PAR
EUG. LÉVÈQUE
\° Comme science générale, c'est la science des premiers 'principe (vérités premières) et des premières causes (Dieu, l'âme, la matière). 2° Comme science particulière, c'est la connaissance de l'âme humaine et do Dieu, la détermination des règles de l'intelligence et de la volonté (Psychologie, Logique, Métaphysique et Théodicée, Morale, notions sur les autres sciences morales'. — D., p. 1.
Ordre. \° Psychologie, fondée sur l'observation rie la conscience. 2° Logique, Théodicée, Morale, qui, par le raisonnement inductif et déductif , interprètent les données de l'expérience cl de la raison. — D., p. 3.
Rapports de la Philosophie avec les autres sciences. 1° Psychologie : Notions d'espace (Géométrie), de force et de mouvement (Mécanique), de loi indwli.ee (Physique), de cause finale Sciences naturelles). 2° Logique : Certitude et Méthode. 3° Métaphysique : Essence de la matière (Théories des Sciences physiques). — D., p. 4.
Esprit philosophique. Habitude de soumettre les opinions à un examen réfléchi et de procéder avec méthode; faculté de saisir les choses d'ensemble, de remonter aux principes et de voir l'enchaînement des causes et des effets pour constituer ou juger un système. Par suite, on nomme Philosophie d'une science la partie qui en étudie les principes (exemple : Philosophie de l'histoire). — D., p. 2.
1. Nous renvoyons à notre Traité de la dissertation philosophique par la lettre D, et à notre Histoire de la Philosophie par la lettre H.
LÉVÈQUE. TADLEAUX SYNOP. d
La Psychologie étudie les faits dont le Moi a conscience, et la Physiologie les faits perçus dans notre corps par les sens Elles s'unissent pour analyser les rapports de l'âme et du corps. — D., p. 5.
Méthode. C'est V observation interne aidée par la réflexion et par l'expérimentation. — D., p. 10.
Faits psychologiques. 1° Les Faits sensibles ou affectifs (plaisirs et peines, penchants, désirs, passions) sont passifs et subjectifs. 2° Les Faits intellectuels (idées, jugements, raisonnements) sont objectifs, c'est-à-dire impliquent la distinction du sujet connaissant et de l'objet connu. 3° Les Faits actifs (par lesquels l'àme se modifie elle-même ou excite des mouvements dans l'organisme) sont spontanés et subjectifs. — D , p. 12.
Facultés. Puissances d'accomplir des actes ou d'éprouver des modifications. Il y a trois facultés qui correspondent aux trois classes de faits psychologiques, la Sensibilité, l'Intelligence, l'Activité. — D., p. 12.
Théorie de la Sensibilité.
Faculté d'éprouver des sensations et des sentiments.
1° Sensations, modifications agréables ou désagréables que l'âme éprouve à la suite des impressions produites sur les organes par les objets extérieurs et transmises au cerveau par les nerfs (S. externes), ou déterminées par l'état du corps (S. internes). 2° Sentiments, plaisirs ou peines qui résultent de l'exercice des facultés ou de la satisfaction d'une inclination. — D., p. 13.
Les Plaisirs des sens sont les sensations ; les Plaisirs de l'esprit et du cœur sont les sentiments. 1° Le plaisir indique un acte conforme à la nature et engage à le recommencer; 2° La douleur avertit d'éviter une chose nuisible ou de faire un acte nécessaire à la nature. — D., p. 14.
Classification des inclinations. 1° Appétits (besoins du corps); 2° Inclinations personnelles (amour de soi, etc.) ; 3° I. sociales (sympathie, etc.) ; 4° /. morales et religieuses.
Inclinations naturelles, Inclinations acquises.
Les tendances ont trois degrés : 1° l'inclination; 2° le désir et l'aversion; 3° l'amour et la haine, principes de toutes les passions, qui sont des inclinations exaltées par l'imagination et fortifiées par l'habitude. — D., p. 15.
Théorie de l'Intelligence.
Faculté générale de connaître.
\° Origine d s idées. Les objets contingents, finis et relatifs,
sont connus par ['expérience (perception externe et conscience); et les objets nécessaires, infinis et absolus, par la raison. 2° Formation des idées par les opérations int Uecluellcs. Les idées deviennent distinctes cl claires par V attention et la comparaison, abstraites par l'abstraction, générales par la généralisation. Ces opérations impliquent l'exercice du jugement, du raisonnement, de la mémoire et de l'imagination. — D., p. xxn et p. 42.
