diamètre, pour servir d’abri aux canonniers contre les éclats des bombes et des obus.

^ A ces conseils, auxquels on fera toujours bien de se conforme^ dans la construction

( SaS )

tles batteries de côte, ajoutons-en encore Quelques autres non moins importans.

Remarquons d’abord que ces batteries étant généralement isolées , et à d’assez grandes distances des point fortiGés capables de les protéger, elles pourraient être facilement tournées et enlevées assez aisément, si elles restaient ouvertes : il faudra donc qu’elles soient fermées à leur gorge , partout où elles ne pourront être assurées suGisamment par des escarpemens de rochers ou par d’autres défenses naturelles, surtout lorsqu’elles occuperont des points dont il importera de conserver la possession. ‘

De l’isolement de ces batteries et de la possibilité où on se trouve d’y voir quelquefois ses communications interceptées , nous conclurons encore la nécessité d’avoir dans chacune d’elles, ou du moins dans les plus importantes, un corps-de-garde , ou

'i. La nécessité où on peut se trouver de se défendre du edté de la terre comme du c6té de la mer , a fait imaginer à M. l’adjudant- commandant Mayer, de placer le grand châssis en sens contraire de sa position ordinaire, ce qui donne k la pièce montée sur affût de côte la propriété de battre également des deux $ôtés.

plutôt une petite caserne, et des magasins pour les munitions et pour les vivres : le tout proportionné à l’étendue de la batterie • et au nombre des bouches à' feu qu’elle contiendra.

En nous rappelant, enfin, de quelle importance il est de se garantir du ricochet des vaisseaux, nous serons conduits, lors-^ que le terrain entre la mer et la batterie formera un talus tel que les boulets du vaisseau puissent s’y élever en ricochant jusqu’à la batterie, nous serons conduits, disons-nous, à couper ce talus en un assez grand nombre de banquettes horizontales , de manière à ce que les projectiles qui viendront frapper l’unç d’elles sous un angle peu ouvert, aillent se perdre en ricochant dans la face verticale qui forme le degré suivant.

Des tours-modèles destinées à servir de réduits aux batteries de côte.

IVous avons vu au paragraphe précédent qu’il était nécessaire d’avoir dans chaque batterie de côte un corps^de-garde ou une petite caserne , et des i^^agasins pour les mu-

nitious et pour les vivres. Depuis long- . temps ' on avait senti de quelle utilité il pouvait être de réunir ces bâtimens, et d’en former un réduit voûté, crénelé, distribué d’une manière utile à la défense, et pouvant s’appliquer non-seulement aux batteries de côte, mais encore à tous les petits ouvrages de fortification isolés.

Plusieurs modèles de tours furent présentés, en 1811, par le comité central des fortifications, à Napoléon, qui choisit et approuva , comn^e les plus conformes aux bases qu’il avait posées, les tours-modèles, connues sous la désignation de N.° 1 , N.° 2 et ^ N.° 3 , et, dont nous allons donner ici une

I. On trouve dans Bélidor, Science des ingénieurs, liv. 4, chap. 7 , la descriptions des tours appelées tours à la VauBan dans l'instruction. Elles ne sont pas percées de créneaux. Celles qui furent construites en Égypte étaient essentiellement défensives. Le savant auteur des Voyages dans la Grande-Bretagne, rapporte (Force militaire, tom. 2, liv. 6, chap. 4) , qu’en 1794, les Anglais furent frappés de la défense que fit une tour ronde, bâtie sur la côte de Corse et armée d’un canon seulement j qne dès lors ils résolurent d’employer de pareilles tours pour fortifier les côtes britanniques en-deçà comme au-delà des mers. Elles sont appelées Tours Marlello. M. Dupin a donné des détails interessans et instructifs sur leur construction d’après le colonel Pasley, auteur d’un Traité de fortification.

description succincte, d’après l’instruction ministérielle sur cet objet.

