‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 17 sur 189 · XX THÉORIE DE LA DISSERTATION · texte numérisé non relu

XX THÉORIE DE LA DISSERTATION

sa dignité, sa force et le moyen pour lui de tout bien, il lui importe souverainement de la cultiver; c'est son premier . intérêt, comme son premier devoir1. » irf^^Jr<"'^^:

0 ilv^JExaminons comment l'auteur a pu trouver la théorie qu'il ' expose. Le sujet delà dissertation est : Qu'est-ce que la pensée? Résoudre ce problème, e'ej^jtéfinir la pensée .-/par suite, déterminer son essence; par suite, constater ce qui la caraçjérjse et In dibtinguedes autres phénomènes psychologiques. CommeDt dois-jc procéder? partir de ce que je sais pour découvrir cèTqûe je ne sais point, examiner à quelle condition je pense, analyser ce que je fais dans" cette opération. Comment sais-je que je pense? par la conscience. En interrogeant la conscience, je trouve que penser équivaut ^connaître. Or connaître, c'est juger (§ 75, p. 56). Donc la pensée est l'acte essentiel de l'intelligence, le jugement. — Ici se présente une objection. Certains auteurs, comme Condillac, enseignent que penser se ramène en dernière analyse à sentir et à imaginer, parce que l'on sent et que l'on imagine avant de penser. J'examine cette théorie. Elle se fonde sur un fait réel ; mais elle en tire une fausse conséquence : d'abord sentir et imaginer ont d'autres caractères que penser (§ 28, 81 ; p. 17, 62); ensuite, leurs effets sont différents; car les animaux ne peuvent produire les mêmes œuvres que l'homme, parce qu'ils sentent et qu'ils imaginent, mais qu'ils ne pensent point. Donc la pensée n'est point une sensation ni une image, et elle constitue ce qui élève l'homme au-dessus de l'animal, f Julc-W- <M. (Xc££wgt»WI<." : p /G3

Nous comprenons la théorie de l'auteur. Voyons comment il l'expose/l? Démonstration directe. Tous les hommes, par cela seuT'qinls sont hommes, savent ce qu'est la ;je/w<fc; mais, faute d'y réfléchir, beaucoup n'en ont qu'une notion obscure. Pour la leur expliquer, il faut l'analyser (§ 17, p. 1 1). D'après l'étymologie, penser dérive d'un mot latin qui signifie peser. Or peser implique deux opérations : la première opération est physique, mettre dans un plateau de la balance des poids qui fassent équilibre à l'objet placé dans l'autre plateau; la seconde opération est psychologique, évaluer le rapport d'un objet avec l'unité de quantité qui lui sert de mesure. Généralisons. Pour connaître les objets qui s'offrent au toucher et à la

1. Cette dissertation est extraite des Mélanges philosophiques de Bordas Demonlin, métaphysicien de l'école spiritualiste (179S-1859). Son principal ouvrage est le Cartésianisme, couronné par l'Institut en 1840.

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