Perception externe. Faculté intellectuelle de connaître l'existence et les qualités des objets extérieurs. t° Conditions physiologiques : impression (modification produite sur l'organe .par l'action d'un objet extérieur) et transmission de l'impression au cerveau par les nerfs. 2° Conditions psychologiques : sensation, attention, perception (jugement par lequel l'âme, ayant conscience d'être active dans l'attention et passive dans la sensation, affirme que celte sensation est déterminée par un objet dont elle se dislingue comme sujet). — D., p. 18.
Sensations externes, Sensations internes. — D., p. t9.
Perceptions naturelles, Perceptions acquises (association des idées et induction). — D., p. 20.
Classification des cinq sens. — D., p. 21.
Nous ne percevons directement que notre propre, corps.
Réfutation de l'hypothèse des ielé:s-images. — D., p. 22.
Matière. Sa connaissance est suggérée par les sensations, mais implique induction. — D., p. 24.
Qualités premières, Qualités secondes. — D., p. 25.
Hypothèses qui font douter de la réalité du inonde extérieur : Pascal, confusion de la veille et du sommeil; Démocrite, Epicure, Locke, idées-images ; Leibniz, harmonie préétablie.
Conscience. Connaissance que le Moi a de lui-même. 1° Excitée par des impressions organiques qui déterminent des sensations, l'âme réagit, et, par la réflexion, se saisit comme cause dans chaque acte, comme sujet dans chaque modification. 2° La certitude de la Conscience est la condition de toute certitude. 3° La Conscience est claire dans la veille, obscure dans le sommeil. Ede est la condition du souvenir. — D., p. 28.
Raison. Facullé de connaître les rapports des êtres contingents, finis, relatifs, avec l'Être nécessaire, infini, absolu. Ils constituent les vérités premières 'Principe de causalité, Principe de substance), qui sont des Jugements synthétiques a priori, tandis que les axiomes mathématiques sont des Jugements analytiques a priori, et les lois scientifiques des Jugements synthétiques a posteriori. — D., p. 30.
Principe de causalité. i° L'àme, par les sens, perçoit des séries de phénomènes dont l'observation ne suggère que des associations d'idées. 2° Elle se connaît dans ses actes comme cause, et, ne trouvant pas sa raison d'être en elle, s'élève à la Cause première (Dieu). D'où le principe : Tout ce qui commence a une cause. — D., p. 35.
Principe des causes finales. 1° Quand l'àme agit avec intelligence et liberté, elle, agit eu vue d'une fin. 2° Les forces phyj siques sont soumises à des lois immuables : la raison d'être s'en trouve dans la Cause première qui a donné à chaque être sa nature et sa fin. D'où le principe : Tout être a une fin, ou, Tout ce qui arrive a un but. Il s'applique à l'étude de l'organisme et à la déterminai ion de la destinée d'un être. — D., p. 40.
Principe de substance. 1° L'àme est cause en tant qu'elle produit des phénomènes, et substance, en tant qu'elle p rsévère dans l'action qui constitue son existence. D'où le principe : Toute qualité suppose une substance. 2° Elle conçoit les forces physiques comme substances quand elle considère leur permanence. D'où le principe : Dans les chant cjcmenls des corps, la quantité de la matière reste toujours la même. 3° Appliquant l'idée de substance à la Cause première, la raison la conçoit comme ['Être absolu, infini, nécessaire. — D., p. 37.
Rapports de l' Expérience et de la Raison. Toute connaissance complète implique l'exercice simultané des Sens, de la Conscience et di1 la liaison. (Voir ci-dessus l'origine du principe de causalité.) 1° L'Empirisme nie l'intervenlion de la Raison* Locke : Table rase (D., p. 43; II., p. 50b . Condillac : S lion transformée (D.. p. 4<j; H., p. 529 . Spencer, Stuart Millj Bain : Association des idées, évolution de l'esprit //< (D., p. 32; II.. p. 5io). 2° Le Rationalisme a plusieurs l'urines. Descarlcs : fdè s innées iD., p. 43 . Malébranchc : Vision en Dieu (IL, p. 500). Leibniz : Nisi ip.se intellectus (D., p. 45). liant : Raison pure (D., p. 33; IL, p. 537).
Mémoire. Faculté de reproduire spontanément {souvenir), ou volontairement {rappel), une notion qui est une image (Mémoire iraaginative) ou une idée (.Mémoire intellectuelle). Notions de Temps et (['Identité personnelle (On ne se souvient que de soi-même). Réminiscence, Conception, souvenir incomplet. — D., p. 63.
Conditions : attention, répétition de l'acte, association des idées. Influence de la volonté sur l'attention. Qualités d'une bonne mémoire; apprendre, retenir, se rappeler : Mnémoteclmie. — D., p. 03-66.
