‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 119 sur 189 · ANALYSE. SYNTHÈSE · texte numérisé non relu

ANALYSE. SYNTHÈSE

d irrité est V évidence : il sert à reconnaître ce qui est liors de doute et de discussion, ce qui n'a pas besoin d'être démontré et qui sert à démontrer toul le reste, les axiomes, les principes de la raison, les faits principaux de la conscience et de la perception externe. 2° Diviser chacun" des difficultés qucj'cxaminerai en autant de parcelles qu'il se peut et qu'il est requis 1 1 mieux résoudre. C'est le précepte de l'analyse (cf. 100;. 3° Conduire par ordre mes pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à p u comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus composés, et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent pas naturellement les uns les autres. Cette règle indique l'ordre à suivie dans l'analyse et prépare la synthèse. L'esprit, .en étudiant les faits et les vérités élémentaires, doit suivre leur ordre naturel (cf. 3). S'il n'y trouve pas d'ordre naturel, il doit établir un ordre artificiel qui l'aide à saisir et à se rappeler les rapports de ces éléments (tel est l'ordre suivi dans l'étude des parties de la physique). 4° Faire partout des dénombrements si enfers et des revues si générales que je sois assuré de ne rien omettre. C'est la règle de la synthèse; elle doit ne rien omettre et ne rien supposer, comme l'explique Descartes : « Pour le complément de la science, il faut, par un mouvement continu Je la pensée, parcourir tous les objets qui se rattachent à notre but et les embrasser dans une énumération suffisante et méthodique... Si je veux prouver par énumération combien de sortes d'êtres sont corporels, ou de quelle manière ils tombent sous les sens, je n'affirmerai pas qu'il y en a tant, et non davantage, si je ne sais avec certitude que je les ai tous compris dans mon énumération et distingués les uns des autres. »

Ces quatre règles si importantes ont été développées par Descartes dans les Règles pour la direction de l'esprit et dans la Reclierche d la vérité par la lumière naturelle. Elles s'appliquent à l'observation et à l'expérience aussi bien qu'aux spéculations mathématiques et métaphysiques. Descartes en a monlré les applications fécondes dans la philosophie par ses Méditations, et dans les autres sciences par d'admirables découvertes dans la géométrie analytique, la physique céleste, la mécanique, l'optique et la physiologie.

Concluons avec Maiebranche {Recherche de la Vérité, VI) : « 11 ne faut raisonner que sur des idées claires et évidentes, et ne passer jamais aux choses composées avant d'avoir suffisamment examiné les simples dentelles dépendent. »

l'LIIL. î.ùv. 7

172. Qu'appelle-t-on système soil naturel soit scientifique. La science, ayant pour objet, de reproduire la nature, doit avoir des systèmes. Qnel est le péril des tysU scientifiques? Quel est l'abus de l'esprit systématique?

{20 novembre 1873.)

Plan. t° La nature nous présente partout des systèmes, c'esl-à-dire des assemblages de parties qui se coordonnent et qui dépendent les unesdes autres ; soit dans le monde physique, comme le système planétaire, l'organisation des végétaux et relie des animaux ; soit dans le monde moral, comme I tème des facultés de l'âme humaine, l'organisation de la famille et de la société.

2° La scienc: décompose par Y analyse chacun de ces ensembles afin d'en étudier les divers éléments, et elle les reconstitue par la synthèse en signalant les rapports qui les unissent. Elle forme ainsi des systèmes qut ont pour but d'expliquer et de reproduire l'ordre qui existe dans les œuvres de la nature; c'est-à-dire elle coordonne les propositions qui énoncent les lois et les causes des phénomènes ou qui définissent les • ces spécifiques des êtres ; elle les enchaîne en les rattachant à des principes de manière à constituer une do irine philosophique, une théorie géométrique, physique, chimique ou pi logique, une classification naturelle de botanique ou de z gie ; puis elle crée une nomenclature appropriée aui qu'elle définit ou aux rapports qu'elle reconnaît. Ainsi la philosophie rattache ses démonstrations à la distinction de l'expérience et de la raison, de la matière et de l'esprit, la géométrie établit une longue suite de propositions qu'elle déduit l'une de l'autre; l'astronomie explique par l'attraction tous les phénomène- célestes ; la botanique et la zoologie ré-ument et coordonnent les caractères spécifiques d !S êtres dans des généralisations appelées systèmes ou méthodes.

Tout sysi doit, pour être r les

règles de l'analysé et de la synthèse cf. 169 , ne ; une classe de laits, ne pas en dénaturer les caractères l'expliquer par une hypothi I le reproche qu'un a h à la théorii m transformée il: Condillac cf.

à la doctrine du positivisme contemporain, etc. Si l'abus de l'esprit systématique conduit à c<\s erreurs, il a les n. inconvénients que l'abus de l'esprit philosophique [cf. 1, p. 2).

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