‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 148 sur 189 · ATHÉISME · texte numérisé non relu

ATHÉISME

idéaliste, toute la réalité consiste dans Dieu ; \» substance infinie et absolue produit nécessairement, par émanation ou par développement ou par évolution, uuc variété infinie d'êtres relatifs et linis qui perpétuellement sortent de son sein et reviennent s'y absorber. — Dans ces deux systèmes, l'anéantissement de la personnalité divine supprime la Providence-, l'anéantissement de la personnalité humaine supprime la liberté, le devoir et le droit, la responsabilité morale et l'immortalité de l'âme ; par suite, les institutions sociales conformes à ce système subordonnent à un despotisme centralisateur tout ce qui fait l'énergie et l'indépendance de l'individu, liberté civile et politique, propriété, famille, croyances religieuses (cf. 248).

L'Athéisme est contraire au Panthéisme en ce qu'il n'accorde de réalité qu'aux individus. — L'Athéisme matérialiste, dont la forme scientifique est le Positivisme, n'admet comme réel que ce qui est connu par les sens et par le raisonnement, c'est-à-dire •la matière avec les lois de son activité; par suite, il nie l'existence de Dieu dans l'univers et l'existence d'un principe spécial de la pensée et de la volonté dans l'bomme. — L'Athéisme idéaliste distingue l'esprit d'awc le corps, mais réduit Dieu à n'être qu'un idéal pensé par l'esprit de l'bomme. — Ces deux espèces d'Athéisme conduisent également à nier toute religion, parce qu'il n'y a pas de religion sans la croyance à l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'àme ; elles détruisent le principe de la morale, qui est la loi établie par Dieu (cf. 255), et sa sanction, qui est la vie future (cf. 289) ; elles ne lui laissent d'autre règle que l'intérêt personnel.

Telles sont les doctrines et les conséquences du Panthéisme et de l'Athéisme philosophique dans notre siècle. Si l'on étudie l'histoire des religions, on arrive aux mêmes résultats. Dans l'Orient, dans la Grèce et dans l'Italie, le Panthéisme a engendré le Polythéisme, qui livre la domination de l'univers à une multiplicité de puissances dont aucune n'a une suprématie bien établie, et le Mysticisme, qui lui-même favorise lilluniinisme, la divination et les sciences occultes. Quant à Y Athéisme, il n'a jamais rien fondé ; il n'est qu'une négation contraire à la nature humaine qui a besoin de croyances religieuses, et qui s'abandonne à la superstition (p. ex. aux pratiques du spiritisme) plutôt que de ne croire en rien.

Consulter Douillet, D. des sciences, art. Panthéisme, Athéisme, Positivisme; Th. H. Martin, Les Sciences et la Philosophie, Essai VI, § 1 et 5.

Objet de la Morale. Son utilité.

250. La Morale est-elle une science ou un art? (2 août 1871.)

Dissertation. L'homme exerce son activité sous deux formes, la spontanéité, dans laquelle il suit volontairement son instinct ou son inclination ; la liberté, dans laquelle il réfléchit, il délibère, il examine le but et le motif de l'acte, et il se détermine à l'accomplir sans contrainte et avec connaissance de cause. Il est donc capable de se gouverner, ce qui implique une science ou un art qu'on nomme Morale.

On considère la Morale comme une science quand on en étudie les principes, qu'on peut formuler ainsi. 1° La volonté ne peut se déterminer à agir sans avoir un but ou un objet conçu par l'intelligence et désiré par la sensibilité; ce but ou cet objet est le bien en soi, ce qui est essentiellement bon et souverainement désirable. En tant qu'elle en définit la nature, la Morale est la science du bien. 2° La volonté ne peut poursuivre et atteindre son but sans avoir une règle d'action uniforme et constante, une loi absolue et universelle; cette loi est le devoir, dont le nom exprime le caractère obligatoire. En tant qu'elle en définit la nature, la Morale est la science du devoir. — On comprend facilement que ces deux définitions sont liées ensemble. D'un côté, le devoir consiste à faire le bien; d'un autre côté, le bien implique une règle d'action qui le réalise. En réunissant ces deux points de vue, on dit que la Morale est la science qui nous enseigne notre destinée et les moyens de l'accomplir.

On considère la Morale comme un art. quand on examine comment l'homme arrive à connaître, à aimer et à vouloir le bien, ou ce qui revient au même, à accomplir son devoir. 1° L'homme a certaines dispositions ou inclinations qui, cultivées par l'éducation et développées par la pratique, deviennent

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