Association des idées. Elle est spontanée ou volontaire. Rapports des idées accidentels ou rationnels. Influence sur l'intelligence et le caractère. — D., p. 66.
Imagination. 1° L'Imagination passive conserve et reproduit les images {Mémoire Imaginative) ; elle est excitée par les [sensations externes ou internes, dépend de l'état du corps. Influence sur la sensibilité (plaisirs, désirs, passions), sur l'intelligence (sommeil, rêve, illusion, hallucination, folie), sur l'activité instinctive (mouvements automatiques, langage). — D., p. 68 et xxxi.
2° L'Imagination active ou créatrice reproduit volontairement les images, les associe entre elles ou les lie à des idées, exprime une conception par une forme sensible dont l'expérience fournil les matériaux. Influence sur l'intelligence, la sensibilité, l'activité. — D., p. 69.
Langage. Système de signes (faits ou objets qui font concevoir des idées en vertu d'une association). i° Les signes visibles (gestes et jeu de la physionomie) ont pour cause l'action de l'âme sur le corps et expriment les sensations, les désirs, les sentiments. 2° Les signes oraux (cris et sous articulés) expriment les idées. 3° Les signes permanents sont les symboles (exemple, les chiffres arabes), l'écriture idéographique, l'écriture phonétique. — D., p. 79.
1° Le Langage naturel comprend les gestes et les cris; 2° le Langage artificiel, la parole, l'écriture, l'alphabet des sourdsmuets. Les signes sont produits par la réaction de l'âme sur le corps; ils sont interprétés par une association d'idées et par une induction. — D., p. 80-82.
Utilité du langage pour les opérations intellectuelles. L'homme peut penser sans les mots — D., p. 82.
Lois de la Linguistique. Les langues sont d'abord synthétiques, puis deviennent analytiques. — D., p. 83.
Attention, Réflexion. Application de l'Intelligence à un objet; analyse, synthèse; idées claires. — D., p. 47.
Abstraction. Considérer une quai' - ■□ sujet.
Mathématiques, sciences abstraites. — D.. p. 48.
Comparaison. Considérer deux objets pour en saisir les rapports: analyse, synthèse. — D., p. 49.
Généralisation. Réunir en une idée les cara< : muns à plusieurs êtres. 1° Idées générales concrètes : essences des substances homme, etc.). 2° Idées générales abstraites : qualités et rapports. 3° Extension, compréhension : individu, espèce, genre. 4° Il n'y a pas de science du particulier. [Xulla fluTorum scîentia.) — D., p. 50.
Xominalisme, Conceptvalisme, Réalisme. — D., p. 52.
Jugement. Acte par lequel l'intelligence affirme qu'une chose est ou n'est pas d'une certaine manière ;Proposiiion : sujet, attribut, verbe). 1° Jugement affirmatif, négatif. 2° Jugement singulier, particulier, général. 3° Jugement contingent, nécessaire. 4° Jugement analytique, synthétique. Le Jugement comparatif implique analyse et synthèse. — D., p. 53.
Raisonnement. La Raison donne des Jugements synthétiques a priori d'évidence immédiate ; le Raisonnement établit un rapport entre deux idées au moyen d'une troisième, et donne une conclusion d'évidence médiate. 1° La déduction va du général au particulier 'syllogisme, ou du même au même (équation algébrique1 I; 2° L'inducl ion transporte [induA tous les temps, à tous les lieux, à tous les objets semblables ce qui a été observé dans un nombre restreint d'objets ou de phénomènes. — D., p. 50.
Théorie de l'activité.
Faculté par laquelle l'àme se modifie elle-même ou détermine des mouvements dans l'organisme.
Instinct. Inclination et aptitude à exécuter certains sûrement et uniformément, sans choix ni expérience, en vertu de l'organisme. — D., p. 86.
Habitude. 1° Habitude passive, disposition née de la répétition ou de la continuité d'une affection, en affaiblit l'intensité. 2° Habitude active, disposition née de la répétition d'un acte, tend à le reproduire, l'exécute avec plus de facilité et de perfection, affaiblit la conscience de l'effort et de la réflexion, donne un caractère machinal aux mouvements et aux fonctions des organes. C'est une seconde nature. — D., p. B7.
Habitudes organiques, intellectuelles, morales.
Volonté. 1° Se posséder, être maître de ses facultés; 2° concevoir i'acte et les moyens de l'exécuter; 3° examiner cl apprécier les mobiles [comme le désir) et les motifs (comme l'idée du devoir) ; 4° se résoudre librement, c'est-à-dire avec conscience et sans contrainte; 5° exécuter la résolution par l'activité intellectuelle ou par la force motrice. — La Volonté se dislingue de l'Instinct par la réflexion et par la liberté; du Désir (tendance spontanée de la Sensibilité), par la délibération ei par le choix. Elle implique le concours de l'Intelligence qui examine les motifs et les moyens. — D., p. 8D-90.
