‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 123 sur 189 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Dans les sciences expérimentales, la définition de chose se fonde sur l'analyse de ses principaux caractères, comme : L'âme csl une force sensible, intelligente et libre ; ou sur la détermination de ses conditions essentielles, comme : L'attraction est la 'propriété par laquelle tontes les parties de la matière tendent les unes vers les autres. Par suite, elle doit être placée après les observations ou les expériences qu'elle résume.

La définition de chose a trois règles : 1° Être claire, c'est-àdire n'employer que des termes dont le sens soit connu et précis ; 2° Être universelle et propre, c'est-à-dire convenir à tout le défini et seulement au défini; 3° Être une proposition réciproque, c'est-à-dire avoir un attribut équivalent au sujet, de sorte qu'on puisse la convertir en transposant les termes (cf. 179) et dire: Un polygone de trois côtés est un triangle. Cette condition est facile à remplir si la définition repose sur une classification ou une division. Elle se fait alors par le genre prochain et la différence spécifique ; ex. : Un rectangle est un parallélogramme (G. prochain) quia les angles droits (D. spécifique). Il en résulte qu'on ne peut, définir ni l'individu, ni le genre le plus élevé, ni l'idée simple.

Quant à l'emploi des définitions, Pascal a donné trois règles qui n'ont pas besoin d'explication : « 1° N'entreprendre de définir aucune des choses tellement connues d'elles-mêmes, qu'on n'ait point de termes plus clairs pour les expliquer; 2° Ne laisser aucun des termes un peu obscurs ou équivoques sans définition ; 3° N'employer dans la définition des termes que des mots parfaitement connus ou déjà expliqués. »

De ces considérations il résulte que les définitions sont nécessaires à la démonstration, soit pour expliquer la signification d'un mot (Déf. nominale), soit pour déterminer l'essence de la chose sur laquelle porte la discussion (Déf. réelle). Dans les mathématiques, elles jouent le rôle de principes pour la déduction. Dans les sciences expérimentales, elles résument les données de l'observation ou de l'expérience, et la déduction peut en tirer des conséquences ou des applications. Dans les sciences naturelles, elles sont souvent remplacées par des descriptions.

Lire Logique de Port-Royal, I, xu-xiv; II, xvi ; IV, iv, v; Bossuet, Logique, II, xiii.

Rem. La définition par le genre prochain et la différence, spécifique suppose la division, proposition qui énumère les espèces contenues dans un genre ; ex. : Tout triangle est ou scalène ou isocèle ou équi latéral. La division doit être adéquate,

distincte, immédiate. Il ne faut pas la confondre avec Y analyse

ni avec la partition.

Lire Log. de Port-Royal, II, xv ; Bossuet, Logique, II, xiv; Bouillet, D. des sciences, art. Division.

Théorie du syllogisme. Figures. Modes. Sophismes.

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