SYLLOGISME
186. Quelle différence y a-t-il entre les modes et les figures du syllogisme? Combien y a-t-il de figures? En quoi consistent-elles? Quels sont les modes concluants dans les deux premières figures? (17 août 1872.)
Plan. Pour trouver les régies du syllogisme, Aristote a procédé analyliquement par l'examen de toutes les combinaisons possibles. En commentant son travail, la Scolaslique a distingué 64 modes et 4 figures (3 figures seulement d'après Arislote et les logiciens qui regardent les 5 modes de la 4e figure comme des modes indirects de la lre figure).
Les 64 modes sont les 64 combinaisons que forment trois à trois les 4 espèces de propositions (cf. 178). Les 4 figures sont les 4 positions possibles du moyen terme dans les prémisses. Dans la lre figure, on reconnaît 4 modes directs concluants (ou 4 modes directs et 5 modes indirects, si l'on fait rentrer la 4e figure dans la lre) ; dans la 2e figure, 4 modes qui concluent tous négativement ; dans la 3e figure, 6 modes qui concluent tous particulièrement ; dans la 4e figure (si on ne la ramène pas à la lre), 5 modes qui concluent particulièrement ou négativement. (Ces 19 modes sont énumérés et expliqués par des exemples dans la Logique de Port-Royal, III, v-vm).
Pour reconnaître quels sont les 19 modes concluants, on peut procéder par synthèse, en appliquant la règle de Port- 1 cf. 184), ou par analyse, en appliquant la théorie d'Arislote. D'après sa démonstration, la lre figure (où le moyen est sujet de la majeure et attribut de la mineure) est seule complète, parce qu'elle a par ses modes directs (BArbArA, CE1ArEnt, DArlI, FErlO) des conclusions dans les 4 espèces de propositions (A,E.I,0; cf. 178); et elle est parfaite, parce qu'on n'a aucun changement à faire subir aux prémisses pour que l'évidence de la conclusion apparaisse clairement. 11 en résulte que les 15 modes des trois autres figures ne sont valables, qu'autant qu'on les réduit aux 4 modes delà lre figure par différents changements indiqués dans les formules mnémotechniques de la Scolastique : (2e figure; CESArE, CAMEStrES, FEStlnO, BArOCO, (3e figure) DArAPtl, FEIAPtOn, DISAMIS, DAtlSI, BOCArdO, FErISOn, (4e figure) BArbArl, CAIEnlES, DlbAtlS, FESPAMO, FrESISOM, (ou BArAlIPton, CEIAntES, DAbllIS, FAPESMO, FrISESO.Morum, modes indirects de la lrc ligure); où chaque lettre initiale (B,C,D,F) indique le mode lie la iro figure auquel se doit faire la réduction; C, la
réduction à l'impossible ; M, la métathèsc ou transposition dos prémisses; P, la conversion par accident; S, la conversion simple. (Cf. Bossuet, Logique, III, ix.)
La Scolastique a beaucoup abusé de la méthode syllogistique. Cependant celle-ci ne mérite pas l'abandon daDS lequel elle est tombée depuis Bacon et Descartes. On ne peut point se passer du syllogisme dans la déduction et l'argumentation. Sans doute on emploie moins la forme logique du syllogisme que ses formes oratoires (cf. 187); mais chaque fois qu'un raisonnement est obscur et compliqué, il est nécessaire de le mettre en forme, c'est-à-dire de le réduire à trois propositions pour reconnaître si la conséquence est bien déduite.
187. Définir et distinguer, en donnant des exemples, le syllogisme, Y enthymème, le sorite el le dilemme. (Il novembre 1872.)
188. Qu'nppelle-t-on en Logique les dilemmes? En donner des exemples. (30 novembre 1868.)
Plan. La composition d'un discours et, à plus forte raison, celle d'une dissertation philosophique exige l'emploi de l'argu- \ mentation, qui est l'art de se servir des arguments pour établir une vérité ou combattre une erreur. Les arguments sont les formes logiques du raisonnement déductif. Voici les principaux.
Syllogisme (cf. 184). Exemple oratoire: «Qui peut ne pas aimer les lettres? Ce sont elles qui enrichissent l'esprit, qui adoucissent les mœurs; ce sont elles qui polissent et perfectionnent l'humanité. L'amour propre et le bon sens suffisent pour nous les rendre précieuses et nous engager à les cultiver. » (Batteux.) — Forme logique : « Il faut aimer ce qui nous rend plus parfaits ; or les belles-lettres nous rendent plus parfaits; donc il faut aimer les belles lettres. »
Enthymème. Définition et exemples (Logique de Port-Royal, III, xrv; Bossuet, Logique, III, xi).
Sorite. Définition et exemples (Logique de Port-Royal, III, i; Bossuet, Logique, III, xn).
Dilemme. Définition, exemples et règles (Logique de Port- Royal, III, xvi; Bossuet, Logique, III, xv).
Lire Bouillel, D. des sciences, art. Enthymème, Dilemme.
189. Qu'entend-on par enthymème, épiekércme , prosyllogisme, sointe, dilemme ? Qu'est-ce qu'un argument ad