Ces tours sont une combinaison des tours de Vauban et de celles exécutées en Elgypte lors de l’expédition de l’armée française dans cette contrée. Toutes sont carrées, voûtées à l’épreuve de la. bombe; toutes sont composées d’une cave, d’un eYog^e crénelé et renfermant une cheminée, et d’une ^ûiteforme avec embrasures : toutes ont un fossé avec pont-levis et dormant. Les caves sont destinées à contenir les magasins à poudre , aux vivres, celui de l’artillerie et la citerne. llétage est proprement le logement des troupes; la plate-forme porte du canon.

Leur hauteur totale, depuis le fond du i fossé jusqu’au dessus du mur de la plateforme, est de 27 pieds (8 mèt. 80 cent), et seulement de 20 pieds (6 met 5o cent) depuis le sol des caves jusqu’au niveau de la plate-forme supérieure. Elles s’élèvent de 18 pieds (6 mèt) au-dessus du terrain naturel. Pour défendre le pied des tours, on adapte à la plate-forme quatre mâchicoulis qui ont des créneaux latéraux destinés à tirer aux angles.

Ces tours ne diffèrent les unes des autres.

( Sag )

d’uné manière bien distincte, que par leur capacité, par les épaisseurs des voûtes, et par leur armement.'

Celles du i qui, suivant les idées de Napoléon, doivent servir de réduits aux batteries de côte de première classe, ont intérieurement 36 pieds (12 mèt) de côtéj l’épaisseur du mur est de 6 pieds (a mèt.) * au niveau des caves, et de 5 pieds 6 pouces ( 1 mèt. 80 cent.) seulement au niveau de l’étage. Cet étage est garni de lits de camp pour soixante hommes, et il peut contenir en outre deux canons montés sur 'àlTûts marins ou de casemates, un à chaque côté de la porte. Sur la plate-forme doivent être placés quatre canons de a4 ou de 16 sur affûts de côte, un à chaque angle.

Les tours N.” 2 , destinées aux batteries de côte de seconde classe, doivent avoir 21 pieds (7mèt. ) de côté intérieur. L’épaisseur des murs, au niveau des caves, ‘est de 5 pieds 6 pouces (i mèt. 80 cent.), se réduisant à 4 pieds (1 mèt. 3o cent.) au niveau de l’étage, qui n’est garni de lits de camp que pour trente hommes, et sa plate-forme ne porte qu’une pièce de campagne et deux caronades sur affûts’ touruans*

Enfin, aux tours N.° 3, qui doivent être employées comme réduits dans les batteries d» troisième classe , le côté intérieur n’a que i5 pieds (5 met.), et l’épaisseur du mur , qui est de 4 pieds 6 pouces ( i met 60 cent.) au niveau des caves, se réduit à 3 . pieds (1 mètre) au niveau de l’étage. Cet étage est habité par dix-buit soldats, ou par douze soldats , et un gardien de batterie ayant un cabinet particulier; et la plateforme ne porte que deux caronades en fonte sur affût tournant

Les escaliers, pour communiquer à la cave, à la plate-forme et aux mâchicoulis, sont pratiqués dans l’épaisseur des murs aux • tours N.” 1 ; .pour celles des-N.“ 2 et 5, ils sont intérieurs, et leur débouché sur la plate-forme est fermé par une trappe.

Si le terrain et les fonds dont on peut disposer le permettent, il importe que le revêtement de la batterie ou de, l’ouvrage d’enveloppe ait i5 pieds (5 mèt) de relief sur' le terrain naturel. La tour, qui a 18 pieds (6 mèt.) de hauteur au-dessus de ce terrain , conservera alors 5 'pieds ( 1 mèt.) de commandement ; elle ne pourra être battue de la, mer ni de la campagne: elle

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■jouira (le toutes ses propriétés comme ré-, (luit , et l’ennemi , pour la détruire , sera obligé d’établir du canon sur l’ouvrage d’en- ’ veloppe, sous les feux de l’étage et de la plate-forme.

