SOPHISMES
hominem, un argument a fortiori, une réduction à l'absurde? (8 novembre 1869.)
Plan. Bnthymème, sortie, dilemme (cf. 187). I Prosyllogisme. C'est un argument composé de 2 syllogismes placés à la suite lun de l'autre, de telle sorte que la conclusion du premier serve de majeure au second.
Êpichérème. Définition et exemples (Port-Royal. III, xv).
Argument ad Iwmincm. Il s'adresse à l'adversaire en se servant contre lui de ses propres concessions. Bossuet dit aux impies : « Où a-t-on pris que la peine et la récompense ne soient que pour les jugements humains, et qu'il n'y ait pas en Dieu une justice dont celle qui reluit en nous ne soit qu'une étincelle ? » Voici l'argument complet : « Les impies reconnaissent qu'il y a une justice humaine; donc ils doivent reconnaître qu'il y a une justice divine, ou nier que la justice humaine ait sa raison d'être (ce qui implique contradiction). »
Argument a fortiori (ou a majori). On conclut du plus au moins, du grand au petit. Ex. : « Que si Dieu accorde aux prières les prospérités temporelles, combien plus leur accorde-t-il les vrais biens, c'est-à-dire les vertus ! » (Bossuet.) — Cf. Bossuet, Logique, III, xx.
Réduction à l'absurde. Elle prouve-la vérité d'une proposition par l'impossibilité de son contraire (cf. 195). En voici un exemple oratoire : « Les absurdités où ils tombent en niant la religion deviennent plus insoutenables que les vérités dont la hauteur les étonne ; et pour ne vouloir pas croire des mystères incompréhensibles, ils suivent l'une après l'autre d'incompréhensibles erreurs. » (Bossuet.) — Cf. Bossuet, Lojique, III, xrv.
190. Des diverses manières de mal raisonner que l'on nomme sophismes. Quelles sont les principales sources des mauvais raisonnements? Donner des exemples. (9 novembre 1860.)
Remarque. Cette question est traitée complètement dans la Logique de Port-Royal, III, xix. — On trouve en outre, dans les traités de rhétorique, des exemples oratoires des différentes espèces de sophismes.
Lire Bouillet, D. des sciences, art. Paralogisme, Sophisme. Ignorance du sujet, Cercle vicieux, Pétition de principe, Cause (fausse), Énumération imparfaite, Induction défectueuse, Équivoque. Purudoxe.
191. Examiner le sophisme de logique qui consiste à supposer vrai ce qui est en question, ou pétition de principe. Donner des exemples de ce genre de sophisme. (1er mai 1869.)
Remarque. Cette question fait partie de la précédente. Théorie de la déduction.
192. Distinguer par des traits précis la déduction et l'induction. (7 août 1866; 4 mai 1868.)
193. Comparer la déduction et Yinduction. Ces deux espèces de raisonnements sont-elles entièrement opposées? Peut-on à un certain point de vue réduire l'une à l'autre? (22 mars 1872.)
Dissertation. Les méthodes spéciales des diverses sciences se ramènent à la méthode déductive et à la méthode inductive, qui sont caractérisées par l'emploi de la déduction et par celui de l'induction. Il importe de bien déterminer la différence de ces deux procédés : car si l'on pouvait réduire l'un à l'autre, on détruirait par la même la distinction des deux méthodes.
La déduction tire (deducit) d'une proposition générale une proposition moins générale à l'aide d'une proposition intermédiaire, comme le fait l'argument appelé syllogisme (cf. 78, lSi , ou reproduit une proposition sous des formes différentes qui simplifient l'expression du rapport, comme le fait l'algèbre dans la résolution des équations (cf. 78). Dans le 1er cas, il y a un rapport de contenance: dans le 2e, un rapport d'équivalence. 11 s'ensuit que le fondement de la déduction est le principe d'identité : Ce qui est. est : ou le principe de contradiction : Le même ne peut pas à la fois être et ne pas être sous le même rapport (cf. 147). — En vertu de ce principe, la déduction est soumise aux règles suivantes : 1° Elle doit, se composer de propositions dont la qualité et la quantité soient bien déterminées pour que leur rapport soit évident (cf. 178}; 2° Elle doit partir dîme proposition générale qui établisse un principe (axiome ou vérité première, définition ou division, proposition générale obtenue par l'expérience, ou même proposition déjà démontrée, s'il y a une longue suite de raisonnements, comme en géométrie) ; 3° Il faut que la conclusion soit reliée à ce prin-