DISTINCTION DE LAME ET DU CORPS
s;mis le concours du cerveau, il s'ensuit que ce concours esl une condition de ces opérations, mais non qu'il en est la cause.
De celle discussion, il résulte que l'âme est distincte du corps. Celte distinction se résume en deux caractères, l'immatérialité et la spiritualité. 1° L'immatérialité de l'âme consiste en ce qu'elle est une force une et identique, sans aucun rapport de ressemblance avec l'étendue et la ligure, aviT rien qui puisse se représenter aux sens ou à l'imaginai ion. 2° La spiritualité consiste dans l'activité intelligente et libre, dont la formule est : vis sai conscia. Si, avec le Système nommé Dynamisme, l'on admet que la matière est composée de forces unes et identiques, par conséquent immatérielles, l'àme humaine se distingue d'elles en ce que celles-ci sont simplement des forces motrices tandis qu'elle est un esprit, c'est-à-dire qu'elle possède l'activité intelligente et libre.
Lire Bouillet, D. des sciences, art. Ame; Charles, Lect. de }h /., II, p. 320-347; Bossuet, Conn. de Dieu et de soi-même, III, xxi, xxu (cf. édil. Charles, p. 178-186, notes).
Lois de l'union de l'âme et du corps.
131. Quelles sont les lois de l'union de l'âme et du corps ? (6 novembre 1869.)
132. En quoi consiste la question si controversée des rapports du physique et du moral? (o novembre 1873.)
133. Exposer les principaux faits par lesquels se manifeste l'influence du physique sur le moral, et réciproquement, l'empire du moral sur le physique. (17 nov. 1809.)
Plan. Pour bien comprendre la condition actuelle de l'âme humaine, il ne suffit pas de la distinguer du corps et de définir la spiritualité qui constitue sa nature; il faut encore déterminer quelles sont les lois de l'union de l'âme et du corps, ou, ce qui revient au même, quels sont les rapports du physique et du moral, ou bien encore, quelle est l'influence du physique sur le moral et quel est l'empire du moral sur le physique. Dans celle étude, il faut combiner les données de la Psychologie avec celles de la Physiologie, comme dans toutes les : questions mixtes de la sensation, de la perception externe, de l'imagination passive et de l'effort musculaire.
1° Influence du physique sur le moral, du corps sur l'âme. Pour connaître les objets extérieurs par les sens et agir sur eux par sa force motrice, l'âme se sert du système cérébrospinal auquel aboutissent les nerfs sonsitifs et dont partent les nerfs moteurs. Toutes les impressions viennent se réunir à un centre commun qui est le cerveau ; celui-ci est l'organe de l'âme toutes les fois qu'elle s'applique aux choses matérielles, c'est-à-dire dans la sensation externe ou interne, la perception externe, la mémoire, l'imagination, l'appétit et la passion. Tout dérangement dans les fonctions du cerveau trouble les opérations de l'intelligence. L'état des autres organes influe à son tour sur le cerveau et détermine par son intermédiaire les dispositions de l'imagination passive, principalement dans la rêverie, le sommeil, le délire, l'hallucination, la folie, l'idiotisme.
2° Influence du moral sur le physique, empire de l'âme sur le corps. Si l'âme sent continuellement l'état des organes, elle agit aussi sans cesse sur eux par son empire sur les nerfs moteurs. Les mouvements qu'elle détermine sont instinctifs, volontaires ou habituels. En outre, elle a plus ou moins conscience de son action, selon qu'elle intervient dans les fonctions de relation, qui dépendent du système cérébro-spinal; ou dans la respiration, qui s'opère par les nerfs pneumogastriques. Quant aux fonctions de la nutrition et de la circulation du sang, qui dépendent du système ganglionnaire, elles ne subissent qu'indirectement l'influence de l'âme par suite de la coordination et de la sympathie des divers centres nerveux-, ainsi, une émotion morale agit sur le cerveau et, par son intermédiaire, sur les battements du cœur. — En résumé, l'empire de l'âme sur le corps se ramène à deux points principaux : elie exerce sa force motrice d'une manière volontaire, mais intermittente ; elle imprime une excitation inconsciente, mais continue, à toutes les fonctions de la vie organique dont l'accomplissement plus ou moins régulier lui fait éprouver des sensations agréables dans la sauté et pénibles dans la maladie. Par suite, si l'âme, comme le dit Leibniz, exprime toujours l'état du corps (cf. 126), réciproquement le corps exprime l'état de l'âme par les attitudes du corps et l'expression changeante des traits, ce qui est le principe du langage naturel.
Lire Bouillet, I). des sciences, art. Ame; Charles, Lcct. de phil, II, p. 366-376, 384-393.