DÉDUCTION. ICI
cipe par une proposition intermédiaire, comme dans le syllogisme (cf. 78. 18 \ , ou par plusieurs propositions intermédiaires, comme dans le sorite cf. 187). —On voit par ces règles que la déduction a une évidence médiate, ytavee que cetle évidence résulte du rapport établi entre plusieurs jugements qu'on adisdans l'ordre propre à faire ressortir leur liaison (cf. 141 .
L'induction transporte [inducit) à tous les temps, à tous les lieux, à toute une classe d'objets semblables ce qui a été observé à te! moment, clans tel endroit, dans un nombre restreint d'objets. Elle donne une proposition générale, une loi (cf. 78). Elle a pour fondement le double principe des causes efficientes et des causes finales ainsi formulé : Dans les mêmes stances, toujours et partout, les mêmes causes ont les mânes effets et les mêmes moyens ont les mêmes fins (cf. 79). — En vertu de ce principe, elle est soumise aux règles suivantes qui résument les préceptes donnés par Bacon dans son Novum Organum : \° Généraliser avec prudence, c'est-à-dire faire un nombre suffisant d'observations, éliminer les cireonslances variables, puis formuler en une proposition générale le rapport invariable que l'on a constaté ; 2° Regarder la généralisation comme une loi ou comme une hypothèse, selon qu'elle est certaine ou simplement probable d'après le nombre et l'importance des observations que l'on a faites (cf. 209).
Le raisonnement par analogie, qui conclut de la ressemblance partielle de deux eboses h. leur ressemblance totale dans la production d'un pbénomène déterminé, est soumis aux mêmes règles que l'induction; mais ses conclusions n'ont dans la plupart des cas qu'une valeur hypothétique (cf. 209).
En comparant l'induction et la déduction, on voit que la première donne des propositions générales, des lois, et que la seconde en tire les conséquences et les applications. On est conduit ainsi à résoudre ces deux questions : 1° La déduction peut-elle se ramener à l'induction? 2° L'induction peut-elle se ramènera la déduction?
Pour ramener la déduction à l'induction, M. Stuart Mill dit : « Aucun raisonnement du général au particulier ne peut comme tel rien prouver, parce que d'un principe général on ne peut inférer d'aulres faits particuliers que ceux que le principe même suppose connus. » Cette objection, souvent reproduite, dénature à la fois la fonction de la déduction et celle de l'induction. Soit l'exemple : «L'acide prussique lue les animaux; or l'homme est un animal ; donc l'acide prussique tue l'homme. »
La proposition générale (L'acide prussique tue les animaux) est fondée parinduclion sur les expériences auxquelles les physiologistes ont soumis des animaux domestiques ; elle est vraie sans que l'acide prussique ait déjà fait périr un homme. Pour qu'il y eût cercle vicieux, il faudrait que la proposition générale, telle que l'esprit la pense, fut celle-ci: « L'acide prussique tue tous les animaux, y compris l'homme.» Donc la déduction, qui ramène un cas particulier à la règle générale, ajoute à nos connaissances.
L'induction à son tour peut-elle se ramener à une opération déduclive? W. Hamilton donne à l'induction la forme d'un syllogisme ayant pour proposition générale une énumération complète des faits. Or cette énumération est impossible, parce que nous concluons du passé à l'avenir; et inutile, parce qu'un seul fait bien observé peut servir à l'établissement d'une loi. 11 n'y a donc pas de conclusion proprement dite des faits aux lois, puisque l'étendue de la conclusion excéderait celle des prémisses. Sans doute elle est légitimée par ce principe sousentendu : « Les mêmes causes produisent toujours et partout les mêmes phénomènes ; » mais ce sous-entendu ne suffit pas pour ramener l'induction à une opération déductive.
La déduction et l'induction sont donc deux procédés complètement distincts.
Lire Charles, Lect. de phil., IL p. 68, 117-118.
194. Quelle différence existe entre convaincre et persitader? (20 août 1866.)
Plan. Pour bien comprendre en quoi consiste la méthode déductive et démonstrative, il est nécessaire de déterminer quelle différence existe entre convaincre et persuader.
1° Convaincre, c'est établir une liaison entre une proposition dont la vérité est connue, et une autre proposition dont la vérité est inconnue. La Logique en donne les règles dans la méthode démonstrative (cf. Pascal, Art de persuader).
2° Persuader est une œuvre beaucoup plus complexe que convaincre : c'est à la fois instruire par l'argumentation, plaire par les mœurs et toucher par les passions ; c'est s'adresser à la l'ois au raisonnement, à l'imagination et à la sensibilité. La Rhétorique en donne les règles dans l'invention (cf. Fénélon, D'alugues sur l'Éloquence).
Ces considérations montrent quelle différence existe enlre la Logique et la Rhétorique, et quels sont leurs rapports. (Cf. Quintilien, De l'Institution oratoire, Y, î.)