Liberté. La Liberté morale (distincte de la Liberté physique, de la Liberté civile et de la Liberté politique) est le pouvoir de se déterminer avec conscience et sans contrainte (d'où la responsabilité). Elle est prouvée par l'analyse de la volonté, par la loi morale, la délibération, la responsabilité. — D., .p. 03.
Les passions, les habitudes, le tempérament, les circonstances extérieures influent sur l'activité humaine, mais ne détruisent pas la liberté. — D., p. 98.
1° Liberté d'indifférence. 2° Déterminisme physiologique, Déterminisme psychologique, Déterminisme métaphysique. — D., p. 97-102.
Spiritualité de l'âme.
Les trois facultés de l'àme s'exercent ensemble, mais se développent successivement. — D., p. 102.
L'àme agit toujours, mais n'a pas toujours conscience de ses actes (sommeil, etc.). — D , p. 104.
Personnalité. Le moi est une force une et identique qui a conscience d'elle-même. — D., p. 100.
Immatérialité. Le principe des faits psychologiques est un, simple, identique; il est donc distinct du corps qui est composé et variable. — D, p. 108.
Spiritualité. Si l'on admet que la matière soit composée de forces unes et identiques, ce sont simplement des forces motrices, tandis que l'àme possède l'activité intelligente, est un esprit. — D., p. 110.
Lois de l'union de l'âme et du corps. L'âme subit l'action du corps et réagit sur lui. — D., p. 111.
Systèmes qui nient la distinction de l'âme et du corps. Atoraisme. Matérialisme physiologique. — D., p. 114.
Psychologie comparée. L'homme a la réflexion, est une personne; l'animal est une chose. — • D., p. 117.
Esthétique. Science du beau.
Beau. 1° Le Beau est l'expression des caractères constitutifs de l'être par l'union d'une idée et d'une forme. Sa contemplation met enjeu les sens qui perçoivent la forme, l'imagination qui conçoit l'union de l'idée et de la forme, la sensibilisé qui éprouve une émotion agréable. (Le Sublime, par le spectacle d'une grandeur et d'une puissance sans limites visibles, l'ait prédominer l'idée sur la forme.) 2° Le Beau réel se manifeste dans la nature et l'homme. 3° Le Beau idéal est la forme d'uu être tel qu'il serait à un moment de son existence, s'il déployait en liberté et manifestait en plénitude les facultés propres à sa nature. — D., p. 72.
Art. Création libre de l'esprit exprimant une idée par une forme selon les conditions que lui imposent les matériaux Ce n'est exclusivement ni l'imitation de la nature (Aristote), ni celle de l'idéal abstrait (Platon) : l'artiste doit concevoir les caractères saillants d'un être, puis les exprimer en choisissant les traits individuels qui les marquent le mieux. — D., p. 72.
Imagination, Génie, Goût, Critique. — D., p. 69-78.
La Science, l'Art, l'Industrie. — D., p. 78.
Rapports de la Logique et la Psychologie. — D., p. 121. Théorie de la Vérité.
La Vérité affirme ce qui est ; Y Erreur affirme ce qui n'est pas ou nie ce qui est. Erreurs logiques : Erreurs d'induction, Erreurs de déduction, Erreurs du langage. Erreurs morales Erreurs des passions, Erreurs d'inattention. Moyens d'y remédier : Appliquer la méthode, éviter les émotions, ne pas juger avec précipitation. — D., p. 130.
V Evidence est la clarté avec laquelle une notion se présente à l'esprit. Evidence immédiate (Evidence sensible, Evidence morale, Evidence rationnelle), Evidence médiate (Induction, Déduction). — La Certitude est l'état de l'esprit qui affirme irrésis tiblement qu'une chose est, parce qu'il en a une notion claire ; elle produit la Science, tandis que la Probabilité produit VOpi* nion. (La Foi est la croyance au témoignage ou à l'autorité d'autrui.) Le Doute est l'état de l'esprit qui n'a aucune raison d'affirmer ou de nier. — Les diverses espèces de Certitude cor-] respondent aux diverses espèces d'Evidence. — D., p. 122-126.
TABLEAUX SYNOPTIQUES DE LA PHILOSOPHIE. 0 Critérium de certitude. Le Caractère par lequel l'esprit dislingue le vrai du faux et arrive à la certitude esi l'évidence intuitive. Les autres critériums sont insuffisants : Principe de contradiction (Arislole) ; Principe de raison suffisante (Leibniz ■ ; Véracité divine (Pascal)-, Consenlemenl universel (Lamennais) ; Sens commun (Rcid . — D., p. 120.