Si Ton ne pouvait donner à l’ouvrage extérieur que 12 pieds (4 mèt.) de relief, les tours auraient un commandement de 6 pieds ■(2 met.), et la plate-forme pourrait tirer en même temps que l’ouvrage 5 mais elle serait exposée à ce que ses parapets fussent contre-battus et ruinés, de sorte qu’on ne conserverait, plus alors que les feux casematés, et que la tour perdrait une de ses propriétés comme réduit.

Enfin, si l’on ne pouvait donner à Touvrage d’enveloppe qu’un relief moindre de 12 pieds (4 mèt), il faudrait, autant que possible , enfoncer la tour de manière qu’elle n’ait sur l’ouvrage que de S à 6 pieds ( 1 à 2 mèt) de commandement Si le terrain ne le permettait pas, les tours pourraient être détruites de loin par le canon, et ne seraient bonnes que contre la mousqueterie, ce qui est la limite de leur utilité.

Il faut choisir les modèles et calculer les ouvrages, de manière que la tour reçoive

tous les canonniers si c’est une batterie, et loge le tiers de la garnison si c’est un petit » ouvrage de fortification. Le reste pourra ^

être baraqué.

S’il s’agit d’une batterie ou d’un ouvrage dont la garnison est très-faible, cette garnison se tiendra dans la tour, ne laissant en dehors et sur la plate-forme que des sen- • •

tinelles, et elle ne sortira que pour servir les pièces et fusiller les débarquemens : elle ne s’exposera jamais à ce qu’on lui coupe la retraite, se retirera dans la tour, tirera de ^

l’intérieur dé l’ouvrage, et y tiendra ferme

jusqu’à ce qu’on la dégage ou jusqu’à ce que l’ennemi batte en brècbe.

S’il s’agit d’un ouvrage dont la garnison est complète ou suffisante, elle doit se défendre de pied ferme dans cet ouvrage , ^

sous la protection de la tour qui lui sert de point d’appui, et dont les feux sont dirigés . , * .

sur l’ennemi, aussitôt qüe ses progrès l’y ex- ‘

posent. ^ ^

line tour-modèle et une batterie de côte occupent quelquefois une dune: Il faut alors,

1." Que le fond du fossé soit pavé, s’il se peut, afin de faciliter l’enlèvement des sa- • • '

■ . Diûi'I

blés, ou bien que la tour et sa contrescarpe soient établies sur un seul et même soubas-

• sement en maçonnerie j .

3° Que ce même fond, s’il ri’est pavé, le terre-plein de la batterie, celui du cbemin couvert, les talus, banquettes, parapets et glacis soient couverts en terre grasse semée en gazon, et que déplus les glacis soient plantés en taillis et futaie ;

3. " Que les plans de pente du glacis soient prolongés, recouverts et semés, suivant la même méthode, jusqu’à «leur intersection

’ , avec 'les plans ou surfaces de contre-pente . des dunes environnantes, afin que le dessous

• du glacis soit, le moins possible, affouillé

•• par les vents et l’écoulement des *sables; '

4. ° Que la crête et la queue de ces glacis soient limitées par des estacades dont les claire-voies, garnies de roseaux, arrêtent les

• sables, laissent aux plantations le temps de croître, et les défendent contre les dégra-

■ .dations.

Nous ne parleront point des tours-mo-’ . dèles N.°* et S, qui ne sont point voûtées et ne portent point de canons; ce sont de simples corps-dé-garde crénelés, mais néanmoins très-utiles dans quelques batteries.

' . . §. ia4*

Des grils fourneaux et fours à faire rougir lès boulets.

Nous avons vu, dans les paragraphes précédens, que le tir à boulets rouges était un des plus puissans moyens qu’on pût em- - ployer contre les vaisseaux c’est donc ici le lieu de i;ious occw^er àes grils , fourneaux ou fours à rougir les boulets.

Dans les Mémoires recueillis par le gé-

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