MÉTHODE DÉDUCTIVE
Objet. Opérations et procédés.
173. Qu'en tondait-on, dans l'ancienne Logique, par les trois opérations de Vesprit? Expliquer les caractères propres à chacune d'elles et leurs rapports. (9 août 1872.)
Plan. D'après Aristote, qui a lepiemier donné les règles de la méthode déductivc, toute science est une démonstration, or une démonstration est composée de syllogismes ; un syllogisme, de 3 propositions ; une proposition, de 2 termes (sujet et attribut). Il y a donc, à ce point de vue, 3 opérations de l'esprit : 1° concevoir, c'est-à-dire saisir le sens des mots qui expriment des idées de substance ou de mode, entendre les termes qui servent de sujet ou d'attribut dans une proposition (hydrogène, pesant): 2° juger, c'est-à-dire affirmer ou nier une idée d'une autre idée, assembler ou disjoindre 2 termes dout l'un est sujet et l'autre attribut, faire une proposition (L'hydrogène est pesant) ; 3° raisonner, c'est-à-dire établir un rapport entre 2 idées au moyen d'une 3e, former avec 3 termes pris Chacun deux fois successivement {gaz, hydrogène , pesant) 3 propositions telles que la 3e {conclusion) soit la conséquence de la lre (majeure) et que la 2e (mineure) le fasse voir, construire un syllogisme (Tout gaz eslpcsant; or l'hydrogène est un gaz ; donc l'hydrogène est pesant).
Il en résulte que la tbéorie de la démonstration, embrassée dans toute son étendue (telle qu'elle a été. traitée dans l'antiquité par Aristote et au moyen âge par la Scolastique), a trois parties où elle étudie successivement : 1° les idées et les termes; 2° le jugement et la. proposition; 3° le raisonnement et le syllogisme. La Logique actuelle étudie seulement la compréhension et Y extension des idées et des termes (cf. 175), la proposition (cf. 176-183) et le syllogisme (cf. 184-191), parce que la Psychologie explique la formation des idées claires, abstraites et générales (attention, abstraction, généralisation; cf. Go-71) et la nature des termes qui les expriment (langage ; cf. 102), analyse le jugement et le raisonnement considérés comme actes intellectuels (cf. 72-79).
Lire Bossuet, Connaissance de Dieu et de soi-même, l, xui, et Logique, I, iv.
174. Analyse critique de la division des quatre opérations de l'esprit que suppose la division de la Logique. de Port- Roy al (introduction) : concevoir, juger, raisonner, ordonner. (10 août 1867.)
Plan. Cette question se traite comme la précédente. Il suffit d'ajouter les considérations suivantes. — Bossuet admet 3 opérations de l'esprit : concevoir, juger, raisonner. Arnauld y ajoute une 4e opération, ordonner, c'est-à-dire disposer les propositions ou les syllogismes de manière à constituer une démonstration. Il n'y a réellement que 3 opérations psychologiques, comme l'explique Bossuet. Ordonner est une opération purement logique, qui comprend la déduction (cf. 102-194; et la démonstration (cf. 195-197). Mais Arnauld a raison de diviser la Logique de Port-Royal en 4 parties (Idées, Jugement. Raisonnement, Méthode) qui reproduisent le plan de YOrganon ou Logique d'Aristote : 1° Catégories (étude des termes qui jouent le rôle de sujet ou d'attribut) ; 2° De l'Interprétation (Proposition); 3° Premiers Analytiques (Syllogisme); 4° Deuxièmes Analytiques (Démonstration). C'est la marche qu'on doit suivre pour exposer la méthode déductive.
Bemarque. Quoique, dans la Logique de Port-Royal, Arnauld suive le plan de VOrganon d'Aristote, il emprunte plus à la doctrine cartésienne qu'à la doctrine péripatéticienne.
Extension et compréhension des idées générales.
175. De la généralisation. Comment se forment les idées générales. Qu'appelle-t-on la compréhension et Yextension des idées générales? Donner des exemples. (6 mai 1870; 10 août 1870.)
Dissertation. Les sciences se composent d'idées générales (cf. 69). Il y a dans toute idée deux choses à considérer : 1° sa mat:ère, c'est-à-dire la connaissance d'un objet tel qu'il existe indépendamment de notre pensée ; 2° sa forme, c'est-à-dire le mode sous lequel notre esprit conçoit cet ohjet dans une classification de nos idées coordonnées et systématisées par la généralisation : individu, espicc, genre; c'est Vidée générale telle que la considère la logique, ce que la Scolaslique appelait ['universel.
Tour former un système d'idées générales, il faut comparer