Le Dogmatisme admet un critérium de certitude (Arislole, Bacon, Descartes). Le Probabilismc professe que l'esprit ne peut atteindre dans ses jugements que la probabilité, dans laquelle les raisons d'affirmer l'emportent sur les raisons de nier, mais n'excluent pas la possibilité du contraire (Nouvelle Académie). Le Scepticisme s'en lient au doute pour les données d'une faculté ou de toutes les facultés (Pyrrlion, Montaigne, Pascal, Hume, Kant). — D., p. 13o, et H., p. 541. Méthode générale.
Marche à suivre pour découvrir et démontrer la vérité. 1° Partie critique : Doute méthodique de Descartes. 2° Partie dogmatique : Analyse et Synthèse. — D., p. 138.
Analyse et Synthèse expérimentales. L'Analyse décompose un objet ou lui phénomène en éléments sinqrtés; la Synthèse considère les rapports des éléments et leur mode d'union, détermine comment les choses s'assemblent et se combinent dans un composé. — D., p. 142.
Analyse et Synthèse rationnelles. Dans la déduction, l'Analyse cherche quelles conséquences résultent des données de la question, jusqu'à ce qu'elle parvienne à une proposition reconnue vraie, et qui soit telle qu'on puisse démontrer par la Synthèse que la solulion trouvée est une conséquence de celte proposition ; la Synthèse descend du principe à la proposition donnée. (Les démonstrations mathématiques en fournissent des exemples.) — D., p. 443.
La Méthode se résume dans les quatre règles de Descartes. Elle sert à former un système. — D., p. 114-1 46. Méthode déductive.
La Déduction tire (deducit) d'une proposition générale une proposition moins générale à l'aide d'une proposition intermédiaire (syllogisme), ou reproduit, une proposition sous des formes différentes qui simplifient l'expression du rapport (résolution des équations). Elle a pour fondement le principe d'identité (Ce qui est, est) ou le principe de contradiction (Le même ne peut pas à la fois être et ne pas être sous le même rapport). — D., p. 160.
Démonstration. Trouver, choisir cl disposer les idées, les jugements, les raisonnements. 1° Démonstration directe, analyse et synthèse rationnelles. 2° Démonstration indirecte {Démonstration par l'impossible, Déduction à l'absurde) prouve une vérité en déduisant les conséquences de la thèse contraire jusqu'à ce qu'elle arrive à une conséquence absurde (qui implique contradiction, soit contraire à un axiome ou à une vérité admise, énonce une impossibilité). Evidence médiate. — D., p. 163.
Théorie syllogistique.
Elle règle les trois opérations de l'esprit, concevoir, juger, raisonner. — D.,p. 148.
Idées générales. 1° Matière, notion d'un objet; 2° Forme, généralité (individu, espèce, genre] : compréhension, attributs qui conviennent au sujet ; extension, sujets auxquels convient un attribut. Les cinq universanx de Porpbyre. — D., p. 148.
Grammaire générale. — D, p. 150.
Proposition. Elle a deux termes (sujet, attribut) el le lien (verbe). Qualité cl Quantité: A, universelle affirmative; E, universelle négative; I, particulière affirmative; 0, particulière négative. Propositions contradictoires, subalternes, contraires, subeonlraires : conversion. — D., p. loi.
Propositions simples, composées, complexes. — D., p. 153.
1° Axiome, proposition d'évidence immédiate. — D., p. loi-.
2° Division, proposition qui énumèreles espèces d'un genre, détermine l'extension d'une idée. — D., p. 155.
3° Définition, proposition qui détermine le sens d'un mot [Définition nominale) ou l'essence d'une chose, la compréhension d'une idée, par le genre prochain et la différence spécifique [Définition réelle). — D., p. 154.
Syllogisme. Argument composé de trois termes (grand terme, petit terme, moyen terme), et de trois propositions (majeure, mineure, conclusion). L'une des prémisses doit contenir la conclusion et l'autre le faire voir. — D., p. 156.
1° Figures, quatre positions possibles du moyen terme dans les prémisses. 2° Modes, soixante-quatre combinaisons que forment trois à trois les quatre espèces de propositions. — D., p. 157.
Syllogisme catégorique, Syllogisme conjonctif, Syllogisme hypothétique. — Enthymème, épichérème, prosyllogisme, sorile, dilemme, etc. — Diverses espèces de sophisme». — D.,p 158.
Méthode expérimentale et inductive.
