XVIU THEORIE DE LA DISSERTATION
semblable? Aussi, quoique les personnes qui affirment que les animaux pensent, pensent elles-mêmes sans doute, elles ignorent ce que c'est que penser, et confondent cette merveilleuse puissance entièrement étrangère aux sens, qui n'agit et ne subsiste que par les idées, avec la faculté de se représenter par les images les objets sensibles, laquelle en effet appartient à la brute comme à l'homme; en d'autres termes, elles confondent Yentenr dément avec l'imagination. CeLté-ci, qui rend intérieure ét p ermanente la représentation de ce qui tombe__sous les sens, et que la sensation n'offre que d'une manière extérieure et fugitive, aide beaucoup la pensée, mais ne la constitue nullement. Outre que l'imagination ne saurait s'employer pour ce qui échappe aux sens, par exemple, Famé"," Dieu, elle se Ttorne à peindre le pur phénomène de l'existence des choses qui frappent nos organes, sans qu'il lui soit seulement donné de comprendre qu'elles existent. Ceci est r飣rve~à~ Venlpndemejrt^jmi le fait avec l'idée de l'être. Or, entre la peinture la plus expressive, JMrpagft in phis vive d'un objet et la simple compréhension qu'il existe, est l'infini.
» Néanmoins la pensée ne se trouve que dans cette compréhension dont les animaux sont manifestement privés; car s'ils avaient la compréhension de l'existence d'une seule chose, ils auraient la compréhension de celle des autres, puisque l'idée générale de l'être, dans laquelle gît l'idée de toutes les existences, et qui leur donnerait la première compréhension, leur donnerait en même temps la seconde. Elle leur donnerait surtout la compréhension de l'existence de Dieu, existence qui étant nécessaire et impliquée par l'idée générale de l'être, se montre et se fait concevoir dès l'abord. Mais la compréhension de l'existence des choses appelle et entraîne celle de leur nombre, de leurs attributs, de leur nature, de leurs relations, et voilà toutes les sciences naissant d'une première conception; il faut la nier ou en admettre les inévitables suilcs, avouer que les animaux n'ont aucun vestige de pensée, ou convenir qu'ils possèdent