‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 18 sur 189 · INVENTION. XXI · texte numérisé non relu

INVENTION. XXI

vue. l'esprit ne se borne pas à les sentir et à les imaginer; il les évalue en déterminant leur rapport avec certaines idées universelles et invariables qui sont autant d'unités; cette évaluation constitue la pensée. 2° Démonstration indirecte. Après avoir établi directement "parTanalyse psychologique ce qui constitue la pensée et la distingue de la sensation et de l'imagination, nous pouvons prouver cette vérité indirectement en réduisant à l'absurde la théorie contraire '§ 193, p. 163). Si •les animaux pensent comme ils sentent et ils imaginent, ils doivent produire les mêmes œuvres que nous. Or l'expérience fait voir qu'il n'en est rien. Donc la pensée est le privilège de noire nature.

Trou ver une théorie et la démontrer ne suffisent pas pour Taire une dissertation. L'auteur ne se borne pas à formuler ses arguments comme des théorèmes de géométrie. Il les développe pour intéresser le lecteur et lui plaire en même temps qu'il l'instruit. Les procédés qu'il emploie sont ceux dont la rhétorique enseigne l'usage et qui sont indispensables à toute composition littéraire. Bornons-nous à signaler Yênuméralion des parties et les contrastes} .

Les considérations qui précèdent nous conduisent à définir l'objet de la dissertation et à déterminer sa méthode.

La dissertation est une discussion qui a pour objet de démontrer une vérité^ ou~ôTë~re{utviT unojTivur. Sa méthode comprend trois partiesy invent iorfydisposïtïony élocution.

fj) 'invention.

^\ Interprétation de la question.

§ IL Pour bien traiter une question, il faut commencer par en déterminer le sens et la valeur philosophique. Le moyen d'y réussir, c'est de ne point s'attacher à la lettre, mais à l'esprit ; de considérer l'intention de celui qui donne le sujet de la dissertation, plutôt que la signification rigoureuse des termes qu'il emploie 2.

1. Exemple d' énuméraiion des parties, p. six : « Que la pensée s'anéantisse dans l'homme, et les sciences s'éteignent, les arts périssent, les villes rentrent dans la poudre, etc. » Exemple des contrastes, p. six : « Alors nécessairement, si les animaux ont des lumières, ils ont dû, comme nous, s'en servir pour alléger teurs souffrances, etc. .Mais s'ils ne se montrent point autres aujourd'hui que dans les temps les plus reculés et aux premiers jours dumoude, etc. »

2. Comme le nombre des théories est limité, les examinateurs formulent

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