L'observation considère et distingue les caractères essentiels des objets et les circonstances déterminantes des phénomènes (Astronomie). — D., p. 166.
L'expérimentation provoque artificiellement la production d'un phénomène ou en modifie les conditions pour en découvrir les lois (Chimie). — D., p. 169.
La classification distribue méthodiquement en genres et en espèces les objets d'une science d'après leurs ressemblances et leurs différences (Histoire naturelle). — D., p. 170.
L'induction ramène la multiplicité des phénomènes à des lois, propositions énonçant les conditious définies qui déterminent invariablement la production des phénomènes (Physique). — D., p. 173.
L'hypothèse est la conception d'une loi qui a besoin d'être vérifiée par l'observation ou l'expérience. — D., p. 178. Classification des sciences.
Les Mathématiques (Arithmétique, Algèbre, Géométrie, Mécanique) emploient la Méthode déductive. — D., p. 181.
Les Sciences physiques (Astronomie, Physique , Chimie) emploient la Méthode expérimentale. — D., p. 182.
Les Sciences naturelles (Minéralogie, Botanique, Zoologiej emploient la Méthode expérimentale, en accordant un rôle prépondérant à l'observation et à la classification. La Physiologie peut expérimenter. — D., p. 184.
Les Sciences morales et politiques emploient la Méthode expérim ntale fondé: sur les données de la conscience et la Méthode déductive fondée sur les principes de la raison. Elles ont leurs procédés propres. — D., p. 185.
Les Sciences historiques appliquent les règles du témoignage (qu'il faut distinguer de l'autorité) à la tradition, aux monuments, aux écrits. — D., p. 188.
MÉTAPHYSIQUE
La Métaphysique détermine ce qu'est l'âme humaine (Psychologie rationnelle), ce qu'est la nature (Philosophie de la nature), ce qu'est Dieu (Théodicée). L'âme ayant conscience d'elle-même, le moi, se connaît comme sujet et cause dans son opposition avec l'objet (la matière), et s'élève de, là à la Cause première qui est la raisou délie de tout ce qui existe. — D., p. 190.
Théodicée. Théologie naturelle.
L'idée de Dieu nous e>A donnée par la raison en même temps que celle de notre causalité personnelle nous est donnée par la conscience. Mais cette idée a besoin d'être éclaircie par V analyse et par la synthèse; on détermine les divers points de vue sous lesquels la raison conçoit l'Être suprême, puis on les réunit pour avoir de lui une connaissance aussi complète que possible. — D., p. 393.
Preuves physiques. 1° Causes finales. Il existe dans l'univers un ordre manifesté par les lois qui président aux mouvements des astres, aux phénomènes physiques, chimiques, physiologiques; les parties de l'univers forment une unité pleine d'harmonie, comme, dans les végétaux et les animaux, la correspondance des moyens et des lins et la coordination des parties forment un système et impliquent un dessein-, or, cet ordre n'a poiut sa raison d'être clans les propriétés des molécules delà matière, parce que, dénuées d'intelligence et de liberté, elles ne pouvaient se grouper d'elles-mêmes pour des fins déterminées; l'ordre de l'univers a donc pour cause première une puissance intelligente et libre, et, puisqu'il forme un seul système, celte cause est unique. — D., p. 195.
2° Nécessité d'une Cause première. « Les choses que nous voyons et expérimentons sont contingentes ; il faut donc chercher la raison de l'existence du monde, qui est l'assemblage des choses contingentes, dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle. » (Leibniz.) Les animaux et les végétaux n'ont pas toujours existé sur le globe : leur apparition ne peut s'expliquer que par un acte de la toute-puissance de Dieu ou par l'intermédiaire des causes secondes créées et préparées par lui pour cet effet. — D., p. 196.
Preuves métaphysiques. 1° « La connaissance de nousmêmes nous élève à la connaissance de Dieu. » (Bossuet.) 2° Notre esprit conçoit l'idée de l'Être parfait : nous ne saurions la tirer de nous-mêmes; donc celte idée nous vient de l'Être parfait même; par conséquent, Dieu existe et nous a rendus capables de le concevoir. (Descartes.) 3° « Pourquoi l'imparfait serait-il et le parfait ne serait-il pas ? C'est-àdire, pourquoi ce qui tient plus du néant serait-il, et ce qui n'en tient rien du tout ne serait-il pas? Dis, mon àme, comment enlends-tu le néant, sinon par l'être? comment l'imperfection, si ce n'est par la perfection dont elle déchoit? » (Bossuet.) — D., p. 197-200, et p. lvii.
