RESPECT DE LA DIGNITÉ PERSONNELLE
courage civil, égalité d'âme) ; 4° donner dans sa vie une juste place aux inclinations qui facilitent la pratique de la vertu (amour, amitié, etc.); 5° enfin, exercer toutes ses aptitudes physiques, intellectuelles et morales par le travail qui contribue à la santé de l'âme autant qu'à celle du corps, el réalise ainsi le vœu de Juvénal : mens sana in corpore sano.
Lire Janet, Élém. de morale, cil. XII-XV; Bouillet. D. des sciences, art. Devoir.
292. Du principe de la dir/nilé personnelle considéré comme principe de tous les devoirs de l'homme envers lui-même. (19 août 1868.)
Remarque. Celte question a été traitée ci-dessus (page 284).
. 293. Rapporter les devoirs de l'homme envers luimôme à ces deux vers de Juvénal (Sal., vm, 82) :
Summum crede nefas animam prœferre pudori, Et proptei1 vitaui vivendi perdere causas.
(25 mars 1873.)
Remarque. La pensée de Juvénal est : « Il ne faut pas préférer la conservation du corps à l'honneur, ni sacrifier au plaisir de vivre ce qui fait la valeur de la vie. » En sacrifiant a la conservation du corps le pouvoir que l'âme a d'en faire son instrument, elle manque à son premier devoir, qui est le respect de la dignité personnelle.
Cette quesliou rentre ainsi dans la précédente. — On peut rapprocher des vers de Juvénal ce vers de Corneille : Qui m'ose ôter l'honneur craint de m'ôler la vie!
294. Discuter la question du suicide. Réfuter les arguments par lesquels on a essayé de le justifier. (18 novembre 1870; 5 août 1871.)
Plan. Défendu par Socrate et par Platon, permis par les Stoïciens, le suicide a été l'objet de vifs débats dans l'antiquilé et dans les temps modernes.
On a essayé de le justifier par les arguments suivants : 1° L'homme est maître de sa personne. Il peut donc, disposer légitimement de sa vie et y mettre fin quand il le juge convenable, soit pour terminer ses souffrances, soit pour
se soustraire au déshonneur. 2° Il ne fait aucun tort aux autres hommes en quittant la vie quand elle leur est inutile. 3° Il ne se met pas en rébellion contre Dieu : car, après la mort, il continue d'être soumis à ses lois.
Voici ce que l'on répond à ces arguments. 1° L'homme, étant une personne morale, n'a pas le droit de disposer de luimême comme d'une chose qui appartient à son maître. En s'ôtant la vie, il se prive de la condition nécessaire pour accomplir sa destinée ici-bas. 2° Dans toute position, il peut toujours rendre quelque service à ses semblables, ne. fût-ce que celui de les édifier, comme Job, par le spectacle de sa palience et de sa résignation. 3° La vie est une épreuve que Dieu impose à l'homme. Celui-ci a donc le devoir de ne pas abréger celle épreuve qui le prépare à la vie future.
Lire Janet, Élém. de morale, cb. XII, § 2.