Preuves morales. Nous avons l'idée d'une loi morale qui pnr elle-même est absolue; elle ne nous vient pas de la matière, non plus que de nos facultés; donc, comme celles-ci, elle implique l'existence d'un Êire suprême qui en soit la cause. En outre, cette loi est inséparable du principe de, mérite et de démérite, qui, étant également absolu, exige que la vertu soit récompensée et le vice puni; or, l'accord du bien moral et du bonluur n'existe pas sur la lerre; il doit donc être réalisé dans une autre vie, ci il ne peut l'être que par la cause première qui a établi la loi. Kant.)— D., p. 206.
Attributs. « Je me représente cet Être unique suivant les divers rapports qu'il a avec son ouvrage; c'est ce qu'on nomme perfections oa attributs. » (Fénelon.) — D., p. 208.
1° Attributs métaphysiques : Unité, immutabilité, éternité, Immensité ou omniprésence. — D., p. 200. . 2° Attributs intellectuels et moraux : Intelligence, toutepuissance, justice, bonté. — On les démontre, soit par l'analyse des idées fondamentales de la raisont soit par des inductions tirées de la nature de notre âme ou des lois de l'univers. — D., p. 210.
La Providence est l'action exercée par Dieu pour conserver les êtres et les diriger à leur lin selon l'ordre de la création.
Philosophie de la nature. 1° Les phénomènes de l'univers s'expliquent par des mouvements réguliers coordonnés entre eux. 2° Évolution qui réalise peu à peu un plan unique et immuable. 3° Gradation et coordination desêtres. — D., p. 210.
Philosophie de l'histoire. i° Le développement de l'humanité se fait par une évolution divisée en grandes époques. 2° Le progrès n'est pas continu ; il est interrompu par des événements qui changent l'état social des peuples dans de - régions. 3° Les conditions de cette évolution sont complexes par l'influence du physique sur le moral. — !>., p. 213.
Objections tirées du mal. 1° Mal métaphysique : imperfection naturelle des êtres. 2° Mal physique : douleur. 3° Mal moral : violation de la loi morale et châtiment. — D., p. 218.
Systèmes de Métaphysique. Dualisme de Platon et d'Aristole (D., p. 22o ; H., p. 3b5 et p. 403). Atomisme. Naturalisme des Stoïciens (D., p. 220-, H. p. 419). Optimisme de Malebranche et de Leibniz (D., p. 223). Panthéisme de Spinosa (D., p. 226; H., p. 499). Athéisme, Matérialisme ou Positivisme contemporain (D., p. 229, IL p. 548).
1° La Morale spéculative est la science du bien, ou la science du devoir, ou la science qui nous enseigne notre destinée et les moyens de l'accomplir. 2° La Morale pratique est Vart d'acquérir les bonnes mœurs, ou Vart d'être heureux, ou l'art de bien vivre. — D., p. 230.
Morale théorique.
Elle présuppose la Psychologie et la Tbéodicée.
Le bien. 1° Bien en soi ou Bien absolu. Le bien naturel de l'âme est le développement régulier et harmonieux de ses facultés. 2° Bien moral. C'est la volonté d'accomplir le bien on soi par respect pour son caractère obligatoire. 3° Bien sensible ou Bonheur. C'est l'ensemble des plaisirs que procurent les actes conformes au bien en soi ou au bien moral. — D. p. 23b.
Motifs d'action. 1° Le sentiment (inclination telle que la sympathie) est variable et n'a rien d'obligatoire. 2° L'intérêt (recherche des plaisirs et des objets qui procurent des plaisirs) diffère du sentiment en ce qu'il est réfléchi. 3° Le devoir (obligation morale de vouloir le bien en soi) est absolu et universel. Il faut subordonner au devoir le sentiment et l'intérêt. — D., p. 245.
L«oi morale, obligation morale de vouloir le bien en soi. Elle ne constate pas ce que les hommes font; elle détermine ce qu'ils doivent faire. Elle s'impose à l'agent raisonnable et libre qui, dès qu'il commande à ses appétits et à ses passions, ne peut concevoir le bien en soi sans vouloir le réaliser. — D., p. 244.
Sanction morale. 1° Quiconque fait le bien mérite, quiconque fait le mal démérite : le mérite est l'accroissement volontaire de notre excellence morale; il est proportionné à la grandeur du devoir et à l'effort nécessaire pour l'accomplir. 2° Quiconque mérite doit être récompensé; de là résulte la nécessité d une sanction. 3° La Sanction morale est l'ensemble des récompenses et des peines que l'âme trouve dans conscience morale; elle est attachée à l'intention, tandis que la Sanction légale est attachée à l'effet. 4° L'application de la sanction implique l'imputabilité (discernement du bien et du mal, liberté) et la responsabilité (obligation de subir les conséquences de l'acte). — D., p. 2.79.
Théorie de la moralité. 1° La conscience morale applique à un acte les notions morales universelles; 2° La liberté morale donne le moyen d'obéir à la loi; 3° Le sentiment moral l'amour du bien) seconde l'effort de la volonté. i° De la naît la vertu, habitude de concevoir, de vouloir et d'aimer le bien eu soi. — D., p. 261.
Devoirs. 1° Dans sa matière, le Devoir général est de vouloir accomplir le bien en soi de l'âme; il se divise en autant de Devoirs particuliers qu'il a d'objets. 2° Dans sa forme, il est positif ou négatif, large ou strict (parfait ou imparfait). — D., p. 251.
Droits. 1° Dans sa matière, le Droit est le pouvoir moral de faire un acte nécessaire à l'accomplissement du bien en soi, par suite, la faculté qu'a une personne de faire un acte ou d'exiger uue chose ; à cette faculté correspond, pour une autre personne, Vobligation de ne pas s'opposer à cet acte ou de fournir la chose exigée. Il se divise d'après ses objets. 2° Dans sa forme, il a deux principes : Ne fais de tort à personne: et, Rends à chacun le sien. En outre, toute obligation juridique est coercible. — D., p. 253.
Morale individuelle.
Le devoir de l'homme est de développer en lui ce qui fait de lui une personne et constitue sa dignité, la liberté unie à l'intelligence et à l'amour. — D., p. 283.
Morale sociale.
Respecter dans nos semblables le développement régulier de la personnalité et y concourir selon notre pouvoir. 1° Justice, traiter chacun selon son droit. 2° Charité, aider nos semblables. — D., p. 287.
Devoirs envers les hommes, la famille, l'État. — D., p. 291. Morale religieuse.
Connaître, aimer et servir Dieu. — D.. p. 303.
Immortalité. 1° L'âme est une substance une et indivisible ; donc elle peut survivre au corps. 2° Dieu doit vouloir conserver l'existence personnelle de l'âme avec la conscience, le souvenir, la responsabilité. En effet, la destinée de l'âme est de développer régulièrement ses facultés et de mériter par là le bonheur; or ce but ne peut être atteint ici-bas; donc la vie actuelle est une épreuve. 3° Dieu doit vouloir réaliser dans uue autre vie l'harmonie entre la vertu et le bonheur, afin de donner à la loi morale la sanction qui est la conséquence du principe de mérite et de démérite. — D., p. 303-308.
Droit naturel.
Science des Droits inaliénables, imprescriptibles, antérieurs à toute législation, fondés sur la nature de l'homme considère comme une personne. 1° Droits primitifs, fondés sur la qualité d'être raisonnable : Droit au respect et au développement de h personnalité; Droits de liberté, d'égalité, de propriété, dissociation. 2° Droits dérivés constitués par des convenions, comme les contrats. — D., p. 293.
Droit privé. Droit de propriété. 1° Dans l'objet, il est la fa culte de faire servir les choses à la satisfaction de ses besoinpropres. 2° Dans le sujet, il a pour fondement l'activité de h personne humaine qui s'approprie les choses et les transforme, — D., p. 297.
Droit public. L'État est une association d'hommes uni; par les lois, formant un corps de nation par le territoire et pal les intérêts généraux. Il a pour but l'application de la Justin par le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, dont l'ensemble forme le gouvernement. Par là, il possède des droits : 1° établir des lois politiques qui règlent le? droits et les devoirs réciproques de l'État et des citoyens, e; des lois civiles qui déterminent et garantissent l'exercice de: droits naturels; assurer l'exécution de ces lois en y attachant une sanction pénale, parce qu'il a le droit de punir les crime: et les délits; 2° imposer aux citoyens des contributions 3° exiger d'eux le service militaire, etc. — Réciproquement les citoyens ont, en vertu de leurs obligations envers l'État des droits civils et des droits politiques. — D., p. 295. Politique.
C'est la science du gouvernement, qui a pour but l'applica lion de la justice dans l'État. — D., p. 29(3. Économie politique.
On nomme Économie politique ou sociale la science qui dé termine comment la richesse est et doit être produite par lerre, le capital, le travail ; mise en circulation par les trans ports, la monnaie, le crédit; distribuée entre le revenu di sol, le salaire du travail, le profit du capital, les impôts pic levés par l'État; consommée par la satisfaction des besoin réels ou factices (luxe).
La richesse est l'ensemble des objets qui donnent satisfac lion à nos besoins et tout ce qui peut nous procurer ces objets La production consiste à donner de l'utilité aux choses ou ; augmenter celle qu'elles ont déjà. — Intervention de l'État.